
Dans l’article précédent j’avais évoqué la découverte de Bernstein comme chef d’orchestre et j’avais été enthousiasmé par sa direction énergique. En gros, on peut diviser la carrière de Lenny en deux périodes, la new-yorkaise entre 1958 et 1969 et la viennoise ensuite. Même si le chef américain avait quitté l’orchestre de New York en 1969, il ne l’a pas abandonné pour autant, au soir de sa vie il avait enregistré les symphonies 4 à 6 de Tchaïkovski.
Je vais donc vous proposer deux concerts Brahms avec les mêmes œuvres, d’abord dans les années 60 à New York puis dans les années 80 à Vienne ; on commence par L’ouverture pour une fête académique enregistrée en novembre 1963 :
Là je me permets une digression car l’attitude du public est affligeante, des applaudissements avant la fin, à cause de quelques silences. Mais justement les silences c’est aussi de la musique, voici comment se termine l’ouverture :
Imaginons la fin de la cinquième symphonie de Sibelius avec les accords entrecoupés de silences, imaginez un peu si le public applaudissait à chaque fois !
Nous allons à présent écouter le concerto pour violon enregistré le 15 avril 1961, vous aurez aussi le concerto de Sibelius en prime :
On termine avec la première symphonie ; comme je ne l’ai pas trouvée seule, je vous offre les quatre, plus les deux ouvertures et les variations sur un thème de Haydn, ne me remerciez pas, c’est cadeau !
Avançons dans le temps et dans l’espace, nous voici à Vienne au début des années 80.

On retrouve L’ouverture pour une fête académique :
Le concerto pour violon avec Gidon Kremer. La vidéo commence par un commentaire de Bernstein sur cette œuvre, si comme moi vous êtes fâché avec l’anglais (je préfère l’anglais à l’échalote, oui je sais mais je n’ai pas pu m’en empêcher !) vous pouvez aller directement à 16’49 », d’ailleurs c’est chapitré :
Il y a peu de différences entre les tempos de 1961 et ceux de 1982, cependant dans sa deuxième période de chef d’orchestre, Bernstein avait souvent adopté des tempos très lents, pas forcément toujours judicieux à mon avis ; ainsi la version de la première symphonie de 1960 dure 44 minutes et 38 secondes contre 54 minutes et 54 secondes pour celle de 1981 ! Même si on retire quelques séquences comme les applaudissements au début et à la fin, la différence reste considérable, qu’en pensez-vous ?
La parution de l’article étant prévue pour le 14 février, je souhaite à tous une joyeuse Saint-Valentin !
Filoxe
2,512 total views, 160 views today

Aux heures sombres du rap et autres genres d’expression à mon sens dégénérés, il est bon de produire de tels articles.
Pour moi Bernstein représente »LA direction la fois métronomique, spécifique à un pupitre et d’un geste du bout des doigts devenir une conduite onctueuse et feutrée pour »les bois’!! Une lecture verticale (mémorisée) impeccable, comme aussi le regretté Claudio Abbado. Des grands qu’il fait bon réentendre!
Merci Filoxe!
Bonjour et merci Filoxe ,j’appréciais surtout Bernstein, pour ses émissions de vulgarisation de la musique à un jeune public. Ce genre d’initiative est nécessaire pour conserver la flamme d’un tel patrimoine culturel, rien n’est sérieusement fait pour cela en France actuellement. Bonne journée.
La totalité des émissions Omnibus et des Young People Concerts sont parus en DVD chez Kultur, une boîte américaine située dans le New Jersey. Le nom de Kultur est bien mal choisi car les disques de cette société sont en zone 1 et sans sous-titrage, donc réserves aux Ricains, un vrai scandale quand on sait que tous les éditeurs de DVD musicaux éditent leurs produits en zone 0 pour une diffusion au plus grand nombre. Naturellement tous les autres concerts de Bernstein parus chez Kultur sont à la même enseigne, tous en zone 1. Pour les lire, je suis obligé de passer par mon ordinateur et d’utiliser des applications dédiées pour les DVD toutes zones et je peux même graver des copies toutes zones, c’est un peu galère !
C’est vrai Filoxe quelle connerie cette histoire de zone, quand on sait qu’aujourd’hui tout est piraté sur internet. Il fut un temps on pouvait trouver des lecteurs dvd ou bluray dézonés mais vu le nombre d’appareils restreints et de mauvaise qualité de surcroît, qui reste sur le marché, j’ai peu d’espoir que c’est encore trouvable de nos jours. Les dvds musicaux sont souvent zone zero et en NTSC, car ce n’est pas aussi populaire que les films ou les variétés et ils ne sortent qu’une seule édition internationale.Bonne soirée et bon dimanche.