La bande des six

Il y a exactement 70 ans, à partir de 1952, Dinky Toys Liverpool lançait celle qui allait devenir la plus célèbre écurie de course des cours de récréation des années Cinquante/ soixante. Je vous parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître …

Cette écurie de course est également celle qui connaîtra la plus grande longévité sans changement dans l’histoire des courses automobiles miniatures puisque ces modèles seront fabriqués de 1952 à 1964 mais serviront encore en courses de récré plusieurs années après la fin de leur fabrication …

L’Oncle John lui, se rappelle des courses épiques qui se déroulaient dans la cour de récré de son école primaire. C’était en 1965 à Bruxelles. Chacun graissait scrupuleusement à la margarine le matin avant de partir à l’école les axes de roues de son bolide afin de tenter de remporter la course du jour. Et nos mères de se demander le soir pourquoi les poches de nos culottes courtes qui avaient servi de box à nos bolides étaient toutes noires ? Il s’agissait de toute la crasse accumulée par la margarine en course qui imbibait et salissait nos poches.

L’année 1950 a marqué le début du championnat du monde de F1 et Dinky Toys a imaginé alors de reproduire en miniatures les vedettes de ces années là. Les quatre premières années du championnat ont été dominées par les voitures rouges italiennes, Alfa Roméo, Ferrari, Maserati. Sur les six voitures produites par Dinky, il y avait donc logiquement trois italiennes, deux anglaises et une française.

L’Oncle John est parvenu à rassembler les six. Quatre d’entre elles sont en état de jeux et deux, la Ferrari et la Maserati ont subi un « lifting » en peinture de l’Oncle John.

Ces miniatures incroyablement solides ont particulièrement bien traversé les années tant elles étaient indestructibles. Leurs seuls points faibles étaient leurs pneus qui se désagrègent avec le temps et leur peinture qui ont du subir les affres des courses et sont donc rarement en bon état. Heureusement, les pneus sont toujours refabriqués et disponibles et la solidité de ces bolides permettent d’en retrouver encore assez facilement aujourd’hui sur la toile.

La robustesse de ces voitures résultait aussi de la simplicité de leur conception. La carrosserie en zamac moulée en une pièce comportait un fond en métal fixé par deux rivets, deux axes de roues, quatre roues et quatre pneus. Bref, 14 éléments en tout.

Enfin, il est intéressant de noter que la couleur des voitures correspond au pays de leur constructeur ou de leur équipage :

  • bleu pour la France
  • vert pour l’Angleterre
  • blanc ou argent pour l’Allemagne
  • rouge pour l’Italie
  • jaune pour la Belgique
  • etc …

Dans le cas de nos valeureuses Dinky Toys, trois nations seulement sont représentées. La marque anglaise a respecté ces couleurs, sauf pour la Ferrari reproduite en bleu et jaune, sans doute pour varier les couleurs de sa gamme destinée aux enfants ?

Concernant leur histoire, voici un lien fort bien fait qui vous présente chacune de ces voitures de course : c’est ici.

 

Les miniatures de l’Oncle John dans leur apparition chronologique chez Dinky Toys :

 Alfa Roméo 158/159, championne du monde en 1950 avec l’italien Nino Farina et en 1951 avec l’argentin (d’origine italienne) Juan Manuel Fangio. Bien que leur conception remontait à l’avant guerre ces voitures s’avérèrent les plus rapides lors des deux premières années du championnat F1.

 Cooper Bristol. Bien que sensiblement inférieures aux bolides italiens Alfa, Ferrari et Maserati, les voitures anglaises se devaient d’être représentées par la firme Dinky de Liverpool. Au plan historique, elles permirent néanmoins à de futurs grands pilotes tel Mike Hawthorn de se faire la main. Le modèle Dinky est le plus court de la bande des six.

 Ferrari : Avec l’Alfa Roméo, la Ferrari est la plus titrée de notre série de bolides puisqu’elle remporta le championnat F1 deux années consécutives en 1952 et 1953 avec le pilote italien Alberto Ascari. Celle qui vous est présentée ci-après a été entièrement restaurée par l’Oncle John aux couleurs de la voiture du pilote italien. Le modèle original Dinky était vendu en couleur bleue et jaune inexistantes dans la réalité.

 

 HWM : Il s’agit de la deuxième voiture anglaise de la série Dinky. C’est à son volant que le célèbre pilote anglais Stirling Moss fit ses premières armes.

 

 Maserati : La Maserati qui vous est présentée ici a également été restaurée par l’Oncle John pour vos beaux yeux. Il a réalisé celle qui fut pilotée par Fangio lors de son crash sur le circuit de Monza en 1952. Elle portait ce jour la le numéro 18.

 

 Talbot Lago : Enfin, pour faire honneur à la France, Dinky Toys a choisi de reproduire cette Talbot Lago. Cette voiture dont la conception remontait également à l’avant-guerre s’est avérée elle aussi dépassée par la concurrence italienne. Elle permit à quelques pilotes talentueux de se faire la main tel Pierre Levegh, tragiquement disparu lors de la catastrophe des 24 heures du Mans 1955. C’est aussi la miniature la plus longue de notre série de célébrités. Comme vous pouvez l’observer, celle qui vous est présentée ici a bien couru en cours de récréations.

 

 

Conclusion

Cette célèbre écurie de course a enchanté plusieurs générations d’enfants et a donné lieu à des courses épiques lors des championnats des cours de récré des années cinquante/ soixante du siècle passé.

L’Oncle John qui pilotait la Maserati l’a un jour lancée si fort qu’elle a littéralement décollé pour atterrir malencontreusement sur le crâne d’un camarade qui s’est mis à pleurer et saigner du cuir chevelu.

De retour à la maison le soir, l’Oncle John redoutait les foudres paternelles pour cet accident tout-à-fait involontaire. Heureusement, ce soir là, son paternel compris qu’il s’agissait d’un incident de course malheureux et ne lui infligea aucune sanction. Reste le souvenir que la principale victime a sûrement oublié …

Oncle John

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2 Commentaires

  1. Merci pour ce voyage dans le temps qui était le temps du bonheur , je me souviens qu’au cours d’une émission télé de Michel Drucker il me semble une question a été posée a Fangio et Prost qui étaient les invités principaux  » quelle vitesse atteigniez vous sous le tunnel a Monaco ?  » Réponse de Prost : 285 kmh , réponse de Fangio : 270 kmh . Seulement 15 kmh séparaient ces deux champions pourtant au volant de voitures fort différentes technologiquement .

  2. Bravo pour ce blog sur ces modèles mythiques de la série 23 (au catalogue sous les références 23f à 23n puis 230 à 235)!
    Quelques précisions complémentaires pour ceux qui s’intéressent aux Dinky Toys: la même Ferrari F2 a été reproduite et vendue par Dinky France en utilisant le même moule, mais cette fois-ci peinte en rouge vif. Elle fut commercialisée avec toute une série de numéros de course différents.
    La version anglaise bleue et jaune porte les couleurs nationales de l’Argentine : mais il semble que Juan Manuel Fangio n’a jamais couru sur une Ferrari qui ne soit pas rouge…Quid d’autres pilotes ?
    La Talbot Grand Prix 4,5L bleue a également éte produite par Dinky (Meccano) en France , mais avec un moule spécifique, à une échelle un peu plus réduite : on ne sait pas pourquoi un moule différent a été utilisé !
    Tous ces modèles de la série 23 d’après guerre étaient vendus en boîte individuelle en carton jaune, ou sous « blisters » plastique à compter de 1962.
    On note l’absence de voiture allemande dans cette belle série. Avant-guerre, il existait aussi dans la même série 23 un modèle de Mercèdés Benz Grand Prix ( une assez grossière reproduction de la W 125), qui fut vendu en différentes couleurs, dont le gris argent, couleur officielle des équipes allemandes. Pour des raisons assez évidentes, les Mercedes ont disparu des catalogues Dinky au lendemain de la guerre…Il faudra attendre 1957 pour voir apparaître la Mercedes Formule 1 W 196 championne du monde, en version carénée et peinte de couleur blanche. Elle était accompagnée d’une Jaguar Type D ( victorieuse aux 24 h du Mans), d’une Connaught F1 (auto de course anglaise assez confidentielle) et d’une Vanwall F1, formant une nouvelle série numérotée 236-239 et destinée à prendre le relais de la série 23 devenue obsolète.

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