En recevant l’émissaire de Macron au lendemain des « commémorations algériennes du 8 mai 1945 », le président Tebboune a envoyé un signal clair : l’Algérie est prête à réengager le dialogue avec Paris, « mais sur ses propres conditions », respect mutuel, égalité souveraine et …reconnaissance historique sans ambiguïté.
La séquence était soigneusement orchestrée. Avant de se présenter à la présidence de la République, Alice Rufo avait fait le déplacement à Sétif, à la demande explicite de l’Élysée, pour s’associer aux commémorations des massacres du 8 mai 1945. « Un préalable symbolique fort, que la partie algérienne n’a pas manqué de noter ». C’est dans ce cadre que le président Tebboune a accordé audience à la ministre déléguée française, signal que la porte reste ouverte, « à condition que Paris se présente avec les bons mots et les bons gestes » !!!
C’est Tebboune qui fixe le cadre
oEn acceptant de recevoir l’émissaire de Macron, Abdelmadjid Tebboune a posé les jalons d’une reprise de contact « sur fond de principes inchangés » : souveraineté, égalité et mémoire. La formule transmise par Rufo, Paris souhaite une relation «respectueuse, d’égal à égal, apaisée et confiante», reprend mot pour mot « le vocabulaire qu’Alger a toujours exigé comme préalable » à toute normalisation. Que l’Élysée l’adopte officiellement constitue, en soi, « une concession de forme significative ».
Le président a également donné son feu vert à la reprise des travaux de la commission mixte d’histoire et de mémoire, suspendue depuis des mois. Un accord conditionnel, en réalité : car si Macron «entend regarder notre histoire avec lucidité, courage et vérité», comme l’a affirmé sa ministre, Alger attend des actes, pas des formules. La balle est désormais dans le camp français.
Des dossiers concrets sur la table
Au-delà des symboles, la rencontre a permis d’avancer sur plusieurs dossiers bilatéraux. La coopération en matière de sécurité et de défense a occupé une place centrale dans les discussions, Rufo l’avait déjà longuement évoquée le matin avec le général Chanegriha. Dans un contexte africain et international «marqué par une déstabilisation», « l’Algérie dispose d’atouts stratégiques que Paris ne peut se permettre d’ignorer » : profondeur sahélienne, expérience contre-terroriste, poids régional.
La coopération migratoire a également été abordée, Paris se félicitant de sa reprise après la visite du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Alger tient ici un levier important, et le ton mesuré de la délégation française indique qu’elle en est parfaitement consciente. La lutte contre le narcotrafic et la coopération judiciaire ont complété le tableau des échanges, deux domaines où les intérêts des deux pays convergent objectivement.
Ultimatum : une année pour convaincre…
Rufo a conclu en évoquant un «agenda» défini conjointement, que le président Tebboune «souhaite pouvoir mener dans les mois qui viennent pour en faire une année utile». La formulation est révélatrice : « c’est Alger qui définit le rythme et les critères de succès » ! La France vient demander un réengagement ; « l’Algérie est en position d’en fixer les conditions ». Ce que le président Tebboune a accordé samedi, c’est une chance,… pas un chèque en blanc. source : https://elwatan.dz/alger-pose-ses-conditions-pas-de-normalisation-sans-memoire-assumee/ Juvénal de Lyon
o
Soyez le premier à commenter