Québec : christianisme et islam en question ? Par Minona

Publié le 30 septembre 2013 - par

Voici le lien d’un reportage de Abdou Zirat pour le magazine M télé sur laMarche pour la charte des valeurs québécoise qui a eu lieu le 22 septembre dernier.

http://www.youtube.com/watch?v=ic9wAr–E2k

On notera que, contrairement à ce que prétendent ses détracteurs, la charte ne rallie pas que des québécois blancs.  Les pro-charte sont d’origines diversifiées (il y a même des musulmans qui l’approuvent ouvertement).

Je n’approuve pas nécessairement toutes les pancartes et tout les slogans (le « Mange d’la marde » québécois équivaut au « Va te faire foutre » français) mais j’apprécie le fait qu’une marche puisse rassembler dans la convivialité des gens qui ne pensent pas tous pareil à 100%.

J’aimerais donner une précision au sujet de la pancarte disant « Pour: si la charte s’applique aussi à tout les crucifix ».  La charte interdirait le port de symboles religieux ostentatoires, quelle que soit la religion, ce qui inclut les gros pendentifs en forme de croix (seuls les bijoux religieux très discret seraient permis).  Cependant, le gouvernement québécois n’a pas l’intention de retirer le crucifix de l’Assemblée nationale, considéré comme part de notre patrimoine.

Personnellement, et même si je suis consciente de notre héritage chrétien, je suis favorable à ce qu’on le retire et qu’on le mette dans un musée où il sera plus à sa place.  Inutile de donner des argument aux anti-charte qui disent qu’elles est discriminatoire et favorise le christianisme.  J’aimerais tout de même mentionner que s’il y a quelque chose qui favorise la religion catholique, ce serait plutôt le cours d’Éducation à la culture religieuse, (encensé par les anti-charte parce qu’il fait la promotion du multiculturalisme, des accommodements religieux et du relativisme moral) qui a remplacé les cours « Enseignement moral et religieux » et « Enseignement moral » (c’était laissé au choix des parents) et a permis à la religion catholique de s’imposer à tous et de s’accaparer la portion la plus importante du cours.

Certaines personnes peuvent être choquées de l’hostilité manifestée par certains pro-charte au sujet du christianisme mais il faut comprendre que l’Église catholique a joui au Québec d’un pouvoir considérable jusque dans les années 60.  Avant l’époque que l’on a appelé la Révolution tranquille, les curés de campagne faisaient le tour des maisons pour compter les enfants et menacer de damnation éternelle les mères qui n’en avaient pas suffisamment à leur goût, les mères célibataires devaient donner leur bébé en adoption après avoir été envoyées accoucher « dans la honte » dans des maisons de naissance tenues par des religieuses et les orphelins en institution étaient souvent maltraités et agressés sexuellement par des religieux.

Dans certains établissements, les orphelins étaient même étiquetés déficients mentaux grâce à des test d’intelligence trafiqués car les dirigeants pouvaient ainsi obtenir des subventions gouvernementales plus importantes et n’étaient pas tenus de les faire instruire (l’église s’est d’ailleurs opposé à l’instruction obligatoires pour tous dans les années 60).

De plus, des enfants autochtones étaient enlevés à leurs parents pour être placés dans des pensionnats tenus par des religieux qui faisaient tout pour effacer leur culture et leur langue.  Là aussi, les abus physiques et sexuels étaient très fréquents.  Les communautés autochtones ne se sont jamais véritablement remises de l’immense fracture culturelle, familiale et sociale qui en a résulté.  La seconde religion en importance dans le cours d’ECR est la spiritualité autochtone mais c’est trop peu trop tard.

La Charte des valeurs québécoises n’apaisera pas comme par magie toutes les tensions sociales générées par le débat sur la laïcité mais c’est selon moi un pas dans la bonne direction.

Minona

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