Voulez-vous participer à la semaine des ZEROS ?

J’ai eu la douloureuse surprise d’être invitée par courriel à participer à la “semaine de la Qualité de Vie – au travail !”” ET en même temps, à la “semaine des héros“. Diable… comment cela se peut-il ? Parce que, si chaque semaine il y a un héros… c’est que ce n’est pas un vrai héros, c’est que du toc, forcément. Un héros, c’est unique et il n’y en a qu’un à la fois. Quant à comprendre le rapport avec la “qualité de la vie”… je donne ma langue au chat !

Je dois dire que l’adresse de l’envoyeur m’a fait tiquer tout de suite : zero-ticket… ça pue l’imposture et la manipulation, du gouvernement, des écolos-dingos… alors, moi qui réclame partout mon ticket que je mets soigneusement à la poubelle en sortant du magasin, j’ai tiqué.

Je vous laisse savourer l’ensemble de l’invitation. Cela vaut son pesant de cacahuètes, non ? Surtout que, cerise sur le gâteau, il est question de chaîne de secours, d’arrêt cardiaque… Quel gloubi-boulga !!! Mais pourvu que ce soit “fun et ludique” (c’est eux qui le disent, m’sieur !), avec de “l’engagement et de la solidarité “(c’est toujours eux qui causent ) tout est possible !

Et puis le but c’est de faire payer au cochon de contribuable vos petits jeux, 66% de défiscalisation, ça doit en faire jouir quelques-uns, non ? Et ça va faire de la pub gratuite pour vos champions collaborateurs et donc votre marque, tout ça aux frais de la princesse. Bref une fois de plus c’est le Français moyen qu’on escroque, qu’on méprise et à qui on va faire croire que tout ça ne sert qu’à son plaisir “fun  et ludique”, n’est-ce pas ?

C’est d’une nullité crasse, d’ailleurs, au départ j’avais lu “Zéros” au lieu de “Héros”. Oui, je sais, ma vue baisse, que voulez-vous, l’âge…

En vrai, comme disent les enfants, pour le coup c’est la même chose. Parce que, tout de même, imaginez-vous la semaine Agamemnon, la semaine Hector, la semaine Jules César, la semaine Alexandre, la semaine Napoléon, la semaine Trump, la semaine Poutine…  à l’heure où vous avez la semaine Ariel ou Bonux, la semaine Nutella, coca ou cristalline à la télé ? 

Et on n’a pas tout vu, l’imposture et la manipulation fonctionnent depuis des années ! Ben voyons. Capture google :

Le héros du quotidien a le vent en poupe… Et on a même la semaine héros arabe. Il fallait s’y attendre. Tout cela délicatement mêlé à la promo Nutella de la semaine et au “héros de la semaine”.

L’affiche donnée en illustration se passe de tout commentaire.

Nous voilà, près de 70 ans après le “nouveau roman” dont vous étiez le héros malgré vous :“vous montez dans le train, vous vous asseyez à côté de la fenêtre, vous “… Des pages tout aussi vides, inintéressantes… dont ils ont voulu vous persuader que c’était chiadé, pensé, révolutionnaire… Révolutionnaire, ce qui emmerde tout le monde ? Retour au vide sidéral, et ça n’a même pas l’alibi de paraître être de la littérature !

Je renvoie les gens de ma génération à Butor, Robbe-Grillet, Sarraute…  qui , faute de génie, ont voulu faire croire que Balzac, Hugo ou Maupassant étaient dépassés, trop élitistes, en nous prenant pour des cons. Et en écrivant des oeuvres insipides, inutiles., le “nouveau roman”. Le but était peut-être de préparer une génération d’anti-lecture, de zombies ne pensant pas ? Le but était de donner à lire l’existence quotidienne de l’individu moyen, de ne surtout pas avoir de héros, pas d’histoire, pas d’engagements politiques ou philosophiques…  Quand on pense que ces usurpateurs ont crié de joie devant mai 1968, eux qui n’ont rien inventé d’autre que du vide…

Tiens, histoire de vous faire rire (ou pleurer) :

« Le roman, pour les nouveaux romanciers, ce n’est plus un miroir qu’on promène le long d’une route ; c’est l’effet de miroirs partout agissant en lui-même. Il n’est plus représentation ; il est auto-représentation. Non qu’il soit scindé en deux domaines dont l’un, privilégié, aurait l’autre pour représentation. Il est, plutôt, tendanciellement, partout représentation de lui-même. C’est dire que loin d’être une stable image du quotidien, la fiction est en perpétuelle instance de dédoublement. C’est à partir de lui-même que le texte prolifère : il écrit en imitant ce qu’il lit. Jean Ricardou

Je connais quelques grincheux et quelques cartésiens  qui vont me demander pourquoi je parle de Robbe-Grillet Et de lessive Et de nutella Et de sauver des vies Et d’Alexandre… Ben justement, parce que cette invitation contient tout et son contraire, c’est un cortège à la Prévert, histoire d’alpaguer le couillon de base. Alors je m’amuse aussi, je ne vais pas leur laisser ce privilège ! 

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2 Commentaires

  1. Nutella la couleur de la, peut-être pas l’odeur ni le goût, je ne sais pas, je n’en ai jamais goûté. Il faut peut-être être un héros pour tenter l’aventure. Le nouveau roman m’enchose, ainsi que les nouveaux romanciers. Que voulez-vous, je ne suis pas de ce siècle.

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