« Instagram est un poison pour les jeunes filles » : c’est Facebook qui l’écrit dans ses documents internes !

Instagram est une application, un réseau social et un service de partage de photos et de vidéos.

Depuis 2012, l’application appartient à Facebook (Mark Zuckerberg).

 

À l’extérieur, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, affirme que les réseaux sociaux et leurs applications peuvent avoir un impact positif sur la santé mentale.

Mais des documents internes indiquent que c’est tout le contraire.

Le principe mortifère d’Instagram : comparer son apparence à celle des autres

Révélations du  Wall Street Journal, 14 septembre : Facebook connaît parfaitement la situation ! 

Il y a environ un an, les analystes de Facebook ont ​​lancé une étude qui examinerait de plus près comment Instagram, dont la société est propriétaire, affecte la perception de soi des jeunes utilisatrices. Le résultat était que l’on pouvait associer un certain nombre de problèmes graves à l’utilisation de l’application.

Selon l’enquête, 32% des adolescentes déclarent qu’une image corporelle déjà négative est encore aggravée par Instagram. Se comparer à l’apparence des autres peut changer la façon dont les jeunes filles se regardent et se décrivent. Dans le document, l’application elle-même est appelée « un poison pour certaines jeunes filles ».[Toxic for teen girls].

Et le souci, c’est que les conséquences dépassent de loin le simple mal-être. “Les jeunes accusent Instagram de favoriser la dépression et l’anxiété, toujours d’après ce même document. Résultat : plus de 40%des jeunes internautes qui disent se trouver disgracieux” expliquent que ces complexes ont commencé à leurs débuts sur la plateforme. C’est encore plus inquiétant dans le cas d’individus déjà mal dans leur peau. En effet, parmi celles et ceux qui disent avoir des idées noires, 6 à 13% estiment qu’Instagram y est pour beaucoup.

Une situation dont Facebook est parfaitement conscient. Le document conclut explicitement que la plateforme est construite sur la notion de “comparaison sociale”. Une proportion sidérante des jeunes sondés expliquent par exemple que de nombreux sentiments négatifs se seraient installés depuis leur inscription sur la plateforme. 30 à 51% expliquent par exemple qu’Instagram leur donne l’impression de devoir créer une image parfaite d’eux-mêmes. Cerains expliquent aussi qu’Instagram leur donne l’impression de ne pas avoir assez d’argent (42%) ou trop peu d’amis (33%)… voire d’être tout simplement d’être “pas assez bien(24-29%).

À la lecture de cet article, il est difficile de dire ce qui est le plus révoltant; le phénomène en lui-même, ou le fait que Facebook soit parfaitement au courant. Nombre de ces documents remontent en effet à 2019. Le réseau avait donc tout le temps d’agir, ou au moins d’être transparent sur ces conclusions. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été sollicité. Facebook et Instagram ont déjà fait l’objet de plusieurs audiences judiciaires pour éclaircir ces points… mais sans succès. Pour Richard Blumenthal, un sénateur qui y a assisté, c’était même une perte de temps. “Les réponses de Facebook étaient très évasives. En fait, ils n’ont même pas répondu à une seule de nos questions, explique-t-il dans une interview au WSJ.

Pour le sénateur Richard Blumenthal, Facebook semble s’être inspiré de l’industrie du tabac.

Une “tactique de l’industrie du tabac”

À la place, Facebook a préféré garder cela confidentiel. L’objectif invoqué : “promouvoir un dialogue franc et ouvert, ainsi que l’échange d’idées en interne”… Le sénateur dresse une analogie très intéressante pour illustrer la situation. “Cela soulève des questions sur ce que pourrait cacher Facebook. […] Ils semblent emprunter une tactique de l’industrie du tabac, à savoir viser des jeunes avec un produit potentiellement dangereux en cachant la réalité scientifique.

Les mêmes conclusions ont également été tirées dans des études précédentes menées par Facebook au cours des trois dernières années.

Il semble difficile d’endiguer ce phénomène. En effet, il est lié à la nature même du réseau, celle-là même qui a fait son succès et rapporte très, très gros. (Instagram a rapporté 20 milliards de dollars en 2019, plus que YouTube).

Article du Wall Street Journal (disponible ici, en anglais pour les abonnés) et Journaldugeek

Exemple à Foirac (Gironde).

Les ravages d’Instagram : après le suicide de sa fille, une mère alerte sur « le piège des réseaux sociaux ».

Actu

Juliette, 15 ans, s’est donné la mort par pendaison à cause d’Instagram : la pression était trop forte.

« Ma fille de 15 ans n’est pas allée au lycée aujourd’hui… Elle a préféré partir pour toujours ! »

Dans un texte émouvant lu plus d’un million de fois et publié le jour de la rentrée scolaire 2021Alexandra Joris Bouvier a décidé de partager le drame familial qu’elle a vécu pour alerter sur les ravages d’Instagram.

Une enquête est en cours

Elle a vécu l’horreur, quatre mois plus tôt à Pessac, près de Bordeaux. Le 1er mai 2021, après une soirée chez des amis, la mère de famille découvre dans son salon le corps inerte de sa fille. Juliette s’est donnée la mort par pendaison, laissant à côté d’elle, comme seule explication, son smartphone.

« Quand elle est décédée, j’ai compris, raconte la mère. Juliette était très secrète sur son utilisation des réseaux sociaux mais on en avait déjà discuté. Il y a des moments où ça allait et des moments où ça n’allait pas ».

Alexandra, mère de Juliette

Pour autant, ce soir-là, la mère de famille de 47 ans n’aurait jamais imaginé un tel drame. Elle n’a rien vu venir. « Peut-être qu’elle n’a pas voulu m’alerter pour me protéger, pour pas que je m’inquiète », s’interroge Alexandra Joris Bouvier, les larmes aux yeux.

« Elle est tombée dans le piège des réseaux sociaux dans lesquels elle a cru trouver des gens qui l’aimaient », ajoute-t-elle.

Des milliers de messages sur Instagram

Une enquête est en cours pour apporter des réponses à la famille. La police a saisi le téléphone portable et l’ordinateur de l’adolescente afin d’identifier les personnes qui auraient pu provoquer ce suicide. Les enquêteurs ont déjà relu plus de 2 000 pages de discussions et de commentaires rien que sur le compte Instagram de la victime.

Il faut dire que la collégienne, scolarisée à Floirac (en banlieue bordelaise), cumulait plus de 50 000 abonnés (!) sur ce réseau social. De quoi faire d’elle quasiment une personnalité publique à 15 ans. Des marques de prêt-à-porter lui envoyaient même gratuitement des colis pour mettre en avant leurs produits sur des publications.

« Elle voulait être aimée »

Ça, c’était le bon côté de la popularité. L’autre, c’était la jalousie et la haine qui s’exprimaient dans quelques commentaires ou messages privés.

Aux messages d’alerte de sa mère, elle répondait parfois : « T’as raison maman, je vais arrêter ! » « Puis, rapidement, elle reprenait. C’était comme une addiction. Elle voulait être aimée », imagine Alexandra Joris Bouvier, qui la décrit comme « une ado intelligente, drôle, curieuse » mais aussi « très complexée ».

Témoigner dans des collèges et lycées

La première étape du deuil passée, l’assistante commerciale dans un bureau de contrôle tient aujourd’hui à transformer « la douleur et la tristesse en une force ».

« À 15 ans, un gamin n’a pas l’impression de harceler »

La mère de famille aimerait faire des interventions dans les collèges et les lycées pour raconter son vécu et interpeller les jeunes sur cette question du cyberharcèlement, davantage qu’une campagne de prévention gouvernementale. « Il faut des vraies histoires », estime-t-elle.

« Si à mon petit niveau, j’arrive ne serait-ce qu’à toucher un gamin, alors ce sera gagné. À 15 ans, un gamin qui harcèle sur les réseaux sociaux n’a même pas l’impression d’être un cyberharceleur. Ils ne se rendent pas compte qu’un commentaire peut être dramatique. Ils n’imaginent pas du tout les conséquences et surtout, ils pensent qu’ils ne risquent rien derrière leur écran. Stop, il faut que ça s’arrête ! »

La mère de famille endeuillée souhaiterait que des solutions techniques soient mises en place pour limiter l’accès des réseaux sociaux aux mineurs. « Avant 18 ans, est-ce qu’on a la maturité nécessaire pour savoir se servir des réseaux sociaux ? », interroge-t-elle.

Pas sûre d’avoir l’oreille attentive du patron de Facebook Mark Zuckerberg (qui détient aussi Instagram) sur le sujet, Alexandra Joris Bouvier espère donc avoir le soutien de l’Éducation nationale pour faire de la pédagogie auprès des ados : « Je le fais pour Juliette ! »

 8 total views,  2 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


13 Commentaires

    • Réseaux sociaux !……quels réseaux sociaux ? moi je fermerai tout ça ils sont devenus complétement cons ! remarquez la plupart n’ont pas beaucoup forcé ……….

  1. Je ne ferai qu’une citation, elle est de moi, elle vaut ce qu’elle vaut : «Accepter les autres, c’est déjà s’accepter soi-même».

    • « chercher l’approbation des autres c’est se soumettre d’avance à un jugement arbitraire »
      dans un « univers » où le but est d’avoir plus de « followers » que les autres tout est bon pour écraser la concurrence. Du grand n’importe quoi!
      Ca me rappelle cette émission débile « 4 mariages et une lune de miel » et autres conneries où les concurrents ont à se juger entre eux.

      • Je voulais dire simplement qu’il faut accepter les différences entre les êtres humains, différences physiques, différences sociales, etc. Par contre se suicider parce qu’on est visé par des débiles sur des réseaux sociaux, c’est crétin. Je n’y vais jamais et je me fous de ce qu’on peut dire sur mon compte. J’ignore, et ça ne m’empêche pas de vivre.

        • C’est l’une des grandes contradictions de notre époque, on exalte l’Autre, plus il est exotique plus il est « tendance », on martèle d’un côté que « la différence est une force » etc et de l’autre il faut se conformer aux « influenceurs » et consorts sinon tu vaux rien ou en tout cas c’est l’impression qu’ont ces jeunes imbéciles.

          • Méthode que l’applique depuis longtemps :
            je me fous de la mode, des réseaux sociaux, de mon apparence (sans passer pour un clodo, quand même), des tendances, des conneries de la télé-réalité (qui influencent les jeunes autant que les RS), bref du qu’en dira-t-on.
            Et ceux à qui ça ne plaît pas, je les emmerde.