Iran, Trump et Israël : où en est-on ?

Petit point sur la situation Iran – États-Unis au moment où j’écris, mercredi 8 avril à 6h.

Un cessez-le-feu de deux semaines et des négociations en vue. Après des semaines de tensions extrêmes, marquées par des frappes américano-israéliennes lancées fin février 2026 et une escalade verbale très forte, Trump vient d’annoncer, à quelques heures seulement de son ultimatum un cessez-le-feu réciproque de deux semaines avec l’Iran.

 Trump exigeait que l’Iran rouvre complètement, immédiatement et en toute sécurité le détroit d’Ormuz, par où  transite environ 20 % du pétrole mondial. Il avait menacé de frapper massivement les infrastructures civiles iraniennes (centrales électriques, ponts, etc.) et était allé jusqu’à déclarer « une civilisation entière mourra ce soir « si l’Iran ne s’exécutait pas.

Il vient de repousser la menace : les États-Unis (et Israël) suspendent les bombardements pendant deux semaines, à condition que l’Iran permette le passage sécurisé des navires dans le détroit d’Ormuz. Trump a justifié cette décision par l’obtention d’un plan en 10 points proposé par Téhéran via des intermédiaires pakistanais. Il affirme que les objectifs militaires américains sont déjà atteints et dépassés  et que des discussions avancées existent pour un accord de paix à long terme au Moyen-Orient.

Il semble donc que l’Iran ait accepté ce cessez-le-feu temporaire, les mollahs  annoncent  que des négociations directes (ou indirectes via médiation ?) débuteront vendredi 10 avril à Islamabad, au Pakistan. Le plan iranien en 10 points mettrait l’accent sur un cessez-le-feu durable, la levée des sanctions, la reconstruction et un contrôle ou un protocole sécurisé sur le détroit d’Ormuz. Trump parle d’un  accord définitif  en préparation, mais les deux parties restent prudentes : l’Iran insiste sur une solution permanente (pas un simple répit), tandis que Washington met en avant la réouverture du détroit comme geste de bonne volonté immédiat. Le Pakistan joue un rôle central de médiateur.

Pendant ce temps, de leur côté les mollahs ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot ! Ils ont appelé les jeunes, étudiants, athlètes, artistes et professeurs à former des boucliers humains autour des centrales électriques et autres sites stratégiques.  Des images de rassemblements ont été diffusées par les médias d’État, présentés comme un acte de résistance et de protection symbolique. Le président iranien a même évoqué 14 millions de personnes prêtes à  sacrifier leur vie… 

Que penser de tout cela ?  C’est un mélange classique de « politique du bord du gouffre » et de diplomatie de dernière minute. Trump a obtenu, au moins temporairement, la réouverture du détroit d’Ormuz sans avoir à lancer les frappes massives promises sur des cibles civiles – ce qui aurait pu être très coûteux en vies humaines et en image internationale. Pour l’Iran, ce cessez-le-feu évite un nouveau round destructeur tout en gardant une posture de défiance nationale via la mobilisation populaire.

Cependant, rien n’est réglé sur le fond : programme nucléaire iranien, rôle régional de Téhéran (Hezbollah, etc.), sanctions, sécurité d’Israël… Les deux semaines à venir seront cruciales. Si les négociations aboutissent, ce pourrait être un pas vers une désescalade ; si elles échouent, le risque de reprise des frappes reste élevé. Le médiateur pakistanais semble avoir joué un rôle utile pour éviter le pire à court terme. Pourra-t-il mieux faire face aux adversaires prêts à tout ? 

En résumé : on passe d’une menace d’apocalypse imminente à une fenêtre diplomatique de 15 jours. C’est une victoire tactique pour la désescalade, mais fragile. La situation reste très volatile.

Quid d’Israël pendant ce temps ? 

Israël soutient le cessez-le-feu de deux semaines annoncé par Trump  mais avec des réserves importantes et une clarification majeure.

–  Netanyahu a publié un communiqué officiel indiquant qu’Israël appuie la décision américaine de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines.
Cette suspension est conditionnée par la réouverture immédiate, complète et sécurisée du détroit d’Ormuz par l’Iran, ainsi qu’à l’arrêt des attaques iraniennes contre les États-Unis, Israël et les pays de la région.

– Point crucial : Israël insiste sur le fait que ce cessez-le-feu ne concerne pas le Liban.
Les opérations militaires israéliennes contre le Hezbollah soutenu par l’Iran au Liban continuentet ne sont pas incluses dans cet accord. Netanyahu l’a explicitement souligné, contredisant au passage les déclarations du Premier ministre pakistanais qui avait parlé d’un cessez-le-feu partout, y compris au Liban.

Israël reste très vigilant sur le fond. Des sources israéliennes expriment des inquiétudes quant à un éventuel accord trop rapide ou trop conciliant. Jérusalem voudrait aller plus loin (et je les comprends !!! ne jamais faire confiance à un renard enragé) dans le démantèlement des capacités iraniennes (nucléaire, missiles, programme balistique) et craint que le plan en 10 points iranien ne suffise pas à neutraliser durablement la menace. Israël continuerait d’ailleurs à mener des frappes en Iran même après l’annonce du cessez-le-feu, selon certains observateurs.

– Avant l’annonce de Trump, Israël avait intensifié ses propres frappes (notamment sur des sites énergétiques et des infrastructures liées aux Gardiens de la Révolution) pour affaiblir le régime iranien. Netanyahu avait  même déclaré que l’Iran n’était plus le même  et qu’Israël était « plus fort que jamais ».

Bref, pour Israël,  coordination étroite avec Washington, mais autonomie sur les menaces existentielles  pour Israël, par exemple le Hezbollah.

Christine Tasin

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3 Commentaires

  1. Grande victoire de Trump, l’homme le plus fort du monde : l’éventuelle et conditionnelle réouverture du détroit d’Ormuz…qui était ouvert il y a un mois! Dur d’être Trumpiste !

    • Où est le problème ? c’est pas la faute de Trump si nos ennemis sont des tarés et des monstres capables de tout, Gérard ! C’est juste et ça fait du bien d’être trumpiste. Je suis fière de moi et je suis fatiguée de ces moutons qui suivent sans réfléchir le premier journaleux qui crache sur Trump. Je ne parle pas de toi mais des gens d’une façon générale