Une présence millénaire mais insignifiante
Selon l’index 2026 de l’association Portes ouvertes, l’Algérie occupe la 20e place sur les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Sur près de 48 millions d’habitants, ils représenteraient 0,3% de la population, soit environ 156 000 personnes. Parmi eux, environ 8 000 catholiques seulement, majoritairement des Subsahariens ou Européens installés dans les grandes villes côtières du pays. Le gros des troupes chrétiennes algériennes est aujourd’hui protestant, souvent évangélique et kabyle.
Et le paradoxe historique est cruel puisque l’Algérie du Nord fut l’un des grands foyers intellectuels du christianisme latin. Tertullien, saint Augustin d’Hippone, les premiers martyrs, tous ont irrigué cette terre. « La région qui vit s’épanouir le christianisme antique est aujourd’hui celle où les chrétiens doivent de nouveau se cacher », écrivait la sénatrice LR Valérie Boyer dans le Figaro Vox en décembre 2025.
Vinrent les conquêtes arabes à partir de 680 et le processus d’islamisation du pays. Le christianisme ne réapparaîtra vraiment qu’avec la colonisation française, à partir de 1830. Après l’indépendance de 1962, l’exode des pieds-noirs provoque cependant la quasi-disparition de cette présence. L’Église subsiste, mais sous la forme d’Église tolérée, strictement encadrée et non missionnaire.
C’est alors que la répression se fait plus sanglante. La décennie noire, entre 1991 et 2002 marque un tout autre tournant. 19 religieux et prêtres y furent assassinés, dont les sept moines de Tibhirine en 1996, la même année que Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, tué dans l’explosion d’une bombe devant son évêché. Paradoxalement, cette période de guerre civile a favorisé de nombreuses conversions, notamment en Kabylie. « Le lien social a été abîmé pendant la guerre civile, rendant le terrain fertile aux changements religieux », résume l’historienne Karima Dirèche.
Les témoignages recueillis par l’ECLJ éclairent ce basculement. « Dans les années 1990, un chrétien était persécuté par sa famille mais pas par l’État. Les arrestations ont commencé en 2006, pour détention de bible, de cassettes et de vidéos sur Jésus par exemple », témoigne Taous, une kabyle convertie au christianisme évangélique. Ou encore : « Il existe un vrai rejet de l’islam aujourd’hui chez les jeunes algériens », explique une algérienne elle aussi convertie au christianisme.
Un arsenal juridique christianophobe
Le cœur du problème tient en partie au droit. Le rapport de l’ECLJ détaille l’arsenal juridique qui a progressivement transformé la pratique chrétienne en activité suspecte. L’ordonnance du 28 février 2006 en est l’illustration parfaite. Cette dernière impose un régime très strict pour l’exercice des cultes non musulmans, soumet l’ouverture des lieux de culte à un système d’autorisations préalables, et punit pénalement quiconque chercherait à « convertir un musulman à une autre religion » ou à « ébranler la foi d’un musulman ». Autrement dit, le choix est vite posé pour les convertis : se taire, se cacher ou comparaître.
L’un d’entre eux le formule avec une brutalité saisissante : « En 2006, on a appris la présence de policiers en civil qui espionnaient pour voir qui faisait quoi et où. Entre les menaces des extrémistes islamistes et la nouvelle loi [de 2006], tu meurs ou tu vas en prison. Moi j’ai choisi de partir. » L’expression qui revient sous la plume des auteurs de l’étude est sans appel : en Algérie, pour les chrétiens, c’est « la mosquée ou le tribunal ».
À cela s’ajoute la loi du 12 janvier 2012 sur les associations. Elle impose à toutes les structures de renouveler leur enregistrement. L’Église protestante d’Algérie (EPA), fondée en 1972 et reconnue officiellement en 1974, a bien déposé sa demande ; elle n’a jamais été validée. Dès lors, l’EPA n’est plus légalement reconnue. Cette non-reconnaissance a servi de motif à une vaste campagne de fermetures de lieux de culte. Le rapport recense 58 églises protestantes contraintes de cesser leurs activités, dont 47 relevant de l’EPA. Les dernières encore ouvertes ont fermé au début de l’année 2025. Trois églises seulement demeurent ouvertes dans le pays, dont l’une internationale. « Il faut absolument distinguer l’Église catholique de l’Église évangélique protestante : elles n’ont pas du tout la même position, et les confondre peut porter préjudice aux unes comme aux autres », tempère Amélie Berthelin, journaliste au service information de l’Aide à l’Église en détresse (AED).
Une répression bien présente
Une conséquence concrète pour les fidèles qui n’ont plus de lieux de culte et sont contraints de se replier dans des maisons, des locaux de fortune, parfois en plein air. Les auteurs du rapport décrivent ces « églises de maison », surveillées par les autorités, et ces rassemblements clandestins en montagne ou au bord de la mer. Un représentant de l’EPA leur confie : « On essaie de vivre notre communion du mieux qu’on peut, le plus important est d’être ensemble. » Et comme ultime recours, « beaucoup de prières se font aussi grâce à internet sur Zoom ou Google Meet ».
En avril 2025, après une célébration du Vendredi saint, dix chrétiens ont été détenus pendant neuf heures, interrogés, photographiés et leurs téléphones confisqués. En mai 2024, le pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’EPA, a vu sa condamnation confirmée en appel : un an de prison ferme, six mois avec sursis et 100 000 dinars d’amende pour « célébration d’un culte non autorisé » dans un « édifice non permis à cet effet ».
La liberté de conscience a elle aussi disparu de la Constitution algérienne de 2020. La liberté d’exercice des cultes y est certes garantie, mais seulement « dans le respect de la loi ». En pratique, cela signifie que le droit de croire, de ne pas croire ou de changer de religion n’est plus explicitement protégé. Dans le même temps, l’article 144 bis 2 du code pénal sanctionne quiconque « offense le prophète et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam ». Prosélytisme, blasphème et atteinte aux préceptes de l’islam sont autant de qualifications extensibles qui permettent de poursuivre presque toute expression chrétienne un tant soit peu visible.
« L’Église catholique est pleinement reconnue officiellement, avec un statut défini et des lieux très visibles. Mais cela ne signifie pas que tout est facile : elle ne peut exister qu’à condition de ne pas faire de prosélytisme », explique Amélie Berthelin tout en ajoutant : « Les catholiques parlent surtout de restrictions administratives. Cela limite concrètement leur action, notamment pour les visas ou la venue de prêtres étrangers. »
L’administration présume donc que les Algériens sont tous musulmans, raison pour laquelle aucune statistique religieuse officielle n’existe. « Personne ne veut qu’il y ait des minorités religieuses en Algérie, car cela risque d’être un prétexte pour les puissances étrangères de s’ingérer dans les affaires intérieures du pays sous couvert de protection des droits des minorités », déclarait déjà le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdellah Ghlamallah en 2010.
Au fond, ce rapport explique que la présence chrétienne allogène est tolérée lorsqu’elle se fait silencieuse, suspecte lorsqu’elle devient visible, et insupportable lorsqu’elle émane de « convertis algériens » qui doivent se cacher et raser les murs sous peine d’ arrestation et de prison.
La visite du pape Léon XIV du 13 au 15 avril sera, sans doute, un motif d’espérance pour la foi des chrétiens qui demeurent sur la terre qui a vu naître un des pères de l’Église. « La venue du pape est un signe positif : tous les pays musulmans ne l’invitent pas même si chacun y trouve son intérêt », poursuit la journaliste de l’AED mais n’est pas dupe : « Ce n’est pas parce que le pape vient que les choses vont changer. » (1) source 1
(2 ) Source
Juvénal de Lyon
LIBÉREZ CHRISTOPHE GLEIZES !
1,034 total views, 1,034 views today


Vesco, peut-être le prochain pape, sous le nom de Mahomet II.
😂
Et « Madame » Rimmel Hassan a déclaré aux gogos de LFI qu’Alger était « La Mecque » des libertés, avant d’y devenir tricarde à son tour à cause de son mentor, le marocain too blanc, too moche, i. e. Mélenchion.