
Note de J. Ferry – résumé :
La police suédoise alerte : l’islamisation de la Suède progresse depuis 30 ans, avec des réseaux islamistes, clans et pouvoirs parallèles qui s’installent sans réelle réaction étatique. Ulf Boström, vétéran de Göteborg, dénonce une radicalisation quotidienne via mosquées contrôlées à 80% par les Frères musulmans, écoles coraniques ciblant la 2e génération, et liens avérés avec les sociaux-démocrates via Tro och solidaritet. Pour les lecteurs de Résistance Républicaine, ce témoignage implacable – complété par le chercheur Sameh Egyptson – montre comment l’absence de l’État ouvre la voie à des sociétés parallèles, charia et criminalité fusionnées, menaçant la démocratie suédoise comme un avertissement pour la France.
La police : “L’islamisation de la Suède dure depuis 30 ans”
Depuis trois décennies, des réseaux islamistes, des structures claniques et des ordres de pouvoir parallèles se sont développés dans de larges parties de la société suédoise – souvent sans contre‑poids visible de l’État. Selon le policier Ulf Boström, les problèmes aujourd’hui décrits comme des urgences sociales ne sont pas apparus du jour au lendemain, mais se sont installés progressivement, au fur et à mesure que les autorités se retiraient et que le débat politique devenait de plus en plus timoré. La radicalisation serait, d’après lui, le résultat d’une longue absence de l’État, d’une peur politique de “toucher au sujet” et d’une organisation idéologique patiente, largement menée au grand jour, mais que la société a choisi de ne pas voir ni prendre au sérieux.
Ulf Boström et sa perspective
Ulf Boström est policier à Göteborg, avec une longue expérience de travail dans des quartiers socialement défavorisés, à la frontière entre lutte contre la criminalité, intégration et prévention. Il est souvent présenté comme “policier de l’intégration” et intervient régulièrement dans le débat public sur les sociétés parallèles, la radicalisation, les structures claniques et les milieux islamistes en Suède, en particulier à Göteborg.
À partir de son expérience de terrain, Boström critique à la fois la peur politique d’aborder ces questions et le retrait de l’État des quartiers locaux. Il alerte depuis longtemps sur les conséquences d’une présence affaiblie des autorités, d’une infiltration idéologique et d’une sous‑estimation de l’alliage possible entre extrémisme religieux et criminalité organisée.
Quand il décrit l’évolution de la Suède, il utilise rarement des mots comme “nouveau” ou “surprenant”. Au contraire, il revient sans cesse à la même idée : ce qui est aujourd’hui discuté comme des problèmes urgents s’est développé sur des décennies – souvent en plein jour, mais sans préparation politique ou institutionnelle pour en gérer les conséquences.
Les années 1990 : infrastructures islamistes et Frères musulmans
Pour comprendre la situation actuelle, Boström estime qu’il faut remonter au moins trente ans en arrière, à la grande vague de réfugiés autour de 1991. La Suède est alors devenue l’un des principaux pays d’accueil en Europe pour des personnes venues des Balkans, d’Afrique du Nord, du Moyen‑Orient et de certaines régions d’Afrique subsaharienne. Les raisons étaient multiples : guerres, dictatures, détresse économique, mais aussi conflits politiques et religieux.
Avec ces personnes sont aussi arrivés des expériences, des structures et, dans certains cas, des mouvements organisés. Boström situe à cette période l’installation plus systématique des Frères musulmans en Europe, y compris en Suède. Cela ne s’est pas fait par la confrontation ouverte, mais par le tissu associatif, les institutions religieuses et un patient travail d’organisation.
“Pour une personne croyante, la religion est centrale. De la même façon que les émigrés suédois ont construit des églises aux États‑Unis, la mosquée est devenue ici un lieu de rassemblement évident”, explique‑t‑il.
En soi, ajoute‑t‑il, cela n’a rien d’exceptionnel. Le problème apparaît lorsque les institutions religieuses deviennent simultanément des centres politiques. Selon Boström, les Frères musulmans ont travaillé, pendant trois décennies, à prendre le contrôle de mosquées, d’associations d’éducation populaire, d’écoles et de milieux de formation.
La deuxième génération comme cible
L’objectif n’était pas d’abord de convaincre la première génération de migrants, mais leurs enfants. Les écoles coraniques, les écoles libres islamiques et certaines crèches sont devenues des outils centraux. Des parents qui entretenaient eux‑mêmes un rapport plutôt quotidien et moins idéologisé à la religion ont placé leurs enfants dans des structures où l’islam était présenté sous une forme plus stricte, plus politisée. Il en a résulté, selon Boström, des situations où des enfants rentraient à la maison en mettant en cause leurs parents – leur mode de vie, leur interprétation de la religion, leur adaptation à la société suédoise.
“Cela a créé des conflits au sein des familles. Et c’est la deuxième génération qui s’est le plus radicalisée, pas la première”, affirme‑t‑il.
Parallèlement, autre chose s’est produite : la présence de l’État au niveau local a reculé. Durant la même période, les policiers de quartier, les commissariats de proximité et le contact quotidien avec les institutions publiques ont été démantelés. Le résultat, selon lui, est que la loi suédoise et la démocratie suédoise ont cessé d’être visibles dans la vie quotidienne de nombreux quartiers d’habitation.
Les liens avec la social‑démocratie et Tro och solidaritet
Pour Boström, la question de l’infiltration des Frères musulmans dans les autorités et institutions suédoises passe d’abord par le Parti social‑démocrate. “Il existe des liens évidents avec la social‑démocratie, notamment via ce qui s’appelait auparavant le Mouvement chrétien de la fraternité des sociaux‑démocrates, et ce qui se nomme aujourd’hui Tro och solidaritet (Foi et solidarité)”, dit‑il.
“Depuis 1991, les Frères musulmans ont renforcé leurs positions chaque année. À la louche, je dirais qu’ils ont aujourd’hui plus de 80% des mosquées en Suède entre leurs mains”, poursuit‑il.
Les Frères musulmans sont interdits ou classés comme organisation terroriste dans plusieurs pays du Moyen‑Orient, notamment en Égypte (depuis 2013, après la chute de Morsi), en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.
Islam, clans, honneur et pouvoirs parallèles
Dans l’entretien, Boström revient souvent sur la notion de structures claniques, mais en marquant une distinction nette : les clans ne sont pas, en eux‑mêmes, un phénomène religieux. On en trouve dans des contextes chrétiens, musulmans et autres. Ils sont enracinés dans la culture de l’honneur et des formes de société patriarcales. La différence, selon lui, apparaît lorsque la logique clanique se combine avec une idéologie religieuse et l’islam politique.
“Dans les structures claniques, il existe un système de classes interne. Les patriarches tout en haut, les ratés tout en bas, et entre les deux, les riches et les éduqués. Dans les pays d’origine, la survie du clan se fait en ayant juges, policiers, procureurs et politiciens de son côté. Quand on arrive en Suède, ces positions manquent – il devient alors rationnel de tenter de les reconstruire ici”, explique‑t‑il.
Ce travail, selon Boström, se fait par l’éducation, la présence politique, la vie associative et parfois par une culture du silence. Femmes et enfants sont tenus à l’écart du noyau criminel ou politique et reçoivent une version arrangée de la réalité : la société serait hostile, la police persécuterait “nous”, mais sans qu’on explique pourquoi.
Quand la logique clanique est fusionnée avec un sentiment de supériorité religieuse, les deux se renforcent mutuellement. La culture de l’honneur fournit le contrôle social, la religion offre une légitimité morale. Dans de tels milieux, ajoute Boström, le pas vers la criminalité ou l’extrémisme violent devient plus court – surtout pour les jeunes hommes déjà marginalisés.
Criminalité, islamisme et “guerres saintes”
Interrogé sur le rapport entre clans criminels et réseaux islamistes, Boström estime qu’ils ne sont pas des phénomènes totalement séparés. “Des criminels d’arrière‑plan musulman peuvent aussi considérer des délits commis contre des non‑croyants comme des ‘actes agréables à Dieu’”, affirme‑t‑il.
Il décrit comment certains individus, en échec dans la criminalité ordinaire, peuvent être happés par des environnements de mosquées, où des recruteurs leur posent des questions du type : “Bois‑tu de l’alcool ? Prends‑tu de la drogue ? Commets‑tu des crimes – et contre qui ?” Pour certains segments violents et certaines branches jihadistes, la compétence criminelle peut devenir “utilisable”.
Ce qui l’inquiète le plus n’est pas l’attentat spectaculaire mais la radicalisation ordinaire, du quotidien. Celle qui se déroule dans les écoles, les universités, les associations et les milieux sociaux où, en façade, on adopte le langage de la démocratie, de l’inclusion et des droits, tandis qu’en interne, on promeut une autre vision du monde.
Il décrit ce phénomène comme un “visage de Janus” : publiquement, on parle de démocratie, d’inclusion et de droits. En interne, on diffuse une vision où la charia, la loyauté religieuse et le collectif sont placés au‑dessus des libertés et droits individuels.
Pour Boström, la Suède n’est pas un système abstrait, mais un foyer. Et un foyer, dit‑il, doit être défendu – non par de grands mots, mais par la présence, la constance et le courage de voir l’évolution telle qu’elle est réellement.
Radicalisation académique et bourses d’études
Selon lui, cela ne vaut pas uniquement pour les mosquées, mais aussi pour certains milieux universitaires. L’entretien évoque le fait que de jeunes originaires du Moyen‑Orient et d’Afrique du Nord se radicalisent parfois durant leurs études en Europe – un phénomène qui a conduit certains pays arabes à limiter les bourses vers les universités occidentales. “Tout cela est lié”, commente Boström.
Retour forcé et déchéance de nationalité
De nombreux partis parlent de retour des migrants et d’aides au retour. À la question de savoir comment il voit cela, Boström répond : “Les criminels qui sont venus ici et commettent des délits montrent qu’ils ne veulent pas vivre en démocratie. Ils doivent être renvoyés.” À ses yeux, tous ceux qui ne sont pas citoyens suédois et qui commettent des infractions passibles d’au moins un an de prison ne devraient plus rester dans le pays.
“Pour les personnes ayant la double nationalité, la Suède doit pouvoir dire : tu n’es pas le bienvenu ici”, ajoute‑t‑il.
Interrogé sur la déchéance de nationalité, il précise : “Oui, ils la perdent ici, en Suède.” Il développe ensuite le coût pour la société suédoise de l’immigration telle qu’elle a été menée : des coûts sociaux énormes, une perte pour l’économie et le tissu productif qu’il évalue à environ cent milliards de couronnes par an, une économie criminelle d’environ 150 milliards par an ; le coût par criminel professionnel sur quinze ans serait d’environ 30 millions, pouvant atteindre 100 millions dans les cas les plus graves.
Selon lui, sans changement de cap, “tout va droit dans le mur”. La ségrégation s’aggrave, et il faut la briser en “redémocratisant” les quartiers – par une présence policière forte et des normes claires.
“La loi suédoise doit être visible”
Quant à l’avenir, Boström se dit pessimiste sans être fataliste. Il rejette l’idée que la menace ait disparu avec la perte de territoire de l’État islamique en Syrie. “Celui qui pense que cela ne peut plus jamais se produire enfouit sa tête dans le sable. De nouveaux mouvements sont déjà en route. Al‑Shabaab, diverses branches d’al‑Qaïda, Boko Haram – ils n’ont pas disparu, ils ont seulement changé de forme.” Et d’ajouter : “Et les tueurs de l’EI originaires de Göteborg n’étaient pas des ‘voyageurs de l’EI’. C’étaient des jihadistes qui savaient exactement où ils allaient.”
Il affirme que la présence jihadiste à Göteborg reste tangible et avertit que la Suède n’a toujours pas pleinement pris la mesure de la situation. “Je suis récemment allé dans une maison de jeunes à Hammarkullen et j’y ai rencontré un ancien combattant d’al‑Shabaab employé à l’heure sur place.”
En même temps, il estime que l’État dispose encore d’outils. Le problème ne serait pas l’absence de lois, mais l’absence de présence et de constance. Ses exigences principales sont très concrètes : rétablir les policiers de quartier, les postes de police locaux et une présence claire des autorités dans les quartiers. Sa critique de l’organisation policière actuelle est sévère.
“La loi suédoise doit être visible dans la vie quotidienne. Sinon, le vide est rempli par autre chose.” Il précise : “La menace illégale est un vol de la liberté d’expression. La violence est un vol des droits des personnes. Ceux qui bafouent systématiquement les libertés et droits d’autrui ont perdu leur droit de vivre dans une société démocratique.”
Pour lui, la Suède est un foyer, pas une abstraction, et ce foyer doit être défendu par la présence, la cohérence et la lucidité.
Sameh Egyptson : vers des tribunaux parallèles ?
Sameh Egyptson est chercheur, docteur en science politique, spécialisé dans l’islam politique, les réseaux islamistes et l’implantation des Frères musulmans en Europe et en Suède. Il s’est fait connaître pour ses travaux sur la manière dont des acteurs islamistes opèrent via le tissu associatif, les organismes d’éducation populaire et les contacts politiques en Occident.
Interrogé sur la description de Boström selon laquelle les Frères musulmans ont grandi en Suède depuis 30 ans et ont pris le contrôle d’un nombre croissant de mosquées et d’institutions, Egyptson répond : “Je considère que les Frères musulmans ont de plus en plus commencé à fonctionner comme un clan en Suède, comme un clan alternatif. Ils ont une grande influence et contrôlent presque toutes les mosquées en Suède.”
Dans ses recherches et dans des entretiens antérieurs, il a décrit la manière dont la montée des Frères musulmans en Suède est intimement liée au Parti social‑démocrate et à son organisation affiliée Tro och solidaritet.
À la question de savoir à quoi ressemblera la Suède dans dix ou vingt ans si l’évolution se poursuit sans changement de cap, Egyptson déclare : “Si aucun changement de trajectoire n’intervient, ces clans ou ces sectes établiront leurs propres sociétés parallèles en Suède, avec leurs propres systèmes juridiques, leurs propres tribunaux et leurs propres policiers.”
Il mentionne qu’au Danemark, il est apparu que certains policiers d’origine moyen‑orientale ont persécuté des ex‑musulmans. Il estime que si l’on ne prend pas ce problème au sérieux, la situation devient intenable. Sur la situation exacte en Suède, il dit ne pas vouloir se prononcer pour l’instant.
Une société face à ses structures parallèles
Les témoignages croisés du policier et du chercheur dessinent l’image d’une évolution qui dépasse de loin quelques faits divers ou milieux isolés. Ulf Boström et Sameh Egyptson décrivent tous deux la croissance de structures parallèles, nourries par l’articulation entre organisation idéologique, logique clanique et défaillance de la présence étatique.
La question, concluent‑ils, n’est plus de savoir si ces structures existent, mais de déterminer comment la société choisira de s’y confronter. Il ne s’agit plus seulement de décrire l’évolution, mais de savoir si elle peut être infléchie avant que ces systèmes parallèles ne se pérennisent.
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« …la situation résonne comme un avertissement pour la France ». Mais pas du tout. Elle est exactement la même ! Elle est intenable en Suède comme en France. Nous n’avons encore rien vu. Dans 5 ans ou même bien avant le face à face sera d’actualité. Nos jeunes autochtones de souche chrétienne ont bien raison d’envisager un départ de cette poudrière avant qu’elle n’explose.
Il fallait écouter Le PEN et d’autres !Les gauchistes sont responsables en France de notre laissé aller avec l’immigration et maintenant l’UE qui veut faire disparaitre les peuples Chrétiens non malléables car trop instruits ,par une autre civilisation plus malléables et moins instruits d’ou la catastrophe de notre éducation nationale,l’on n’apprends plus l’histoire aux petits Français car elle commence en 39/45 !!!Avec comme par hazard le débarquement des américains nos sauveurs et qui nous dirigent le peuple Russe lui 26 millions de morts et les Cow-boys 200000!!Alors Frexit ou la mort!!!