Maurice Berger: «Aux origines de la violence contre l’homme occidental»

Conflit de civilisation Islam Racisme Publié le 6 janvier 2021 - par - 9 commentaires

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le pédopsychiatre Maurice Berger, qui travaille dans un Centre Éducatif Renforcé, estime que la virulence des thèses postcoloniales découle en partie des violences familiales et éducatives dont sont victimes de trop nombreux jeunes dans les quartiers.

 

Maurice Berger est pédopsychiatre, psychanalyste, ex-professeur associé de psychologie de l’enfant. Il travaille en Centre Éducatif Renforcé et enseigne à l’École Nationale de la Magistrature. Il a publié, Sur la violence gratuite en France. Adolescents, hyperviolents, témoignages et analyses (L’Artilleur, 2019).

 


Le titre du livre de Pascal Bruckner, «Un coupable presque parfait. La construction du bouc émissaire blanc», et l’utilisation du terme «privilège blanc» par le Président Macron lors d’un entretien, m’incitent à évoquer un processus peu mentionné bien qu’essentiel: les personnes qui font la chasse à l’homme blanc, en tout cas en France, ont peut-être été victimes, mais elles se trompent de coupable.

Berger,

Pour ces supposées victimes, non blanches par définition, mon hypothèse, qui repose sur ma pratique de clinicien, est que la colère contre l’homme blanc est en réalité le déplacement d’une colère qu’il est interdit d’exprimer contre l’homme du pays d’origine, père, mari, ou frère ainé. Il y a des cultures où il est interdit, à vrai dire littéralement impensable, de critiquer ses parents, surtout son père.

Le faire, ce serait perdre le lien avec son groupe familial, être «excommunié», en clair renoncer à une partie de son identité.

Une caractéristique des cultures d’origine des personnes qui critiquent l’homme blanc : l’éventualité d’un fonctionnement patriarcal violent

Les personnes d’origine occidentale ne mesurent pas l’effort et la solidité interne qu’un tel positionnement nécessite, la douleur et l’angoisse que cela génère.

Certains font ce choix et au cours des entretiens que j’ai avec eux, ils m’expliquent considérer notre société comme salvatrice pour leur devenir et vouloir éviter de telles épreuves à leurs enfants.

Pour les autres, l’homme qui sera accusé de tous les maux, ce sera l’homme blanc.

Pourquoi?

De quelle colère déplacée s’agit-il? Dans le Centre Educatif Renforcé où je travaille comme pédopsychiatre et qui reçoit des adolescents délinquants et violents majoritairement issus de l’immigration, Malik*, 16 ans, déclare:

«Tu n’imagines pas à quel point mon père frappe fort, quand il te gifle ça te décapite».

Cette phrase, prononcée avant l’assassinat de Samuel Paty, n’est pas une critique, mais un constat, et le «projet de vie» de ce mineur est d’aller vivre chez ce père plusieurs fois condamné, qui ne s’est jamais occupé de lui, et qui n’a rien à lui proposer comme cohérence éducative.

Sakina*, toujours dans ce Centre éducatif, me dit:

«j’ai été massacrée, mon père me défonçait à coups de pieds, de poings, de gifles, il me tirait les cheveux» ;

elle n’émet aucun reproche et elle aussi est en admiration devant cet homme non critiquable.

Et quatre ans d’entretiens sont nécessaires pour que Djamila*, 45 ans, parvienne à se formuler qu’il n’est pas normal qu’elle ait été elle aussi élevée de la sorte.

Heureusement, seule une partie des familles issues de l’immigration est concernée par de tels processus ; mais ceci attire l’attention sur une caractéristique des cultures d’origine des personnes qui critiquent l’homme blanc: l’éventualité d’un fonctionnement patriarcal violent, en particulier sur les femmes, mais aussi sur les enfants. En témoignent, que ce soit au Maghreb ou dans l’Afrique sahélienne, la fréquence des violences conjugales, des mariages «arrangés» parfois à 13 ans au Sahel, l’inégalité successorale, l’impossibilité pour une femme de circuler seule à pied à certains endroits sans être insultée sauf si elle se rend à son travail, la difficulté de faire condamner l’auteur d’un viol, l’impossibilité pour un adolescent de s’opposer à son père, etc.

Je propose aux hommes blancs de penser au chemin qu’ils ont parcouru sur le plan sociétal, légal, personnel, et de refuser d’endosser une honte qui ne leur est pas desti

À l’opposé, au fil des siècles, l’homme blanc a progressivement renoncé au pouvoir que lui donne sa force physique sur la femme et sur l’enfant.

En témoigne une succession de lois qui vont de la suppression des lettres de cachet à l’égalité des droits dans le domaine de l’autorité parentale, la facilitation du divorce, la loi sur les violences faites aux femmes, la légalisation de l’IVG, la loi de 2016 sur la protection de l’enfance.

Et dans le domaine des mœurs, de l’habillement par exemple, l’acceptation que les jupes s’arrêtent au-dessus du genou pour ceux qui se souviennent de cette période-à comparer à l’imposition du voile, etc.

Pour chacune de ces dispositions, il a fallu vaincre des résistances, et tout est loin d’être parfait dans notre pays, en témoignent des accusations d’harcèlement sexuel.

Mais ce mouvement existe réellement, sans retour possible.

Les personnes qui ne parviennent pas à sortir du lien incritiquable qu’elles ont avec l’homme violent et dominateur de leur famille, de leur culture, se considèrent comme des victimes, mais sans se permettre de se représenter de qui elles sont victimes.

Et elles vont déplacer l’origine de ce sentiment sur la société occidentale et sur l’homme blanc.

Dit autrement, ce qui est insupportable chez l’homme blanc, c’est qu’il ne cherche plus à soumettre le et la plus faible, ce qui déclenche une envie féroce à son encontre.

«Ce respect de ma personne, je ne l’ai pas eu, j’en ai été privé(e), j’en éprouve de la rage, alors je détruis, et j’attaque la société blanche en général».

Je propose aux hommes blancs de penser au chemin qu’ils ont parcouru sur le plan sociétal, légal, personnel, et de refuser d’endosser une honte qui ne leur est pas destinée. Au contraire, il est à leur honneur d’avoir accepté de renoncer à leurs privilèges.

*Les prénoms ont été modifiés.

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9 Commentaires
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vade mecum
vade mecum
il y a 14 jours

C’est très gentil et plausible, mais dans ce cas qu’ils s’en prennent plutôt à leur géniteur et à leur religion à la con et qu’ils aillent tous se faire voir chez les Touaregs !

vatinel-bernard
vatinel-bernard
il y a 14 jours
Reply to  vade mecum

JUSTE !!

Soudibor
Soudibor
il y a 13 jours
Reply to  vade mecum

Les pauvres Touaregs, jadis des hommes libres et fiers, des hommes d’honneur, de race blanche (enfin disons des ‘proto-berberes, comme les Egyptiens). Les hommes voilés (les ‘hommes bleus’), et les femmes à visages découverts ! Mais la ‘post-modernite’ les a rattrapés, race en voie ‘d’africanisation’ …, Chassés, et tués par les maliens, ayant perdu leur noblesse et leur fierté, leurs traditions… Triste époque.

vatinel-bernard
vatinel-bernard
il y a 14 jours

C’est bien beau tout ça ……………………… mais tout ce que vous reprochez a l’homme blanc , (d’avoir traversé avant d’en être là ou il en est ,il à évolué sans exemple et s’est amélioré au fil du temps !!! eux ,ces sauvages qui nous envahissent, ont devant eux notre exemple tout établi ,qu’ils devraient tout simplement suivre au lieu de le massacrer !! de plus, plus on leur trouve de (« bonnes raisons! ») plus il en profitent !

Jean-Paul Saint-Marc
Administrateur
Jean-Paul Saint-Marc
il y a 14 jours

Encore des excuses !

Paco
Paco
il y a 14 jours

De la part de Maurice Berger, je pense plutôt à des » explications ! »

Droit au but
Droit au but
il y a 14 jours

Là-encore, projection psychologique : ce que les « gens d’autres cultures » reprochent en vérité à l’homme blanc, c’est précisément sa faiblesse de corps et d’esprit. Il n’y a rien de plus méprisable qu’un homme qui se fait insulter, rabaisser, déclassé et qui ne dit pas un mot pour se faire respecter. On croit souvent que l’être humain s’attaque au plus fort, c’est faux, par essence lâche et fainéant, il préfère s’attaquer au faible. Une femme et un enfant ne respectent un homme que s’il montre que s’il le veut, il peux les occire sur le champ.

PASCAL LEVEQUE
PASCAL LEVEQUE
il y a 14 jours

C’est clair, l’indigène de manière générale refoule ses frustrations, ses incapacités, ses faiblesses sur le blanc occidental, il n’y a aucun doute la dessus, c’est tellement plus facile que de remettre en question sa culture, sa famille et ses origines qui ne sont absolument pas compatibles avec une civilisation moderne digne de ce nom.

Travis
Travis
il y a 13 jours

Qu’ils lavent leur burnous en famille et nous foutent la paix .

L’ intérêt de l’étude est de mettre l’accent sur l’importance cruciale de l’éducation et de l’exemplarité auxquelles s’oppose l’ensAignement de la Secte.

Une erreur à relever toutefois: Il est faux, dans ces sociétés, de parler de
« patriarcat » il s’agit plutôt de  » fratiarcat » bien rigide et contraignant .

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