Les enfants et les écrans : une catastrophe prévisible

Pas d’écran avant trois ans, pas de téléphone portable avant 11 ans, pas de réseaux sociaux avant quinze ans.

Une commission d’experts vient de pratiquer quelques « recommandations » et l’école à sa part de responsabilité explique Attal. Il est dommage que cela arrive quand on est dans le mur, parce qu’on y est.

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Les dégâts sont effroyables, avec des troubles de la relation, de la perception, du développement psycho-affectif, de la socialisation, des apprentissages, avec des extrémités pouvant faire penser à de l’autisme. Il suffit, quand l’enfant est jeune, d’enlever les écrans pour qu’immédiatement ça s’améliore, mais dans l’ensemble, les dégâts sont assez irréversibles, il y a des stades du développement et des âges pour certaines fonctions et une fois passés, c’est trop tard. Le rapport minimise quelque part l’ampleur du désastre. Au delà de ces troubles, l’apprentissage scolaire est marqué, moins de savoir, moins de savoir-faire, moins d’appétit au travail, moins de capacités de concentration et de persévérance, moins d’habiletés manuelles, corporelles, sportives, chez des enfants petits, d’âge primaire, qui apprennent encore en grande partie avec leur corps et dont le corps justement n’apprend pas, parce qu’il ne suit pas. Près d’un élève sur deux inepte à l’entrée en sixième face aux matières fondamentales, des régressions sportives sur la VO2max et l’adresse gestuelle. Avec une accélération impensable depuis le Covid et les confinements.

L’école a sa part de responsabilité disait Attal… oui. Le premier plan informatique à l’école date des années 80, avec les TO7, TO5 et les langage Basic, Logo, ils étaient censés améliorer le niveau scolaire.

Il n’en a rien été mais force est de constater que la dégringolade commence dans ces années là. L’informatique n’est pas la seule en cause évidemment. Et si on suit les courbes de l’investissement en informatique dans les écoles et la chute des résultats scolaires, c’est complètement corrélé. Plus on a « appris » avec l’informatique, plus le niveau a baissé. Quelques dizaines d’années plus tard et après des centaines de millions d’investissement, le niveau scolaire n’a jamais été aussi bas, il faut bien en prendre conscience. L’acte d’apprentissage naît du frottement entre la personnalité du prof et celle de l’élève, or on a supprimé les profs pour les remplacer par un genre d’animateur du savoir, censé pratiquer l’échange horizontal et en prime il y a des écrans entre les personnalités. Et selon les consignes il fallait que tout cela soit « ludique », traduire « addictif », parce que bien sûr, on n’est plus censé apprendre qu’en s’amusant, ce qui est un lieu commun totalement faux.

Mais dans le rapport, il manque une autre composante, et non des moindres : les écrans des parents. Parce que les enfants sont devant, trop et trop jeunes, mais leurs parents aussi. Les jeux vidéo sont le loisirs numéro un des jeunes adultes, certes plus les jeunes hommes que les jeunes femmes, mais les jeunes femmes sont très téléphones, au détriment de leurs relations à leurs propres enfants qui ne se construit pas. On a déjà identifié des syndromes de bébés pas assez regardés, ou portés, parce que le parents a son nez à lui dans son écran pendant qu’il pousse le landau ou donne à manger. Relations à l’enfant, disputes et violences conjugales, procrastination, malbouffe, résultent du temps addictif passé devant l’écran et qui supprime le temps nécessaire aux autres tâches, y compris celles dévolues aux enfants. Dans les écoles, beaucoup d’enfants ne savent plus faire de vélo, par exemple et quasiment tous sont devenus totalement ineptes devant des jeux d’adresse qui ravissaient leurs grands parents, petits, comme les osselets par exemple.

Oui, le ravage est total, mais il n’est pas récent. Les alertes ont commencé dans les années 90, à la période des Goldorak et autres dessins animés d’action qui se sont traduits, à l’époque, par déjà des quatre à cinq heures de télévision, par jour et par enfant, avec des troubles, certes plus légers, mais qui ont déjà influé, principalement sur les capacités de concentration. Encore une fois, il y a un tout, autour de cela et les écrans ne sont pas les seuls en cause.

On ne va bien sûr, pas envoyer un policier le soir dans les familles, mais on peut se servir de l’école pour ce qui est un enjeu de santé publique. L’école peut tout simplement bannir les écrans et retrouver les situations d’apprentissage, le fameux frottement des personnalités entre profs et élèves. Que les profs également, ne répondent plus à leurs téléphones personnels pendant leurs cours et ne pratiquent plus leurs propres réseaux sociaux, pendant leur cours également, ce qui est devenu assez fréquent. Ce qui ne dispense pas de penser à d’autres solutions. On en revient à ce concept très gaulliste, dont devraient aussi s’inspirer nos dirigeants, celui de l’exemplarité. Mais pour s’en sortir, à condition que l’on en prenne le chemin, il faudra sans doute au moins une à deux générations. Le problème est que pour la formation d’ingénieurs, de médecins et de tout un tas d’autres professions intellectuelles, ça va devenir assez compliqué, à moins de faire, avec les diplômes d’ingénieurs, comme avec le bac : le dévaloriser, ce ne sera pas une avance.

On se retrouve avec le même challenge qu’au sortir de la seconde guerre mondiale, ce qu’on a appelé « la massification de l’enseignement » et il faudra sans doute appliquer les mêmes recettes, devenues hélas politiquement incorrectes, mais qui seraient d’une bonne utilité pour le problème des écrans, mais pas seulement.

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Pierre Duriot : porte parole du Rassemblement du Peuple Français.

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1 Commentaire

  1. Quand on distribue des tablettes dans les écoles et que l’on vante le cartable virtuel, il me semble que l’on est mal placé pour critiquer ensuite.

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