Le Coran contient-il des réminiscences de nécrophagie et de nécrophilie ?


Le Coran contient-il des réminiscences de nécrophagie et de nécrophilie ?

Illustration tirée de cet article : http://pourquoipaspoitiers.over-blog.fr/article-la-necrophilie-une-pratique-sexuelle-bientot-institutionnalisee-en-egypte-113434577.html

Des extraits de vidéos diffusées par Da’esh sur les réseaux d’Internet montrent des jihadistes en train de brûler vif des « kuffars » (des hérétiques, des mécréants). L’on y voit même certains de ces jihadistes allant jusqu’à « déguster » le foie ou le cœur sanguinolent de leurs victimes, tout en déclamant un verset du Coran (4, 145) que voici :

إِنَّ الْمُنَافِقِينَ فِي الدَّرْكِ الْأَسْفَلِ مِنَ النَّارِ وَلَنْ تَجِدَ لَهُمْ نَصِيرًا

Traduction mot à mot :

« certes les hypocrites seront sur la route du plus bas du feu et tu ne leur trouveras point de protecteur « 

Pourquoi ces jihadistes scandent-ils ce verset pour légitimer – islamiquement parlant – cette consommation de « steak-mécréant » ?  Et qu’y a-t- il donc dans ce verset somme toute banal et apparemment « innocent », qui puisse les inciter à pratiquer une telle barbarie et à justifier une telle régression, voire une telle contradiction avec d’autres versets du Coran qui a prioriprohibent la consommation de sang animal et a fortiori de sang humain ?

Mais alors de quoi retourne- t-il ? Qui sont ces « hypocrites » et quel est ce « feu » ?

Lorsque le Coran parle « d’hypocrites », il est toujours question de « mécréants », « d’hérétiques », et de polythéistes. Et le « feu » fait en principe référence à la fournaise de l’enfer et de la géhenne(de l’hébreu gey hinnom, voir Josué 15, 8).

Mais l’expression qui nous interpelle dans ce verset est « du plus bas du feu ».

Comment les jihadistes ont-ils pu extrapoler – à partir de ce verset – qu’il s’agit de brûler (et de consommer !) la chair d’un hérétique, non pas en enfer, donc dans l’au-delà, mais dans le monde ici-bas ?

Cela demeure une énigme. Cependant, et s’il faut s’aventurer à proposer une réponse cohérente, il semble que la résolution de cette énigme ne se trouve pas dans le Coran, mais … dans la langue hébraïque !

En effet, la racine du terme الْأَسْفَلِ (al « asfal ») est SFL (le a ne faisant pas partie de la racine mais il est un préfixe du superlatif). Or cette racine – prononcée avec un S chuintant (ShFL) – , signifie en hébreu : « bas », « abaissé », « profond ».

Mais il existe en hébreu une autre racine quasi homonyme, prononcée avec un S sifflant (sefel), et qui signifie « marmite », « vase« , « pot » (voir dans la Bible, Juges, 5, 25).

Ces deux racines hébraïques se sont-elles involontairement ou inconsciemment télescopées chez le rédacteur du Coran qui les a entendues de la bouche d’un rabbin dissident et hérésiarque qui fut son « mentor », tout au moins à la période de ses débuts ?

On ne le saura sans doute jamais, car les premiers manuscrits du Coran ne distinguaient pas le S chuintant du S sifflant. Seule la diacritisation tardive du Coran a séparé les deux prononciations.

Néanmoins, une seconde question reste en suspens : Quel lien sémantique, à défaut d’étymologique, peut-il bien y avoir entre ces deux racines ?

Ce lien est évident pour tout hébraïsant. En effet, « SFL » (ספל) avec un S sifflant (qui se prononce en hébreu sefel), est bien une marmite à la fois basse, profonde, et incurvée, qu’on met à mijoter sur le feu. Donc : un pot-au-feu !

Serait-ce donc là, la véritable origine du terme coranique « asfal » ?

Et si être « mijoté dans une marmite » est bien le châtiment réservé aux mécréants, à quoi cela sert de faire mijoter, si ce n’est pour être consommé, ont dû se dire ces jihadistes cannibales autant que sadiques ?

Et ils ne sont pas les seuls à se le demander ! La fameuse et « prestigieuse » Université islamique d’Al-Azhar enseigne à ses étudiants que :  » La consommation de chair des êtres humains morts, est permise sous certaines conditions… La chair doit être celle d’un murtad (apostat) ».

Certains exégètes musulmans ajoutent à l’apostat, la femme et l’enfant « non protégés par un traité », comme « licites à être consommés » !

Nous permettons de manger la chair morte d’humain, mais pas de la cuire ou la griller en raison de l’attentat à la pudeur (sic !), si on a le choix de la manger crue… On peut tuer toute personne non protégée par un traité  et la manger – même si c’est un enfant ou une femme.

 

Cet « enseignement » se fonde sur les écrits de l’imam Al-Shafi’i (767-820), le fondateur de l’une des quatre écoles juridiques du sunnisme et maître incontesté de jurisprudence  islamique. Ainsi que sur les écrits de l’imam Al-Qurbubî ‘ (1214 – 1273), qui avait décrété : « On peut manger la chair d’un corps humain mais il n’est pas permis de tuer un musulman, ni un dhimmi  non musulman sous domination musulmane… Vous pouvez tuer un combattant ennemi, un homme qui a commis un adultère ou un apostat et manger son corps. » (« Fatwas », Premier tome, p 716).

La nécrophagie serait donc licite pour l’islam sunnite !

Mais il demeure une énigme : comment l’acception interne d’un terme en langue hébraïque transposé tel quel dans le Coran a-t-elle été détournée par l’islam pour servir de « background » à ces « us » nécrophages ?

L’on sait certes que le vocabulaire du Coran fait usage de centaines de mots hébreux, transmis par le rabbin dissident susmentionné. Mais on ne voit pas comment des jihadistes contemporains – ignares pour la plupart – auraient pu faire le lien avec une acception sémantique hébraïque afin de comprendre asfal comme pot-au-feu ?

Le télescopage linguistique appelé « étymologie populaire » entre l’hébreu et l’arabe, est un phénomène courant dans le Coran ou les Hadiths. Les termes « Coran » et « Hadith » eux-mêmes sont empruntés à l’hébreu, quoique dans un sens quelque peu variant.

Serait-ce alors l’exégèse d’un rabbin converti à l’islam concernant le châtiment qui attend les mécréants en enfer qui s’est immiscé dans le Coran ? D’autant plus que la littérature rabbinique évoque ce châtiment des « méchants » en enfer, par immersion dans… « de la merde bouillante » !

Ou alors, serait-ce celle d’un ancien prêtre converti lui aussi à l’islam, et qui aurait interprété l’allégorie de Jésus sur « buvez le vin, ceci est mon sang » et « mangez ce pain, cela est ma chair », comme une injonction à la nécrophagie ?

Or aucun exégète de l’islam n’est censé lire la Bible et les Evangiles ?

Et quid de la nécrophilie ?

Un certain « Sheikh » musulman (Abdelbari Zemzami) a affirmé que le Coran autorisait le coït d’un mari avec la dépouille encore « chaude » de son épouse défunte !

Cette exégèse nécrophile nous révulse instantanément ! Mais il faut se poser la question comment diable est-elle née ? Là encore, nous faut-il chercher du côté linguistique et de la langue hébraïque où le terme « tombe » (QBR) est une métathèse de « approcher pour copuler » (QRB) ? (Voir Deutéronome 22, 14)

Ou est-elle déduite d’un quelconque « hadith sahih » (« récit confirmé ») qui renforcerait la supputation que Muhammad « coucha » ou « approcha » une de ses épouses défuntes ?

Et en effet, il existe un hadith qui pourrait prêter le flanc à une telle accusation de nécrophilie. Le voici :

عن ابن عباس قال : لما ماتت فاطمة أم علي خلع رسول الله صلى الله عليه و سلم قميصه وألبسها إياه واضطجع في قبرها فلما سوى عليها التراب قال بعضهم : يا رسول الله رأيناك صنعت شيئا لم تصنعه بأحد ؟ قال : إني ألبستها قميصي لتلبس من ثياب الجنة واضطجعت معها في قبرها لأخفف عنها من ضغطة القبر إنها كانت أحسن خلق الله صنيعا إلى بعد أبي طالب

Traduction :

« Selon Ibn ‘Abbas qui dit : Quand est morte Fâtima la mère de ‘Alî, l’envoyé d’Allah a prié Allah sur elle et a retiré entièrement sa chemise et l’en a revêtue et a couché dans sa tombe alors quand il a couvert sur elle de la terre dirent certains : Ô envoyé d’Allah, nous t’avons vu faire une chose que tu ne fais pas à tout un chacun. Il dit : Je l’ai vêtue de ma chemise afin qu’elle soit vêtue d’un linceul du jardin, et j’ai couché avec elle dans sa tombe afin d’alléger pour elle la pression de la tombe, certes elle était la plus bonne créature qu’Allah a façonnée après Abou Tâlib. »
Source : كنز العمال للهندي Kanz Al-‘Umal, hadith n°37611

La lecture de ce hadith laisse perplexe. S’agit-il vraiment de nécrophilie ou plutôt d’un acte symbolique purement spirituel, quoique étrange voire scabreux ?

En effet, la Bible, bien avant le Coran, regorge d’actes emblématiques à portée métaphorique – parfois carrément bizarres ou obscènes -, tels que prendre son repas sur des excréments humains (Ezéquiel 4. 14) ou épouser une prostituée comme symbole de future rédemption et réhabilitation du peuple d’Israël (Osée 1, 2).

Certes, la littérature « hadithique » est plus crue, prosaïque, et « terre-à-terre » que ce genre d’envolées spirituelles bibliques. Mais on ne peut, de manière si péremptoire, interpréter le « couchage » de Muhammad dans la tombe de Fatima en tant que pratique nécrophile sexuelle, et nier la possibilité qu’il soit question d’un acte symbolique et spirituel, comme l’évocation du « jardin » (le Paradis) et le contexte même, semblent bien l’indiquer.

Ce qui n’empêche pas certains exégètes musulmans de décréter« La copulation avec l’animal et la femme morte, n’annule pas l’ablution. »(Hachiet rad el-moukhtar aala ed-dar el-mokhtar ; charh tenouir el absar ; fik-h Abou Hanifa, li Ibn Abededine ; Volume1, page 166).

Ou encore : « La copulation avec la femme morte ne nécessite pas la condamnation. La même chose pour la copulation avec la bête. »(Badaïa es-sanaïa fi tartib echaraïa li El-Kassani ; volume 7 ; page 34)

Conclusion :

S’il n’y a dans le Coran aucune preuve avérée de nécrophagie et de nécrophilie, il semble par contre que ces deux abominations aient des fondements dans l’islam sunnite, et en particulier à l’encontre des polythéistes, des hérétiques, des apostats, ou des captifs et captives  de guerre.

Il est grand temps que les « sommités » musulmanes fassent entendre leur voix pour dénoncer ces pratiques abominables.

D’autant plus que en guise de « cerise sur le gâteau », certains exégètes musulmans – dont le degré d’éthique atteint les bas-fonds de la déchéance humaine -, ajoutent à la nécrophagie et la nécrophilie leurs lubies immondes jusqu’à déduire du Coran et des hadiths une certaine complaisance et permissivité concernant la zoophilie !

S’il s’agit bien d’allégations calomnieuses et non pas de pratiques musulmanes licites, voire « halal » !

 

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David Belhassen

"Chercheur indépendant, linguiste spécialisé dans la Bible (AT), le Nouveau Testament, et le Coran".


21 thoughts on “Le Coran contient-il des réminiscences de nécrophagie et de nécrophilie ?

  1. AvatarHollender

    Ça coûte combien au kilo la viande d’infideles ?. Ça dépend de la découpe ?
    Tout est bon dans le chrétien ? Comme dans le Cochon 🐷 ? Où peut on trouver une boucherie HALAL qui en vend ?

    Ces malades mentaux ne sont plus à une horreur près……… Ils se rapprochent des NAZIS SS rapidement avec Mengele comme guide.

  2. Avatarclairement

    L’anthropophagie a été une pratique archaïque des premiers hommes et l’Islam semble avoir de la difficulté, malgré tout son effort avec un habillage  » religieux « , pour sortir de ce qui reste fondamentalement inscrit dans son ADN et le renvoie à ce qu’il est véridiquement, comme ils disent, à sa nature profonde de sauvagerie !

  3. frejusienfrejusien

    Juste des fous sanguinaires et dangereux qui tentent de justifier leur folie par l’interprétation de textes obscurs

  4. AvatarCdt . Rogers

    Cela démontre bien que islam est une religion de sauvages degeneres qui exécutent les paroles écrite par un spycopathe , qui au nom d’un demon propage La haine , le malheur ,la guerre et le massacre . au jugement dernier il seront jugé et ils periront tous en enfer a coter de leur dieu ,.je suis un mecreant blasfermateur et j’assume ces qualites avec fierté., au jugement venu je serai le pire cauchemar de ces Laches islamistes assassins.

    1. AvatarISWT

      C’est un point de vue. Celui des américains qui ont élus 2 de leurs représentantes de confession musulmane est sans doute différent.

  5. AvatarMike Giovacchini

    Merci Mr Belhassem pour votre travail. À quand votre prochaine video avec le « prophète » Sami Aldeeb?

    1. David BelhassenDavid Belhassen

      Bonjour Mike. Merci pour vos encouragements.
      Concernant la prochaine vidéo avec Sami Aldeeb sur l’analyse étymologique du Coran, je lui ai proposé de faire une « pause ».
      En dépit de nos convergences d’opinions sur l’islam, nous avons de graves divergences sur l’idéologie panarabiste.
      Je considère le panarabisme comme le tremplin de l’islam et son fer de lance, tandis que Sami ne le considère pas comme tel.
      Espérons que dans un futur proche et après mûre réflexion , nous trouverons un terrain d’entente et nos convergences surmonteront ces divergences..

      1. Christine TasinChristine Tasin

        Bien d’accord avec vous, David, je ne vois pas comment quelqu’un comme vous pourrait travailler avec cet Aldeeb après les horreurs qu’il dit et écrit depuis quelque temps. En tout cas jamais je ne relaierais une telle video sur RR

        1. David BelhassenDavid Belhassen

          Bonjour Christine. Je peux vous envoyer en privé les liens de nos quatre dernières vidéos dans lesquelles vous verriez mes réponses cinglantes à Sami Aldeeb.
          Mais je me doute bien que vous avez d’autres chats à fouetter et que vos justes combats vous prennent tout votre temps.
          C’est pour moi l’occasion de vous souhaiter une totale victoire dans le prochain et ignoble procès auquel vous « devez répondre ». . .

          1. Christine TasinChristine Tasin

            Merci ami, en effet je n’ai pas le temps de regarder des videos, sauf à ce qu’elles fassent moins de 5 minutes… l’écriture c’est plus rapide. Mais je vous fais confiance, merci pour tout.

      2. AvatarMike Giovacchini

        Pour ma part j’ai trouvé vos divergences très intéressantes car chacun de vous a amené des arguments si convaincants que je n’ai pas réussi à prendre parti. J’espère donc que la pause ne sera pas trop longue!

        1. David BelhassenDavid Belhassen

          Bonsoir Mike. Je l’espère également, quoique je ne sois pas très optimiste. L’empathie envers le panarabisme est pour moi quelque chose de rédhibitoire. Mais sait-on jamais ? Peut-être que les « lignes de démarcation » bougeront et que Sami Aldeeb changera d’opinion ?.

          En tous cas, je vous remercie pour vos encouragements impartiaux à l’égard des deux parties.

  6. AvatarJean Ducluzeau

    Qu’est-ce qu’il vous prend de calomnier Sami Aldeeb ? N’a-t-il pas suffisamment fait ses preuves ? N’est-il pas dans le même camp que nous ? Dans quel but cherchez-vous à nous diviser ? Je n’apprécie pas du tout. Ou alors expliquez-vous.

    1. David BelhassenDavid Belhassen

      Bonjour Jean Ducluzeau. Parliez-vous de moi lorsque vous dites « qu’est-ce qu’il vous prend de calomnier Sami Aldeeb » ?
      Si c’est le cas, je vous prie de me montrer où et quand je l’ai calomnié ?

      Si vous le désirez, je peux vous envoyer les quatre dernières vidéos que nous avons fait ensemble, et qui vous permettront de vous faire une opinion plus fondée et nuancée.

      1. Christine TasinChristine Tasin

        Je pense que c’est moi que Jean interroge, le « vous  » est sans doute « résistance républicaine « 

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