Cet accord dit du Mercosur est semble-t-il en train d’ouvrir les yeux de certaines personnes qui jusque-là étaient frappées d’une cécité consternante, doublée d’une mauvaise foi à toute épreuve, lorsqu’on parlait de l’Union européenne. Mais cette fois, devant l’ampleur de la mobilisation, principalement du monde agricole – tout spécialement les paysans français -, les hommes politiques ont de plus en plus de mal à faire accepter l’idée selon laquelle il faut se plier aux décisions de la Commission européenne. Or, non seulement on assiste dans de nombreux pays à une véritable jacquerie contre cet accord scélérat qui va notamment tuer l’agriculture française pour permettre aux Allemands de vendre leurs voitures sur le continent sud-américain, mais il n’y a pas que la population qui s’insurge. Chose rare, même le Parlement européen est contre cet accord. Il vient en effet de voter contre par 334 voix contre 324 et 11 abstentions. Donc avec une très faible avance, contrairement au peuple qui est contre à plus de 80 %. Ce qui prouve que ce Parlement vit dans son petit monde bien loin des contingences de tout un chacun. Mais il a quand même voté contre. Et la Commission européenne a donc « regretté » ce vote mais n’entend pas s’y plier pour autant. Les juges européens vont être saisis et devront trancher.
À ce stade, il faut s’arrêter, prendre un peu de recul et analyser cette situation qui est absolument abracadabrantesque. Si on nous avait expliqué il y a 50 ans qu’une telle situation existerait en 2027, personne, je dis bien personne n’y aurait cru. Et celui qui aurait annoncé cela aurait été traité de fou méritant d’être placé en asile, ou d’être un dangereux agent provocateur. Pourtant nous sommes en 2027 et cette situation est bien réelle. Alors reprenons pour bien comprendre le sujet.
D’un côté… le peuple (français) et une majorité de députés (eux aussi élus par leurs peuples respectifs). Ils sont contre l’accord du Mercosur. De l’autre… la Commission européenne élue par personne avec à sa tête une femme (Ursula von der Leyen) élue par personne. Qui prétend imposer sa volonté à 500 millions de personnes. Devant le blocage de la situation s’agissant de cet accord, le texte va être transmis à la Cour européenne de Justice, afin qu’elle tranche. Et il m’étonnerait que ces juges annulent l’accord puisqu’ils sont aux ordres. Mais ces juges n’ont eux non plus été élus par personne. Et cerise sur le gâteau, là il n’y a pas d’exécution provisoire du vote. Le rejet de l’accord n’entraîne pas sa suspension immédiate en attendant la décision des juges (même s’il est aberrant que ce soit des juges qui aient le dernier mot et pas les peuples). Le plus fort étant que la Commission européenne peut décider quand même (et c’est ce qu’elle va faire) l’application de cet accord, sans attendre la décision des juges, même si l’accord est refusé par le Parlement.
Un pareil système, comment appelez-vous cela ? Moi, je ne vois qu’un mot pour nommer un tel système : DICTATURE.
Nombreux sont ceux qui tombent de l’armoire face à la situation actuelle. Ils n’en croient pas leurs yeux et se demandent s’ils ne font pas un mauvais rêve. Pourtant l’édifice qu’ils ont l’air de découvrir aujourd’hui s’est construit pierre après pierre depuis des décennies. Et tous ceux qui, voyant ce qui se profilait à l’horizon, ont tiré le signal d’alarme ont été salis et discrédités par ceux-là mêmes qui aujourd’hui poussent des oh… et des ah… ! Reprenons plusieurs points pour lever toute ambiguïté.
Commençons par le problème crucial des votes. À l’origine, lorsqu’il n’y avait que quelques pays, le droit de veto existait et donc aucune décision ne pouvait être prise sans l’accord de tous. L’Acte unique européen (1986) a introduit le passage à la majorité qualifiée pour une grande partie des décisions. Le champ d’application de la majorité qualifiée s’est étendu au fil des nouveaux traités ratifiés, jusqu’à concerner 85 domaines aujourd’hui, de l’agriculture aux transports en passant par l’environnement ou le numérique. Mais au fait, c’est quoi la majorité qualifiée ? Cette majorité qualifiée est atteinte lorsque deux conditions sont remplies : 55 % des États membres (soit 15 sur 27) votent le texte, et ils représentent au moins 65 % de la population européenne. L’accord de l’Union européenne sur le Mercosur a été acquis ainsi. Aujourd’hui, on se rend compte des incroyables conséquences d’un tel accord. Mais en 1986, combien ont vu le danger du renoncement au droit de veto et ont été entendus ? Je rappelle aussi qu’au départ l’Union européenne n’avait de compétences que dans le domaine économique. Aujourd’hui, l’Union européenne s’est imposée dans tous les domaines, la plupart du temps sans demander l’avis de personne.
Autre problème fondamental : l’accord de Maastricht de 1992. C’est incontestablement à ce moment que tout a basculé. Pourquoi ? Parce que ce traité a officialisé l’abandon volontaire de la souveraineté nationale des pays membres sur certains domaines, dont la liste depuis cette date n’a fait que s’allonger pour en arriver aujourd’hui à ce que l’Europe s’occupe à peu près de tout. Deux exemples parmi les plus importants doivent être rappelés : d’abord l’immigration. C’est depuis le traité d’Amsterdam (1994) que l’Europe gère seule l’ensemble du problème. Les pays individuellement n’ont plus leur mot à dire. Pour information, le Portugal est actuellement menacé de sanctions car il refuse les directives d’accueil des migrants de l’Union européenne. Autre sujet majeur : les GOPÉ (Grandes Orientations des Politiques Économiques). Chaque année la Commission européenne envoie un document à tout pays membre lui indiquant la politique économique qu’il doit mettre en œuvre durant l’année à venir (par exemple la réforme des retraites en France) et à l’issue de l’année concernée chaque pays doit rendre compte à la Commission de l’application des directives sous peine de sanctions (0,1 à 0,5 % du PIB). Vous trouvez ça peu… vraiment ? La France a environ 2800 milliards de PIB… 0,5 % c’est 14 milliards d’€. Vous trouvez toujours que c’est peu ? Évoquons maintenant un dernier point concernant l’accord de Maastricht qui est une catastrophe sur tous les plans. C’est à Mélenchon que nous devons le vote de cet accord en France. Pour mémoire, à l’époque Mélenchon était au PS et avait un courant qui représentait entre 10 et 15 % du PS. Mais il avait un assez large écho bien au-delà du PS dans toute la gauche. Le traité de Maastricht n’a été voté qu’à 51 %. Si Mélenchon, au lieu d’appeler à le voter, avait fait campagne pour voter contre, c’est sûr et certain, le traité de Maastricht aurait été rejeté par le référendum en France. Merci Mélenchon… !
Que retenir de ces deux éléments (l’Acte unique européen et le traité de Maastricht) ? Depuis Maastricht l’Union européenne a placé un nœud coulant autour du cou de chaque pays et plus les années passent, plus le nœud se serre. Et comme il n’y a plus de droit de veto, la Commission européenne utilise les petits pays, fort dépendants des subventions européennes, pour obtenir à chaque fois une majorité qualifiée et faire passer ses projets. C’est d’autant plus facile que Macron ne défend jamais les intérêts de son propre pays qui pourtant devrait peser lourd. Reprenez tous ses discours, il est toujours en train d’invoquer l’intérêt supérieur de l’Europe. Vous me répondrez peut-être… mais il a voté contre le Mercosur, non ? Effectivement, il a voté contre. Mais vous a-t-il échappé que depuis son élection en 2017, invariablement il a déclaré qu’il fallait signer l’accord du Mercosur. Cette année, il a voté contre parce que son vote n’avait plus aucune importance, et comme il voyait bien l’ampleur de la mobilisation paysanne, cela lui permettait de dire aux paysans : « Je suis avec vous » pour essayer de faire retomber la température. Un modèle de « saloperie » politique et d’ignoble tartufferie. Par contre, à aucun moment il n’a tapé du poing sur la table et dit à Ursula von der Leyen « si vous signez le Mercosur, la France quitte l’Europe ». S’il l’avait fait, il n’y aurait pas eu d’accord Mercosur.
Dans ce sinistre tableau, n’oublions pas non plus l’instauration de l’euro. Le Daily Mail (journal anglais) a rendu publique le 9 mars 2013 une interview d’Helmut Kohl – ancien chancelier allemand – réalisée en 2002, mais qui était tellement explosive qu’elle fut gardée secrète jusqu’en 2013. Cette déclaration concernait la création de l’euro. « Je savais que nous aurions perdu un référendum sur l’introduction de l’euro. C’est tout à fait clair. J’aurais perdu avec 70 % de NON contre 30 % de OUI. J’ai agi comme un dictateur ». Effectivement, il n’y eut aucun référendum sur la création de l’euro, qui était pourtant une étape majeure de la construction européenne. Ce sont les chefs d’État et de gouvernement qui décidèrent sa création le 15 décembre 1995, réunis lors du Conseil européen à Madrid.
Et pour compléter le décor de cette Europe cauchemar, rappelons le référendum de 2005. Un rejet franc et massif de la population française consultée par référendum sur la proposition de Constitution européenne (55 % contre). Pourtant, la classe politique (gauche et droite) a contourné le résultat du vote et a réuni le Congrès (Assemblée + Sénat) le 4 février 2008 et fait voter le traité de Lisbonne qui n’était que la reprise du texte de 2005, en ignorant totalement le vote du peuple. Chacun peut retrouver la couverture de Paris Match avec Sarkozy et Hollande bras dessus bras dessous appelant à voter oui.
Rien qu’avec ce qui précède, tout esprit simplement honnête intellectuellement, ne peut qu’en déduire que la France s’est fait émasculer par l’Union européenne alors qu’elle était pays fondateur. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un parmi 27, même si elle est contributeur positif (30 milliards d’€ cette année). Elle n’a plus son mot à dire. Elle doit juste appliquer ce que la Commission européenne décide. Cette Commission n’a d’ailleurs plus aucune limite puisqu’elle intervient même sur des domaines comme la liberté d’expression ou le résultat des élections. Qui ne se souvient de la manière dont elle a fait annuler les élections en Roumanie ? Qui n’a pas relevé comment fort opportunément, l’Union européenne travaille à rendre inéligible Marine Le Pen en France en 2027, alors que ce qui est reproché à son parti est pratiqué par tous les partis ? Qui n’a pas relevé les agressions permanentes de l’UE contre l’AfD en Allemagne ?… Sans parler de l’action liberticide de Thierry Breton sur la liberté d’expression en Europe.
Pour finir, il faut comprendre que tout cela est un plan mûrement réfléchi qui est mis en œuvre de manière inexorable. L’objectif final, c’est l’instauration d’un État fédéral au sein duquel les pays, les peuples et leur culture auront disparu. Et pour ceux qui refuseraient encore de voir les choses, la construction de cet État fédéral se fait sous nos yeux. Ainsi Kaja Kallas (Estonie) est vice-présidente exécutive de la Commission européenne. Le site de l’UE écrit : « Son rôle est parfois résumé à celui de cheffe de la diplomatie européenne »… Ah bon ? Il y a un pays qui s’appelle l’Europe ? Et demain il empêchera la diplomatie française d’exister ? De même Andrius Kubilius (Lituanie) est commissaire chargé de la Défense et de l’Espace. « Il travaille au développement de l’Union européenne de la Défense »… Ah bon ? Il y a un pays qui s’appelle l’Europe ? Et demain ce pays va-t-il exiger de prendre le contrôle de l’arme nucléaire de la France et de siéger à sa place au Conseil de sécurité, à moins que Macron ne le donne à l’UE avant de quitter l’Élysée ?
Vous l’avez sans doute compris, ce qui est en train de se passer avec le Mercosur fait litière de l’argument « nous allons gagner la majorité au Parlement européen et modifier le régime de l’intérieur ». Rien de ce type ne se fera. L’Union européenne est une authentique dictature comme on le voit chaque jour un peu plus. La seule solution est de quitter ce monstre en activant l’article 50 du traité de Lisbonne, comme les Anglais l’ont fait. Et si cela vous fait peur… rappelez-vous ce qu’on disait aux Anglais à l’époque. Que leur pays allait s’effondrer. Aux dernières nouvelles, l’Angleterre est toujours là et se porte même mieux que lorsqu’elle était dans l’Union européenne.
Bernard GERMAIN
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… »ce qui est profond, profond, qui peut l’atteindre? » Ecclésiaste 7:24
Ceux qui se sentent baisés!
En fait de dictature, on assiste à l’émergence du 4eme Reich ! Avec Ursula pour explorer les potentiels sympathisants et Manu l’inverti stupide qui croit qu’il rayonne sur autre chose que ses fesses.
Cerise sur le gâteau : on donne des millions d’euros à l’Ukraine, pays profondément corrompu et au nazisme affiché et assumé. Fut-il rappeler que les ukrainiens se battaient en 1940 avec les troupes hitleriennes ?
Alors pourquoi RR et RL ne poussent en avant que de futurs candidats éventuels qui ne veulent absolument pas sortir de l’europe et qui -soi-disant-avancent l’argument « qu’il vaut mieux modifier de l’intérieur »cette dictature …ah ah ah ah.Pour rappel quels salaires et avantages ont ces soi-disant élus et non élus ???????c’est leur gagne pain donc ils en ont rien à foutre…..