La Maman d’Élias : «L’institution judiciaire  nous claque la porte au visage»

La Maman d’Élias : «L’institution judiciaire  nous claque la porte au visage»

Quand la justice peut se muer en… « l’ajustice » avec un « a » privatif comme à la suite du meurtre du jeune Elias dont la vie a été stoppée à 14 ans à peine par la lame d’une machette de 40 cm de long portée par l’un de ses deux agresseurs de 16 et 17 ans… mineurs multirécidivistes ! Certains se posent la question : mais que fait la justice pour protéger les (futures) victimes de tels déchets de l’humanité !
C’était en janvier 2025, à Paris, à la sortie de son entraînement de football !

Sa Maman, Mme Stéphanie Bonhomme, est désespérée par, semble-t-il, le mépris de notre justice dans le traitement du dossier sur le meurtre de son enfant :
«L’institution judiciaire nous claque la porte au visage», a-t-elle déclaré au Figaro de ce mercredi !
Cela suite à sa proposition afin de « mettre la justice devant ses responsabilités » !

Oui que se passe-t-il, au sommet de l’institution judiciaire, pour que certains juges semblent plus préoccupés par le sort des bourreaux que par celui de leurs victimes ?

C’est du moins ce qui semble ressortir de cet article du Figaro relatant le parcours difficile, au sein de l’institution judiciaire, des proches d’Elias et en particulier de sa Maman !

J’espère que les difficultés que rencontre cette Maman ne sont pas une conséquence de l’application par certains personnels du monde judiciaire de la célèbre « harangue du juge Baudot » (1) remontant à une cinquantaine d’années !

Le tragique va au-delà du drame vécu par les familles ! En effet, quand les victimes -tragiquement, dramatiquement !- ne sont plus là, pour quelles raisons ce sont les familles de ces -trop souvent- jeunes, très jeunes victimes, notamment les mères ou les pères effondrés ou les soeurs et frères dévastés qui voient le drame qu’ils vivent, tout cruellement aggravé par l’impression qu’ils ont que certains magistrats ont « autre chose de plus important à faire » que d’écouter leur peine et l’expression de leur chagrin !

Pour de tels magistrats, les victimes n’ont pas droit de se plaindre ! Comme d’ailleurs l’avait exprimé un ténor du barreau à qui un journaliste demandait pour quelles raisons les victimes ou leurs proches n’avaient qu’une place dérisoire lors d’un procès criminel… Ce grand avocat, quelque peu méprisant, lui qui a défendu les pires des criminels car selon la formule « tout le monde a le droit d’être défendu », et qui, avec un sourire narquois, avait fait une réponse du genre :
« Où va-t-on si l’on accorde plus de place aux parties civiles ! »
Ces parties civiles qui ne peuvent même pas faire appel d’un jugement d’assises : seul le procureur peut le faire !

Pour la famille du malheureux Élias, c’est donc…
…« Dans un long récit publié dans Le Figaro ce 11 mars… » accompagné de la vidéo de l’entretien accordé par cette Maman au Figaro (2)

Stéphanie Bonhomme n’y cache pas sa colère face au silence de la justice. Sur Le Figaro TV, la mère d’Elias demande que soit inscrite dans la loi la possibilité pour les victimes de rencontrer «dès qu’elles le demanderont» les magistrats, afin que des «explications soient données aux familles en cas de dysfonctionnement majeur de la justice».

« Après avoir confié dans les colonnes du Figaro ce mercredi sa lassitude et celle de sa famille face au silence de l’institution judiciaire, Stéphanie Bonhomme était l’invitée du Figaro TV dans l’émission Points de Vue. »

« Reste désormais aux législateurs, selon elle, à s’atteler à réparer un lien » qu’elle-même « perçoit comme étant de plus en plus distendu entre les citoyens et l’institution judiciaire. »
«Ce peut être un amendement dans la loi SURE, une proposition de loi ou ne sais-je», poursuit celle qui a reçu le soutien de Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet  sur ce dossier précis. 
«Rien aujourd’hui dans le code de la magistrature n’empêche les juges de dialoguer avec les victimes et leurs proches. S’ils ne se saisissent pas eux-mêmes de cette demande de vérité et d’explications, alors le législateur sera à nos côtés pour que les victimes puissent obtenir dès qu’elles le demandent un rendez-vous avec les magistrats concernés, en cas de dysfonctionnement majeur observé», précise la chef de service adjointe en médecine vasculaire.
Car « ce droit au dialogue ne doit pas être l’exclusivité des dossiers dont les fautes auraient été admises par la justice elle-même. »

Et Stéphanie Bonhomme ajoute :
«J’irais même plus loin. Même s’il n’y a pas de dysfonctionnement, on a parfois l’impression que la prise en charge n’a pas été bonne mais le fait que des juges expliquent leurs décisions, même celles qui sont justifiées, ne peut qu’apaiser».

« Quant aux suspects du crime d’une «cruauté barbare», on n’a plus assez de pléonasmes», ajoute la mère d’Elias -, ils n’auraient exprimé «aucun regret. Aucun. Ils n’ont pas d’empathie».

Que les proches de la Maman d’Élias lui transmettent nos plus vifs souhaits de réussite dans sa démarche  concernant le monde judiciaire car, si cette démarche se voit couronnée de succès, elle aidera les futures familles de (trop) jeunes victimes car, malheureusement voire tragiquement, la France en connaîtra d’autres…

Jacques MARTINEZ, journaliste,
à RTL, de stagiaire à chef d’édition des informations de nuit (1967-2001), pigiste à l’AFP, le FIGARO, le PARISIEN…

(1) « La harangue du Juge Baudot »…
« La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides « attendus » du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine. Par conséquent, que la loi ne vous serve pas d’alibi. »
Cette Harangue…rendue publique sous la présidence du centriste Valéry Giscard d’Estaing qui n’a pas voulu sanctionner ce magistrat alors que certains de ses ministres le lui demandaient- est développée par le site cairn.info :
https://droit.cairn.info/revue-deliberee-2018-3-page-31?lang=fr

(2) Figaro de mercredi avec la vidéo de la Maman d’Élias :

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