« Le Cerveau » (1969), avec Belmondo et Bourvil, un petit bijou du cinéma français

Nous sommes à la fin des Trente glorieuses et mai 68 vient de pointer le bout de son nez.

Si  le film commence à Londres, c’est avant tout en France que l’action se déroule.

 Une renaissance 

Pour Le Havre, ce tournage c’est un événement. C’est l’occasion de montrer à l’écran son nouveau visage après une longue période de reconstruction. On y découvre l’architecture d’Auguste Perret, notamment avec un plan qui montre un panorama sur la ville. C’est une sorte de renaissance aux yeux de la France .

On y voit  l’un des derniers joyaux de l’architecture française : le pont de Tancarville, mis en circulation dix ans plus tôt.

Un pont suspendu à câble porteur qui franchit la Seine entre Tancarville et Marais-Vernier, Construction  1955-59 Hauteur 123,5 m 

Capture d’écran : Pont de Tancarville en 1968 dans le film ” Le cerveau” avec la DS, en face c’est le Havre.

Bref, la France gaullienne dans toute sa splendeur.

Le Cerveau est un film franco-italien réalisé par Gérard Oury sorti en 1969.

Inspiré par l’attaque du train postal Glasgow-Londres, ce film de casse comique met en scène plusieurs groupes de malfrats, dont un génie du crime surnommé « le Cerveau », auteur fictif de l’attaque du Glasgow-Londres, tentant de dérober les fonds des nations de l’OTAN, au moment de leur transfert de Paris à Bruxelles, lorsque son siège a été déplacé de la capitale française à la capitale belge. En tête de la distribution figurent le Britannique David Niven, les Français Jean-Paul Belmondo et Bourvil et l’Américain Eli Wallach.

Bande-annonce

Film en ligne :

https://ok.ru/video/1300409354777

Le tournage du «Cerveau» et la gentillesse de Bourvil toujours dans la tête des Havrais

Le tournage en 1968 de cette comédie de Gérard Oury, a laissé des traces dans la mémoire collective des habitants du Havre.

Suivons notre guide André Nicolas, habitant du Havre qui se souvient du  tournage lorsqu’il avait 18 ans 

André Nicolas 

C’était à l’été 1968 et pourtant pour André Nicolas, c’est comme si c’était hier

. Au Havre (Seine-Maritime), le tournage de quelques scènes du « Cerveau », une comédie à gros budget de Gérard Oury sortie l’année suivante, a laissé des traces dans les mémoires.

Il faut dire que plus de 800 figurants locaux ont été mobilisés pour l’occasion.

 Le France au Quai Johanès, Le Havre (carte postale)

« On tournait sur le quai Joannès-Couvert lors des escales du France. C’était lui aussi une vedette du film », se souvient celui qui, à 18 ans, jouait du saxophone dans l’harmonie municipale dont les membres avaient été recrutés pour incarner une fanfare de l’American Legion, accompagnée par les majorettes locales.

Captures d’écran du film

…le transport de la statue de la liberté sur le paquebot Le France,  au port du Havre 

…les majorettes locales et l’harmonie

…la France que l’on aime, avec son drapeau et ses petits Français

Pour le jeune André Nicolas, le tournage est une perpétuelle source d’émerveillement. Et de revenus à 84 francs par jour, une sacrée somme pour l’époque. Gérard Oury, qui sort du « Corniaud » et de « La Grande vadrouille », est le réalisateur populaire par excellence. « Avec ces succès, il avait la bourse déliée et la confiance des studios », assure le retraité.

Des stars internationales

La présence de stars comme Jean-Paul Belmondo, de l’Anglais David Niven ou même de Michèle Morgan, la compagne du réalisateur, l’impressionne.

Bourvil, Michèle Morgan, Gérard Oury

Le couple mythique, des années après le film : Michèle Morgan et Gérard Oury, ce sera l’amour jusqu’au bout.

Mais c’est sans conteste du régional de l’étape, Bourvil, dont il garde le meilleur souvenir.

« Il était simple, nature. Il venait discuter avec nous les musiciens car lui aussi jouait du cornet à piston, de l’accordéon… Il était heureux d’être ici. Il allait au contact de la foule, donnait des autographes. Pour les gens, c’était presque quelqu’un de familier ».

La DS, devant le magasin Le Printemps, qui a tenu bon jusqu’en 2022 (le confinement de Macron a eu raison de ce fleuron qui a fermé avant d’être racheté). 

Parmi les scènes devenues cultes de ce long-métrage au casting international, celle de la DS coupée en deux du côté de la place Thiers, face à la façade du Printemps qui n’a pas pris une ride .

Le Printemps de nos jours. Anéanti par les bombardements de 1941, le magasin ne sera reconstruit qu’en 1954 sur un plan très original pour l’époque

Le témoignage d’André Nicolas a paru initialement  dans Le Parisien

L’information a filtré dans les Mémoires d’éléphant de Gérard Oury qui raconte que sur le tournage du CerveauAndré Bourvil souffrait atrocement. Diagnostiqué un an plus tôt, un cancer de la moelle osseuse fait de plus en plus mal à l’acteur. Au moment du tournage du Cerveau – en plus d’horribles lombalgies – le crâne du comédien commence à se décalcifier derrière l’oreille gauche, paralysant partiellement sa langue. Savonnant sur certaines de ses répliques, André Bourvil s’excuse platement et jure à Gérard Oury que tout va bien. « Plusieurs fois, écrit le cinéaste dans ses mémoires, Bourvil s’est plaint des douleurs dorsales qu’il attribue à la chute de vélo faite pendant le tournage des Cracks. Massages, kinési, corset. “Ça passera”… disait-il » Ça n‘est jamais passé.

“Le cerveau” : une avant-première bien triste

Inquiet, Gérard Oury contactera le médecin qu’il avait recommandé à Bourvil le jour de l’avant-première du Cerveau. Lui demandant comment allait son copain, précisant qu’il comptait bien le refaire tourner dans l’année, le généraliste se montrait plus qu’alarmant. « Pardonnez-moi de vous le dire avec brutalité, mais Monsieur Bourvil ne tournera pas votre film. Dans une année, peut-être plus, Monsieur Bourvil aura cessé de vivre. » Une triste prédiction qui s’est avérée. Le 23 septembre 1970, après des mois de lutte acharnée, André Bourvil s’éteignait à l’âge de 53 ans.

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10 Commentaires

  1. Merci, Jules, pour ces merveilleux instants de bonheur, pour ces images éblouissantes de notre France des dernières belles années et pour la qualité d’un cinéma somptueusement mis en valeur par des artistes de grand talent.
    J’ai beaucoup ri et ça faisait longtemps qu’un film ne m’avait autant plu.

  2. A signer de toute urgence et transmettre à tous vos contacts :
    1) le referendum immigration lancé par Jean Messiha (Vivre Français) https://www.vivrefrancais.com/about-2-18
    2) la pétition pour dénoncer l’accord France Algérie de 1968 lancée par Samuel Lafont (Damoclès) https://damocles.co/accord-franco-algerien/
    FAIRE SUIVRE A UN MAXIMUM DE CONNAISSANCES ET QUE CES CONNAISSANCES FASSENT SUIVRENT UN MAXIMUM A LEUR TOUR!
    Nous devons atteindre à minima la barre des 4,8 millions de signatures pour le referendum. DES QUE NOUS AURONS ATTEINT CETTE BARRE DES 4,8 MILLIONS NOUS SERONS EN MESURE DE FOUTRE LE MAC ROND DEVANT SES “OBLIGATIONS”.

  3. Ben, j’en ai une bien bonne…J’avais une dizaine d’années, en colonie de vacances à Quiberville et les monos avaient prévu une visite du Havre, et pourquoi pas, une visite des quais et, “allons y”, du paquebot France. Nous voilà, tous arrivés au Havre et en file indienne, bien rangé, nous sommes arrivés sur les quais et que nous avons vu la statue de la liberté s’envoler et une pluie de billets sur nous, j’en avais pris quelques uns après une “bagarre” qui ont bien sur tous disparus ! Nous ne savions pas que c’était un film et nous pensions à une valise perdu par une de ces personnes qui prenait le bateau !!! Je me souviens des majorettes, de ce “marching-band” !!! Que de souvenirs ! Le pont de Tancarville, bien sur ! Et Dieppe, Fécamp….
    J’ai appris bien plus tard que nous avions vu une scène du tournage de ce film que j’ai vu dans les années 75/78….C’est drole de voir ces souvenirs écrit bien plus tard sur un écran d’ordi. Merci, Mr Ferry, toujours sympa vos papiers.

  4. On peut obtenir ce film en haute définition ( 1080 p ) sur le réseau Emule avec le logiciel

  5. Merci Jules Ferry de nous faire voyager dans notre chère France… hélas disparue a jamais. Bienvenue en Francarabia!

  6. Quelle rigolade du temps du bonheur. Toutes les images et les scènes l’exhalent, sans oublier la chanson si sixties de The Breed.
    Ceux qui mettent méthodiquement ça à mort paraîtront devant un tribunal qui fera ressembler Nuremberg à une répétition bricolée.

  7. j’étais avant hier a LH mais je suis passé par le Normandie, Bon Dimanche à tous , mais non, qu’aux résistants

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