Larcher émarge-t-il à présent chez LFI ?

Un reportage de Public Sénat faisant la promotion de Raphaël Arnault et la Jeune Garde sous le feu des critiques

La chaîne Public Sénat a provoqué une vague d’indignation après la diffusion d’un reportage mettant en avant la Jeune Garde et sa « lutte contre l’extrême droite ». Ce mouvement, cofondé par le député LFI Raphaël Arnault, fait effectivement face à de graves accusations depuis la mort de Quentin Deranque.

En dévoilant un extrait du documentaire intitulé « White Power : au cœur de l’extrême droite », le service public a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Ce film, réalisé par Christophe Cotteret, révèle une séquence valorisant Raphaël Arnault. Le reportage présente le cofondateur de la Jeune Garde comme un « militant antiraciste » devenu la « bête noire » des nationalistes.  

« Le service public fait la pub de Raphaël Arnault » 

Ce choix éditorial a heurté l’opinion publique, marquée par le meurtre de Quentin Deranque survenu le 14 février dernier. Des membres présumés proches de la Jeune Garde ont roué de coups le jeune homme à Lyon, causant sa mort. Plusieurs internautes ont relayé la vidéo de Public Sénat sur les réseaux sociaux et certains ont dénoncé une promotion « à la gloire de Raphaël Arnault présenté comme un héros du quotidien ».  
L’avocat Gilles-William Goldnadel a lui aussi réagi, jugeant ce contenu « intolérable », selon le JDD. Il a rappelé que l’élu, « fiché S », a déjà été « condamné pour violence », ajoutant qu’il est « mouillé dans le meurtre de Quentin ».  

 

Face à l’ampleur du tollé, la chaîne parlementaire a finalement décidé de retirer la vidéo incriminée. Le sénateur Stéphane Ravier a toutefois annoncé sur X ce 3 mars son intention de saisir l’Arcom, souhaitant également demander des explications au président de Public Sénat. « Le service public fait la pub de Raphaël Arnault dont le mouvement La Jeune Garde et les collaborateurs sont mis en cause dans le meurtre politique d’un jeune opposant », a-t-il rappelé sur le réseau social avant de marteler : « avec NOTRE argent ! » 

La « culture de l’autodéfense » de Raphaël Arnault 

Dans le reportage, on peut pourtant voir Raphaël Arnault défendre son action avec assurance. Il évoque notamment une intimidation à son domicile par des nationalistes, comme le relaie le JDD. « Ils sont venus à 40 en bas de chez moi pour m’agresser […] Je ne sais ce qu’ils avaient comme matériel mais j’imagine qu’ils avaient des armes. Je ne sais pas dans quel état je serais aujourd’hui si on ne m’avait pas prévenu qu’ils étaient là », affirme-t-il.  
Le député insoumis revendique en outre une « véritable culture de l’autodéfense » pour justifier son engagement. « On ne pouvait pas faire de l’antifascisme sans prendre en compte le fait que l’extrême droite allait nous attaquer », explique-t-il encore. Selon ses propres mots, son organisation a réussi à faire ralentir les attaques. « Quand il y a un militantisme actif sur la question de l’extrême droite, l’extrême droite, en réalité, elle recule », assure-t-il dans la séquence, se réjouissant d’avoir fait ce constat à Lyon. 

Les chiffres sur la violence de l’extrême droite contestés 

La controverse liée à ces images illustre la polarisation du débat sur la violence idéologique. Actuellement, le bilan des exactions attribuées à l’extrême droite et à l’extrême gauche fait l’objet de contestations croissantes. Certains médias affirment que l’extrême droite commet 90 % de ces violences en France. 
Pourtant, un article du Figaro montre que l’usage de ce chiffre est erroné en analysant les limites de l’étude dirigée par Isabelle Sommier. Son calcul ne tient compte que des meurtres idéologiques entre 1986 et 2016. Il exclut en revanche les attentats islamistes et plusieurs crimes d’extrême gauche. Selon le quotidien, ces biais méthodologiques rendent la conclusion trompeuse. 
Ces débats trouvent également un écho à l’échelle européenne. Une étude du Conseil de l’Europe a analysé les chiffres d’Europol entre 2010 et 2021. Ces données montrent une réalité nuancée sur la nature des menaces. L’extrême droite a ainsi enregistré 258 arrestations sur cette période. En comparaison, la mouvance de gauche et anarchiste compte 564 interpellations. Enfin, le terrorisme d’inspiration religieuse ou djihadiste prédomine largement, avec 4416 arrestations. 

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5 Commentaires

  1. Le même larcher qui n’a pas compris que son électorat s’est barré chez ciotti reconquête et bardella et que les LR sont une coquille vide des retraités des epad