Cette image de propagande iranienne, dénichée par notre ami Charles Demassieux, annonce la couleur : c’est dorénavant l’Iran qui contrôle le détroit d’Ormuz. Je le cite :
« Cette fresque exécutée à Téhéran s’inspire directement d’un épisode de l’adaptation de La Communauté de l’Anneau, premier volet du Seigneur des Anneaux. Il s’agit de l’Argonath gardé par deux gigantesques statues des rois anciens dans l’univers de Tolkien, détourné pour signifier au monde que les gardiens de la révolution tiennent le détroit d’Ormuz. »
« Nous ne consentirons à des négociations que le jour où l’ennemi reconnaîtra que nous sommes en position de vainqueur et qu’il est en position de faiblesse », a déclaré un représentant du Guide suprême au sein des gardiens de la révolution.
Telle est la posture du pouvoir iranien à 24 heures de l’expiration de l’ultimatum.
Pressé d’en finir, Trump va-t-il relever le défi ou bien lâcher Israël comme en 2025 ?
Lâché par l’Europe dès le premier jour des hostilités, Israël pourrait bien se retrouver seul contre tous si Trump, désarçonné par la résistance inattendue du régime iranien, bâcle précipitamment un accord de paix alors que rien n’est réglé et que les quatre principaux objectifs de cette guerre ne sont toujours pas atteints, malgré le succès indéniable des 25 000 frappes sur l’Iran.
– le régime des mollahs, bien que décapité, est toujours en place, avec une radicalisation des Gardiens de la Révolution de plus en plus fanatisés et bien décidés à ne rien céder
– le programme nucléaire n’a pas été anéanti et Téhéran est toujours en possession de grandes quantités d’uranium enrichi à 60 %
– le programme balistique n’a pas été détruit en totalité lui non plus, et il renaîtra de plus belle avec l’aide de Pékin, de Moscou ou de Pyongyang
– le peuple iranien, loin d’être libéré de la férocité du régime, subit une répression toujours plus cruelle, avec simulacres de procès, aveux sous la torture et pendaisons en série
Ajoutons un cinquième objectif qui ne figurait pas dans les buts de guerre initiaux : la libération du détroit d’Ormuz, dont le blocage met à mal le transport maritime mondial et donc l’économie planétaire.
Certes, la poursuite de la guerre n’amuse personne et les appels à la paix se font de plus en plus pressants, par peur d’une crise économique majeure. Mais l’heure n’est pas à la dramatisation tous azimuts. La chute de Lehman Brothers et la crise des subprimes ont été bien pires pour l’économie mondiale que cette nouvelle guerre au Moyen-Orient.
Par ailleurs, si le prix du baril de pétrole a augmenté de 50 %, rappelons qu’il a quadruplé en 1973 et a encore doublé en 1979, sans que le monde vacille dans une crise économique de type 1929.
Selon le FMI, la croissance mondiale devrait subir une baisse, passant de 3,7 % à 3,1 %. On est loin de la récession. C’est l’Ukraine qui ruine bien davantage l’Europe que la guerre existentielle que mène Israël.
Ajoutons que Wall Street vole de sommet en sommet, loin du krach de 1929.
Par conséquent, la poursuite de cette guerre me parait plus pénalisante pour l’économie de l’Iran que pour le reste de la planète. Le blocus naval contre les ports iraniens va vite devenir insoutenable pour Téhéran, qui pourrait connaître des révoltes de la faim.
La grande question est donc de savoir ce que Trump va décider.
Avec ses volte-face, ses menaces de tout raser suivies d’annonces de négociations constructives, bien malin celui qui sait où en sera l’ultimatum de Trump qui expire demain soir. Pour lui, il est clair que cette guerre n’a plus l’aval populaire espéré.
En Amérique, le soutien à Israël se fissure et même le camp républicain donne des signes de lassitude. Les jeunes générations, jusqu’aux quadras, affichent un soutien plus équilibré entre Israël et les Palestiniens. Et c’est surtout dans les campus universitaires que les bonnes opinions en faveur d’Israël sont en chute libre.
On aurait pu penser que l’Europe, qui se gargarise avec ses grandes valeurs humanistes et qui donne des leçons de démocratie à la terre entière, allait soutenir sans réserve le seul État démocrate du Moyen-Orient, qui se bat avec un courage admirable pour sa survie. Il n’en est rien. L’antisémitisme, alimenté par le conflit israélo-palestinien, est de plus en plus affirmé sur le continent.
L’Europe, devenue une entité résolument russophobe intégriste, a fait le choix inique de défendre l’Ukraine, État le plus mafieux et corrompu du continent, qui exige son entrée au sein de l’UE et de l’Otan comme un dû. Ce choix suicidaire qui fait son chemin va ruiner l’UE à jamais, car pour Zelensky les caisses de Bruxelles et des États membres seront toujours pleines. C’est délirant mais c’est ainsi.
L’UE, promesse de paix, est dirigée par des fous qui veulent la guerre contre la Russie.
Von der Leyen ne cesse d’augmenter le budget de l’UE. Pour la période 2021-2027, celui-ci est passé de 1270 milliards à 2077 milliards avec la relance Covid. Mais cela ne suffisant pas avec les aides multiples à tout-va, dont l’Ukraine, c’est une augmentation de 10 % qui est dans les tuyaux. Les Français ruinés, contributeurs nets, apprécieront.
La conclusion de tout cela est que l’UE est prête à tout perdre pour Zelensky mais ne lèvera pas le petit doigt pour soutenir Israël. Ce qui ne l’empêche pas de se poser en farouche ennemie de l’antisémitisme.
Israël ne peut finalement compter que sur son peuple, modèle de courage et d’intelligence. C’est triste.
Jacques Guillemain
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