Je n'ai jamais tendu la main à mes ennemis, par Luc Forgeron

« A l’ennemi,je ne tends pas la main »     Ton témoignage est édifiant , j’ai vécu une histoire similaire au lycée dans les années 80.  Après un cursus scolaire dans une petite ville de province je me suis retrouvé à Marseille pour faire ma rentrée en tant que lycéen.

 Ne connaissant pas du tout cette ville,j’ai postulé dans plusieurs lycées et je me suis retrouvé dans un gigantesque établissement situé dans les quartiers nord.    Le choc des civilisations et le réveil forcé de mon instinct de survie furent violent et rapide.  Pour notre survie, entre FDS, nous nous sommes rapidement organisés pour assurer notre défense (rester en groupe,répondre avec fermeté aux tentatives de racket…).   

 Mais le plus important et le plus dramatique dans cette histoire c’était le comportement d’un nombre non-négligeable d’enseignants vis-à-vis de nous,les quelques « réfractaires » égarés en terre ennemie.  C’était l’heure de gloire de SOS Racisme et nous étions harcelés par ces enseignants parce que nous refusions énergiquement de porter le « fameux badge :touche pas à mon pote ». En classe, le discours était le suivant : c’est inadmissible,vous êtes des fachos, les blancs doivent porter ce badge car ils sont tous racistes, souvenez-vous de l’esclavagisme…   Je ne connaissais pas à cette époque le mot dhimmitude mais le mot résistance résonnait à mes oreilles et la lutte était notre pain quotidien.  A la récréation, nous faisions corps car les « Vladimir » et les « gauchos » nous harcelaient parce que nous refusions de porter « la main jaune ».

       Durant ces années j’ai connu la peur, la violence mais malgré tout elles ont été positives à plus d’un titre. En effet, nous les non-soumis, nous avons vite compris que seule l’unité pouvait assurer notre survie, nous avons compris que le racisme n’était pas de notre côté et que concernant la notion de repentance et de culpabilité, nous pissions dessus sans aucun état d’âme.

   Durant ces  années je n’ai jamais tendu la main à mes ennemis mais le plus souvent mon poing.  Je ne suis pas un guerrier, je ne suis pas un super-héros,  je n’ai aucun statut social, je n’ai aucun argent mais je m’en moque éperdument, ma richesse c’est ma liberté, mon statut c’est mon honneur jamais renié. Pour me définir je suis un coureur des bois, je suis un chasseur-cueilleur, je suis libre sur ma terre, dans mes choix pour le travail, dans mes décisions, dans mes passions…, je vis (pour moi-même)au jour le jour mais par conviction je me bats pour qu’il y ait un avenir pour nos jeunes. Avec l’âge, si je m’inquiète pour mes proches, en revanche pour moi j’ai cessé d’avoir peur, j’affronte le quotidien et l’avenir avec sérénité et détermination et pour mon testament, à l’aube de ma vie je veux qu’en tant que philo-païen que mes cendres soient dispersées entre les bras de Mère-Nature.

Luc Forgeron

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12 Commentaires

  1. Beau texte en effet.
    C’est curieux d’ailleurs à quel point il est plus facile de trouver un beau texte décrivant une tristesse qu’un beau texte parlant de bonheur.
    Cette fichu main jaune j’ai moi aussi refusé de la porter et en 85 j’avais à peine 12 ans mais ma famille (adoptive je le rappel pour ceux qui me lirait pour la premiere fois) me donnait tellement de bonheur que franchement je ne comprenais pas ce besoin de chercher des « chances » en Afrique.
    Notre petit village d’Alsace etait un paradis, sitôt accueilli par ceux qui devinrent plus tard mes parents légaux j’ai été adopté par tout le monde. Notre dialecte etait notre patine à nous comme pouvait l’être le breton ou le nissard.
    À 10 ans je pouvais sortir seul, prendre ma charrette à bras et allé chercher les recipiens chez les gens pour lesquels j’allais à la ferme chercher le lait, les patates, les oignons…
    J’entendais bien sur les aboiements de sos racisme, les ordres d’ouverture à cet autre qui soit disant allait nous inonder des bienfaits de sa culture, mais sans pouvoir l’expliquer je sentais que mon monde allait rejeter cette greffe contrainte et pire encore, que le greffon allait tuer l’hôte.
    Aujourd’hui, alors que par Amour j’ai quitté mon Alsace pour la Picardie c’est moi qui suis devenu un greffon.
    Mais un greffon qui sait se faire aimer, se rendre utile et qui aime à entendre qu’il est indispensable meme si personne ne l’est.
    Mon camion remplace ma charrette à bras et je cherche bien plus que lait,patates et oignons, des anciens me confient leur liste de courses et des Amis travaillant en grande distribution préparent tout pour que je puisse le ramener ma journée finie.
    Mais tout cela n’est pas un simple confort pour ces anciens, c’est une garantie d’éviter ces centres commerciaux ou ils sont des cibles pour ces chances imposées, ces Obligations Pour la France comme le dit si bien Ma liberté de penser un peu plus haut.
    Notre vie est bonne et très heureuse, nous sommes chanceux mais c’est aussi une course permanente en voiture pour ma femme, ou en camion,moto ou voiture pour moi. Éviter que nos filles mangent dans les cantines halal et se fassent importuner après le dessert par ces CPF/OPF rares chez nous mais pourtant si présents et nuisibles.
    Éviter à nos filles les transports publics pour les mêmes raisons.
    Surveiller les devoirs de l’aînée, la pousser à être bonne en Francais, math et tant d’autres matières mais lui dire que le E- dans les contrôles d’histoire africaine n’ont pour nous aucune importance.
    Nos politiques et leurs enfants chéris venus de loin ont transformé un pays doux et relativement sûr ou les faits divers étaient rares, en une prison à ciel ouvert ou les faits des divers sont devenus tellement banals que l’on entend des journaleux se féliciter quand quelques jours de ramadan sont calmes et ont fait d’enfants comme le petit Gregorie des agents d’accueil dans un paradis qui se rempli d’enfants innocents dont les tueurs sont eux parfaitement connus..
    À mon aînée qui me demandait pourquoi je detestais les politiques ma réponse fût « parce qu’il ont tuée ma France en lui disant je t’aime et je vais te rendre plus belle.

  2. Ces faits ou plutôt méfaits, remontent à plus de 30 ans déjà!
    A cette époque mon beau-frère gendarme de son état, habitant une barre HLM dans une ville d’environ 110 000 âmes,
    était obligé de se rendre à son travail, en civil. Depuis les choses n’ont fait qu’empirer dans cette ville et sur le plan national.

  3. quand on me traite de facho en général j’acquiesce, c’est toujours marrant de voir la tête de ces petits kapos de la pensée unique quand ils voient leur assertion faire un flop.

  4. Eh si, ce petit badge à la con « touche pas à mon pote », l’un de mes élèves le portait déjà en 1985, ça fait donc 27 ans, on n’est pas loin des 30! Celui-là, il était surtout bon pour perturber l’ambiance et les cours, cela situe son niveau d’évolution personnelle et reflète bien la mentalité de ceux qui développent de telles idées. On voit bien aujourd’hui à quoi on en est arrivé avec cela.

    • J’avais à peu près calculé 30 ans, au lu « des années 80 » mentionnées par Luc pour son entrée au lycée…. Il faut dire que depuis le regroupement familial entre autre, notre pays a changé de « visage » et, franchement, je n’aime pas ça du tout….
      Mais je ne désespère pas ! les français, les vrais, les patriotes commencent à s’éveiller, doucement, mais sûrement…

  5. BRAVO ! Un beau témoignage dans lequel je retrouve ce qu’a vécu mon mari au Lycée à Toulon. Comme vous cela a influencé à jamais sa vision de cette collaboration que l’on appelle désormais dhimmitude. Vous avez été les premiers Résistants de l’ère « regroupement familial » et vous avez favorisé la prise de conscience. Vous êtes la génération née autour de 65, je suis celle autour de 75, et maintenant même les plus jeunes se joignent à nous, le discours « tu es un raciste si tu veux conserver ton identité » ne fonctionne plus même à l’école ! Bientôt nous allons les faire reculer tous ces dhimmis, et ce sont les Résistants de la première heure comme vous qui ont ouvert la voie. MERCI A VOUS !

  6. Bonjour Christine, bonjour Luc,
    Quel beau texte ! Que de vérités en ces quelques lignes… On sent bien le vécu qui devient avec le temps, le vécu de nous tous….
    Mais… ces faits remontent quand même à près de trente ans… Déjà, notre beau pays commençait à être envahi par ces « chances pour la France »… c’est dire de nos jours combien nous sommes submergés par ces mêmes CPF qui sont devenus après coup des OBF (obligations pour la France) au nom d’une repentance qui n’en finit pas de réclamer de plus en plus de passe-droit, (logements, travail, allocations en tout genre, plaintes pour un mot de trop…. liste non exhaustive !)
    Je ne reconnais plus le pays de mon enfance (j’ai 64 ans) enfance bénie passée en région parisienne dans une ville devenue maintenant un bastion de l’islam, dans laquelle je ne mettrais plus les pieds…. Je n’étais absolument pas « raciste » (si les « races » existent » !!!) non, à cette époque, jeune fille, je travaillais avec des personnes de toutes religions, sans aucun problème, (on ne se posait même pas la question….)
    Mais c’était…. avant…. le réveil a été brutal….
    Bonne journée à vous…

    • Luc n’est pas si vieux… ça ne remonte pas à 30 ans !Mais vous avez raison sur l’évolution inquiétante de ces dernières années

      • Oups ! pardon Christine, j’ai lu « dans les années 80″….. alors effectivement Luc n’était qu’un jeune ado dans ces années là, pardonnez-moi Luc de vous avoir prématurément « vieilli » !
        Bonne soirée à vous…

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