Rachat d’Exaion… Macron continue de vendre la France à la découpe !

 

Rachat d’Exaion, pépite tech d’EDF, par l’américain Mara : pourquoi cela fait polémique.
L’État français est en passe d’autoriser sous conditions la prise de contrôle d’Exaion, filiale numérique d’EDF, par le groupe américain Mara, selon La Lettre. Cette décision, impliquant un spécialiste du minage de bitcoins, soulève de graves inquiétudes sur la souveraineté énergétique et numérique de la France alors que le réseau électrique fait face à des défis de surcapacité inédits.

L’annonce du rachat de 64 % d’Exaion, la pépite tech d’EDF, par le géant floridien Mara Holdings pour 168 millions de dollars provoque un vif émoi au sein de la classe politique et du secteur technologique français, rapporte Les Échos. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu déplore le manque de capitaux européens pour soutenir nos pépites, la cession de cette filiale à un acteur américain est perçue par beaucoup comme un renoncement stratégique. Le ministre de l’Économie a dû justifier cette opération en minimisant le poids du minage de bitcoins dans les enjeux d’avenir, malgré les alertes de nombreux experts sur le rôle crucial de cette activité pour l’équilibre du réseau électrique national.

Un réseau électrique en quête de débouchés

Le réseau électrique français traverse une période de mutation profonde marquée par une surcapacité structurelle, explique le journaliste et entrepreneur spécialisé dans les cryptomonnaies et la blockchain Grégory Raymond. Les rapports de RTE signalent une consommation qui stagne face à une production nucléaire et renouvelable en hausse, entraînant une multiplication des prix négatifs sur les marchés.

Ce déséquilibre s’explique par l’impossibilité de stocker l’électricité à grande échelle : chaque kilowattheure produit doit être consommé instantanément. Or, le parc nucléaire est difficile à arrêter brusquement, tandis que les énergies éoliennes et solaires produisent selon la météo, parfois au moment où la demande est au plus bas. Le patron d’EDF, Bernard Fontana, a lui-même alerté la Cour des comptes sur les limites de ce modèle. Le parc nucléaire est désormais contraint de moduler sa puissance faute de débouchés suffisants pour valoriser l’électricité produite.

Dans ce contexte, le minage de bitcoins apparaît comme une solution technique idéale, selon Grégory Raymond. Le minage consiste à mettre à disposition du réseau Bitcoin une puissance de calcul informatique colossale pour sécuriser les transactions. En échange de ce service, les « mineurs » reçoivent des bitcoins. Cette activité est unique car elle est « interruptible »: cette activité de calcul intensif peut absorber les surplus d’électricité produite quand la demande est faible et s’interrompre instantanément en cas de tension sur le réseau. Si les experts y voient un outil de flexibilité majeur pour les années à venir, l’État semble avoir ignoré ce potentiel lors de la vente d’Exaion.

Une clause de non-concurrence critiquée

Le montage de l’opération prévoit que Mara injecte la majeure partie des fonds directement dans Exaion, tandis que seulement 30 millions de dollars reviennent à EDF. Au-delà de l’aspect financier, c’est une clause de non-concurrence qui cristallise les tensions, affirme Grégory Raymond. Ce contrat impose à EDF de ne pas exercer d’activité dans le calcul haute performance ou le minage de bitcoins pendant deux ans. Pour certains observateurs, cette clause est le véritable enjeu stratégique de la vente.

Cette interdiction temporaire pourrait empêcher l’électricien national de développer ses propres solutions de stabilisation du réseau. Si la France décidait demain de promouvoir le minage comme outil de politique énergétique, elle se heurterait à un acteur américain déjà solidement installé, selon Les Échos. Mara pourrait ainsi prendre une avance considérable sur le sol français, protégée par le droit américain tout en exploitant les infrastructures nationales.

La nationalité de l’acquéreur pose également un problème de sécurité des données, d’après Les Échos. En tant qu’entreprise américaine, Mara est soumise au Cloud Act. Cette législation permet aux autorités de Washington d’exiger l’accès aux données gérées par l’entreprise, même si celles-ci sont stockées physiquement en France. Exaion, qui compte parmi ses clients la Société Générale et propose des services de coffre-fort pour cryptoactifs, manipule des informations particulièrement sensibles.

L’ancien ministre de l’Économie Antoine Armand s’est interrogé publiquement sur la volonté de « brader » les pépites technologiques souveraines. Face à la polémique, la Direction générale du Trésor a dû examiner le projet au titre du contrôle des investissements étrangers. Des conditions ont été fixées, comme le maintien des capacités industrielles en France et un droit de regard sur la gouvernance, mais ces garanties sont jugées classiques et insuffisantes par les détracteurs du projet.

Un marché de dupes pour l’industrie française

Pour les acteurs français du secteur, l’État a signé un « marché de dupes ». Sébastien Gouspillou, cofondateur de BigBlock Datacenter interviewé par Les Échos, estime que Mara rachète une « coquille vide » pour obtenir de fait l’exclusivité du minage en France. L’enjeu est de taille : le potentiel de consommation flexible est estimé à huit gigawatts. En laissant Mara s’installer avec un accès privilégié aux surplus d’EDF, la France risque de perdre la main sur une ressource énergétique stratégique.

Un consortium français avait tenté de formuler une contre-offre pour maintenir Exaion sous pavillon national, mais cette tentative a échoué. La direction d’EDF, engagée dans une stratégie de réduction des coûts, a privilégié l’apport de trésorerie immédiat. Cette décision laisse un goût amer aux défenseurs de la souveraineté numérique qui voient une technologie née de la recherche française passer sous contrôle étranger faute de soutien politique et financier suffisant.

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7 Commentaires

  1. S’il était possible de supprimer de la carte tout ce qui a été vendu de la France, il ne resterait pas grand chose. Déjà, l’emplacement de plus de 2.250 mosquées nous aurait bien aidés pour construire des logements …

  2. ils sont où le RN, LFI, Les verts de terre, LR et compagnie . le freluquet aura tout vendu avant 2027 et personne ne défend la france. Il est temps de faire un grand nettoyage aux prochaines élections de tous ces salopards complices de Macron.

  3. Le salopard qui hante les couloirs de l’élysé continue son œuvre de destruction. Putain, si D Trump pouvait venir le chercher , on lui donne gratuitement et sa maman aussi.

  4. C’est un peu bizarre…! vous développez le « possible » rachat d’Exaion « pépite tech » d’E.D.F. en 85 lignes… Alors que vous n’évoquez la cause qu’en à peine 4 lignes… Pourquoi…? Une mauvaise gestion d’E.D.F. qui a privilégié la recherche, puis la création du Parc Éolien de Saint Nazaire, au détriment de l’entretien et de la recherche du Parc Nucléaire…?

  5. Excellent article qui me cultive, vraiment merci…Mais quand a Macron pourquoi voudrez-ont qu’il s’arrête ? après tout, il fait ce pourquoi des lecteurs décèrébrés ont votez pour lui !