Après Catherine de Médicis, épouse de Henri II,
Marie de Médicis devient Reine de France
La nouvelle reine de France, seconde épouse de Henri IV – après la répudiation de la reine Margot, qui ne lui avait pas donné d’enfants – débarque à Marseille, venant de Florence, via Livourne.
La riche et plantureuse Florentine, âgée de bientôt vingt-sept ans, arrive à Marseille sur une galère de soixante-dix pieds de long, couverte « au-dedans comme au-dehors » de nacres, de dorures et de pierreries et escortée des quelque « dix-sept autres galères » du grand-duc de Toscane.
Ci dessous, son arrivée à Marseille, par Rubens.
A l’avant-plan, en plus des tritons et de Neptune, le peintre a représenté des Néréides, c’est-à-dire des nymphes marines. Dans une parfaite fusion entre l’histoire-réalité et l’allégorie-symbole, la reine débarquant d’une superbe galère aux armes des Médicis (très ornée et richement sculptée) est accueillie par la France en robe fleurdelisée et par la ville de Marseille, tandis que la Renommée porte la nouvelle au roi, façon de souligner l’enchaînement narratif inhérent à cette suite picturale.
Avec une suite de deux mille chevaux elle entrera à Aix le 17 novembre suivant, à Avignon le 20, et sera à Lyon le 3 décembre en vue de son mariage à la cathédrale Saint Jean Baptiste.
Le mariage devait y être célébré le 17, mais le roi Henri, (le Vert Galant), impatient, se présentera dès le 9 décembre au soir à son épouse, « venu à cheval sans avoir averti personne », avec l’espoir, « n’ayant pas de lit pour la nuit, qu’elle voudrait bien lui offrir la moitié du sien ».
Ainsi fut fait puisque, selon l’Estoile, Marie ne se trouvait évidemment là que « pour complaire et obéir aux volontés de Sa Majesté, comme sa très humble servante ! ».
La salle des Rubens, au LouvreEn 1622, la reine Marie de Médicis commanda à Rubens une suite de vingt-quatre tableaux pour décorer la galerie occidentale du premier étage de son palais du Luxembourg à Paris (actuel Sénat).
Cette série se trouve aujourd’hui dans une salle spéciale du Musée du Louvre, « la Galerie Médicis ».
Pcc : Juvénal de Lyon
16 décembre 1600
Henri IV épouse Marie de Médicis
Le 16 décembre 1600, « couronnement » de la reine Marie de Médicis par Henri IV … et sa dot !
Le roi de France s’était résolu peu de temps auparavant à répudier Marguerite de Valois (la « reine Margot »). Il avait épousé la fille de Catherine de Médicis le 18 août 1572, à la veille du massacre de la Saint-Barthélemy (24 août) mais le couple n’avait pu avoir d’enfant et l’un et l’autre s’étaient séparés, menant chacun de leur côté une vie sentimentale agitée.
Un mariage en or
Le ministre Maximilien de Béthune, futur duc de Sully, considère l’état lamentable des finances du royaume après trois décennies de guerres de religion.
Il cherche pour le roi un mariage d’argent et oriente naturellement ses recherches vers la richissime cité de Florence.
La nouvelle promise, Marie de Médicis, est la fille du grand-duc de Toscane. Elle a 25 ans, soit 22 ans de moins que le roi.
Comme il faut aller vite avant que le pape ne fasse d’objection à ce remariage, l’union est célébrée « par procuration » le 5 mai 1600 à Florence, où Henri IV est représenté par son grand écuyer, le duc de Bellegarde.
La dot s’élève à 600 000 écus d’ or. La mariée est plutôt belle mais vindicative, hautaine et sotte, également très superstitieuse. Autant de défauts qui vont éclater au grand jour quand elle assumera la régence après l’assassinat du roi
Marie de Médicis, née le 26 avril 1575 à Florence et morte le 3 juillet 1642 à Cologne, est une reine de France et de Navarre de 1600 à 1610 par son mariage avec Henri IV. Veuve en 1610, elle assure la régence au nom de son fils, le roi Louis XIII, jusqu’au 28 septembre 1614.Date/Lieu de naissance : 26 avril 1575, Palais Pitti, Florence, ItalieDate de décès : 3 juillet 1642, Électorat de CologneÉpoux : Henri IV (m. 1600–1610)Petits-enfants : Louis XIV, Marie-Thérèse d’Autriche, Charles II · Voir plusParents : François Ier de Médicis, Jeanne d’AutricheFrères et sœurs : Éléonore de MédicisFranck Ferrand raconte : Marie de Médicis, mère de Louis XIII (récit intégral)
Marie de Médicis, surnommée « la grosse banquière » (récit de Stéphane Bern) :
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Oui, merci pour cet article et les illustrations. En passant, je constate que la Galerie Médicis du Louvre a sacrifié le plafond historique (caissons ? peintures ?) pour la modernité… Ceci dit, les reines Médicis ont été néfastes à la France : intrigues, superstitions, et j’en oublie, des défauts qui ne sont pas fondamentalement français mais bien italiens… Comment pardonner à la première d’avoir fomenté le massacre des protestants dans Paris, toutes les portes des murailles entourant la ville, verrouillées, faisant de la capitale une nasse pour mieux tuer les « hérétiques » ! Cette femme, son fils Charles IX, étaient des monstres et on soupçonne Marie de Médicis d’avoir comploté dans l’assassinat de son époux Henri IV. On voudrait refaire l’Histoire !
Marie de Médicis se parfumait à profusion, ce qui lui a peut-être permis de passer la première nuit avec Henri IV sans nausées. Henri IV sentait la charogne au dire de ses contemporains. Marie utilisait un parfum où le clou de girofle dominait, et comme elle était plantureuse, Henri la comparaît à une volaille. Puis plus tard à une courge.
Passionnant, j’aime beaucoup l’histoire de mon pays. Merci. J’espère qu’il y en aura d’autres.
Ah, Marie de Médicis au Château de Blois, aile Henri IV et son armoire à secrets. Fascination de mon enfance lors de multiples visites annuelles organisées par la colonie de vacances du notariat depuis le château de la Source à La Chapelle Saint Mesmin 45.
Ça donne envie d’aller traîner au Louvre dans la Galerie Médicis.
Un mariage en OR (600 000 écus d’or)! Et il n’en manquait pas un, Louis de Funès n’était pas là pour les compter…, ni Jacques Brel ☹️
Merci Juvénal pour ce bel article historique, ce serait une bonne idée de faire une série d’articles relatant les grandes heures de nôtre histoire. Bonne journée.
Merci, c’est flatteur… L’idée est fort intéressante à l’heure où notre histoire est wokisée, ou créolisée façon Mélanchion!
Je partage, c’est une super idée une nouvelle rubrique pour RR ?
Bonjour, de retour de Florence l’éblouissante cité des Médicis et cœur de la Renaissance, les liens historiques avec Lyon me sont revenus en mémoire (les Gadagne, banquiers florentin et le musée éponyme dans le quartier Saint-Jean aux immeubles Renaissance). Et surtout le mariage du roi Henri IV avec Marie de Médicis et ses sa dot de 600 000 écus d’or pour déjà renflouer les caisses de l’état failli. Nihil novi….