« Porte des Lilas » (1957) : une parenthèse enchantée dans le Paris populaire

Film garanti non halal (oui, ce temps a bien existé !)

Sorti en 1957, Porte des Lilas est bien plus qu’un simple film de René Clair. C’est une immersion dans une France où la solidarité se nichait dans les arrière-salles des bistrots et où l’amitié valait tous les trésors du monde.

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Un duo de légende

Le film repose sur la rencontre de deux géants, aux styles opposés mais à la complicité évidente :

  • Pierre Brasseur (Juju) : Il campe un personnage magnifique de tendresse, un « bon à rien » au cœur d’or, un peu porté sur la bouteille mais d’une loyauté absolue. Brasseur y déploie une humanité vibrante, loin de ses rôles de tonitruants séducteurs.

  • Georges Brassens (L’Artiste) : Pour sa seule véritable apparition au cinéma, « Tonton Georges » joue presque son propre rôle. Paisible, sa guitare jamais loin, il apporte cette touche de mélancolie et de sagesse libertaire qui lui était chère.

Dany Carrel

L’intrigue : l’honneur des humbles

L’histoire nous emmène dans le pavillon de l’Artiste, où les deux compères voient débarquer un gangster en cavale. Plutôt que de le dénoncer, ils choisissent de l’héberger, par une sorte de code d’honneur propre à ce Paris des faubourgs où l’on se méfiait naturellement de l’autorité, mais jamais d’un homme aux abois.

On y voit des rues du Paris d’avant l’islam, de jardins un peu sauvages et de troquets où tout le monde se connaît. René Clair filme cette atmosphère avec une nostalgie déjà palpable, capturant un mode de vie fait de simplicité, de mots d’esprit et de respect du voisin.

C’est une œuvre qui nous rappelle qu’au-delà de la pauvreté, il existait une richesse immense dans les rapports humains et dans cette douceur de vivre typiquement parisienne.

Extrait : 

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La bande originale du film

Pour le film lui-même, Brassens a composé des morceaux qui sont devenus des classiques absolus, dont certains sont chantés à l’écran par lui et Pierre Brasseur :

  • « Au bois de mon cœur » : C’est la chanson phare du film. Elle célèbre l’amitié et la solidarité des « copains d’abord » avant l’heure.

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  • « L’Amandier » : Une mélodie pleine de fraîcheur que l’on entend dans le film.

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  • « Le Vin » : Un hommage à la dive bouteille, très à-propos pour le personnage de Juju (Pierre Brasseur).

Vidéo INA. Dans un décor de salle de ferme reconstitué, entouré de nombreux amis, Georges BRASSENS, à la guitare, interprète « Le vin ».
Extrait de l’émission « Georges Brassens au coin du feu » le 12/06/1957 réalisation André Hugues sur la première chaîne

Dany Carrel

Henri Vidal

Albert Michel

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5 Commentaires

  1. Etes vous sur que la video où Brassens chante « le vin » est de 1977 ? Les costumes semblent plutot de 1957/60 et je crois reconnaitre Rene Louis Laforgue mort en …1967.

    • Bonjour : mais oui, merci pour votre vigilance ! Rectifié ! 12/06/1957

  2. Merci, je regarde souvent de bons vieux films de cette époque le soir sur ma tablette. Ça me rappelle le café-restaurant populaire de ma grand-mère paternelle Fernande. Inoubliable chaleur humaine qui y régnait. La France de jadis. Putain ! J’ai le cafard du coup. Merci Jules.

  3. La grande époque où l’on pouvait encore au ciné sans se prendre la tête

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