Les réseaux sociaux et autres nouveaux médias nous laissent de moins en moins de temps pour lire… Profitant d’une semaine de vacances, j’ai emmené avec moi le livre d’Eli Sharabi, Otage, sous-titré 491 jours aux mains du Hamas.
1. La première raison de lire Otage d’Eli Sharabi est qu’il s’agit d’un livre captivant. Écrit avec sobriété et intelligence, son récit nous fait découvrir la réalité terrible de la captivité dans les tunnels de Gaza. On y apprend beaucoup de choses tant sur la psychologie des ravisseurs et des membres du Hamas que sur les qualités humaines des captifs dont les noms font aujourd’hui partie de nos vies. Outre Sharabi lui-même, on rencontre ainsi Hersh Goldberg Polin, Ori Danino, Almog Serousi, etc
2. La deuxième raison de lire ce livre est qu’il nous apporte un témoignage inestimable sur les évènements survenus depuis le 7-Octobre, qu’aucune médiation, journalistique ou autre, ne permet de saisir. De même qu’il n’est pas possible d’appréhender la réalité de la Shoah sans lire les livres des grands témoins, de Primo Levi à Aharon Appelfeld et tant d’autres, de même la lecture des témoignages du 7-octobre et de la captivité à Gaza est irremplaçable pour tenter de comprendre la réalité de cette guerre.
3. Ce qui m’amène à la troisième raison. Depuis le 7-octobre, il s’est mis en place un véritable négationnisme des crimes du Hamas, dont la récente décision française de poursuivre Nili Naouri Kupfer et Rahel Touitou n’est que le dernier épisode. Les accusations de génocide à l’encontre d’Israël sont évidemment l’aspect le plus pernicieux de ce nouveau négationnisme, mais ce n’est pas le seul.
Mais le plus incroyable est que certains intellectuels et figures publiques juives et Israéliennes participent de ce négationnisme ! J’en donnerai trois exemples : celui de l’écrivain David Grossman, qui a accusé Israël de génocide dans les colonnes de La Repubblica le 1er août 2025. Celui de la rabbine Delphine Horvilleur qui n’a pas contesté les propos de D. Grossman, en affirmant qu’il « appartenait aux juristes de déterminer » si Israël avait commis un génocide !
Et, last but not least, celui d‘Alain Finkielkraut, qui a accusé l’otage Mia Shem de propos extrémistes parce qu’elle avait « osé » déclarer ne pas avoir rencontré de civils innocents à Gaza… Je me suis publiquement opposé à Finkielkraut sur de multiples sujets, mais je considère que le plus grave dans ses propos est son attitude envers les témoins du 7-octobre. Remettre en cause la véracité de leurs témoignages est une marque de mépris et une insulte aux survivants du plus grand crime contre le peuple Juif commis depuis la Shoah.
Il faut écouter les témoignages des otages revenus de Gaza. Il faut écouter leur parole et ne pas la disqualifier, comme l’a fait Finkielkraut. Il faut lire et faire lire le livre d’Eli Sharabi.
P. Lurçat
NB Continuez de signer ma lettre-ouverte / pétition adressée à A. Finkielkraut, ici :
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