Terrorisme – Bernard Squarcini : « Il est faux de dire que tout a été tenté »


Terrorisme – Bernard Squarcini : « Il est faux de dire que tout a été tenté »

Bernard Squarcini est dans le collimateur de Hollande-Cazeneuve-Urvoas. Collaborateur très proche de Sarkozy, ancien directeur du Renseignement Intérieur, il continue de ne pas mâcher ses mots sur la politique menée par l’actuel occupant de l’Elysée… Ceci explique peut-être qu’il ait eu lui aussi à subir une perquisition en avril dernier.

 

Bernard Squarcini. Directeur central du renseignement intérieur de 2008 à 2012, il rappelle au gouvernement qu’il peut encore et doit agir.

Les Français ne font plus confiance au gouvernement pour lutter contre le terrorisme. Toutes les mesures semblent avoir été essayées. N’avez-vous pas le sentiment que le « cadre réglementaire » est complètement dépassé ?

Nous avions poussé le cadre législatif au maximum après les tueries de Mohamed Merah en 2012, renforcé par les analyses des commissions d’enquête parlementaires. Tout était prêt pour que l’arsenal de lutte contre le terrorisme entre en puissance. Malheureusement, en raison des jeux politiques, la gauche arrivée au pouvoir, a mis trois ans à prendre conscience de l’importance de ces outils. Nous avons perdu beaucoup trop de temps entre l’analyse et la réalisation. Nous sommes aujourd’hui en décalage, face à un adversaire qui a pris de l’avance. Cet adversaire se renouvelle et évolue sans cesse. Nous l’avions déjà dit en 2012, en 2013, en 2014…retenons enfin la leçon : il convient de ne pas politiser la police, le renseignement et la justice, comme on avait pu le voir en pleine campagne présidentielle, lors des massacres de Mohamed Merah en 2012.

Face à l’échec des gouvernants, faut-il que la population s’implique davantage dans sa propre sécurité ?

Il est faux de dire que tout a été tenté. L’Etat peut encore faire beaucoup. La France dispose de services de renseignements compétents et performants. Pour que leur travail soit efficace, il faudrait mieux coordonner nos forces. Le Conseil national du Renseignement (CNR), qui coordonne tous les services, fonctionnait très bien jusqu’en 2012. Plutôt que de créer une grande agence, nous devons redonner une impulsion à cette structure qui est le point d’entrée politique au plus haut niveau, puisqu’il dépend directement de la présidence de la République. C’est là où toutes les décisions devraient être prises en matière d’antiterrorisme, où tout devrait se faire, avec un dosage savant. Nous pouvons faire des progrès ! Il faut aussi revoir la politique diplomatique de la France. Sur le dossier syrien par exemple, nous avons perdu beaucoup de temps et commis des erreurs, qui nous ont empêchés d’avoir des informations essentielles sur des Français qui combattent dans les rangs de l’Etat islamique. Ajoutons que de nombreuses lois ont été votées, il faut les appliquer : commençons par faire fonctionner ce qui existe !

Charles Pasqua s’était rendu célèbre en lançant qu’ « il faut terroriser les terroristes »…aujourd’hui, ils semblent ne plus avoir peur de rien…

Effectivement, nous faisons face à des individus qui ont souvent été impliqués dans ce qu’on appelle la petite et moyenne délinquance et qui n’ont pas froid aux yeux. Ils ont pour consigne de ne pas se faire repérer, de masquer leur radicalité, ou encore de laisser des indices qui poussent à croire qu’ils se sont radicalisés en un temps record, comme l’avait déjà fait Mohamed Merah en 2012. Nous sommes dans la Taquiya et la théorie du bon voisin : on va en boîte de nuit, on boit de l’alcool… Nous devons trouver une réponse pénale face à ces individus et revoir totalement notre stratégie. Nous devons emprisonner, restreindre les libertés et mettre hors d’état de nuire ces islamistes qui menacent notre intégrité et notre territoire. Depuis les attentats de 1995, nous nous sommes rendu compte que plus on évite des attentats, plus il y en a, et plus ils sont vastes. Il faut comprendre que notre dispositif doit être adapté en permanence. Les politiques doivent accepter que pour être efficace, le renseignement ne doit jamais être figé. Ils doivent aussi se donner les moyens, pour recruter des psychologues, des linguistes, des analystes des religions et des sociologues qui étudient le monde dans lequel nous vivons, pour détecter ces profils. Trop de choses reposent sur les seules épaules de la police et des services de renseignement, qui sont noyés sous la masse de signalements et d’informations. Un proverbe corse dit « il faut entendre pousser l’herbe sous les pierres » : nous devons pousser l’analyse afin qu’elle soit la plus fine possible pour détecter les cas les plus difficiles à identifier. Ce sont ceux-là qu’il faut neutraliser en priorité.

L’Etat islamique a perdu 40% de son territoire au Levant, et pourtant on nous dit que la menace terroriste en France n’a jamais été aussi élevée…

Dae’ch a compris que se faire bombarder ne sert à rien. Du coup, ses combattants investissent la Libye. Contrairement à ce que certains annoncent, ils n’ont pas reculé, ils se sont déplacés. Ils envisagent même des accords avec leurs « concurrents » d’Aqmi. En augmentant sa présence en Libye, l’Etat islamique cherche à se rapprocher de la Méditerranée pour mener notamment des actions de piraterie maritime. La matrice a donné naissance à des confettis de groupes de terroristes qui peuvent agir individuellement, comme ce fut le cas à Nice. Comprenons bien que l’Etat islamique est en train d’organiser sa mue, qui va avoir un impact sur les attaques qui frapperont notre territoire, mais aussi nos intérêts à l’étranger et partout où flotte le pavillon français.

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6 thoughts on “Terrorisme – Bernard Squarcini : « Il est faux de dire que tout a été tenté »

  1. AvatarUTR

    Ce grand patron de la sécurité et du renseignement intérieur , en dépit de la valeur de son exposé, tombe malgré tout dans le piége du politiquement correct, et évitant de trop froisser un pouvoir exécutif socialope , fait totalement l’impasse sur des prises de décisions majeures incontournables , permettant de faire fondre la population des individus à risque , à savoir

    _ Suppression immédiate de la double nationalité pour tous les étrangers issus de l’Afrique et des pays du magreb et du moyen orient , ou de l’orient ! et donc réintroduction de la carte de séjour pouvant être annulée à tout moment ! justement pour délinquance !

    _ Expulsion immédiate des étrangers coupables d’actes de délinquance , et si possible , prise en charge du traitement judiciaire du délit par le pays d’origine !

    _ répression trés sévére de toute propagande pro charia dans les mosquées

    _ dissolution de l’ensemble des organisations islamiques , et incarcération immédiate des membres récalcitrants

    _ expulsion sans délais des imams étrangers radicalisés

    _ interdiction et fermeture des écoles islamiques

    _ interdiction formelle de toute pratique allahl et d’abattage d’animaux barbare!

    _ interdiction absolue non seulement du niqab , burqa mais aussi de tout autre vêtement en relation avec une société étrangére islamique

    _ interdiction éventuelle de la vente du coran en France en librairie

    J’affirme ici que ces mesures fondamentales , doivent servir de préalable obligatoire à toute vraie politique de lutte anti terroriste . Ces initiatives sont la base même de toute démarche cohérente de reprise en main de cette France menacée de mort, et le cher et grand monsieur …SQUARCINI, commet donc la faute majeure de les éluder complétement , ce qui fait de lui le complice objectif, des félons qui nous gouvernent

    En conséquence , ne nous laissons pas berner par ce personnage , qui de fait fut aussi l’acolyte de Sarko, sans lequel nous ne serions pas en train de subir la tyrannie du bidochon élyséen

    En dépit de ses qualités de « technicien » Squarcini , n’a pas , quand il était en fonction, entamer une démarche volontaire de lutte contre l’islamisation de la société , feignant d’ignorer toute la dangerosité idéologique de la théologie politique enseignées dans les familles , les mosquées , et les écoles confessionnelles !

    La plus que problable complaisance exagérée de Squarcini envers l’islam, d’ailleurs bien sur partagée par nos socialopes, l’a évidemment rendu inapte à une guerre virulente et sans merci contre notre ennemi mortel !

    1. AvatarRenoir

      Merci UTR de nous ramener à de la politique CONCRETE, en lieu et place des déclarations va-t-en-guerre des sarkozystes et autres traîtres patentés.
      C’est en effet à l’aune d’un programme anti-islam cohérent et conséquent qu’on doit juger les politiques, et surtout pas sur leurs minables « coups de gueule » médiatiques.
      Pourquoi ne pas soumettre toutes ces mesures de bon sens aux partis politiques, histoire de voir leur réaction ? Je serais curieux de savoir combien de ces mesures seraient reprises par le FN…

  2. AvatarMarc

    Je voudrais vous serrer la main. Je suis sûr qu’on y viendra, tôt ou tard…la première étape consisterait à faire tomber ce gouvernement dont les larbins nous observent, là, en ce moment en lisant nos ordineur…et là il faudra être assez courageux pour leur témoigner la même inhumanité que celle avec laquelle ces pervers nous traitent comme des objets.

  3. AvatarPARA D'AVANT

    Moi j’ai pas envie de lui serrer la main… Rappelons qu’il était en poste sous Sarko également Traître à la nation, et qu’avant que « Flambi » ne soit élu, c’était déjà largement le « bordel » en France. Raison pour laquelle d’ailleurs le « clown » de service actuel est passé. Alors dire ce qu’il faudrait faire maintenant et que ce Monsieur n’a pas été capable de conseiller au président de l’époque et bien qu’il se taise.

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