La couleur est fragile
La couleur raconte une cuisson de céramique, un alliage métallique, des pigments d’une paroi décorée à fresque, des jeux de matériaux. Elle est le résultat de choix, de codes parfois. On s’émerveille aujourd’hui des couleurs préservées qui nous parviennent et on veille à ne pas les abîmer, à ne plus les mettre en péril comme on le fit, par exemple, dans les grottes préhistoriques. Les archéologues l’ont compris, la couleur est fragile. Elle peut disparaître avec les matériaux qui lui donnent réalité et nous permettent de la voir.
La couleur est humaine
C’est presque paradoxal puisque l’archéologie vanta longtemps une blancheur antique qui n’existait pas. On prit comme élégance suprême un blanc supposé des monuments et des statues grecques car ni les yeux ni les instruments n’étaient capables d’y déceler un bleu, un rouge, un vert, etc. L’archéologie a changé, elle s’est colorée. Elle lui porte attention, en fait un sujet historique, car penser en couleur est intensément humain.
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La couleur n’est pas qu’un affaire de rétine, elle est aussi un marqueur social.
Certaines tribus africaines ne voient que trois couleurs.
Les Grecs eux-mêmes n’avaient qu’un mot pour décrire indistinctement le bleu ou le vert, couleur de la mer.
Personnellement, je trouve les œuvres plus grandes sans l’artifice de la couleur, le mimétisme n’élève pas l’âme. A mon sens, l’univers des formes reflète plus le génie propre de l’homme, sa faculté d’abstraction dans la tentative d’atteindre un idéal.
La couleur, c’est le primitif, la matière : le rouge d’ocre, le noir calciné, le blanc calcaire des restes funéraires…
TRès juste également Patrice, merci de le rappeler. Je vibre plus quant à moi devant les pierres blanches des temples grecs ou romains que devant des bâtiments reconstitués avec des couleurs. C’est d’ailleurs une belle leçon de l’histoire, le temps qui a rendu épuré, virginal, resplendissant au soleil ce qui ne l’était pas dans la tête des hommes l’ayant conçu
Oui, et comment savoir si les oeuvres n’étaient pas conçues brutes, telles qu’on les voit aujourd’hui, et n’auraient été peintes que des dizaines d’années plus tard pour suivre l’évolution de la société ?
On a retrouvé des éléments de temples originaux enterrés (guerre, tremblement de terre etc) qui avaient gardé leurs éléments colorés. Par contre les colonnes étaient toujours blanches, elles.
Bonjour Christine, la couleur, en effet n’existe pas réellement c’est la reflexion de la lumière sur une surface qui est traitée par les cones de la rétine. En television on utilisait la luminance plus trois canons : rouge, vert et bleu ce qui permettait d’obtenir les couleurs souhaitées grace au melange des canons et les variantes de la luminosité (luminance) on obtient ainsi toute l’échelle chromatique plus le blanc et le noir qui sont en fait, des « non couleurs ». On a aussi découvert, que beaucoup de statues et de murs dans les édifices religieux etaient peints à l’origine mais ,au fil du temps, les pigment avaient disparus. Il y a eu des spectacles à Amiens ou on recréé les couleurs sur la cathédrale par projection sur celle ci, ce qui permet de la voir comme à l’origine. J’ai vu aussi des restes de couleurs assez importants à l’interieur de l’église fortifiée de Vervins. Bonne journée.
Bravo et merci de partager ta science avec nous !