Au concert avec Francis Poulenc

Illustration : Paris tel que Poulenc l’a connu dans sa jeunesse. En médaillon, un portrait du compositeur.

Francis Poulenc est né le 7 janvier 1899 et mort dans la même ville le 30 janvier 1963. En général, je suis très sévère vis-à-vis de la musique du vingtième siècle. À force de vouloir casser les codes de la musique dite « classique », on finit par aboutir à une soupe indigeste, du moins à mon avis…je n’ai toujours rien compris à la musique de Schönberg et pire encore, aux gloubis-boulgas de Boulez. Poulenc est resté tonal et relativement classique et tant mieux ! On commence ce concert avec un extrait des Biches :

https://www.youtube.com/watch?v=LxLUiYgU0m0&t=205s

Le concert champêtre est une œuvre écrite pour clavecin et orchestre composée en 1928 et créée le 3 mai 1929 salle Pleyel à Paris. L’orchestre symphonique de Paris était dirigé par Pierre Monteux (celui-là même qui avait dirigé la première du Sacre du printemps en 1913). Wanda Landowska était la dédicataire de la partition.

https://www.youtube.com/watch?v=VsleyYCh-BQ&list=RDVsleyYCh-BQ&start_radio=1&t=1173s

On continue avec le Gloria composé entre 1959 et 1960. Avec le Stabat Mater et les Litanies à la Vierge noire le Gloria reste l’œuvre la plus populaire de musique sacrée de Poulenc. La première audition mondiale eut lieu le 20 janvier 1961 par l’orchestre symphonique de Boston dirigé par Charles Munch avec le chœur Pro Musica, la soprano Adele Addison en soliste et ce, en présence du compositeur. La création européenne se déroula peu après, le 14 février 1961. L’orchestre national de France, le chœur de la RTF et la soprano Rosanna Carten  étaient dirigés par Georges Prêtre. En tant que membre du chœur du Conservatoire de la Réunion, j’ai eu le plaisir de chanter le gloria, à la fin des années 80. Voici une version due à l’orchestre  philharmonique et au chœur de Radio France, dirigés par Mikko Franck. La soliste est Lauren Michelle.

https://www.youtube.com/watch?v=2k3aVoY8A0I&list=RD2k3aVoY8A0I&start_radio=1&t=749s

L’œuvre concertante la plus populaire de Poulenc est le Concerto pour deux pianos que vous trouverez en bonus. Pour un peu il éclipserait le Concerto pour piano commandé en 1948 par l’orchestre symphonique de Boston. Vous trouverez ci-dessous un copier-coller du texte accompagnant la vidéo YouTube :

En 1948, lors d’une tournée aux États-Unis, Poulenc reçut de l’Orchestre symphonique de Boston, dont le directeur musical était le Français Charles Munch, la commande d’un Concerto pour piano qu’il créera lui-même au clavier deux ans plus tard. Sa correspondance de 1949 offre de précieux indices sur l’avancée de ses travaux et sur ses interrogations. Elle nous permet de savourer également la verve et l’humour du musicien, que l’on retrouve dans le bondissant final (« Rondeau à la française »), citant la chanson américaine de 1851 Old Folks at Home de Stephen Foster. Il écrit à Marie-Blanche de Polignac : « Je viens de terminer le premier temps (sic) de mon concerto pour Boston. Je ne suis pas mécontent. C’est très strict comme forme mais pas embêtant : du Poupoule [surnom que ses amis donnaient à Poulenc] de 50 ans. » À Milhaud :  » J’ai avancé mon Concerto pour Boston (premier temps fini, second tout esquissé). Cette œuvre me remplit d’angoisse car un four serait peu heureux pour commencer ma seconde tournée « , puis : « Je l’ai beaucoup soigné, car c’est une grave partie pour moi. » À Pierre Bernac : « Le Concerto avance. Vraiment je crois cela bien. Pourvu que je réussisse le Final. L’orchestration est très bonne, en tout cas. » . À Irène Aïtoff :  » Voici le rêve que j’ai fait il y a deux nuits. Je venais de jouer le premier temps de mon concerto à Boston. Une vingtaine de dames américaines ne peuvent s’empêcher de hurler d’admiration. Après l’andante on en emporte sur des civières, une centaine évanouies de volupté. Après le final, tout le reste des femmes hurlent :  » À bas Poulenc ! On ne se fout pas du public ainsi. Ce Rondeau à la française c’est bien les bordels de Paris.  » Aucun homme n’assistant au concert, impossible de défendre nos Chabanais [nom d’une célèbre maison close parisienne fermée en 1946]. Voyez dans quel état me met mon rondeau. »

On retrouve l’orchestre philharmonique de Radio France et Mikko Franck ainsi que la soliste Maroussia Gentet.

https://www.youtube.com/watch?v=6q0PDy86jHI&list=RD6q0PDy86jHI&start_radio=1&t=1194s

EN BONUS :

Nous sommes en 1963 ; Georges Prêtre dirige l’orchestre de la RTF dans une version historique du concerto pour deux pianos avec Francis Poulenc et Jacques Février en solistes !

Voici une version plus récente, due à la Radiophilharmonie de la NDR dirigée par Andrew Manze. Les solistes sont Shin-Heae Kang et Marta Argerich. Le prochain article sera d’ailleurs consacré à la pianiste argentine qui a acquis la nationalité suisse.

https://www.youtube.com/watch?v=AOON1VpQ5MQ&list=RDAOON1VpQ5MQ&start_radio=1&t=976s

Filoxe

 

 

 

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3 Commentaires

  1. Je me réjouis déjà, aussi pour vous fidèles de RR, du chapitre sur la SUBLIME Martha Argerich.

  2. Encore un magnifique volet musical ! Merci de faire découvrir ou re-découvrir les figures et les œuvres géniales qui illuminent l’âme et le cœur.
    Que personne ne s’en prive !

  3. Merci Filoxe. Peut-être un article sur la décacophonie, la cacophonie, serait le bienvenu pour mieux comprendre ce virage musical? Avec des morceaux enregistrés ?