Ce que répondit De Gaulle quand Montgomery traita les Français d’inutiles

J’ai lu cet article avec beaucoup d’attention, parce que j’ai connu l’occupation allemande dans ma ville et l’arrivée des premiers soldats américains bien des semaines après le débarquement du 6 juin 1944

Août 1944. Pendant que Paris célèbre sa liberté, un général britannique envoie des messages secrets appelant les soldats français « inutiles » – une insulte qui pourrait détruire l’alliance au moment le plus dangereux de la guerre.

Mais que dit exactement De Gaulle quand il découvre ces télégrammes, et comment sa réponse change-t-elle le destin de la France pour toujours?

Transcription automatique (toutes nos excuses pour les fautes qui sont restées, il y en a forcément beaucoup et c’est très long à faire à la main…)

Trois jours seulement après que Paris a été libéré, dans les rues de la capitale, deux millions de Français dansent encore. Ils pleurent de joie. Les cloches sonnent dans toutes les églises.
Mais ici, dans cette petite pièce qui sent le tabac froid et le papier humide, de Gaulle tient la preuve que leurs alliés les méprisent. Montgomery a écrit ces mots à d’autres
généraux britanniques. Il pense que personne en France ne le saura jamais. Il a tort. Les chiffres rendent l’insulte encore plus cruelle.
Exactement 300 soldats français sont morts pour libérer Paris. La deuxième division blindée du général Leclerc a perdu ces hommes en 4 jours de combats féroces Dans toute la France, des résistants ont donné leur vie depuis 1940. Ce sont des pères, des fils, des frères.
Maintenant, un général britannique dit qu’il ne servent à rien. De Gaulle pose les télégrammes sur son bureau. Il regarde par la fenêtre cassée. On entend encore les échos des célébrations au loin.
En ce moment même, 200000 soldats français combattent côte à côte avec les Américains et les Britanniques. Ils avancent vers l’Allemagne.
Ils meurent sur les mêmes champs de bataille. Mais MontgomerYpense qu’ils ne sont que des figurants, des acteurs qui font semblant. Pour lui, cette guerre est une affaire britannique et américaine.
Les Français doivent rester silencieux et reconnaissants. Cette façon de penser n’est pas nouvelle. Depuis quel’armée française a été écrasée en six semaines, le monde entier croit la même chose. La France est finie, son armée est brisée, ses soldats sont
faibles. Les généraux alliés à Londres et à Washington répètent cette idée dans
toute leur réunion.
Mais ils font des plans sans demander l’avis des Français. Quand De Gaulle essaie de parler, ils sourîtes poliment et l’ignorent. Winston Churchill, le premier ministre
britannique, appelle de Gaulle un agitateur difficile. Le président américain Roosevelt refuse même de le reconnaître comme chef légitime de la France. Pour ces hommes puissants, la France doit accepter un petit rôle dans sa propre libération.
De Gaul le connaît bien cette attitude. Il l’a vue pendant quatre longues années. En juin 1940, il était juste un général parmi d’autres. Il n’avait pas d’armée. Il a fui à Londres avec presque rien. Les autres généraux français ont choisi de collaborer avec Hitler. Ils ont signé l’armistice. Ils ont accepté la défaite. Mais de Gaulle a dit non. Il a parlé à
la radio le juin 1940. Sa voix tremblait un peu mais ses mots étaient clairs. Hier la France a perdu une bataille mais elle n’a pas perdu la guerre. Personne ne l’a cru au
début. Churchill lui a donné un petit bureau et un peu d’argent mais pas de respect  réel. Les Britanniques pensèrent que de Gaulle serait utiles pour quelques mois puis disparaîtrait. Roosevelt a essayé de trouver d’autres Français à soutenir, des hommes plus faciles à contrôler.
Pendant des années, de Gaulle a dû se battre non seulement contre les Allemands, mais aussi contre ses propres alliés. Chaque décision importante se prenait sans lui. Chaque plan de bataille excluait les Français. Quand les alliés ont débarqué en Afrique du Nord en 1942, personne n’a dit à de Gaulle avant. Quand ils ont préparé le débarquement en Normandie en 1944 il a appris les détails par accident.
Maintenant, après tout ce sacrifice, après toutes ces années de lutte  Montgomery ose écrire que les Français sont inutiles.
De Gaulle relit les télégrammes, il y en a plusieurs. Dans l’un, Montgomery écrit que les unités françaises sont mal organisées. Dans un autre, il dit qu’elles ralentissent les
opérations britanniques. Dans un troisième, il suggère que les Français devraient rester à l’arrière et laisser les vrais soldats faire le travail. Chaque mot est comme un coup de couteau.
L’officier qui a apporté les télégrammes attend toujours. Il est jeune, peut-être 25 ans. Il a l’air en colère. Tous les officiers français sont en colère quand ils entendent ces choses. Ils veulent crier, protester, exiger des excuses.
Mais de Gaulle reste calme. Il a appris quelque chose pendant ces quatre années difficiles. La colère ne sert à rien si elle n’a pas de plan. Les cris ne changent rien si on n’a pas de pouvoir.
De Gaulle se lève. Il fait presque deux mètres de haut dans cette petite pièce. Il semble toucher le plafond. Il marche lentement vers la carte accrochée au mur. C’est une carte de la France et de l’Allemagne. Des petits drapeaux marquent les positions des armées. Des drapeaux français, britanniques, américains, allemands. Il touche un drapeau français près de Strasbourg, puis un autre près de Lyon, puis un troisième près de Marseille.
Ses doigts s’arrêtent sur Paris. L’officier attend toujours. Il veut savoir ce que le général va faire.
Tout le monde veut savoir. Cette insulte ne concerne pas seulement quelques soldats, elle concerne l’avenir entier de la France.
Si les Français acceptent d’être traités comme inutiles maintenant, que va-t-il se passer après la guerre ? Quand les vainqueurs s’assoiront autour d’une table pour diviser le monde, est-ce que la France aura une chaise ? Est-ce que quelqu’un écoutera sa voix ? Ou est-ce que les Britanniques et les
Américains feront tous les choix comme ils le font déjà ? De Gaulle se retourne enfin. Il regarde ‘officier droit dans les yeux. Sa voix est basse et ferme. Il dit que ce n’est pas seulement une insulte, c’est un test. Montgomery teste la France. Il veut voir si les Français vont baisser la tête et accepter. Il veut voir s’ils ont encore du courage ou s’ils sont vraiment brisés.
De Gaulle dit que ce moment décidera de tout, pas seulement de cette guerre, mais de toutes les années qui viennent.
L’officier écoute, il commence à comprendre. Ce n’est pas une question d’orgueil personnel. De Gaulle n’est pas en colère parce que Montgomery l’a insulté lui. Là, il voit plus loin. Il voit que dans quelques mois, la guerre sera finie. L’Allemagne sera vaincue. Alors, les vainqueurs se réuniront. Ils dessineront de nouvelles frontières. Ils
créeront de nouvelles règles. Ils décideront qui est important et qui ne l’est pas. Si la France est vue comme inutile maintenant, elle sera traitée comme inutile pour toujours.
De Gaulle prend une feuille de papier blanche. Il sort son stylo. Il commence à écrire des notes, des chiffres, des dates, des noms. L’officier voit que le général ne va pas crier ou protester bêtement. Il a un plan. De Gaulle a toujours un plan. Pendant 4 ans, il a survécu en étant plus intelligent que ses ennemis et plus patients que ses alliés.
Maintenant, il va utiliser la même méthode contre Montgomery. La lumière entre par la fenêtre cassée. On sent l’odeur de la ville dehors, un mélange de fumée, de fleurs et de pierres chaudes. Les cloches sonnent encore au loin. Des voix heureuses montent de la rue. Mais dans ce bureau, de Gaulle travaille en silence. Il sait que la vraie bataille commence maintenant. pas avec des tanks et des fusils, mais avec des mots et des chiffres.
Il doit prouver que Montgongommerie a tort. Il doit prouver que la France compte. Il doit le faire avant qu’il soit trop tard.
Le 2 septembre44,  5 jours après avoir lu les télégrammes de Montgomery, de Gaulle ferme son bureau à minuit. Sur sa table, douze pages de notes sont empilées. Il a travaillé toute la journée et toute la soirée. Ses yeux  sont rouges de fatigue, mais son visage montre de la satisfaction.
Il a trouvé son arme. Ce ne sera pas un fusil ou un tank, ce sera la vérité.
Organisée en chiffres que personne ne peut nier. Il commence par le plus simple.
Combien de soldats français combattent en ce moment ? Il écrit le nombre avec soin. 550000 hommes, ce sont les forces françaises de l’intérieur, les
résistants qui sont sorti de l’ombre après le débarquement. Ils ont des armes maintenant, ils portent des uniformes, ils suivent des ordres. Montgomeryles appelle inutiles, mais de Gaulle a les rapports qui disent autre chose. Ces hommes ont libéré des villes entières sans aide britannique ou américaine. Il continuent.
La deuxième division blindée du général Leclerc. Combien de tanks ? Il trouve le rapport. 1247 chars de combat. Ce sont de vrais tanks, pas des jouetés. Ils ont
roulé dans les rues de Paris. Ils ont écrasé les positions allemandes. Les Parisiens les ont vu de leurs propres yeux. Et Montgomery peut dire ce qu’il veut dans ses télégrammes secrets. Mais ces tank existent. Leurs traces sont encore visibles sur les pavés de Paris.
De  Gaulle additionne d’autres chiffres.
Combien de territoires français a été libérés principalement par des forces françaises ? Il compte sur la carte. 23 départements entiers. Ce ne sont pas de petites zones. Ce sont des millions de personnes, des milliers de kilomètres carrés. Les soldats W français ont combattu pour chaque village, chaque pont, chaque colline. Ils connaissaient le terrain, il parlaient la langue, ils savaient où les Allemands se cachaient.
Mais le chiffre le plus important vient des rapports de la résistance.
De Gaulle les étudie attentivement. Les résistants ont fait sauter des trains pendant 4 ans. Ils ont coupé des câbles téléphoniques. Ils ont détruit des ponts et un expert a calculé les dégâts. 4700 km de voies sabotés. Ce n’est pas une estimation, c’est un compte exact.
Chaque explosion a été enregistrée. Chaque pont détruit a été noté dans un rapport. Et voici le détail le plus important. À cause de ces sabotages, de la logistique allemande était paralysée. Les trains allemands ne pouvaient plus bouger. Les camions devaient faire de longs détours. Les munitions arrivaient en retard. La nourriture pourrissait dans les entrepôts. Quand les alliés ont débarqué en Normandie le 6 juin 1944, les Allemands n’ont pas pu envoyer leurs réserves rapidement. Pourquoi ? Parce que les résistants français avaient déjà détruit leurs moyens de transport.
De Gaulle sait que ces chiffres sont puissants mais il doit les tester. Il
appelle le général Kenig qui commande les forces françaises de l’intérieur.
C’est le 3 septembre très tôt le matin. Kenig arrive rapidement. De Gaulle lui
montre les 12 pages. Il demande si tous les chiffres sont corrects. Kenig lit
lentement. Il vérifie les rapports, il fait quelques petites corrections, puis il
dit « Oui, tout est vrai, chaque nombre peut être prouvé. Maintenant, de Gaulle
fait quelque chose de risqué. Il contacte discrètement des officiers américains. Il choisit des hommes qui ont combattu avec des soldats français. Il leur montre quelques-uns de ces chiffres. Il ne leur dit pas tout. Il veut juste voir leur réaction. Les Américains sont surpris. Ils ne savaient pas que les Français avaient fait autant. Un colonel américain dit franchement que sans les sabotages français, le débarquement aurait coûté peut-être 5000 vises américaines de plus. Un autre officier dit que les
renseignements fournis par la résistance ont sauvé son régiment deux fois.
Ces réactions donnent confiance à de Gaulle. Il sait maintenant qu’il n’est pas fou. Les chiffres sont réels, l’impact est réel. Seul Montgomery refuse de le voirou peut-être qu’il le voit mais refuse de l’admettre. Peu importe. De Gaulle va le forcer à regarder la vérité. Mais il y a un problème. Churchill,
le premier ministre britannique est l’allié le plus proche de Montgomery. Quand de Gaulle essaie de porter plainte officiellement, Churchill minimise tout. Il dit que ce sont juste des mots. Il appelle les remarques de Montgomery une frustration tactique. Il suggère que de Gaulle est trop sensible.
Le war office britannique, le ministère de la guerre refuse complètement de présenter des excuses. Ils disent que les télégrammes étaient privés et que personne n’aurait dû les lire. De Gaulle se retrouve bloqué. Il a les
preuves, il a les chiffres mais personne ne veut l’écouter. Les britanniques ferment leurs portes. Ils protègent Montgomery . C’est leur maréchal, leur héros. Ils ne vont pas
l’humilier pour faire plaisir à de Gaulle. Pendant quelques jours, il semble que rien ne va changer. L’insulte restera. Montgomery continuera à dire en privé que les Français sont inutiles et personne ne pourra l’arrêter.
Puis le 10 septembre, quelque chose change. Le général Eisenhower demande de Gaulle. Eisenower est le commandant suprême de toutes les forces alliées. C’est un américain calme qui n’aime pas les disputes. Mais il est aussi très pratique et il comprend quelque chose que Churchill ne comprend pas. La France doit être stable. Après la guerre, les armées alliées auront besoin de routes françaises, de ports français. de chemin de fer français… Si les Français sont en
colère, s’ils se sentent trahis, tout devient compliqué.
Eisenhower a un autre souci. Les communistes français deviennent forts. Ils ont combattu dans la résistance. Ils ont des armes. Si de Gaulle échoue, si le gouvernement français s’effondre, les communistes pourraient prendre le pouvoir. Staline serait très content, mais les Américains seraient terrifiés.
Eisenhower a besoin que de Gaulle réussisse. Il a besoin que la France reste unie derrière lui. Lors de cette réunion, de Gaulle pose ses 12 pages sur le bureau d’Eisenhower. Il parle calmement, il ne crie pas, il ne se plaint pas. Il explique juste les faits. Il montre les 55 c soldats. Il montre les 1247 tanks. Il montre les 4700 km de voie ferrées sabotées.  . Il montre comment les renseignements français ont aidé les alliés encore et encore.
Eisenhower écoute. Il hoche la tête. Il voit le problème.
De Gaule fait alors une demande précise. Il veut une réunion officielle. lui,
Montgomery et Eisenhower face-à-face  Il veut pouvoir présenter ses preuves devant Montgomery Il veut que le maréchal britannique doive répondre.
Eisenhower hésite. Ce genre de réunion sera tendu. Montgomery va être furieux. Churchill va protester.
Mais Eisenhower comprend que c’est nécessaire. Il accepte. La date est fixée. Le 4 septembre4, le lieu sera Versailles dans le château près de Paris. Pas n’importe quelle salle, la galerie des glaces. Il est lamême salle où les Allemands ont proclamé leur empire en 1871 après avoir vaincu la France.
La même salle où la France et ses alliés ont forcé l’Allemagne à signer la paix en 1919.
C’est un lieu chargé d’histoire. De Gaulle a choisi cet endroit exprès. Il veut que tout le monde se souvienne de ce que la France a été et de ce qu’elle peut être encore.
De Gaulle passe les 5 jours suivants à préparer. Il ne va pas seulement apporter les 12 pages, il rassemble quelque chose de plus puissant. Il trouve les télégrammes.
Ce sont des messages envoyés par la résistance française aux commandants alliés pendant les derniers mois. Chaque télégramme contient un renseignement crucial. L’un révèle où les Allemands cachent
leur  tank. Un autre explique où les ponts sont minés. Un troisième donne les horaires des patrouilles ennemies. L’ad Gaul fait vérifier chaque télégramme.
Il demande aux officiers alliés de confirmer que ces renseignements ont été utilisés et qu’ils ont sauvé des vies.
Les chiffres sont incroyables. Ces 47 télégrammes c’est 12 victoires alliées majeures. Des batailles où les Américains et les Britanniques ont écrasé les Allemands parce qu’ils savaient exactement où frapper.
Un expert militaire calcule que ses renseignements ont probablement sauvé environ quinze vies alliées, peut-être plus. De Gaule met tous ses documents dans un dossier en cuir. C’est lourd, il pèse plusieurs kilos. Mais c’est le poids de la vérité. Le 14 septembre au soir, la veille de la Réunion de Gaulle dor. Il sait que demain sera l’un des jours les plus importants de sa vie. Il ne se bat pas seulement pour son honneur personnel,  il se bat pour que la France ait une place à la table quand la guerre sera finie. Il se bat pour que ses enfants et petits-enfants puissent vivre dans un pays respecté, pas dans un pays traité comme un valet.
Le matin du 15 septembre, il se lève tôt. Il met son uniforme le plus propre.
Il vérifie une dernière fois le dossier en cuir. Tout est prêt. Les chiffres sont exacts, les preuves sont solides.
Maintenant, il doit juste les présenter avec force et dignité. La voiture l’attend dehors. Il monte.
Elle roule vers Versailles. De Gaulle regarde par la fenêtre. Les rues sont pleines de gens qui reconstruisent leur vie. Des femmes balaient les débris. Des hommes réparent des fenêtres. Des
enfants jouirent dans les parcs. Ils ne savent pas ce qui se passe aujourd’hui à Versailles, mais leur avenir dépend de cette réunion.
Et de Gaulle entre dans la galerie des glaces à Versailles. Il est  3h de l’après-midi. Les miroirs sur les murs reflètent la lumière d’automne qui filtre à travers les grandes fenêtres. Certaines fenêtres sont cassées par les bombardements.
Des morceaux de plâtres sont tombés du plafond. On voit les cicatrices de la guerre même
dans ce palais magnifique. L’odeur est étrange, un mélange de poussière ancienne, de tabac froids et de pierres humides.
Dehors, on entend les bottes des sentinelles américaines qui montent la garde. Au centre de la pièce, une grande table en acajou, trois chaises. Eisenhauer est déjà assis. Il a l’air fatigué. Montgomery arrive quelques minutes après de Gaulle. Le maréchal britannique est plus petit que de Gaulle. Tout le monde est plus petit que de Gaulle. Montgomery a son béret noir habituel. Et son visage est dur. Ses yeux ne montrent aucune inquiétude. Il pense probablement que cette réunion est une perte de temps. Il pense que de Gaulle va se plaindre et que lui, Montgomery, n’aura qu’à rester assis et attendre que ça finisse.
Eisenhower ouvre la réunion. Ilparle en anglais. Il dit que cette rencontre est informelle mais importante. Il dit que les alliés
doivent travailler ensemble. Il dit que les malentendus doivent être résolus.
Sa voix est calme, presque ennuyeuse. Mais tout le monde dans la pièce sait. que ce qui va se passer maintenant n’est pas ennuyeux du tout. De Gaulle se  lève,sa taille impressionne toujours. Dans cette salle au plafond haut, il semble pourtant toucher les poutres. Il ne sourit pas. Il ne fait pas de plaisanterie pour détendre l’atmosphère. Il pose simplement le dossier en cuirsur la table et le bruit est sec, fort comme une gifle.
Le cuir frappe le bois avec un son qui raisonne dans toute la galerie. Montgomery regarde le dossier. Son visage ne change pas mais ses yeux se plissent légèrement. De Gaul eparle en français. Un traducteurrépète en anglais pour Eisenhauer et Montgomerie. Mais de Gaulle parle lentement,
clairement. Il veut que chaque mot porte. Il commence par une question simple.
Il demande si Montgomery maintient ce qu’il a écrit dans ses télégrammes. Est-ce que les forces françaises sontvraiment inutiles ? Montgomery hésite. Il commence à dire que ces mots ont été
mal compris, mais de Gaul l’interromp. Il ouvre le dossier, il sort les copies
des télégrammes originaux. Il lit à voix haute et à voix haute, pas en criant, juste en lisant les mots exacts de Montgomery.
 Le silence qui suit est pesant. On entend le vent dehors et on entend le bruit lointain d’une voiture. On entend la respiration des trois hommes. Montgomery ne peut pas nier. Ce sont ses mots. Sa signature est sur les télégrammes. Eisenhower regarde par la fenêtre mal à l’aise. Il n’aime pas ce moment mais il laisse de Gaulle continuer.
Maintenant de Gaulle sort les 12 pages de statistiques. Il ne les lit pas toutes. Ce serait trop long. Il choisit les chiffres les plus puissants. Il dit que cinq cinquante soldats  français combattent en ce moment.  Il dit que 23 départements français ont été libérés principalement
par des forces françaises. Il dit que 4700 km de voie sfférré ont été sabotés par la résistance paralysant 68 % de la logistique allemande. Chaque fois qu’il donne un chiffre, il le répète lentement.
Montgomeriy commence à répondre il dit que les chiffres ne racontent pas tout
n’inventent pas toute l’histoire il dit que beaucoup de ces soldats français manquent de formation
que les sabotages de train ne sont pas la même chose que de vraies batailles. Il dit que la quantité n’est pas laqualité. Sa voix est ferme. Il n’a pas peur de Gaulle. Il a combattu Romel en
Afrique. Il a commandé des milliers d’hommes. Il ne va pas se laisser intimider par un général français quicommandait une armée imaginaire depuis Londres.
Mais de Gaulle n’a pas fini. Il sort maintenant les 47 télégrammes. Il les pose sur la table un par un. Le bruit du papier contre le bois résonne encore et encore 47 fois.
Montgomery regarde la pile grandir, de Gaulle explique ce que c’est et chaque télégramme est un renseignement fourni par la résistance française aux commandants alliés. Chaque télégramme a permis une victoire. Il en choisit quelques-uns et les lit. L’un vient du 15 juin 1944.
Il décrit exactement où la division Pancer SS das Reich se dirige. Grâce à
ce renseignement. Les bombardiers alliés ont détruit cette division avant qu’elle n’atteigne la Normandie.
Un autre télégramme du 3 juillet donne les positions des canons allemands cachés dans la forêt. Les Américains ont pu les détruire avant d’attaquer. Un troisième télégramme du 17 août révèle
que les Allemands préparent une retraite par un certain pont. Les alliés ont bombardé ce pont et
capturé toute une brigade allemande. De Gaulle dit que ces 47 télégrammes ont permis
12 victoires alliées majeures. Il dit qu’un expert militaire a calculé que ses renseignements ont sauvé environ 15000 vies alliées. Il s’arrête. Il laisse ce chiffre flotter dans l’air,
15000. Ce sont des soldats américains et britanniques, des hommes qui seraient en
morts mais sans l’aide française, des pères qui ne seraient dit jamais rentrer chez eux, des fils qui n’auraient jamais revu leur mère.
Montgomery ne répond pas immédiatement. Il prend de l’un des télégrammes, il le
lit. Son visage reste dur mais quelque chose change dans ses yeux. Il sait que de Gaule a raison. Ses renseignements ont été précieux. Il a lui-même utilisé certains d’entre eux. Mais admettre cela maintenant serait admettre qu’il avait tort, que ses télégrammes étaient injustes. Montgomery n’est pas habitué à admettre ses erreurs. Eisenower intervient il dit que ces renseignements ont en effet été très utiles. Il remercie de Gaulle pour les efforts de la résistance, mais il essaie aussi d’apaiser Montgommerie. Il dit que peut-être les mots du maréchal ont été trop durs, mais que
tout le monde était sous pression. Les batailles sont difficiles, les généraux sont frustrés. Parfois, on dit
des choses qu’on ne pense pas vraiment.
Mais de Gaulle n’accepte pas cette excuse. Il se lève, sa voix devient plus forte. Il dit que ce n’est pas une question de pression ou de frustration.
Il dit que Montgomery a insulté 130000 morts français. Il dit que chaque tombe française en
Normandie dément les télégrammes de Montgomery. Il dit que l’utilité d’une nation ne se
mesure pas à l’approbation de ses alliés, mais au sang qu’elle verse pour la liberté.
Ces derniers mots résonnent dans la galerie et on dirait presque un discours.
Mais c’est plus que cela. C’est une déclaration. De Gaulle ne demande pas la permission d’exister. Il ne supplie pas pour du respect. Il annonce simplement que la France existe, qu’elle a combattu, qu’elle continuera à combattre et qu’elle exige d’être traitée en conséquence.
Montgomery reste silencieux pendant un long moment, puis il dit quelque chose de surprenant.
Il dit que peut-être ces mots dans les télégrammes étaient trop généraux. Il dit que certaines unités françaises ont bien combattu. Il ne présente pas d’excuses complètes, mais pour un homme comme Montgomery, c’est déjà beaucoup.
Eisenhower saisit cette ouverture. Il suggère que les trois hommes travaillent ensemble pour mieux
coordonner les forces françaises avec les forces alliées. Il propose que la France obtienne une zone d’opération plus grande. De Gaul eécoute. Il sait qu’il ne va pas obtenir d’excuses complètes aujourd’hui. Montomerie est trop fier. Mais il a obtenu quelque chose de plus important. Il a forcé
Montgomery  à reculer. Il a forcé les alliés à reconnaître que la France compte. Et surtout, il a établi un
précédent. Désormais, personne ne pourra traiter la France comme inutile sans avoir à faire face au fait.
Avant de partir, De Gaul e fait une dernière demande. Il dit que la France doit avoir une place dans toutes les décisions importantes concernant l’avenir de l’Europe. Il ne demande pas juste une place symbolique, il demande une vraie voix. Esenhower promet d’en parler aux autres dirigeants alliés. Montgomery ne dit rien. Il regarde les 47 télégrammes encore étalés sur la table et qu’il sait qu’il a perdu cette bataille. Pas avec des tanks, mais avec des preuves.
Les trois hommes sortent de la galerie. Dehors, le soleil commence à descendre.
Les miroirs de la galerie reflètent les derniers rayons dorés. La pièce se remplit d’ombres, mais de Gaulle marche avec la tête haute. Il sait ce qu’il a accompli. Il n’a pas juste défendu l’honneur de la France. Il a changé son destin.Dans les jours qui suivent, les nouvelles de cette réunion se répandent.
Les officiers français en parlent. Les soldats américains et britanniques entendent des rumeurs. Les journalistes essaient de découvrir ce qui s’est passé. Le gouvernement britannique essaie de minimiser l’incident.
Churchill est furieux contre de Gaulle. Il pense que le général français cause des problèmes inutiles. Mais les Américains ont une autre réaction. Ils  commencent à voir de Gaules différemment,
pas comme un agitateur mais comme un leader qui se bat pour son pays. Le 23
septembre 1944, 8 jours après la Réunion à Versailles, une annonce importante est faite. La
France recevra une zone d’occupation en Allemagne après la guerre. Ce n’est pas une petite zone, c’est un territoire significatif. Plus important encore, la France aura un siège dans le futur
Conseil de sécurité des Nations-Unies. Ce sera un siège permanent. Cela
signifie que la France aura le droit de véu. Elle pourra bloquer des décisions
qu’elle n’aime pas. Elle sera au même niveau que les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union soviétique et la Chine. Cette décision est directement liée à ce qui s’est passé à Versailles. De Gaulle
a prouvé que la France ne peut pas être ignorée. Il a forcé les alliés à reconnaître que sans la France, l’Europe ne serait pas stable.
{…} J‘ai arrêté la transcription ici car ce serait bien trop long mais  je vous invite à suivre la fin de la video avec la traduction en français )
Jack 
L

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13 Commentaires

  1. Quand je lis ça, j’essaie d’imaginer ce qu’aurait fait notre freluquet poudré dans cette situation. Il se serait très probablement couché et aurait appuyé les insultes de Montgomery, il en aurait certainement rajouté et aurait livré la France à la gouvernance anglo-américaine. D’ailleurs n’est ce pas ce qu’il est en train de faire aujourd’hui en se couchant devant les allemands et la Van der la hyène? De Gaule était un grand homme qui aimait et se battait pour la France, Macron n’est qu’un petit avorton minable indigne de sa fonction, qui déteste la France et œuvre à sa destruction

  2. De ces deux « grands chefs », aucun n’a mon estime (la 1ère photo représente Eisenhover, et non Monty). Montgomery était un piètre stratège beaucoup trop prudent et n’attaquait qu’avec une supériorité maximum dans tous les domaines, tellement il était peu sûr de « son génie militaire ». Coléreux, et ne sachant aucunement reconnaitre ses erreurs (opération Market-Garden). Quant au grand Charles, pas grand chose en faits militaires (voir version de sa capture à Verdun du côté allemand) et surtout la capitulation déshonorante face à l’algérie, alors que la France avait totalement gagné militairement, et la sitaution qui en a suivi, avec les « excellents » résultats que l’on connait aujourd’hui. Alors BASTA l’arrogance, la pédance, la hautaineté de ces deux personnages…

  3. Sur la photo d’illustration de cette dramatique page d’histoire fort intéressante, on reconnait, en compagnie de De Gaulle; non pas Montgomery mais bien le Général US Eisenhower, futur Président des USA.

  4. Montgomery peut retourner à son école de guerre car l’opération Market Garden , initié par lui, à été un véritable fiasco il a encore à la mort environ 15000 parachutistes à la mort, échec total, l’opération Dynamo à permis aux soldats anglais de pouvoir rentrer en Angleterre après l’avancée de l’armée allemande et cela grâce aux soldats Français et dans le desert ,les soldats français se sont battus vaillamment face à Rome ll. Misérable anglais que ce Montgomery et pour finir il n’était pas parachutiste. Signe un ancien para de l’armée Française.Et jeanne d’arc c’était du jus de banane peut être?

    • Votre commentaire est quelque peu abrupt. Certes, Montgomery a commis des erreurs, comme pratiquement tous les généraux de la WW2. Mais il a aussi contribué à nombre de victoires décisives des alliés (Afrique de Nord, Italie …). C’est très difficile de rester objectif par rapport à l’histoire qui n’est qu’interprétation de faits qui nous sont rapportés souvent sans nuances. Qu’aurions nous fait à leur place dans le feu de l’action? Cordialement,

  5. De Gaulle … de Gaulle … c’est bien lui qui a fait massacrer des Français en Algérie, a appauvri la France et est à l’origine de son invasion mortelle aujourd’hui ? Pas la peine de faire toutes ces simagrées en 44 … grâce à l’armée d’Afrique préservée miraculeusement par Pétain (et Huntziger) lors de l’armistice.
    il avait le sens de l’histoire d’une pantoufle !
    Un très bon article sur ce sale bonhomme :
    https://ripostelaique.com/jassume-mon-antigaullisme-et-je-persiste/

  6. C’était d’autant plus nul de la part de Montgomery qu’il ne pouvait que savoir qu’il y avait aussi des soldats anglais et belges à la bataille de France, et que ce sont les français et les belges qui ont couvert le retour des soldats anglais en Angleterre après la défaite – de tous hélas pas seulement de l’Armée française . Enfin … même si de Gaulle n’a pas fait tout juste par la suite il n’a pas fait tout faux non plus quand s’est agit de défendre la France , et je ne connais aucun pied noir qui ne reconnaisse pas malgré son sale coup qu’il était d’une autre trempe et d’une autre stature que beaucoup de présidents après lui , c’est dire … Enfin je me souviendrai toujours malgré tout de l’anecdote rapportée par mon père et ses frères et sœurs , de mon grand-père et mon arrière qui avaient demandé à l’époque à mon père encore tout jeune ( à Alger je précise même si tout tout le monde aura compris je pense ) : qu’est-ce que tu en penses tu crois qu’il faut voter pour lui ?

    • Souvenirs, souvenirs… Fallait-il voter pour lui ??? On ne refera pas l’histoire, je lui en veux mais je pense qu’il avait vu juste, toute l’Europe a « décolonisé », c’était le sens de l’histoire, avec ou sans De Gaulle on aurait quitté l’Algérie

      • Le sens de l’histoire est facile, a posteriori …
        En 62, le FLN avait 15 à 20.000 combattants, la plupart hors de l’Algerie.
        Il y avait plus de 150,000 harkis dans l’armée française.
        Les algériens avaient choisi. Ils avaient choisi la France. Tous, pas que les pieds noirs.
        Ensuite, ils ont été livrés à une barbarie, une idéologie qui leur lave le cerveau et dure jusqu’à aujourd’hui. Les pauvres.
        De Gaulle était un criminel. C’est l’Algérie qui nous envahit aujourd’hui.
        Sans lui la France serait riche aujourd’hui, deux fois plus grande, forte. Et chrétienne au sud de la Méditerranée, enfin, libérée de l’horreur totalitaire du Coran.
        Le sens de l’histoire ? Comme le caractère définitif de la victoire allemande en 40. Le sens de l’histoire … ou la France musulmane demain. Le sens de l’histoire, toujours …

      • On aurait pu partitionner , c’était légitime avec les espagnols qui s’y étaient essayés, non sans raisons, avant les français et avaient fondé Oran , les Juifs se sont bien débrouillés pour refaire l’Israël antique. Mais enfin j’imagine que le Général savait très bien qu’il vivait dans un pays à tendance gauche/communiste . Mais oui pour ce qui est de la guerre et des débuts de la construction européenne il a fait le maximum, néanmoins c’est aussi à lui qu’on doit hélas les accords de 68 , la constitution de la Vème dont plein d’articles ont fait plus que nous nuire depuis, sans parler du Conseil Constitutionnel plus que bloquant. Quant à la décolonisation il me semble qu’elle fait plus que poser problème aujourd’hui avec le Groenland par ex, et bientôt avec l’Islande : ce n’est certainement pas un hasard si le tourisme chinois y a bondi en quelques années . Là aussi malheureusement il semble qu’on ne puisse plus refaire l’histoire ni même la corriger : on n’est pas les russes.

      • C’est vrai. Et l’on pourrait aussi en vouloir à Churchill qui a « liquidé » la flotte française pour éviter que celle-ci ne tombe aux mains des allemands. Et pourtant, c’est aussi en partie grâce à Churchill que De Gaulle devint, par la suite, le grand homme d’Etat qu’il fut. Il faut sans cesse apporter de la nuance à notre interprétation de l’histoire.