À l’occasion de la journée commémorative internationale de l’Holocauste, le 27 janvier le première chaîne télé allemande, Das Erste, consacre la soirée à un inventaire d’actualité : à quel point l’antisémitisme est-il présent aujourd’hui en Allemagne – et quelle en est la signification pour les Juifs au quotidien ?
L’émission spéciale met en lumière des expériences personnelles, des soucis et des stratégies quant au traitement de la haine et des menaces. Le président fédéral, Frank-Walter Steinmeier prend lui aussi la parole.
Le 27 janvier rappelle la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée Rouge en 1945 – un endroit synonyme comme nul autre au monde du meurtre organisé de plus d’un million de personnes. Plus de huit décennies plus tard, des chiffres d’actualité montrent une évolution alarmante : les incidents antisémites sont en forte progression. L’émission s’interroge sur les raisons, les effets sur le sentiment de sécurité et par suite, si une émigration est à nouveau redevenue une option pour certains.
Pour le ministre du Land de Saxe, Petra Köpping : « Il est de notre responsabilité sociale de combattre l’antisémitisme et de prendre conscience simultanément de la multiplicité de l’existence juive, de la protéger et de la promouvoir. » Le 27 janvier marque le jour anniversaire de la libération du complexe de camps d’Auschwitz, où au bas mot plus d’un million de personnes d’Allemagne et leurs collaborateurs ont été assassinés. Ce jour, nous commémorons le souvenir de toutes les personnes privées de leur droits, poursuivies, torturées et assassinées au cours du national-socialisme.
Selon Petra Köpping : « La journée commémorative de l’Holocauste demande à tous les démocrates de ne pas se contenter de commémorer le souvenir de la destinée de toutes les victimes, mais aussi de s’interroger de façon critique sur les causes et le dynamique de haine et d’exclusion. C’est alors qu’il deviendra clair : l’Holocauste n’était pas l’œuvre de quelques rares fanatiques, mais au contraire un projet social – réalisé, activement soutenu et accepté par des personnes tout à fait habituelles, y compris de Saxe. Cette prise de conscience oblige à une introspection. Les crimes ont également été rendus possibles par de modèles de pensée et de perception, qui se sont progressivement normalisés, par des images antisémites et de théories de conspiration. Ces mécanismes et les préjugés n’ont pas disparu – ils ont simplement changé d’apparence. Cette évolution représente une menace sérieuse – pour les individus ainsi que pour la cohésion sociale et notre démocratie. C’est justement le jour anniversaire de l’Holocauste qu’il devient manifeste : démocratie et droits de l’homme ne sont pas des évidences. Ils exigent une pensée critique, une prise de conscience historique et la volonté de s’opposer à la discrimination. Il en va de notre responsabilité sociale de rejeter la falsification, relativisation ou négation de faits historiques, et de prendre simultanément conscience de la multiplicité de l’existence juive dans les temps modernes, de la protéger et de la promouvoir. L’année thème „TACHELES 2026 | Année de la culture juive en Saxe“ lancée cette année par le gouvernement de Saxe y invite tout particulièrement. »
Il y a 81 ans, des soldats soviétiques ont libéré le camp de concentration d’Auschwitz. Entre 1940 et 1945, les nationaux-socialistes ont assassiné entre 1,1 et 1,5 million de personnes dans ce complexe de camps. En janvier 1996, le Président fédéral de l’époque, Roman Herzog a déclaré le 27 janvier journée commémorative générale des victimes du national-socialisme. Depuis ce jour est célébrée une commémoration au parlement allemand Bundestag et dans tous les bâtiments publics, les drapeaux sont mis en berne. Sur décision de l’Assemblée générale de l’ONU en 2005, le 27 janvier est devenu également la journée commémorative internationale de l’Holocauste. Source
« Rends-toi à Auschwitz, et regarde ce qu’il en était »
Auschwitz était un camp central de l’Holocauste. Ceux qui peuvent en rendre compte aujourd’hui sont devenus très rares. Un des derniers témoins de ces temps passés est Stanislaw Zalewski. Ce qu’il y a vécu, il l’a refoulé longtemps.
Martha Wilczynski
Avec les gens qui nient l’Holocauste, Stanisław Zalewski n’entame même pas la conversation : « Je dis simplement avec politesse : Écoute, je te donne l’argent pour le ticket. Rends-toi à Auschwitz, et regarde ce qu’il en était. » Zalewski est le président de l’association polonaise des anciens détenus des prisons et camps de concentration politiques d’Hitler – et un des derniers témoins de l’époque encore en vie.
Il avait 14 ans quand les nazis ont agressé son pays natal. À 17 ans, il a été arrêté par la Gestapo comme membre de la résistance polonaise et emmené à Auschwitz peu de temps après.
Chaque détail lui reste en mémoire
Encore aujourd’hui, centenaire désormais, il se rappelle chaque détail. « C’était une nuit tout obscure. On nous a conduit dans un braquement vide, où nous sommes restés jusqu’au matin sans manger, sans quoi que ce soit. » Zalewski a passé environ un mois à Auschwitz. Pendant ce laps de temps il a vu de très près les horreurs de la machinerie de l’extermination.
« Mon baraquement à Auschwitz était à côté du baraquement des femmes », confie-t-il. Un matin, on nous a interdit de quitter notre baraquement. Mais subitement, toutes les femmes ont été emmenées à l’extérieur et alignées. Des poids lourds sont arrivés et elles y ont été chargées quasiment comme du bétail. »
Quand les femmes ont compris qu’on les emmenait au four crématoire, elles ont commencé à pleurer et à crier. Cet instant poursuit Zalewski jusqu’à ce jour. « Quand je vous parle maintenant, je l’entends encore constamment, mais j’essaie de faire la sourde oreille. » Plus tard, dit-il, la fumée sortant de la cheminée du crématorium a révélé ce qui s’était passé avec les femmes.
Plus d’un million d’êtres humains assassinés
Contrairement aux 1,1 million de personnes assassinées, Zalewski a survécu au camp de la mort d’Auschwitz. Du fait de son apprentissage comme mécanicien, il a été transféré quelques semaines plus tard à peine vers les camps de concentration de Mauthausen et de Gusen en Autriche.
C’est surtout son mantra, qu’il répétait chaque soir comme une prière, qui l’a sauvé, affirme-t-il : « Il faut que je retourne dans ma famille, chez mon père, chez ma mère, il faut que je retourne chez mes collègues. Il faut que je retourne, il faut que je survive. »
Après la guerre, sa stratégie de survie était de ne pas parler des choses qu‘il avait vécues. N’y même d’y penser, tout simplement. « J’ai rangé mes souvenirs du camp dans un boîte étanche et je les ai immergés, et puis j’ai vécu tout à fait normalement. »
Ce n’est qu’au moment où des reporters sont arrivés qu’il a ressorti la boîte et a tout raconté. Puis il l’a refermée et rangée. « Tout ça, il faut l’apprendre. Pour moi non plus, cela n’a pas fonctionné de suite. »
Voyage à Auschwitz pour la journée commémorative
Aujourd’hui, au 81e jour anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Zalewski va à nouveau ouvrir cette boîte. En compagnie de son fils de 80 ans, il va voyager de Varsovie à Auschwitz, participer à la fête commémorative officielle et rappeler ce qu’il veut volontiers oublier lui-même, mais qu’il ne pardonnera jamais.
« C’est un oubli à ma manière. Je peux ressortir à tout moment la boîte et m’en souvenir. Oublier, oui, mais pas pardonner. C’est ça la différence. »
Jean Schoving
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Les nazis ne sont pas mort, il y en a encore pas mal dans l’ue. L’ue était le plan de Hitler.
pourquoi pas ue chaine de tele consacree uniquement a la shoah 24 heuressur 24;;;bien sur financee par l’argent public? Ce serait un pied de nez aux antisemites