Coquin de sort autour des neuvièmes (deuxième partie)

 

 

Mon article précédent était consacré à la malédiction de « la neuvième ». Ici nous allons plutôt tourner autour, si je puis dire. Et on va commencer par Beethoven. Mais avant je ne peux m’empêcher de citer les premières paroles de « l’hymne à la joie » :

« Joie, belle étincelle des dieux,

Fille de l’Élysée »

« Fille de l’Élysée », elle est bien bonne celle-là ! (la fille de l’Élysée est quelque peu défraîchie). Pauvre Beethoven, lui si humaniste, il serait entré dans une de ses colères légendaires s’il avait constaté que sa musique était détournée pour devenir l’hymne européen ! Dans les paroles de la symphonie il est dit « Seid umschlungen, Millionen ! » (Étreignez-vous, millions !). On en est loin, alors que l’Europe est censée rapprocher les peuples, elle fait tout pour les séparer ! La musique de Beethoven n’a pas sa place dans ce magma infâme qu’est l’Union Européenne.

Retournons à la musique, cela ne pourra nous faire que du bien !

En 1808, Beethoven écrit sa fantaisie pour piano, chœur et orchestre dans laquelle on sent les prémices de l‘Ode à la Joie. L’œuvre débute par une longue introduction du piano qui a tout d’une improvisation et ce fut d’ailleurs le cas en 1808 et celle fut reprise dans la partition. Je vous propose une version jouée sur instruments anciens (trompettes et cors naturels), même le piano est un Pleyel qui doit être à peu près contemporain de l’époque de Beethoven. Cerise sur le gâteau, les paroles sont sous-titrées, dommage que la résolution ne dépasse pas les 360p.

Sautons quelques années pour nous retrouver au 7 mai 1824. Au programme de la neuvième symphonie se figurait, entre autres l’ouverture La consécration de la maison« . Je vais vous proposer deux liens : le premier dans une version qui, pour moi, reste la meilleure que j’aie jamais entendue, elle est due à Herbert von Karajan en 1969. Mais cela reste une version « audio », j’ai donc trouvé une très bonne vidéo avec un chef qui a un nom à coucher dehors avec un billet de logement « Kiskaslagueulenski », enfin un truc dans ce genre :

Après Beethoven, Schubert. Ce dernier est censé avoir composé neuf symphonies, sauf qu’il nous manque la septième. Celle-ci a été reconstituée par Brian Newbould’s d’après des fragments existants et elle a été même enregistrée :

J’avais évoqué dans mon article précédent les « longueurs »de la neuvième de Schubert, dite La grande. La version de Manfred Honeck durait 46 minutes, celle d’Herbert Blomstedt, (né en 1927 quand même !), un peu plus d’une heure. Je dois l’avouer, le troisième mouvement m’ennuie, il paraît interminable. Vous pourrez remarquer que le public est absent et que les musiciens sont très éloignés les uns des autres, je n’arrive pas à comprendre pourquoi…

Cela dit si vous êtes tombé sous le charme de cette œuvre magnifique, en voici une autre version (sur YouTube elles ne manquent pas !) due à Lorin Maazel :

Je n’ai rien à ajouter en ce qui concerne Dvořák et Bruckner, d’ailleurs leurs portraits ne figurent plus sur l’image de présentation. Je vais laisser la place à Gustav Mahler avec le finale de ce qu’il avait envisagé de nommer « Neuvième symphonie », Der Abschied, (l’adieu), extrait du Chant de la Terre. L’admirable Christa Ludwig est accompagnée par l’Orchestre philharmonique d’Israël, placé sous la baguette de l’emblématique Leonard Bernstein. Une musique qui prend aux tripes !

L’adieu

Je reviens sur la neuvième de Chostakovitch, expliquée en détail par Jean-François Zygel dans les clés de l’orchestre, remarquable comme toujours !

Pas de flash mob cette fois, mais un petit moment avec Chostakovitch et sa fameuse valse de la seconde suite Jazz. Comme c’est joué en plein air, c’est presque du flash mob, n’est-il pas ?

À bientôt !

 

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1 Commentaire

  1. La musique, la bonne, est censée adoucir les mœurs. La musique orientale est horrible, d’où peut-être la barbarie et les mœurs atroces des musulmans. Piste à creuser. Merci cher Filoxe pour ces moments de paix.

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