« Préparez vos mouchoirs »  (1978) : un triangle amoureux entré dans l’histoire

L’alchimie d’un trio : Carole Laure, Patrick Dewaere et Gérard Depardieu.

Sorti en 1978 et récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger, Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier est une œuvre qui ne ressemble à aucune autre. Si le titre suggère un mélodrame larmoyant, ne vous y trompez pas : c’est une comédie douce-amère, à la fois absurde et profondément humaine.

Lien de visionnage en ligne ici                      ou là

Coupure de presse

Un trio inattendu

L’histoire commence avec une prémisse audacieuse : Raoul (Gérard Depardieu) s’inquiète pour sa femme, Solange (Carole Laure), qui semble plongée dans une tristesse incurable. Dans un élan de générosité aussi maladroit que radical, il décide de lui trouver un amant pour lui redonner le sourire. Il recrute alors Stéphane (Patrick Dewaere), un inconnu rencontré dans un café.

Ce qui rend ce film si spécial, par-delà son aspect subversif, c’est sa bienveillance décalée.

Au lieu de la rivalité attendue, une amitié sincère et touchante naît entre les deux hommes. Ils s’unissent, avec une naïveté presque enfantine, dans une mission commune : le bonheur de la femme qu’ils aiment.

Blier filme des personnages qui cherchent à s’aimer maladroitement, loin des conventions sociales. Le film explore l’idée que l’amour ne suit pas toujours une ligne droite et que le bonheur peut se trouver là où on l’attend le moins.

Le duo Depardieu-Dewaere : retrouver ces deux monstres sacrés du cinéma français est un pur bonheur. Leur alchimie est électrique, teintée d’une vulnérabilité qu’on voit rarement ailleurs.

Préparez vos mouchoirs est une ode à la liberté de sentiment. C’est un film qui nous invite à lâcher prise, à accepter l’imprévisible et à sourire face à la mélancolie. Un moment de cinéma singulier, porté par la musique sublime de Mozart, qui nous rappelle que pour guérir une tristesse, il suffit parfois d’un peu d’imagination et de beaucoup de cœur.

.

 

 1,449 total views,  1,447 views today

Répondre à Le chti français Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


7 Commentaires

  1. Sans vouloir te vexer Jules, ce film est absolument immoral et répugnant ! Avillissement de la femme, pédophilie, vulgarité, médiocrité… le tout joué par les acteurs les plus salaces et vulgaires du cinéma Français aussi vomitif que les « valseuses ». Bertrand Blier: un immonde pornocrate ! Il ne faut pas s’étonner de ce qu’est devenue notre France ,en partie à cause de cette clique de dégénérés et pourtant, je suis loin d’être un bigot ! Je n’arrive pas à comprendre que tu ai choisi ce film, il y a tant de chef d’œuvres! Bonne journée.

    • 1 Ma foi le Chti je suis en désaccord total avec toi. Merci à Jules pour cette excellente idée. Ce film est un joyau où il y a de l’érotisme certes mais pas de la pornographie. Les artistes sont géniaux, tout est fait en douceur, en allusions.. J’ai trouvé sur Amazon le commentaire d’un spectateur qui rend vraiment compte de ma façon de voir à moi (mais pas à toi mais merci à Jules de permettre à chacun de découvrir, aimer ou pas et juger) : Deux sots se font berner par une femme soi-disant hystérique et un enfant soi-disant surdoué (fantastique composition du petit Riton en Nordiste truculent).

      • 2 suite du commentaire précédent :Leur machisme granitique, leur contentement de soi; leur arrogance inconsciente, leur ignorance de ce qui se tisse dans leur dos (géniale, la symbolique des pulls chinés que tricote voluptueusement Carole Laure); tout cela va leur exploser à la figure sans qu’ils y comprennent rien, sinon que « c’est pas de Mozart » (seul musicien que connaisse et reconnaisse Patrick Dewaere, parfait dans son rôle d’ennuyeux prof barbu… Il y a dans ce film une rêverie sur la musique, liée à une certaine fraîcheur que gardent intacte, dans une part inaccessible de leur être, certaines femmes et certains enfants. Tant pis pour les lourdeaux qui ne les comprennent pas.

    • Bonjour Le chti français. Je comprends tout à fait que le style de Blier puisse choquer, c’est d’ailleurs un cinéaste qui a bâti sa carrière sur la provocation et la rupture des tabous. Ce film, comme Les Valseuses, cherche volontairement à bousculer une certaine morale bourgeoise, ce qui peut effectivement être perçu comme de la vulgarité ou de l’amoralité. Mon choix visait à souligner l’aspect ‘ovni’ de ce cinéma qui a marqué une époque de liberté totale (et parfois brutale) à l’écran et que je défends à titre personnel. Mais je respecte totalement ton point de vue, le cinéma est aussi fait pour susciter des réactions épidermiques !

      • Merci Jules je comprends mieux maintenant ta démarche qui s’oriente vers une vulgarisation encyclopédique du cinéma dans ses différents aspects plutôt qu’un choix d’œuvres sélectionnées pour leurs côtés « chef d’œuvres patrimoniaux ». Bon dimanche (pluvieux!)