Tatouages, mélanome et solidarité
Le mélanome cutané est une tumeur maligne de la peau qui se développe à partir des mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation de notre peau. Bien qu’il ne représente qu’environ 10 % des cancers de la peau, c’est la forme la plus grave de cancer de la peau en raison de sa forte capacité à métastaser rapidement vers d’autres organes (poumons, cerveau, foie).
L’incidence du mélanome cutané a fortement augmenté au cours des 30 dernières années. Cette augmentation serait attribuée à une exposition accrue aux rayonnements ultraviolets (UV) mais certains chercheurs pensent que ce sont les tumeurs bénignes de la peau qui sont dues à trop d’exposition au soleil et que le mélanome, lui, serait dû à trop peu d’exposition au soleil. L’exposition à des substances chimiques, notamment aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) en milieu professionnel, est également suspectée de jouer un rôle dans le développement du mélanome cutané.
Les facteurs de risque de mélanome liés au mode de vie, tels que les tatouages, ont été moins étudiés. Les données historiques sur la prévalence des tatouages dans les pays européens manquent mais une étude danoise menée en 2001 auprès de donneurs de sang a montré que 10 % d’entre eux étaient tatoués, Selon des estimations récentes, en Suède, 20 % de la population est tatouée et cette prévalence dépasse 30 % chez les moins de 40 ans. La plupart des personnes se font tatouer pour la première fois à un jeune âge (18-35 ans), et 20 % sont encore plus jeunes.
Il est bien connu que les encres de tatouage peuvent contenir des substances toxiques (métaux lourds, HAP, amines aromatiques) présentant des risques cancérigènes et allergisants, bien que la réglementation européenne REACH (depuis 2022) ait restreint de nombreux produits dangereux et que ces encres peuvent migrer vers les ganglions lymphatiques, affaiblir le système immunitaire et augmenter légèrement le risque de lymphome. L’encre de tatouage rouge est quasi unanimement considérée comme la plus problématique par les experts et les autorités de santé. Bien qu’aucune couleur ne soit totalement exempte de risques, le rouge se distingue par sa composition chimique et les réactions qu’il provoque.
Une étude de 2025 a révélé que les personnes tatouées en Suède ont 29 % plus de risques de développer un mélanome. Lorsque l’encre de tatouage est injectée dans la peau, le système immunitaire la considère comme un corps étranger et incorpore les pigments dans des cellules immunitaires qui peuvent les transporter jusqu’aux ganglions lymphatiques, où ils risquent de se décomposer en substances potentiellement cancérigènes.
Les résultats de cette étude suggèrent que les tatouages constituent un facteur de risque de mélanome cutané. Des études épidémiologiques complémentaires dans les pays européens sont nécessaires pour confirmer ces résultats avant de pouvoir établir un lien de causalité.
Tout tatouage implique une exposition à l’encre pendant presque toute la vie, mais on connaît bien trop peu les effets de ces colorants à long terme sur la santé. Par conséquent, nos autorités devraient clarifier ce lien potentiel entre les tatouages et le cancer. N’attendons pas des générations, comme nous l’avons fait pour le tabac, pour dissuader les citoyens à se faire tatouer et à exhiber des tatouages, instaurer des taxes sur les tatouages comme pour les cigarettes, interdire les tatouages avant la majorité et à faire en sorte que les assurances maladie-accident me prennent pas en charge les frais des complications des tatouages et les coûts pour effacer les tatouages.
La solidarité de nos assurances et de notre sécurité sociale obligatoires ne devrait plus être escroquée pour couvrir tout et n’importe quoi. Une assurance solidaire, dès qu’elle est déclarée obligatoire ne devrait couvrir que les risques catastrophiques pas les addictions aux tatouages et le mal-être ressenti faisant suite à un comportement exhibitionniste. Sans quoi, rapidement au lieu de dépenser 10’000 CHF par année pour la santé de chaque habitant de la Suisse, (ce qui est déjà insupportable pour la majorité des contribuables) nous en dépenserons très rapidement 15’000, ce qui est malheureusement déjà le cas aux USA
Docteur Dominique Schwander
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