Un autre gladiateur qui se bat contre l’industrie pharmaceutique, Claudio de Simone

On découvre, à la lecture des articles consacrés au professeur Simone, les sommes colossales brassées par l’industrie pharmaceutique… juste pour un complément alimentaire. Alors, quand il s’agit d’un vaccin susceptible d’être utilisé sur toute la planète, les assertions et preuves d’un Raoult concernant l’efficacité d’un médicament à 5 euros c’est, pour Big Pharma, de la roupie de sansonnet…

Christine Tasin

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Le combat d’un médecin à la retraite contre l’industrie pharmaceutique

« Le professeur Claudio De Simone, pionnier dans le domaine de la microflore intestinale reconnu internationalement, a inventé un mélange probiotique (8 souches, 450 milliards de bactéries) qui a fait l’objet de plus de 200 publications et est intégré dans les directives internationales de traitement pour certains les indications.

Membre de l’American College of Gastroenterology, Claudio De Simone est professeur retraité de maladies infectieuses à l’Université de L’Aquila (Italie), spécialisé en gastroentérologie, allergologie et immunologie clinique. Son intérêt pour le microbiote humain remonte à plus de 25 ans lorsque la compréhension de l’importance du rôle de la flore intestinale en était à ses balbutiements ».


La longue résistance de Claudio De Simone face au lobby Pharmaceutique

Par S. Lamarche

S’il n’y avait qu’une seule leçon à retenir parmi tous les enseignements à tirer de la pandémie du virus SARS-CoV-2, ce serait celle concernant l’influence de Big Pharma sur les décideurs politique et les institutions internationales. Ils ont joué et jouent encore un rôle à tous les étages de la crise. Le lobbying puissant et les pratiques douteuses de l’industrie pharmaceutique sont certes connus depuis longtemps mais la crise sanitaire a permis d’ouvrir les yeux des plus myopes.

L’histoire du professeur italien Claudio De Simone [installé en Suisse, ndlr] est toute aussi édifiante.

La malédiction des prophètes

Claudio De Simone est un spécialiste des maladies infectieuses qui s’est orienté très tôt vers les maladies de l’appareil digestif. Il a commencé à s’intéresser au microbiote humain dans les années 1980, bien avant donc que la communauté scientifique ne découvre l’importance et le rôle des bactéries dans la flore intestinale. Pour de nombreux chercheurs, cette découverte, qui change fondamentalement l’approche médicale et qui pourrait permettre de traiter certaines maladies comme l’Alzheimer ou le Parkinson, est la plus importante des cinquante dernières années.

C’est dire si le professeur De Simone était un précurseur dans le domaine. Dès les années 1990, avec ses équipes de l’hôpital de l’Aquila, il mène des recherches et des essais cliniques sur des souches bactériennes qui permettent de lutter contre l’inflammation intestinale.

Au début du 21ème siècle, une société pharmaceutique italienne, Sigma-Tau, lui propose de créer une société pour commercialiser ce probiotique. VSL#3 est né, ça marche, et jusque-là tout va bien…

Les pressions

Forte de son succès, en 2011, la société Sigma-Tau, souhaite entrer en bourse. Pour attirer les investisseurs, il faut augmenter les bénéfices et donc dans ces cas-là, il n’y a pas d’autre solution que diminuer les coûts. VSL#3 est cher à produire, il est composé de huit souches bactériennes différentes. Il est donc demandé de discrètement modifier la formule du professeur De Simone. Business is business, la santé du patient est secondaire… Le professeur s’y refuse. Les pressions augmentent. Le professeur italien reste intraitable. Il finit par perdre la bataille et quitte la société.

Publicité mensongère

Dès lors, Sigma-Tau est libre de produire le VSL#3, avec une formule plus rentable. Pourtant, la présentation du produit reste la même « 450 milliards de bactéries par sachet  » et elle rassure le patient en indiquant que ce produit a fait l’objet d’essais cliniques. Rien n’est moins vrai. Les recherches ont été faites avec certaines posologies inconnues de Sigma-Tau. Tout au plus le laboratoire aurait pu inscrire VSL#3 nouvelle formule, ce qu’il ne fait pas.

Chemin de croix

Claudio De Simone n’accepte pas cette manœuvre et entame alors une longue bataille, un parcours du combattant devant les tribunaux du monde entier : Rome, Séoul, Londres, Annapolis, Mumbay. Car entretemps Sigma-Tau est devenue Alphasigma avec une filiale aux Etats-Unis et distribue la contrefaçon du probiotique sur toute la planète. D’autres laboratoires distribuent également le VSL#3, comme Ferring, basé dans le canton de Vaud. Comme le professeur s’oppose à la distribution de son médicament dans ces conditions, il est attaqué devant les tribunaux. Alors il voyage et défend les intérêts de son probiotique et par conséquent des patients. Dans un entretien au journal le Temps, le médecin de 69 ans déclare non sans humour :

« Embêter un vieux comme moi qui est persuadé d’avoir raison, c’est une mauvaise idée, assène-t-il. C’est plus dangereux que de s’attaquer à un jeune homme, car gagner contre mes adversaires, c’est désormais ce qui me maintient en vie. »

A l’usure

C’est un combat titanesque, le pot de fer contre le pot de terre. Par la force des choses, le spécialiste des maladies infectieuses est devenu un excellent juriste. Il gagne des batailles. Les laboratoires pharmaceutiques n’en ont cure, ils disposent de montagnes de moyens pour arriver à leurs fins. Laisser gagner De Simone, ce serait une bien dangereuse jurisprudence pour Big Pharma. En se battant pour faire valider la copie non-conforme du VSL#3, les cartels pharmaceutiques préservent des intérêts beaucoup plus importants. Ils comptent donc bien avoir le dernier mot.

Le combat du professeur Claudio De Simone est un combat pour tous.

S. Lamarche – 15 août 2020

Source: Page de l’auteur 

[…]

https://arretsurinfo.ch/le-combat-dun-medecin-a-la-retraite-contre-lindustrie-pharmaceutique/

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En complément, lire aussi un article du Temps.ch (extraits ci-dessous)

Face aux pharmas, un médecin en résistance

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RÉCIT

Un professeur italien installé en Suisse a conçu un médicament probiotique efficace pour les patients atteints de maladies intestinales. Aujourd’hui, il se bat contre des groupes pharmaceutiques qui ont profité de sa formule, selon lui

[…]

Rien ne prédestinait Claudio De Simone à consacrer sa retraite à ferrailler contre de puissants groupes pharmaceutiques. Etudiant à la Faculté de médecine de l’Université de Rome, il a choisi la gastroentérologie comme spécialisation. Institut de gastroentérologie le matin, études l’après-midi. Un rythme s’installe dans la vie du jeune homme, vite gagné par l’ennui. N’y tenant plus, il va voir le professeur responsable de l’institut qui, agacé par l’impatience de son étudiant, le parque en «immunologie cellulaire». Une voie de garage.

Ce qui devait être une punition devient la planche de salut de Claudio De Simone. Ses deux diplômes obtenus cum laude font sa réputation. Sa double spécialisation rend son profil rare. On a besoin de lui pour évaluer l’immunologie de nouveaux médicaments. «J’étais heureux, ma carrière allait vite et j’avais des fonds pour la recherche», se remémore-t-il.

Douceur de vivre

Nous sommes dans l’Italie des années 1980. L’argent n’est pas rare, il suffit de savoir l’attirer. Une opportunité se présente qui améliorera encore la situation du médecin. Les autorités européennes sont à la peine pour définir ce qu’est un yogourt. Dans les pays du Nord, on le pasteurise; dans le Sud, on le fermente. Des laboratoires italiens font appel à lui. Ses connaissances doivent aider à trancher le débat. «Je ne suis pas biologiste. Je ne connaissais rien au lait. Je me suis lancé là-dedans car il y avait énormément de moyens pour la recherche dans ce domaine. Moi et mes équipes croulions sous les yogourts gratuits.»

Cette douceur de vivre amènera Claudio De Simone à la fin des années 1990. Deux frères, propriétaires de la plus grande société pharmaceutique italienne, Sigma-Tau, viennent alors le trouver. Claudio De Simone est à la pointe de la recherche, dans un domaine prometteur: les bienfaits pour la santé des bactéries vivant à l’intérieur de nos corps. Ils lui proposent de créer une société dont il détiendrait une minorité.

Dans un premier temps, cette association est fructueuse. Au début des années 2000 est commercialisé VSL#3, un probiotique destiné à lutter contre l’inflammation intestinale, un marché en pleine croissance. Ce médicament s’est révélé efficace pour le traitement diététique de la colite ulcéreuse et de la pochite, une complication qui peut intervenir après l’élimination chirurgicale du gros intestin. Le probiotique aide à rétablir un équilibre sain de bactéries dans l’intestin. Il a bénéficié des recherches que le docteur et ses équipes ont menées durant les années 1990. Il est une synthèse de 70 essais cliniques publiés, aux effets bénéfiques sur les patients démontrés. Dans ces publications scientifiques, on parle de «formulation De Simone».

En 2011, un des frères décède. Sigma-Tau prend une nouvelle direction commerciale. Il s’agit de préparer une entrée en bourse. Avec 60 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, VSL#3 donne une visibilité importante au groupe. Oui mais voilà: la «formulation De Simone» est composée de huit souches bactériennes différentes dans des proportions que seul le professeur connaît. VSL#3 est cher à produire. Limer les coûts permettrait une entrée plus rémunératrice à la bourse. L’entreprise insiste pour que le médecin modifie sa formule. Claudio De Simone s’y refuse. Le bras de fer commence.

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3 Commentaires

  1. Grand merci pour l’auteur de cet article et RR qui nous donne ici des informations que je ne pourrais trouver, cet article et celui du Prof Peronne et tous les autres ! une mine de renseignements qui nous montre en effet l’ ampleur des dégâts, je veux dire bien sûr les manipulations et mannes financières ! comment croire aujourd’hui aux bienfaits des vaccins notamment, ceux que Mme Buzin a fait faire en nombre , il y a peu !!!

  2. Bonjour @Mary ;

    Merci pour votre témoignage, de l’eau au moulin en plus.

  3. Bonjour, je connais le produit car j’ai commercialisé un probiotique de haute qualité, dont la formule avait été développée par une biologiste des pays de l’est, petite société, peu de moyens, et malheureusement peu de succès, face au cartel pharmaceutique.

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