La baleine si adorable, si belle que j'en suis tombé follement amoureux ! 2/3


Mon ami patriote, dans cette rubrique du mercredi, on parle quasi exclusivement d’Astronomie. Et c’est une bonne chose. Mais, cette rubrique comporte également les Sciences mêmes si ce mot ne figure pas dans l’intitulé de la rubrique.
Alors, l’Astronomie constituera toujours 95 % de cette rubrique, mais les Sciences auront droit à une petite part. Et c’est le cas aujourd’hui. Nous parlerons aujourd’hui de Sciences.
Nous allons parler d’un mammifère hors du commun, et on ne peut plus attachant, la baleine.
Ne t’es-tu jamais demandé comment sont et fonctionnent les baleines ? Eh bien la réponse vaut la peine d’être connue.
À l’attaque.
Comme cette belle dame a des tas de choses à nous raconter, ton serviteur n’a pas pu faire moins de trois parties pour raconter tous (ou presque…) ses secrets.

Nous sommes ici dans la partie 2 sur 3

Pour relire (ou lire) la première partie, c’est ici

 

LE PLUS CURIEUX DANS CETTE AFFAIRE, EST, PEUT-ÊTRE, DE SAVOIR COMMENT ET DE QUOI SE NOURRIT LA BALEINE ?

 

Sur ce coup-là, comme beaucoup ailleurs il faut le reconnaître, la nature a fait vraiment plus fort que fort. Le plus gros animal de la planète se nourrit du plus petit, tellement petit qu’il n’est même pas visible à l’œil nu pour une partie. Il faut quand même le faire !

Pour bien comprendre la chose, il faut savoir quels sont les éléments de la baleine qui lui permette de se nourrir au tout début de l’entrée du cycle.
LES DENTS ET LES FANONS
Comme expliqué plus haut, dans la classification scientifique, les baleines, les rorquals, les dauphins et les marsouins sont tous regroupés sous l’ordre des cétacés, lesquels cétacés sont divisés en deux sous-ordres : les odontocètes et les mysticètes.
Mais quelle est la différence ? Dans leur bouche, les odontocètes possèdent des dents et les mysticètes des fanons ! Et bien, la voilà donc cette différence ! Ces deux structures possèdent des caractéristiques et des fonctions bien différentes.

Il existe environ 70 espèces de baleines à dents contre 13 espèces de baleines à fanons. Etonnant, hein, ami ? Comment expliquer cette énorme différence ? Comme les baleines à fanons ont un mode d’alimentation très spécialisé, les proies et les habitats qu’elles recherchent sont limités : il leur faut de petits animaux vivant en grands groupes.
Pour les baleines à dents, il y a au contraire mille et une possibilités : proies petites ou énormes, solitaires ou groupées, près de la surface ou en profondeur, le long des côtes ou au large, en eau douce ou en eau salée. Cette grande diversité se traduit par un grand nombre d’habitats, ce qui a favorisé la diversification des baleines à dents.
Bon, maintenant, il faut savoir qu’en biologie, le terme baleine est employé exclusivement pour la famille des balnéides. Toutefois, dans le langage courant, de nombreux autres cétacés sont connus sous le nom de baleines :

  • Balnéides : il s’agit des mysticètes (baleines à fanons) qui se nourrissent par filtration. Ce groupe inclue les baleines franches de l’Atlantique du Nord ainsi que les baleines du Gorenland.
  • Balénoptère ou rorquals : il s’agit, aussi, de baleines à fanons. Parmi elles on retrouve l’animal le plus grand du monde, la baleine bleue, ainsi que la très célèbre baleine à bosse.
  • Eschrichtiidae ou les baleines grises : ce sont des odontocètes (baleines à dents), comme les dauphins et autres cétacés.
Mais faisons simple, nous allons parler exclusivement des baleines à fanons, ce qui inclut les rorquals. Ce sont donc des mysticètes, et non des odontocètes, ce qui veut dire qu’elles n’ont pas de dents, mais que des fanons, une caractéristique qui conditionne énormément leur alimentation.

Allez, on part là-dessus pour leur bouffe.
LES FANONS

De quoi sont faits les fanons ?
Les fanons sont composés de kératine, comme nos ongles ou les cornes. Chaque fanon est formé de poils semblables à des moustaches pressés entre deux lames cornées. Les fanons sont accrochés perpendiculairement à la mâchoire. Ils poussent et s’usent continuellement. Comme les lames s’usent plus rapidement que les poils, ces derniers dépassent et s’entremêlent, ce qui permet à la baleine de s’alimenter par filtration.

La baleine boréale a les plus longs fanons : ils dépassent les 4 mètres. En général, les fanons sont bruns ou noirs sauf chez le petit rorqual qui possède des fanons de couleur crème.

De quoi se nourrit la baleine ?
L’alimentation de la baleine est basée sur un processus de filtration. C’est le rôle des fanons
Quand elles trouvent de la nourriture, la baleine ouvre son énorme mâchoire et l’eau entre dans sa gueule. La nourriture est retenue dans les fanons, pendant que le surplus (de l’eau) sort par un orifice situé dans la partie supérieure du palais. Ensuite, elles a juste à accompagner avec sa langue vers le fond de la gorge.

Maintenant que tu en sais plus à propos de la manière de se nourrir de la baleine, on est sûr que tu vas me demander ce que mange la baleine. Bien que ce que mange une baleine dépend des lieux où elle vit, mais on peut dire qu’il y a un aliment commun à tous les types de baleines : le plancton. Mais, qu’est-ce que le plancton exactement ? Bonne question, hein !
Le plancton
Le plancton est un ensemble d’organismes minuscules qui vit suspendu dans l’eau. Parmi eux, on retrouve :

  • les Bactéries
  • les Protistes
  • les Végétaux (phytoplancton)
  • les Animaux (zooplancton)

L’alimentation de la baleine est basée sur le dernier composant, le zooplancton, c’est à dire que les baleines sont donc des animaux carnivores.
Mais donc, qu’est-ce que le zooplancton ?
Le zooplancton est l’ensemble des animaux qui vivent en suspension dans l’eau des océans. Le terme « plancton » indique que ces animaux se laissent dériver avec les courants.
Ainsi, dès qu’un animal est suffisamment fort pour nager contre les courants, il n’appartient plus au plancton et l’on parle alors de « necton ». Le necton regroupe, entre autres, les poissons et les mammifères marins. Le zooplancton regroupe des organismes de tailles extrêmement variées – de 20 micromètres (millièmes de millimètres) à plusieurs mètres – et de toutes origines – des animaux unicellulaires aux larves de poissons, en passant par les méduses et le krill.

Le krill, l’aliment de base des baleines
Le zooplancton comprend des animaux très petits qui se nourrissent du reste des intégrants du plancton. Il s’agit de crustacés adultes, comme le krill ou les copépodes, et des larves d’animaux qui, quand elles finissent de grandir, vivent dans les fonds marins.
On connait comme krill des tous petits crustacés, normalement transparents, qui vivent dans les océans du monde entier. Ces animaux forment des groupes de milliers d’individus qui peuvent s’étendre sur plusieurs kilomètres. C’est pourquoi le krill est la base de ce que mange une baleine ainsi que de nombreux autres prédateurs marins.

Copépodes planctoniques
D’autres crustacés jouent un rôle capital dans la chaîne alimentaire aquatique, ce sont les copépodes planctoniques. Ces crustacés peuvent mesurer moins d’un millimètre et sont, aussi, un aliment fondamental pour les baleines et pour de nombreux autres animaux des océans.
Autres aliments de certaines baleines
Entre les aliments de certaines baleines, comme les rorquals, se trouvent de nombreux poissons qui forment des bancs. Ça permet à ces géants des mers de manger des centaines de poissons d’une seule bouchée.
Quels poissons mangent les baleines ?
Nous parlons ici des baleines à dents et non à fanons. Certains des poissons qui forment partie de l’alimentation de la baleine sont :

  • Capelan (Mallotus villosus)
  • Morue de l’Atlantique (Gadus morhua)
  • Flétan du Groenland (Reinhardtius hippoglossoides)
  • Hareng (Clupea spp.)

Enfin, les calamars forment aussi partie des aliments de certaines baleines. Par exemple, l’animal le plus grand du monde, la baleine bleue, a tendance à descendre jusqu’aux fonds des océans à la recherche de bancs de calamars.
Les baleines réalisent de grandes migrations pour trouver de la nourriture. En été, les baleines migrent vers des eaux plus froides, où la nourriture est plus abondante.

La baleine est donc carnivore. Mais contrairement à l’orque qui mange d’autres mammifères marins, l’alimentation principale de la baleine est le krill. La baleine bleue avale en continu des grandes quantités d’eau de mer qu’elle va filtrer à l’aide de ses fanons comme un peigne. La baleine laisse circuler l’eau dans sa bouche mais en retenant les éléments nutritifs les plus gros. Le mammifère marin qu’est la baleine ouvre la gueule en avançant et emprisonne ainsi de l’eau. Ensuite elle applique sa langue contre les fanons ce qui laisse s’échapper l’eau mais retient les éléments solides dont elle se nourrit.
On estime que la capacité maximum de l’estomac d’une baleine est de 1000 kilos.
Il faut environ deux tonnes par jour de nourriture pour une baleine adulte (krill), soit 730 tonnes par an. La baleine mange 1,2 kilos de krill par minute ! Qui dit mieux ?
Est-ce que la baleine mange des poissons ?
Il arrive aussi que la baleine bleue consomme des petits poissons (sardines, capelans, etc.) qui se font prendre accidentellement par l’ouverture de sa très grande bouche ! On peut donc dire que ce que mange la baleine n’est pas que du plancton !

*****

Bon, ben voilà, pour cette deuxième partie sur les trois. A mercredi prochain pour la dernière…
Professeur Têtenlair

15 Commentaires

  1. J’ai honte, j’aurais du lire tous tes articles bien avant ; l’avantage est que j’ai passé de très bon moments à lire, en commençant par les plus anciens :-)))
    Merci à toi pour tous ces articles, très intéressants, bien écrits, avec humour et simplicité :-)))
    Un article sur les tempêtes solaires, et leurs conséquences sur notre monde, sur notre technologie sera très apprécié – j’ai lu pas mal d’articles sur ces conséquences, mais je suis sûr que pas mal de personne ici seront ravies de lire et de mieux comprendre ce phénomène, qui peut avoir des conséquences importantes sur tout ce qui est électrique et magnétique, sans compter les dangers, notamment sur les centrales nucléaires, que ferait courir une forte tempête magnétique…
    La dernière a eu lieu en 1859, et les télégraphes s’en souviennent encore !!
    Mais je te laisse réfléchir à un éventuel article :-)))
    Patriotiquement tien, Professeur :-))) et merci encore pour le temps consacré, une fois de plus !

    • Ami BobbyFR94, j’ai été touché par ta gentillesse, ta modestie, et tes propositions. Je suis très honoré que tu ais lu l’ensemble de mes articles mêmes à retard (!).
      Dans mon article du 06/10/2021 sur RR et intitulé : « Les vents solaires : késako ? » (que l’on peut relire ou lire en cliquant ici), je fais allusion (juste citer le terme) aux tempêtes solaires dans le paragraphe intitulé : « Alors que sont les vents solaires ?« . Mais je ne développe pas.
      Alors, ta proposition d’article ciblé sur les tempêtes solaires et leurs conséquences sur notre planète et notre technologie est tout à fait passionnante et je t’en remercie. C’est très amusant, car il y a peu, j’ai discuté presque deux heures avec un astrophysicien sur ce sujet exactement.
      C’est donc promis, je vais sortir un article sur ce sujet assez rapidement. Et à nouveau merci de tout l’intérêt que tu portes à l’Astronomie.
      Le prochain sujet qui sera publié mercredi prochain (03/11/2021) est déjà dans les tuyaux de RR et il porte sur les deux sondes américaines Voyager 1 et Voyager 2. Mais le sujet sur les tempêtes solaires et leurs éventuelles conséquences sera assez rapidement fait.
      Encore merci à toi, ami BobbyFR94, et à bientôt.

  2. Merci cher professeur pour ce 2eme volet, toujours très intéressant, et qui nous permet de nous évader, et de penser à des sujets plus beaux que ceux du quotidien.
    Magnifique cette baleine, en effet, et bien sympathique 👍🐳
    J’ai vu dans un reportage des plongeurs nager à ses côtés, et nous dire qu’elle les avait accepté avec bonhommie 😊

    • Merci de tes compliments, ami, qui me remplissent de joie. Au plaisir de continuer de te lire dans les forums, comme d’habitude.

  3. C’est assez ! dit la baleine. Ce n’est pas parce que j’ai le dos fin que je me cache à l’eau…

    • Alors là, alors là, amie Dorylée, j’ai failli faire une crise cardiaque tellement tu m’as fait rire ! Absolument excellent.

  4. J’ai réécouté mon CD, chants de baleines. Avant de m’endormir.Magnifique. Il y a longtemps que je défends ce noble animal, baleines bien plus intéressantes que les baleines à deux pattes qui peuplent le monde politique, le président du Sénat, par exemple. Il y a aussi beaucoup de requins dans ce monde-là, aussi quelques morues chez les écolos en particulier, de vieux crabes qui s’accrochent, et pas mal de piranhas, hélas pour nous. Merci cher professeur pour cet article enchanteur qui nous fait oublier la sombre grisaille de ces jours mauvais. Bien à vous, un admirateur! Vivement le volet trois!

    • Argo, mais les « espèces » que tu décris vivent sur terre, et, tels des envahisseurs, veulent nous éradiquer !!!
      J’ai toujours trouvé marrant les noms d’animaux donnés à des gens de par leur attitude …
      Alors que les animaux ne sont pas atteints par la notion de « qualités » de « défauts » …

    • Il est vrai, mon ami Argo, que le chant des baleines est magnifique. Et tu as bien raison d’écouter ton CD.
      Il est vrai aussi, ami Argo, que ta façon de décrire la société actuelle à partir de n’importe quel sujet, ici le monde marin, est extraordinaire d’adaptation.
      C’est là une gymnastique d’esprit que seuls des gens de ton niveau possèdent.
      Et c’est pourquoi il est toujours passionnant de te lire, dans tes articles toujours originaux et captivants, et dans tes posts dans les forums.
      Continue, toi aussi, de nous enchanter. Et merci.

  5. J’aimerais que la partie 3 parle de la reproduction des baleines…?!
    Ca m’intéresse! Je trouve qu’on en apprend énormément sur un animal en comprenant comment il se reproduit… rituels potentiel compris!
    Exemple d’une araignée qui dance pour « trouver l’amour » : https://www.youtube.com/watch?v=I16wCyrB3fA

    • Sans te révéler tous les secrets de la troisième et dernière partie sur les baleines, voici le plan.

      • comment dorment les baleines ?
      • le chant des baleines (avec sons à l’appui)
      • comment et où se reproduisent les baleines, comment arrivent nos adorables petits baleineaux
      • une naissance qui se passe sous l’eau
      • la maman baleine : un véritable lait concentré
      • une longue enfance pour le baleineau
      • la migration des baleines : routes, durées, distances
      • pourquoi les baleines migrent-elles ?
      • quelques curiosités particulières des baleines
      • les coquillages agrippés sur les baleines

      Chaque élément ci-dessus est bien expliqué avec audiovisuel à l’appui.
      Tout est déjà dans les tuyaux de RR, Christine publiera cette troisième et dernière partie mercredi prochaine, et j’en profite à nouveau pour la remercier.
      Je t’ai donné le plan de la troisième et dernière partie parce que c’est toi. Sinon, on doit laisser la surprise… mais bon, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour ses aficionados !

      • Ah, ah, ah! Merci bien, alors! 😉
        Je sais déjà que tout est bien expliqué : ça l’est TOUJOURS. …Je ne l’avais jamais dit avant, parce que j’avais alors un peu peur de commenter sur le site, puisqu’on doit laisser une adresse mail et que je n’ai pas vraiment confiance dans l’Internet…
        Même si ça fait peu de temps que j’interviens, ça fait – en réalité – des années que je traîne ici. J’ai adoré TOUS vos articles : toujours bien expliqué, et avec cette touche extra-personnelle ET extra-intéressante/unique…!
        J’ai hâte de lire la troisième partie. (Je vois que j’aurai le chapitre que je veux!)
        J’ai toujours aimé en apprendre sur… bien… tout, en fait…! mais j’adore surtout en apprendre sur les animaux (arthropodes compris) : je trouve ça fascinant… comment la VIE est faite.
        Et rien de mieux que les articles du « Professeur Têlenlair »! 😉

        • Merci de toute ta gentillesse et de tous tes compliments. Ils me vont, évidemment, droit au cœur.
          En effet, parler Sciences et surtout Astronomie, devient tout de suite très compliqué. Il est donc impératif de simplifier de façon importante les choses, et y rajouter une petite note d’humour pour détendre l’atmosphère peut-être aussi être une bonne chose. C’est, en tout cas, ce que je pense, et essaie de faire modestement.
          Merci à toi.

  6. Je lis « fanons », et je pense « brosses ».
    Puis je VOIS des fanons (jolies photos!!), et je pense alors « champignons ».
    Je n’sais pas… ça donne envie d’y mettre les mains (et de caresser)…!
    Merci pour cet article, qui explique tout très bien!
    Je suis toujours bien contente d’apprendre des choses que je ne savais pas… Je n’avais jamais appris la différence entre « plancton » et « necton »!
    Professeur Têtenlair devrait se renommer « Professeur Toutentête »… 😉
    (Il n’y a bien qu’ici que je lirais que la baleine est « adorable »!)

    • Merci de tes compliments qui me vont droit au cœur.
      J’ai bien rigolé quand tu écris : « Professeur Têtenlair devrait se renommer « Professeur Toutentête » 🤣
      Et il est vrai que je trouve les baleines et leurs petits balleineaux, tout ce petit monde absolument adorable !

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