Les Envahisseurs : le cauchemar venu d’ailleurs…

Le premier épisode se trouve ici

Lien de la série en VF Les envahisseurs

Ces dernières semaines, les médias se sont passionnés pour la découverte d’exoplanètes comme GJ 251 c, une « super-Terre » potentiellement habitable, relativement proche de notre Système solaire. Ces annonces, rendues possibles par des télescopes de pointe comme James Webb, nourrissent un fantasme ancestral : l’existence d’une vie extraterrestre.

Mais l’excitation face à ces nouvelles « Terres » est toujours tempérée par une interrogation : et si les visiteurs n’étaient pas amicaux ? C’est sur cette angoisse – celle de l’invasion sournoise – que repose le succès durable de la série culte de 1967, Les Envahisseurs (The Invaders), une œuvre qui a figé à jamais l’angoisse de la guerre dans le ciel étoilé.

David Vincent, architecte, est témoin de l’atterrissage d’une soucoupe volante. Depuis, il n’a de cesse de convaincre ses semblables de combattre ces extraterrestres qui, sous une apparence humaine, infiltrent la Terre afin de la coloniser.
Musique : Dominic Frontiere
Épisode final : 26 mars 1968
Premier épisode : 10 janvier 1967 (États-Unis)
Création : Larry Cohen

L’une des plus grandes thématiques de la série est sans aucun doute l’indifférence collective, notre société devenant de plus en plus uniforme et aveugle.
Pour les Envahisseurs, notre société aveugle facilite leur projet de conquête. Ce qui nous rappelle bien sûr la conquête sournoise bien actuelle : celle de l’islam.

Un homme seul contre un monde d’ombres

Les Envahisseurs est un monument de la science-fiction télévisuelle, créé par Larry Cohen et produit par Quinn Martin. La série ne raconte pas une guerre frontale contre des soucoupes volantes, mais l’histoire terrifiante d’une infiltration massive et invisible.

Le pitch de l’angoisse

La série démarre avec l’architecte David Vincent (interprété par le charismatique Roy Thinnes). Épuisé, il s’endort au volant et assiste, sur une route isolée, à l’atterrissage d’une soucoupe volante. Lorsqu’il tente d’alerter les autorités, il découvre que personne ne le croit. Pire, les extraterrestres ont déjà pris forme humaine.

Le cœur de la série repose sur ce postulat simple mais terrifiant : « Ils sont là. »

Ces envahisseurs, venus d’une planète mourante, sont indétectables dans leur apparence humaine. Leur seul point faible ? Une malformation du petit doigt qui reste rigide et immobile – et, lorsqu’ils meurent, ils se désintègrent en quelques secondes dans une lueur rouge incandescente.

Une richesse symbolique.

Au-delà de son scénario palpitant, Les Envahisseurs a marqué son époque par sa richesse symbolique :

  • L’Alien parmi nous : La série exploite la méfiance anticommuniste de l’époque (la « peur rouge »). L’ennemi n’est plus à l’extérieur, il est déguisé en voisin, en collègue, en policier, ou en haut fonctionnaire. Les Américains se sont montrés plus lucide et méfiants face au communisme que face à l’islam, la menace actuelle.
  • L’échec de la communication : Le drame de David Vincent est double : il doit non seulement démasquer l’ennemi, mais aussi convaincre le monde de son existence. Chaque épisode est une lutte contre l’incrédulité et le doute. Vincent est le héros moderne, seul et marginalisé, que personne ne veut entendre. Un peu comme ces Résistants d’aujourd’hui qui se sentent bien seuls quand ils  dénoncent les dangers pour nos sociétés occidentales. Quoique dans la deuxième partie, le combat de David Vincent commence à être entendu par quelques personnes. Désormais, l’architecte possède un groupe (voir l’épisode Les Défenseurs), convaincu par les théories de Vincent. David Vincent n’est alors plus le seul à combattre les Envahisseurs. Certaines personnes s’engagent avec lui dans cette lutte. Conscients du danger que représente ce groupe, les extraterrestres chercheront à l’éliminer. La série prend alors une autre tournure.
  • La quête de la preuve : La série introduit un aspect policier à la science-fiction. David Vincent passe son temps à chercher des preuves, à analyser des corps désintégrés, et à convaincre des scientifiques ou des alliés temporaires. C’est une œuvre sur la difficulté d’établir la vérité face à un complot organisé.

Une musique iconique

L’atmosphère anxiogène de la série est magnifiée par sa bande originale. La musique de générique (composée par Dominic Frontiere) est immédiatement reconnaissable : tendue, dramatique, avec des cordes pressantes et des cuivres menaçants, elle annonce l’urgence de la situation et le statut de fugitif de David Vincent.

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Cinquante ans après sa diffusion, Les Envahisseurs résonne toujours. Si les découvertes d’exoplanètes nous ouvrent les portes d’un Univers foisonnant, la série nous rappelle que la peur de l’inconnu qui se cache sous une apparence familière est une angoisse humaine universelle. David Vincent n’a jamais pu sauver la Terre, mais il nous a appris la méfiance, nous laissant ce message troublant qui hante encore notre imaginaire :

« Ça a commencé par une soucoupe volante que David Vincent a vue atterrir… »

Les avertissements  de Cassandre sur le cheval de Troie et la trahison interne sont rejetés comme du délire. Euripide, dans Les Troyennes, montre Cassandre  hurler : « Troie va brûler ! Je le vois, je le sais ! » sans que Priam ou les Troyens ne l’écoutent, scellant la fatalité collective.

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2 Commentaires

  1. Merci Jules. Il y a d’autres envahisseurs, venus de notre planète, et qui veulent nous détruire, dans l’indifférence générale. Argo Vincent les a vus…