Le karma n’épargne personne, loi éternelle à laquelle même les dieux doivent obéir.
Source: Article en anglais: « Le karma n’épargne personne, Loi Eternelle à laquelle même les Dieux doivent obéir. »
Peu de principes sont aussi universels, impartiaux et inébranlables que le karma. Il transcende la religion, la culture et le temps. Il n’est ni une superstition ni un châtiment divin, mais la loi morale de cause à effet qui régit l’univers. Le karma signifie simplement : « On récolte ce que l’on sème. » Chaque pensée, chaque intention et chaque action a une conséquence énergétique.
À chaque époque et dans chaque religion, une vérité résonne à travers le temps : nul n’échappe à la loi du karma. Ni les rois, ni les saints, ni même les dieux. Le karma est la force la plus impartiale de l’univers, une loi qui renvoie à chacun le reflet exact de ses actions, de ses paroles et de ses intentions. Il n’est pas punition, mais équilibre. Il n’agit pas par colère, mais par justice cosmique.
Le Mahabharata, l’une des plus grandes épopées du monde, offre d’innombrables exemples de ce principe éternel en action. Même Krishna, le huitième avatar de Vishnu et guide divin de l’humanité, a subi le poids du karma non comme une punition, mais comme une incarnation de la loi divine, démontrant ainsi qu’aucun être, si suprême soit-il, n’est au-dessus des lois durant son existence terrestre. Cette loi s’applique à tous, humains ou divins, riches ou pauvres, justes ou injustes. La vie de Krishna, telle que dépeinte dans le Mahabharata, enseigne qu’aucun être, si puissant ou éclairé soit-il, n’est au-dessus de l’équilibre moral de l’univers.
Le karma dans le langage de l’univers
En sanskrit, karma signifie littéralement « action ». Mais, dans une perspective spirituelle plus profonde, il représente le rythme éternel de cause à effet . Le karma ne se résume pas à des résultats immédiats. C’est un système de comptabilité cosmique qui équilibre l’énergie à travers les existences.
De même que la gravité ne fait aucune distinction entre un saint et un « pécheur » (en langage occidental) le karma ne favorise ni n’épargne personne. Son but n’est pas la vengeance, mais la restauration de l’harmonie lorsque le déséquilibre est créé par l’avidité, la colère, la tromperie ou la cruauté.
Lorsque nous agissons avec droiture et altruisme, nous attirons un karma positif, la paix, les opportunités et la joie. En revanche, lorsque nous agissons avec malice, orgueil ou méchanceté, nous créons des dettes karmiques qui devront un jour être remboursées par l’expérience et la souffrance.
Quand le Seigneur Krishna a été confronté à son propre karma
Le Mahabharata présente Krishna comme le guide divin de l’humanité, le garant du dharma (le devoir – la droiture). Pourtant, même lui a démontré que les êtres divins respectent la loi du karma. Krishna, le stratège divin et protecteur du dharma, a mené les Pandavas à la victoire lors de la guerre de Kurukshetra. Son rôle était de rétablir la justice, mais lui aussi a subi les conséquences du karma à la fin de sa vie.
Après la guerre, le clan Yadav ( = le clan du Seigneur Krishna), fier et puissant, devint arrogant et injuste. Malgré les avertissements de Krishna, ils se moquèrent des sages, manquèrent de respect au dharma et sombrèrent dans le conflit interne. Leur destruction ne fut pas causée par des ennemis extérieurs, mais par leurs propres actions, conséquences de leur arrogance et de leur irrespect.
Le départ de Krishna symbolisait l’achèvement d’un cycle karmique. Par là, il réaffirmait que nul, pas même la plus puissante des divinités ayant revêtu forme humaine, n’échappe à la loi de cause à effet.
Dans son incarnation de Rama, il ( = Shri Krishna) tua Vali , le Roi des Singes, en se cachant derrière un arbre. Bien que l’acte de Rama ait eu un but divin, celui de rétablir le dharma, il engendra néanmoins des conséquences karmiques en transgressant les règles loyales en terme de combat. Finalement, Krishna se retira du monde. Dans sa vie suivante, toujours sous le nom de Krishna, ce même karma le rattrapa lorsqu’un chasseur nommé Jara lui tira une flèche dans le pied, le prenant pour un cerf, alors que Krishna méditait dans la forêt. La flèche mit fin à la vie humaine de Krishna, marquant la fin de sa mission terrestre.
Ce n’était pas un hasard. C’était le retour du karma, car dans sa vie antérieure, en tant que Rama , Krishna avait tué Vali, le Roi des Singes, de la même manière, en le frappant caché derrière un arbre. Bien que Rama ait agi selon la volonté divine, la loi du karma exigeait un équilibre. Le même acte lui revint, désormais en tant que Krishna, par l’intermédiaire d’un chasseur.
Cet événement n’était pas une tragédie, mais un enseignement: même les avatars vivent selon les lois cosmiques qu’ils ont eux-mêmes établies lors de la création. Ils s’y conforme pour enseigner à l’humanité qu’aucun pouvoir, aucune richesse, aucune divinité n’exempte quiconque de responsabilité, et pour démontrer que cette responsabilité est sacrée, et non sélective.
Le karma dans le Mahabharata : le grand équilibreur
Le Mahabharata est peut-être la plus grande étude humaine du karma jamais écrite. Chaque personnage important de l’épopée subit les conséquences de ses actes, prouvant ainsi que le karma n’épargne personne.
Duryodhana – Son avidité, son arrogance et sa jalousie envers les Pandavas l’ont conduit à commettre d’innombrables injustices. Malgré sa puissance, son destin fut scellé par ses propres choix. Sa mort des mains de Bhima n’était pas une vengeance ; c’était le karma rétablissant l’équilibre.
L’humiliation de Draupadi — Lorsque Draupadi fut déshabillée à la cour royale, le dharma lui-même fut bafoué. Le silence des anciens comme Bhishma et la cruauté de Dushasana déclenchèrent une tempête karmique qui anéantit des générations de guerriers.
La souffrance de Bhishma — Bien qu’il ait mené une vie honorable, les vœux extrêmes de Bhishma et son silence face à l’injustice l’ont condamné à la douleur de gisant sur un lit de flèches. Sa souffrance n’était pas une punition, mais une purification du poids karmique d’avoir choisi le devoir plutôt que la vérité.
La tragédie de Karna — Malgré sa générosité et sa bravoure, Karna subit toute sa vie le rejet et le malheur pour avoir soutenu l’adharma (l’injustice). Sa loyauté envers Duryodhana, bien que née de la gratitude, le lia à un karma auquel il ne pouvait échapper.
Même les Pandavas , bien que guidés par la vertu, ont connu leur lot de souffrances. Leur exil, leurs pertes et leurs luttes étaient les conséquences karmiques de leurs vies passées et de leurs choix présents, leur enseignant l’humilité et la compassion et leur rappelant que le dharma doit être vécu, et non revendiqué.
Le message du Mahabharata est clair : le karma n’est pas cruel, il est juste. Chaque âme doit se confronter au miroir qu’elle a créé.
Enseignements de la Bhagavad Gita sur le karma
Dans la Bhagavad Gita, le Seigneur Krishna explique le karma dans sa forme la plus pure. Il dit à Arjuna que le chemin de la libération ne consiste pas à fuir l’action, mais à agir avec conscience et détachement .
« Karmanye vadhikaraste, ma phaleshu kadachana » (Gita 2.47)
« Tu as le droit d’accomplir tes actions, mais jamais d’en attendre les fruits. Que les fruits de l’action ne soient pas votre motivation, ni votre attachement à l’inaction. »
Ce verset nous rappelle que nous ne pouvons contrôler que nos intentions et nos efforts, et non le résultat.
« Yad yad acarati sresthas tat tad evetaro janah » (Gita 3.21)
« Ce que fait une personne pourvue de qualités morales, les autres l’imitent. »
Le karma dépasse les conséquences individuelles. Nos actions influencent le destin collectif de ceux qui nous prennent pour modèle.
« Na hi kashchit kshanamapi jatu tishthatyakarmakrit » (Gita 3.5)
« Nul ne peut rester un seul instant sans agir. »
Chaque pensée, chaque choix que nous faisons est du karma en action. Même l’inaction crée du karma.
Ces enseignements montrent que le chemin vers la liberté passe par l’action désintéressée (Nishkama Karma), c’est-à-dire accomplir son devoir sans attachement à la récompense ni crainte des conséquences.
Bouddhisme : Le karma et la roue de la renaissance
Dans le bouddhisme, le karma n’est pas une punition mais une conséquence naturelle. Bouddha enseignait que nos actions intentionnelles façonnent nos expériences futures. La roue du samsara tourne grâce à nos actes.
Un exemple frappant est l’histoire d’ Angulimala , un bandit qui a tué des centaines de personnes. Sa rencontre avec le Bouddha l’a transformé par la compassion et il a consacré sa vie au service des autres. Malgré son illumination, il a continué à subir le rejet social et des violences physiques pour ses crimes passés, prouvant ainsi que même le repentir ne peut effacer le karma, mais seulement le transcender par la prise de conscience.
Réflexion moderne :
En thérapie, la psychologie bouddhiste applique ce principe : la guérison commence par l’acceptation de la responsabilité de nos actions et la transformation de l’intention en compassion.
Christianisme : « On récolte ce que l’on sème »
Le christianisme partage un principe similaire à travers le concept de justice divine . La Bible déclare dans Galates 6:7 : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. »
Même le roi David, aimé de Dieu, a subi les conséquences de ses transgressions. Après son péché contre Urie, il a enduré la perte de son fils, conséquence morale et non cruauté divine.
Réflexion moderne :
L’importance accordée par les chrétiens à la confession et au repentir est une manière de reconnaître son fardeau karmique et de rechercher la purification par la foi et le pardon.
Islam : La loi de la cause et de la responsabilité (Qadr et Amal)
L’islam enseigne que le Qadr (décret divin) est équilibré par l’Amal (action humaine). Chaque acte, même le plus petit, est enregistré. Le Coran dit dans la sourate Az-Zalzalah (99:7-8) :
« Quiconque fait le bien, même d’un poids d’atome, le verra, et quiconque fait le mal, même d’un poids d’atome, le verra. »
Même les prophètes et les dirigeants sont confrontés à des épreuves qui rappellent à l’humanité que nul n’est exempt de responsabilité.
Par exemple, le prophète Moïse (Musa) a enduré des années de souffrances après avoir tué un Égyptien, ce qui a marqué le début de son éveil spirituel et de sa mission divine.
Sikhisme : Karma et Grâce
Le sikhisme associe le karma à la grâce divine ( Nadar ). Guru Nanak enseignait que les actions déterminent le destin, mais que la libération survient lorsque la grâce divine efface la dette karmique.
Cependant, les sikhs apprennent que nul n’échappe aux conséquences de ses actes et qu’il est essentiel de vivre avec vérité, altruisme et humilité.
Par exemple, Guru Gobind Singh a enduré des pertes personnelles, notamment le martyre de ses fils, symbolisant que même les messagers divins portent les épreuves du karma au service de la vérité.
Jaïnisme : Le karma en tant que substance physique
Dans la philosophie jaïn, le karma n’est pas une abstraction ; c’est une réalité tangible qui imprègne l’âme. Chaque action, pensée ou émotion attire ou élimine des particules karmiques.
La libération s’obtient en purifiant ces particules par la vérité, la non-violence et la maîtrise de soi.
Par exemple, la vie de Mahavira , qui a enduré la souffrance sans se plaindre, illustre la nécessité de supporter sereinement les conséquences du karma passé tout en purifiant son âme.
la suite (3b) demain
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Bonjour et merci Nila, le Karma apparaît donc comme une loi naturelle, car, même les « dieux » ne sont pas épargné. Mais est-ce pour autant un équilibre juste ? Je ne le pense pas ! Car comme le fils de David ou celui d’Abraham, comme les fils de Gobin Singh, ce sont eux qui sont les victimes de dieu ou du Karma en lieu et place de leurs pères. Je m’aperçois que le Karma est très proche des lois divines du monothéisme et est bien utile pour faire taire ou faire alavaler la pillule aux pauvres crédules pour leur faire accepter leurs misères. Parfois le karma est plus rapide que cela, une petite blague, si on glisse parce qu’il a neigé, on se retrouve immédiatement par terre, c’est ce que Lennon aurais appelé » instant Karma « .😉 bonne journée.
Excellente réflexion le `Chti, moi aussi je suis révoltée à l’idée qu’un individu puisse être infirme, par exemple, parce que dans une autre vie il aurait été méchant… Je suis une amoureuse de Prométhée qui a joué un rôle énorme dans mon athéisme
Très intéressant, comme d’habitude, chère Nila! La Tradition Védique est très proche des religions et Traditions Polythéistes et Philosophiques Gréco-Romaines. Relisez les spéculations métaphysique de PLOTIN dans ses fameuses « énéades »: Cà ressemble à s’y méprendre au Védanta!…