Des lycéens se filment en train de saucissonner en cours

Et ils s’ennuient, à en crever. C’est eux qui le disent.
La faute à qui ?

D’abord aux différentes réformes de l’EN – et donc c’est la faute et la responsabilité des politiques- qui a vidé les cours et les programmes de leur substance, de peur de créer de trop grandes inégalités, de peur de créer des élites qui feraient croire aux nouveaux venus qu’ils n’ont pas le niveau.

Ensuite aux enseignants qui laissent faire et qui acceptent et de ne pas faire travailler les élèves et de les laisser manger, filmer, parler, se couper les cheveux… pendant son cours ! Et qu’on ne me dise pas qu’il ne les voit pas. Un prof ça voit tout et surtout il voit quand les élèves ne bossent pas… Et des élèves qui parlent ça fait un bruit de fond.

Et puis, et puis, ces gosses n’ont rien à faire ici, à coûter cher à la nation. Ils n’aiment pas l’école ? Ils se « font chier » ? Qu’ils en sortent à 14 ans pour apprendre un métier.

 

« On se fait chier en cours », « En cours jmennuie venez », « VENEZ PARLER JLGR [je galère] EN COURS », « En cours rien a faire venez parler »… SurPeriscope, une application pour smartphone qui permet de se filmer en direct et de diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux, ces invitations sont désormais légion. Depuis qu’elle a été popularisée en France par « l’affaire Serge Aurier » en février, Periscope fait un tabac auprès des collégiens et des lycéens. A tel point que certains n’hésitent plus à se filmer en plein cours.

Le téléphone caché dans la trousse, un saucisson sec sur la table

Dans le cadre, des stylos et une fermeture éclair trahissent bien souvent un téléphone caché dans la trousse pour ne pas éveiller l’attention du professeur. Les adolescents, eux, doivent se pencher pour que l’on voie leur visage.

Capture d'écran d'un Periscope tourné par une lycéenne en plein cours.
Capture d’écran d’un Periscope tourné par une lycéenne en plein cours. (PERISCOPE)

Que font ces jeunes lorsqu’ils sont en direct sur Periscope, alors qu’ils devraient écouter ce que leur professeur est en train de dire au tableau ? Tout et n’importe quoi. Sur cette vidéo tournée par des élèves de terminale durant un cours de philosophie dans un lycée d’Eure-et-Loir, un petit groupe découpe et mange un saucisson sec au fond de la salle de cours, pendant que l’enseignant répond aux questions de certains élèves.« Franchement les gars, un petit Ricard là…! », s’amuse celui qui découpe les tranches, un Opinel à la main. 

« Montre tes seins », « cachez-vous tous sous la table »

Mais ce que cherchent avant tout les « Periscopeurs », c’est l’interaction avec ceux qui regardent la vidéo en direct, et qui peuvent poster des commentaires. « On répond à tout », promet par exemple une élève de 3e, dans un Periscope tourné dans un collège de Saône-et-Loire. « On veut des questions en masse », insiste-t-elle, comme pour mieux encourager les spectateurs à poster des commentaires.

Rapidement, la drague ou les remarques sexuelles arrivent. « Montre tes seins ! », écrit un commentateur. « Ben non », rétorque-t-elle aussitôt en direct.« Vous donnez ? [vous flirtez ?]« , demande un autre. « Ben ça dépend, t’as quel âge ? Tu t’appelles comment ? T’es beau ? T’es moche ? T’as des tablettes [de chocolat] ? », répond-elle en rigolant, sans que cela aille plus loin. De jeunes garçons qui demandent aux adolescentes de montrer leur poitrine en salle de classe, il y en a beaucoup sur Periscope. La plupart sont sèchement éconduits par les « Periscopeuses », quand celles-ci ne les bloquent pas purement et simplement.

D’autres jeunes préfèrent les challenges, et invitent les internautes à leur lancer des défis. « Crie Allah akbar », « crie mort aux arabes »« dis nique les juifs », « jette un stylo par la fenêtre », « lèche la vitre », « cachez-vous tous sous la table »… Autant de défis qu’un élève de 5e et ses quelques camarades ont accepté de relever en plein cours de mathématiques, dans un collège de Belfort. Au tableau, le professeur tente de corriger des exercices mais semble avoir échoué à maintenir un semblant de discipline dans sa classe. 

 
 

 

Le jeune garçon n’accepte pas tous les défis que les internautes lui envoient. Ainsi, lorsque l’un d’eux lui demande à plusieurs reprises de se lever pour faire un bisou à une fille, l’élève décline : « Ah non, non (…) Vas-y, je vais pas embrasser des gens ! »

Torse nu en plein cours, un testicule à l’air libre

D’autres jeunes n’attendent pas qu’on leur propose des défis : ils les fixent eux-mêmes. Se mettre torse nu en plein cours à partir de 10 ou 20 personnes connectées fait partie des challenges habituels. Un défi que cet élève de Moselle a bien voulu relever au fond de sa classe. Pas question, en revanche, de baisser son pantalon : « Faut pas abuser ! »

 
 

 

Mais à 30 personnes connectées, le même élève a quand même coupé un peu de ses cheveux, après une pluie de critiques des internautes sur sa mèche.

Capture d'écran d'un Periscope tourné en plein cours par deux adolescents de Moselle.
Capture d’écran d’un Periscope tourné en plein cours par deux adolescents de Moselle. (PERISCOPE)

D’autres vont encore plus loin. Après s’être mis torse nu devant dix personnes connectées, cet élève d’un collège d’Aquitaine se lève, et sort carrément un testicule de son short, une fois atteint le cap des 50 personnes connectées.

Capture d'écran d'un Periscope montrant un élève se préparant à sortir l'un de ses testicules de son short en plein cours.
Capture d’écran d’un Periscope montrant un élève se préparant à sortir l’un de ses testicules de son short en plein cours. (PERISCOPE)

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14 Commentaires

  1. salut christine panne de box depuis plusieurs jours merci pour prague à toi et pierre.quant à parler de periscope une gamine qui se suicide en direct la semaine dernière .sylvaine a raison certains enfants et ados sont des rats de laboratoire dont les futurs sociologues inutiles feront moults analyses.bises.ps l’idée du logo fe est peu etre à creusé.

  2. manger du saucisson et se filmer !!!
    comment ont régi SOS racisme et le MRAP ?

  3. il reste à le partager avec nos frères musulmans,…(le saucisson)
    Ce fut ma première pensée farceuse mais ma seconde pensée est une question grave à se poser; « ces jeunes seront-ils un jour des parents responsables ? ».
    Les actes de ces jeunes sont le résultat de pensées soixante-huitardes « interdit d’interdire », l’enfant roi…cela a amené le laxisme dans l’éducation.
    A partir du moment où le respect n’est plus dans le fondement d’une société, seule la loi du plus fort s’impose et là il faut copier le 1er amendement des US. Se munir d’une arme !

  4. Et les parents qui sont fier de leur branleurs de gamins, devraient recevoir chez eux une copie de ces vidéos. A moins que les parents dépassés ont définitivement baissé les bras. Bof ils serons des chômeurs comme leur parents.

  5. Il faut voir le côté positif des choses. Si le saucisson sec reprend possession des cartables des andouilles, et s’étale sur les pupitres, il reste à le partager avec nos frères musulmans, c’est un premier pas de la reconquête de nos valeurs fondamentales, et le triomphe de la laïcité, par la gauloiserie. Mais à mon avis, le saucisson, sans un petit coup de rouge, il ne faut pas nous la faire, ça reste sur l’estomac. Ben je suis rassuré, au moins si l’on n’en fait pas des savants, on en fera des français. Mais chuttt, pas de publicité pour Cochonou et Chateauneuf du pape.

    • excellente conclusion optimiste devant le désastre après tout tout n’est pas perdu !

  6. On pourra palabrer des jours et des jours sur ce sujet , soit on remet les choses en place ( il va falloir être courageux ) , soit on ne met que l’argent de ce que ça vaut (et là on fait des économies )une certitude on ne peut pas continuer comme ça et prendre les contribuables pour des couillons . Une école c’est fait pour travailler et s’instruire avec des résultats vérifiés vrais en fin d’année , celui qui n’est d’accord et qui ne veut pas travailler n’a rien a y faire il doit dégager , charge a la société de proposer d’autres chemins a ces gens .Exemple entretien des villes , détagguer les façades , etc etc si pas d’accord = plus d’alloc .

  7. Voilà une génération protégée des paires de baffes et de coups pieds au cul bien mérités mais qui n hésitera pas à casser du flic ou à violer en groupe.
    Ces jeunes sont des cobayes de laboratoire, bousillés par une élite aux idées perverties, avec la complicité des parents démissionnaires et eux-mêmes immatures.
    La réalité va très vite rattraper tout ce beau monde…
    Heureusement, il y a une autre jeunesse a l extrême opposé; elle aussi va bientôt se faire entendre..

  8. Bonjour,
    Dans toutes les horreurs que nous vivons, la déliquescence de l’école est ce qu’il y a de plus douloureux.
    Comment redresser la barre avec l’ensemble des « acteurs » qui dérive?
    Professeurs démagos et « meirieutisés » …
    Administation lâche dans la défense de ses fonctionnaires courageux …
    Elèves incultes, grossiers et pourris-gâtés …
    Parents consommateurs et intrusifs …
    Je ne vois pas du tout où trouver les éléments d’une remise à plat totale …

    • Vous avez tout dit : d’un côté, des enfants surprotégés à qui les parents ne fixent plus de limites, puisqu’ils ont démissionné de leur rôle de parent; et de l’autre, des professeurs totalement dépassés, qui, il faut le dire, n’ont aucun soutien, ni de l’Education Nationale, ni des parents qui ne veulent pas qu’on touche à leur progéniture (gare à celui qui ose hausser le ton, le pauvre bambin pourrait en être traumatisé).
      Il ne faut pas s’étonner que d plus en plus de personnes préfèrent mettre leurs enfants dans le privé ou choisissent l’école à la maison.

      • Bonjour,
        Je suis Catholique mais j’ai été élevé à la Laïque.
        A l’époque, nous regardions de haut le Privé.
        Malheureusement tout s’est effondré: c’est une grande souffrance de voir l’état actuel de l’école.

  9. De mon temps, nous fumions pendant les cours…
    Mais nous étions passionnés par nos professeurs.
    Et, dans ma classe, par exemple, tout le monde a obtenu le BAC… qui n’était pas donné, à l’époque.
    Autre ambiance, autres mœurs, autre vie.

    • Bonjour,
      Je crois que nous avons vécu la même époque encore bénie …

    • De mon temps… Ça fait un sacré bout de temps… et, cher Pascal, absolument pas question, de mon temps, de fumer pendant les cours ! Jamais, jamais je n’aurais pu imaginer que des étudiants se conduisent d’une telle façon. Voilà donc les futures élites (professeurs, médecins, comptables, ingénieurs…) Peut-être feraient-ils mieux de s’orienter vers la politique ?

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