La peur de Recep Tayyip Erdogan, frère musulman et premier ministre de Turquie, par Eugène Fromentin


Il n’y a pas d’islamistes modérés

La peur de Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre de Turquie

Aujourd’hui, pour l’islamiste Erdogan [i], le jeu a changé et son adresse indignée à qui veut l’entendre (Ban Ki-moon, Obama, Poutine, Cameron, Ayrault et Merkel…) ne trompe personne. Virulent dans la défense de ses amis islamistes du Caire, il a peur que les militaires égyptiens ne donnent des idées à d’autres militaires…

Si le « frère musulman  » Erdogan multiplie les discours violents, sur place, il doit faire face à de farouches détracteurs en raison de la parenté (euphémisme) idéologique de l’AKP [ii] (son parti) avec celui des Frères musulmans de Mohamed Morsi. Présent au congrès de l’AKP, le président Morsi, en affichant son plaisir, avait félicité Erdogan pour la réussite de l’AKP, première formation de l’islam politique à parvenir au pouvoir dans la région et dont le gouvernement a su évincer les forces militaires de la scène politique. Erdogan et M. Morsi extériorisent alors une très forte solidarité islamiste.

Aujourd’hui, les règles du jeu changent, Erdogan a peur d’être déposé par ces militaires qu’il humilie depuis des années. C’est bien pour cela que depuis la destitution de Mohamed Morsi, Tayyip Erdogan n’a de cesse de dénoncer l’atteinte à la légitimité des urnes et l’injustice du sort réservé au gouvernement des Frères musulmans, « régulièrement [iii]  » élus)… de peur que le même destin ne lui soit réservé.

Ce qui se passe actuellement est l’exacerbation d’un conflit existentiel (religieux/laïque), les vues radicales des islamistes sur l’application de la charia, des lois islamiques, le noyautage des États pour ne plus les lâcher, inquiètent nombre de pays.

Procès

L’autoritarisme croissant du Premier ministre Erdogan irrite une bonne partie de l’opinion – comme l’a montré la vigueur de la contestation en juin – et inquiète les Européens, longtemps fascinés par un « modèle turc  » qui semblait concilier islam et démocratie.

L’interminable et très contesté procès « Ergenekon [iv] « , au sein d’un appareil judiciaire repris en main par les islamo conservateurs, arrive à point nommé et permet au « petit Sultan [v]  » d’occulter du devant de la scène les dérives de son régime « islamo stalinien « . Le procès très politique des « putschistes  » présumés du présumé complot « Ergenekon  » (accusés, malgré l’absence de preuves) d’avoir fomenté un coup d’État militaire contre Tayyip Erdogan arrive, lui aussi, de façon opportune comme contre-feu à la révolte du « Parc Gezi [vi] « .

La justice a requis de lourdes peines à l’encontre des 275 présumés membres du réseau « putschiste  » (journalistes, généraux à la retraite, intellectuels…) « Ergenekon « , pour « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel par la force « , 16 condamnations à la prison à vie, dont celles de l’ancien chef d’état-major des armées, le général Ilker Basbug nommé par Tayyip Erdogan et Veli Küçük (un ancien général) qui sont présentés comme les têtes dirigeantes de ce « réseau « , 21 accusés « putschistes  » présumés seront libérés à l’issue de cette invraisemblable parodie de justice où sont accusés, hors les militaires, dans un amalgame sans nom, des kémalistes de gauche, des militants d’extrême droite… des intellectuels, des journalistes (34 ans et huit mois de prison pour Mustafa Balbay, ancien rédacteur en chef du quotidien « Cumhuriyet [vii]  » et député CHP (Cumhurriyet Halk Partisi / Parti Républicain du Peuple) qui prédit le jour du verdict : « l’automne sera chaud« … d’autant que la sinistre comédie n’est pas finie, avec l’ouverture d’un nouveau procès [viii] « contre les auteurs présumés d’un coup de force militaire, qui avait contraint, en 1997, le premier gouvernement islamiste dirigé par Necmettin Erbakan [ix] en Turquie, à quitter le pouvoir « .

C’est le pouvoir qui est visé, l’aménagement de la place Taksim, du parc Geziet « l’affaire Ergenekon  » comme aujourd’hui les prises de position emportées « Pro Morsi  » ne font que mettre en lumière la polarisation croissante de la société.

Le gouvernement islamo conservateur a décidé de passer outre toutes les questions, au mépris des revendications, au mépris de la loi (recours suspensif prononcé par un tribunal sur le réaménagement du parc Gezi), le Premier ministre scande : « Je ne céderai pas devant la rue « , « Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, notre décision est prise  » ! Cet autoritarisme deviendra le symbole de la lutte entre l’actuel pouvoir et une large partie de l’opinion, « Tayyip et sa folie des grandeurs a perdu la raison ! [x]« 

Plus de 10 ans de dérives

Sur la place Taksim, tous rassemblés, jeunes et vieux, hommes et femmes de toutes conditions, supporters des clubs de foot côte à côte (d’ordinaire, ils se défient), homosexuels, tous sont ensemble pour dire non à cette violence aveugle. C’est un souffle populaire qui rejette toutes les contraintes et les interdictions du gouvernement.

L’AKP veut revenir sur le droit des femmes, l’avortement « un complot contre la démographie turque « , la consommation d’alcool (limitation draconienne de la vente). M. Erdogan a défendu cette loi en alléguant sa conformité à l’islam, la vie sociale (interdiction pour les couples de s’embrasser en public à Ankara ? ? ?), le port du voile islamique en public est autorisé, un imam a déclaré que « les maris permettant à leurs femmes de danser lors de mariages n’étaient que des maquereaux « … les médias, les journalistes, le système d’éducation… les islamistes veulent tout contrôler… même le vin, la législation sur l’alcool a été considérablement renforcée (amertume des producteurs dans ce pays producteur depuis plusieurs millénaires).

La révolte de Taksim, une révolte profonde, l’un des plus importants mouvements de contestation depuis l’arrivée de l’AKP au pouvoir, les slogans anti-Erdogan fleurissent. Certains parlent « Erdogan Poutine  » ! C’est donc la personnalité, la virulence de M. Erdogan qui concentre critiques, conflits et révoltes.

La Turquie est une prison [xi], la première au monde pour les journalistes

Nombreux sont ceux qui refusent que leur nation « soit l’une, au monde, où il y a le plus de prisonniers politiques [xii] « . Les partis jugés trop dissidents sont fermés ou harcelés par la justice, plus de 2 800 étudiants sont en prison, 76 journalistes sont incarcérés, diffamés, traînés en justice, (procès d’une quarantaine de journalistes pro kurde), en janvier 2013, condamnation à perpétuité à l’encontre de la sociologue Pinar Selek [xiii]. Persécutée par le pouvoir depuis 1998 (trois fois condamnée à la prison à vie et trois fois acquittée !), elle est contrainte à l’exil en France. Fazil Say pianiste, d’une renommée mondiale, condamné pour « insulte aux valeurs religieuses [xiv]« , Ahmet Sik, auteur d’un ouvrage censuré avant même d’être publié, Deniz Zarakolu, ingénieur, doctorant à l’université Bilgi d’Istanbul, qui joue un rôle essentiel dans la diffusion des recherches de pointe, a été arrêté pour avoir donné une conférence sur… « La Politique d’Aristote « , l’éditeur Ragip Zarakolu, qui travaille depuis quarante ans sur les sujets difficiles de la société a été arrêté à Istanbul. Depuis 2009, près de 8 000 personnes sont emprisonnées pour des faits d’exercice de la liberté d’expression…

Cette situation entraîne le pays au bord du gouffre et les libertés individuelles, publiques et politiques, sont aujourd’hui, devenues critiques.

Le Premier ministre Erdogan déclare : « Notre police a fait son devoir ! « « Jusque-là j’ai pris soin de rester dans le cadre de l’état de droit, mais quand ma patience sera à bout, je changerai de casquette [xv] » (sic)… et voilà donc à quoi se résume aujourd’hui le dialogue entre le Premier ministre et les éditorialistes contestataires qui « écrivent leurs éditoriaux assis face au Bosphore, un verre d’alcool à la main, en dégustant des amuse-gueules… « …ces invectives, ces adjurations face aux foules dévotes, aux foules de zélateurs infatigables, prétendument légitimes, cachent mal son incapacité à répondre aux problèmes sérieux qui se posent au pays.

La « Volonté de Dieu « 

« Personne ne peut nous intimider, […] nous ne prenons d’ordre ou d’instruction de personne sauf de Dieu « . Pourtant, aujourd’hui, il lui faut tenir compte de la contestation qui décompose sa vision islamo conservatrice d’un angélisme étriqué. Face à sa dérive mégalomaniaque (construire le plus grand pont du monde, le plus grand aéroport de monde, la plus grande mosquée du monde…), il lui faut tout faire pour que la situation intérieure et sa politique ne reviennent pas sur le devant de la scène.

Les troubles, monétaires, politiques, sociaux et maintenant internationaux, les récents développements régionaux (aggravation de la crise syrienne, M. Erdogan, qualifiait, il n’y a pas très longtemps encore, M. Assad de… « bon ami « ) sont pourtant bien présents. L’ambiguïté soigneusement entretenue par le gouvernement islamo conservateur sur le soutien aux groupes radicaux, reste préoccupante. Face à l’infiltration de ces fondamentalistes, l’opposition apostrophe M. Erdogan et lui reproche de ne pas suffisamment sécuriser la frontière qui sépare les deux pays.

Le mythe du complot

Le mythe du complot reprend du service, la contestation n’est qu’un « complot international « , « le complot international qui vise les Frères musulmans et le renversement du gouvernement Morsi « , le comploteur serait Israël « Que disent-ils en Égypte ? La démocratie ne se trouve-t-elle pas dans les urnes. Qui se cache derrière cela ? Israël  » (déclaration vivement critiquée par la communauté internationale), la région est « victime d’un complot international « , « je déjouerai tous les complots tramés à mon encontre « , il dénonce, bien entendu, un « complot de la finance internationale contre l’économie turque »

Rassurons-nous, le complot contre son gouvernement « a été déjoué » etcomme nombre d’autocrates allergiques au dialogue, M. Erdogan s’enfonce dans le refus de regarder le présent. « Erdogan veut un pays où les gens ne pensent pas [xvi]« .

Lors d’un dernier rassemblement, dans le sud-est, M. Erdo?an, inquiet de l’agitation politique et sociale ambiante s’en est pris avec violence au CHP qu’il a accusé de comploter et de « fomenter des troubles dans toutes nos provinces » en référence aux manifestations sporadiques qui ébranlent régulièrement le pays.

« J’en appelle aux jeunes qui traînent avec des cocktails Molotov dans les mains et aux députés du CHP qui les soutiennent. Si vous êtes si sûrs de vous, faites confiance aux urnes qui sont l’honneur de la démocratie. La Turquie n’est ni l’Égypte, ni la Syrie ».

Beaucoup rêvent à la chute de cet illuminé.

Erdogan, le « musulman qui se disait démocrate « … devient « islamo stalinien »

Depuis onze ans, l’étau totalitaire, mis en place par M. Erdogan et ses amis islamistes, nostalgiques de la grandeur passée de l’Empire ottoman, se resserre un peu plus violemment chaque jour et aujourd’hui, ce mégalomane plonge son pays dans les eaux troubles du totalitarisme.

Seules comptent ses idées et ses visions. Pour satisfaire sa volonté et son ivresse de pouvoir et devenir Premier ministre, en 1999, il laisse la Mairie d’Istanbul au profit de son parti, (en coulisses… chacun sait qu’il est le véritable maire). Installé à Ankara à la suite de ses victoires électorales (à deux reprises, aux élections législatives), il fera en sorte que ses amis proches entrent au gouvernement (le ministre des sports n’est autre que l’ancien dirigeant du club de football de son quartier !)… Soyez les bienvenus dans un monde gouverné par une oligarchie islamique, des coteries, des clans, des groupements d’intérêts privés, des lobbies, des ententes occultes d’intérêts particuliers, où le pouvoir politique confond la majorité parlementaire et le pouvoir absolu.

Ce nouvel impérialisme religieux des extrémistes a pour outil l’islam politique. L’islam est une arme idéologique aux mains des jusqu’au-boutistes qui ne veulent qu’étouffer les identités nationales et refondre le monde dans leur vision politicienne vétuste et poussiéreuse.

Dans sa détermination à dominer, l’islam ne peut accepter d’être remis en question. Si cette stratégie de l’islam politique a été efficace pour vaincre les soviétiques en Afghanistan, aujourd’hui, l’ultra violence qu’elle engendre, l’oppression du radicalisme, augure la fin du mythe d’un « mariage heureux entre islam et démocratie « , la voie originale d’une démocratie islamo conservatrice tant vanté par Recep Tayyip Erdogan.

Même dans ce qu’il voulait être modèle [xvii] l’islam politique turc ne montre que faillite. À vouloir imposer son carcan religieux, remettre en cause les bases laïques du pays, M. Erdogan sape les assises républicaines de son pays.

Islam et libéralisme

Le réveil est brutal. L’économie révèle les graves déficiences, balance des paiements déficitaires et à celle-ci s’additionne une très importante dette publique et privée (en devises étrangères). Simultanément les plus riches,magouillant en toute impunité, affichant avec ostentation un enrichissement insolent, deviennent plus riches et les plus pauvres voient leurs conditions de vie se dégrader (inflation, fuite des capitaux, clientélisme…). Cette situation crée une sourde colère à l’encontre du gouvernement que la détérioration des conditions économiques ne fait qu’accentuer.

L’ultra-libéralisme et son économie d’affairisme débarrassé de scrupules, avec son cortège de prévarications (pressions, manipulation, pots-de-vin…), mais aussi d’argent suspect (généreux donateurs du Golfe ?) qu’il convient de recycler, fait rage. La mégalomanie du « Frère » Erdogan qui a toujours avantagé une politique de taux d’intérêt bas pour des raisons uniquement électorales (peur d’un ralentissement de la croissance), vous obtenez, malgré les milliards de dollars injectés par la banque centrale pour soutenir la monnaie (politique insoutenable à long terme), un pays qui s’enfonce dans la faillite.

Cette réalité n’est que la partie visible de l’islam politique et de son ordre économique islamo libéral, si à cela, vous ajouter un ministère des Finances qui utilise l’arme fiscale à des fins politiques contre des groupes critiques de son action et vous récoltez une économie au bord du gouffre.

Où va la Turquie ?

En reniant l’histoire récente du pays, en affichant des positions belliqueuses, en cautionnant l’autoritarisme de l’AKP et sa dérive hégémonique, Erdogan a semé les germes du désordre et de l’incertitude. La révolte des mois précédents reste pour le moment sans bruit, mais la société face aux diktats liberticides… est près du point de rupture.

La stratégie provocante choisie, occasionne de nombreuses craintes, le monde se questionne sur cette diplomatie floue, à démolir des alliancesancestrales pour choisir des partisans de solutions extrêmes (Iran, le Hamas à Gaza, la Syrie [xviii], allant même, en juin 2011, « assurer le soutien à l’action réformatrice du président Bachar« …).

Comme bien des républicains, de nombreux écrivains et intellectuels sont pessimistes. L’écrivain Nedim Gürsel [xix] affirme « on assiste à une révolte profonde… « , troublé, Orhan Pamuk [xx] a dénoncé l’attitude discrétionnaire du gouvernement, « je suis inquiet, car il n’y a toujours pas en vue de signes d’un dénouement pacifique « . L’opposition au despote doit réagir et arrêter la machine à garrotter en silence. La révolte gronde encore.

La Turquie est riche de ses démocrates, de ses artistes, de ses intellectuelset ne se résume pas au fanatisme d’Erdogan. Ce peuple qui a fait avec Atatürk, en bâtissant sur les ruines d’un empire décadent, un réel étatdémocratique moderne, ne se résout pas à un nouveau califat.

Sources : Le Monde, Libération, Mediapart, L’Expansion, Le Monde.fr, Agoravox.fr, L’Express, Marianne, Le Nouvel Observateur, mondialisation.ca, blogs.mediapart.fr, reuters.com, France Inter, AFP

Eugène Fromentin, ancien journaliste


[i] Recep Tayyip Erdogan est le fondateur du parti de la justice et du développement (AKP). Il est Premier ministre depuis 2003. On peut dire que son parti est une filiation des Frères Musulmans.

[ii] AKP – Adalet ve Kalk?nma Partisi – Parti de la justice et du développement.

[iii] Cette victoire islamiste est remportée à une courte majorité. Sur une population estimée à un peu plus de 85 millions, Mohamed Morsi est élu sur les 42 % votants et les 58 % d’abstentions,avec moins de 25 % de voix contre plus de 24 % à son rival Ahmed Shafik…

[iv] « Ergenekon », du nom d’un lieu mythique d’Asie centrale d’où seraient parties les premières tribus turques à la conquête du monde, emmenées par une louve grise.

[v] Manifestant place Taksim.

[vi] Sous l’Empire Ottoman, le Parc Gezi était un espace recouvrant les cimetières musulmans et arméniens. Vers la fin du XVIIe siècle, sous le Sultan Abdulhamit 1er, commença la construction d’une caserne. L’édifice fut achevé en 1806 sous Selim III. La construction de cette caserne constitue l’un des pas de modernisation de l’armée ottomane. La caserne devient un nouvel espace d’entraînement des militaires. Lors de l’incident du 31 mars en 1909 (ou la reprise en main des leviers du pouvoir par les Jeunes-Turcs), l’édifice subit des dommages importants. Le « Parc Gezi » est le premier parc établi après la proclamation de la République. Étendu sur 38 000 mètres carrés. Le projet de piétonnisation de la place Taksim est un projet de rénovation urbaine visant reconstruire la caserne Taksim et une mosquée. Pour cela… il faut raser le parc Gezi. Cette destruction a provoqué de gigantesques manifestations violemment réprimées et la remise en cause du gouvernement islamiste d’Erdogan.

[vii] « Cumhuriyet » (La République) est un quotidien fondé le 7 mai 1924. De tendance kémaliste, il est considéré comme un des journaux de référence en Turquie. Sérieux, sobre, proche du CHP (parti d’opposition). Il défend l’héritage laïc d’Atatürk.

[viii] AFP dépêche reprise par « l’orient Le jour ».

[ix] Necmettin Erbakan (le mentor d’Erdogan) fut le premier, Premier ministre islamiste (juin 1996/juin 1997). Le 30 juin 1997, les militaires le poussent à démissionner. Son parti islamiste fut interdit et lui se vit signifier une nouvelle interdiction de toute activité politique pour cinq ans. Il meurt en 2011.

[x] Manifestant place Taksim.

[xi] Effroyable palme d’or d’un pays en matière de liberté de la presse (Reporters sans Frontières).

[xii] La Turquie a été désignée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) en 2012, comme « la plus grande prison du monde » devant l’Iran, l’Érythrée et la Chine ! Élus, militants politiques, étudiants, il y a plus de dix mille prisonniers politiques, un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur de la répression qui fait froid dans le dos.

[xiii] Pinar Selek est condamnée à la prison à vie malgré trois acquittements et aucune preuve (ce procès dure depuis 15 ans) ! La condamnation s’appuie sur des faits non avérés et créés de toutes pièces. Les faits : une fuite de gaz (accident certifié par des experts scientifiques) transformée en prétendu attentat à la bombe. La cour qui la condamne aujourd’hui revient sur ses propres décisions d’acquittements prononcées en 2006, 2008 et 2011 !

[xiv] Selon l’agence de presse « Anatolie » une cour d’Istanbul a annulé la condamnation à dix mois de prison avec sursis prononcé contre Fazil Say, pour insulte à l’islam.

[xv] Déclaration de M. Erdogan le 14 sept. 2012.

[xvi] Un manifestant place Taksim.

[xvii] M. Erdogan disait vouloir faire de la Turquie un modèle pour le monde arabo-musulman.

[xviii] http://www.infosyrie.Fr/actualite/ankara-damas-dialogue-de-raison-voire-damitie.

[xix] Nedim Gürsel : Écrivain turc de réputation internationale, directeur de recherche en littérature comparée au CNRS à Paris et enseignant à l’Institut des langues orientales (Inalco). Plus sur « CNRS le Journal »

[xx] Prix Nobel de littérature en 2006.

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Christine Tasin

Présidente de Résistance républicaine ; professeur agrégé de lettres classiques.


5 thoughts on “La peur de Recep Tayyip Erdogan, frère musulman et premier ministre de Turquie, par Eugène Fromentin

  1. AvatarCharlie

    La Turquie s’enfonce peu à peu dans le chaos islamiste et dans un obscurantisme rétrograde qui va la mener à sa perte.
    Heureusement qu’elle n’a pas été intégrée à l’Union Européenne !

    Mustafa Kemal (qui, lui-même, n’était pas un ange) doit se retourner dans sa tombe, lui qui a rêvé d’un état moderne et laïc.

    1. Avatarbekifi

      la realite serait plutot :
      pas ENCORE integrée a l’union europeenne !
      ce qui ne saurait tarder
      et avec toutes les consequences que l’on imagine facilement !

  2. AvatarFrançoise

    Erdogan est donc un frère musulman, alors il a la même doctrine que ceux qui ont voulues prendre les points stratégiques en Egypte après l’élection de Morsi, il faudrait à la Turquie une armée égyptienne pour l’éjecter de son siège, et ca prétend entrer dans l’Europe, pour bénéficier des aides dont il a besoin pour accomplir sa mission dans son pays, inch’allah, et faire entrer davantage de turcs en Europe pour l’islamiser davantage, quand on est atteint d’une maladie mentale, il n’y a aucuns remède hélas, il a peur de finir comme un certain Moubarak, et Morsi, c’est pour cette raison qu’il se met à hurler comme un porc ! Atatürk doit se retourner dans sa tombe, quand on voit cet Erdogan qui ne souhaite qu’une chose, islamisé son pays, mais le peuple gronde de plus en plus.

    1. AvatarCharlie

      Françoise, La Turquie n’a nul besoin de l’armée égyptienne; la sienne lui suffit.

      Heureusement , l’armée turque est majoritairement laïque et elle n’oublie pas ce qu’elle doit à Mustafa Kemal.

      De plus, elle fait partie de l’OTAN, ce qui l’assure d’une totale immunité en cas de coup d’état contre Erdogan.
      C’est bien la raison pour laquelle il serre les fesses car ils sait que les « enfants » d’Atatûrk soutiendront une insurrection des militaires.

  3. AvatarDURADUPIF

    Islamo-stalinien, titre qui lui va comme un gant. Ce pantin qui est venu en France pour encourager les turcs à s’opposer à notre Démocratie ou seul le sieur Fillon avait osé élever une petite protestation contre ces propos scandaleux. M. Erdogan votre pays est en voie de développement et votre parti florissant, encouragez donc vos compatriotes qui vivent en France de retourner dans votre pays pour continuer de le mettre en valeur et d’y apporter notre si mauvaise Démocratie. Les frontières avec l’Italie sont ouvertes à tous les vents, y compris hélas, les vents mauvais.

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