Au concert avec Charles Gounod (2)

Illustration : Saint-Cloud à l’époque de Gounod (c’est dans cette commune qu’il est mort le 18 octobre 1893).

Pour ce deuxième article consacré à Gounod, nous allons explorer des œuvres beaucoup moins connues, mais d’abord une ouverture, celle de Mireille :

Tout autre chose à présent :

Les boomers comme moi se souviendront sans doute de cette série diffusée à la RTF dans les années 60. Hitchcock avait repris le thème de La marche funèbre d’une marionnette, petite pièce pour piano écrite en 1872 et orchestrée par l’auteur en 1879. Voici la version de 1872 :

Maintenant celle de 1879 :

Et une transcription intéressante pour une petite formation :

Rappelez-vous, dans l’article précédent, j’avais affirmé que le choix du chef d’intégrer une octobasse dans la Messe solennelle de Sainte Cécile relevait d’un choix personnel et que j’avais vérifié, en m’appuyant sur la partition téléchargée sur le site IMSLP. Malheureusement le document est de très mauvaise qualité, on n’y voit pas grand chose. De plus, si on croit Wikipédia, seul Berlioz a utilisé une octobasse pour son Te Deum. Donc Wikipédia s’est trompé (ça arrive ?) et par voie de conséquence, votre serviteur, puisqu’en définitive Gounod avait bien intégré une octobasse dans la messe. Mais vous savez ce qu’on dit : errare humanum est, persevare diabolicum.

À présent, comme nous sommes dans les instruments (très) peu utilisés, je vous présente le piano-pédalierMême mon frère, pourtant plus calé que moi en musique, ne savait pas ce que c’était, et pour le prendre en défaut, il faut se lever tôt le matin ! Voici la bête :

Et oui, ce piano comporte un pédalier analogue à celui d’un orgue !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Piano-p%C3%A9dalier

Le concerto pour piano-pédalier et orchestre a été composé en 1889, voici ce que j’ai trouvé à ce sujet sur Internet :

« Probablement composé durant l’été 1889, le Concerto pour piano pédalier en mi bémol majeur fut créé le 4 avril 1890 par l’Association Artistique des Concerts du Châtelet sous le titre  « Symphonie en mi bémol ». Ce n’était pas Édouard Colonne mais Charles Gounod lui-même qui dirigeait l’orchestre à cette occasion ; la partie solo du concerto a été interprétée par sa dédicataire—Lucie Palicot—à qui le compositeur avait déjà dédié trois œuvres, dont la Suite concertante (1886). Il existe de telles similitudes entre cette suite et le concerto que le musicologue Gérard Condé considérait ce dernier comme « une version révisée et corrigée » du premier. Certains passages de l’œuvre portent l’influence des grands maîtres viennois : Beethoven dans le premier mouvement ; Haydn dans la seconde. Le troisième mouvement, une marche funèbre en do mineur illuminée au centre par un chant d’espoir en do majeur, est particulièrement remarquable. Bien que la partie clavier de ce concerto ne soit pas particulièrement difficile, la partie pédalier demande un haut degré d’agilité. Au risque de choquer le public, l’interprète de l’œuvre devait porter une jupe assez courte (jusqu’aux genoux) pour l’époque, afin de pouvoir se déplacer plus librement. Le Concerto pour piano à pédales devait rester inédit du vivant de Gounod pour des raisons économiques. Le compositeur, estimant que son éditeur, Leduc, facturait trop cher le loyer de ses partitions et, par conséquent, entravait leur distribution, céda la propriété exclusive du concerto à Lucie Palicot en septembre 1889, garantissant son exclusivité et, surtout, lui permettant d’interpréter l’œuvre gratuitement ».

Je vais vous proposer deux liens, le premier avec la partition, vous pourrez constater qu’il y a trois portées pour l’instrument soliste, celle du bas étant consacrée au pédalier :

Et le second en version concert, vous pourrez remarquer que l’instrument soliste comporte deux tables superposées :

Gounod a écrit deux symphonies pour grand orchestre, la première date de 1854. Les compositeurs français hésitaient à écrire des symphonies (et d’ailleurs il y en a peu) car l’ombre de Beethoven planait sur eux, à la différence d’un Mendelssohn, d’un Schumann ou d’un Brahms. Le public musical français estimait que l’on peut écrire des symphonies ou des opéras, mais pas les deux !

C’est en 1885 que Gounod compose sa Petite symphonie pour neuf instruments à vent que voici :

En 1891 Gounod entame la composition de son Requiem. C’était la troisième œuvre du genre et le compositeur y travaillera jusqu’à sa mort due aux conséquences d’un AVC en 1893.

Revenons à Mireille :

Et impossible de passer à côté de ça :

EN BONUS

Nous sommes à la veille de Pâques et que l’on soit croyant ou non, la musique reste éternelle, sauf peut-être chez certains qui l’interdisent au motif qu’elle est haram ; chez ces gens-là, comme dirait Jacques Brel...

…si vous écoutez de la musique, vous serez changé en âne ou en porc.

Je vous propose donc deux morceaux pour finir, d’abord le Resurrexit extrait de la Messe en si de Jean-Sébastien Bach. J’ai eu l’occasion de l’apprendre au début des années 70, un sacré pavé !

 

Rimski-Korsakov, La grande Pâque russe. J’ai apprécié l’attitude du chef qui est resté de marbre à la fin de l’œuvre afin de retarder les applaudissements :

N’hésitez pas à forcer sur le chocolat en ce dimanche de Pâques, c’est bon pour le moral ! N’oubliez pas la chasse aux œufs avec vos enfants et petits-enfants !

Filoxe

 

 

 

 

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