Suite des mes tribulations de petit choriste : à Angers entre OPPL, Radio X et TMA !

Je vous rassure tout de suite, dans le titre de cet article ne figure aucun message codé dans le but de tromper la vigilance des censeurs des réseaux sociaux ! Vous saurez tout très bientôt.

Mais avant cela je souhaite revenir sur un point de mon dernier article consacré au Requiem de Verdi. J’avais numérisé une page du Sanctus qui naturellement apparaissait en petit, ce que m’a fait gentiment remarquer un commentateur, et je me suis lancé un défi : pourquoi ne pas utiliser la partition complète dont les pages défileraient au rythme de la musique ? Après quelques tâtonnements, je suis arrivé à un résultat satisfaisant, remarquez la complexité de l’écriture due à l’emploi d’un double choeur :

Bon, à présent nous sommes à Angers, ma ville natale, à la fin d’août 1982. Je viens de décrocher un poste dans un collège privé situé près de la cathédrale. Quelques jours plus tard, je tombe sur une annonce émanant de la direction de l’OPPL (Orchestre Philharmonique des Pays de la Loire), recrutant des choristes ; bien, je passe une audition et je suis accepté, première œuvre travaillée, le Requiem de Fauré, ce qui me déçoit un peu, l’ayant déjà travaillé avec Paul Kuentz. Je ne vais pas vous le proposer en entier, seulement le dernier choeur, In Paradisum :

Juste après Fauré, le chef d’orchestre, Marc Soustrot, met en chantier la Faust-Symphonie, œuvre spectaculaire en trois mouvements : Faust, Marguerite, Méphisto. Un choeur d’hommes intervient dans… les huit dernières minutes. La musique est belle, c’est un fait, mais, bon, attendre près d’une heure et 10 minutes avant d’intervenir, c’est long ! On attendait en coulisses, comme les trombones du même nom, et on prenait place sur scène à la fin du mouvement Marguerite :

Depuis mon arrivée dans ma bonne ville, j’avais pris l’habitude d’écouter en voiture une radio que l’on appelait encore à l’époque « radio libre », il s’agissait de Radio X, qui, je vous rassure, n’est pas une radio porno. Leurs programmes étaient sympas et voilà qu’ils cherchent un animateur, un soir par semaine, entre 20 et 21 heures. Je les contacte, oui j’ai déjà fait de la radio (Radio Massabielle en Guadeloupe), oui je suis disponible mais mon domaine c’est la musique classique. Ça plaît au directeur, et c’est ainsi que tous les mardis soir, les clients de l’hypermarché Carrefour pouvaient entendre la voix de votre serviteur en faisant leurs courses.

La saison 1982-1983 de l’OPPL n’est pas terminée, et cette fois on s’attaque au plat de résistance, les Carmina Burana de Carl Orff.

Carl Orff est mort à Münich le 29 mars 1982, je n’ai pas souvenir que l’on en ait parlé dans les médias, ce qui n’a rien d’étonnant, comme je le dis toujours « On a la culture qu’on mérite », mais passons. Bon, sans vouloir être médisant, les Carmina Burana sont la seule composition de Carl Orff qui soit connue. Carmina Burana, cantate profane, a été écrite entre 1935 et 1936. Elle est inspirée de textes du Moyen-Âge trouvés dans l’abbaye de Benendiktbeuren, en Bavière. La cantate se compose d’une introduction, Fortuna Imperatrix Mundi (Fortune impératrice du Monde) laquelle comprend deux « sous-parties », Ô FORTUNA et FORTUNE PLANGO VULNERA. On y évoque « la fortune », dans le sens du « destin ». La Fortune est une roue qui tourne, parfois on est tout en haut, parfois tout en bas (et quand nos pourris de politiques se retrouveront-ils ENFIN tout en bas ?). Puis vient la première partie, Primo vere (le printemps), In taberna (À la taverne) et Cour d’amours. La Nature, la bonne chère et la bonne chair, trois domaines que l’Homme apprécie tout particulièrement ! Certains textes sont même coquins « Commence un ineffable jeu de leurs membres, leurs bras et leurs lèvres » (Si puer cum puellula, si un garçon avec une jeune fille). J’ai choisi une version que l’on pourrait qualifier d’inattendue, due à des interprètes belges. L’orchestre est impressionnant, ce qui est normal pour cette œuvre qui comporte, outre une chorale classique, un choeur d’enfants. Remarquez l’intervention désopilante du baryton à 34’55 » ! Mais avant, voici les paroles :

carmina_burana

Fauré, Liszt, Orff, pas mal pour la saison 1982-83 ! Mais cela ne me suffisait pas, car j’apprends que le TMA (Théâtre Musical d’Angers) met en chantier La Damnation de Faust (Berlioz) pour le mois de juillet 1983. Voilà une œuvre qui a bercé mon enfance (mes parents l’avaient apprise quand ils faisaient partie des Jeunesses Musicales de France à la fin des années 40). Il fallait absolument que j’aborde ce chef-d’œuvre. Pour cela, il a fallu démissionner de l’OPPL car les deux chorales ne travaillaient pas ensemble. Je suis même monté en grade, devenant choriste semi-professionnel !

C’est donc avec trois extraits orchestraux de la Damnation de Faust, La marche hongroise, le ballet des sylphes, le menuet des follets, vous avez tous entendu au moins une fois ça :

Mon prochain article, une fois n’est pas coutume, sera consacré à une seule œuvre, la Damnation de Faust. À bientôt !

Filoxe

 

 

 

 

 

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4 Commentaires

  1. Carmina burana, un chef d’œuvre ! Merci filoxe pour ce bel article. Impatient de voir le prochain.

  2. Merci Filoxe, pour la partition. Bien reçue. Je n’ai pas l’oreille absolue comme vous, mais une oreille relative. J’ai de bonne notions de solfège et cela me permet de m’imprégner du rythme d’une oeuvre sur une partition. Encore merci, Maestro ! Et merci pour vos articles et pour le mal que vous vous donnez!

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