1) Rester Européen en se rapprochant de la Russie ou devenir Américain en restant dans l’OTAN avec les Etats-Unis, c’est ça la question !
Aujourd’hui, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe qui est dans la position d’Hamlet et qui s’interroge avec lui : « Être ou ne pas être » !
2) L’objectif stratégique de l’Amérique : séparer l’Europe de la Russie.
L’objectif stratégique des États-Unis est de séparer le prometteur voisin russe de l’Europe qu’il est ainsi beaucoup plus aisé de tenir sous son contrôle, selon la formule impériale bien connue : Divide ut regnes. L’Europe a pourtant des affinités culturelles, économiques, géopolitiques, stratégiques fondamentales avec la Russie.
Cinquante années d’accroissement ininterrompu du bien-être, tout en s’endettant d’une façon éhontée, sous le parapluie nucléaire américain depuis 1945, ont non seulement sapé la conscience existentielle des Européens, mais aussi endormi leur vigilance et détruit leur volonté de se défendre.
3) L’Amérique est un Faux-Ami de l’Europe
« Les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts » disait le général de Gaulle. John Bolton, ancien conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche, le confirme : « La vérité est que les Européens ne sont pas vraiment nos amis ».
4) Les Nations européennes ne peuvent retrouver leur liberté qu’en quittant l’OTAN
L’Europe subordonnée à l’Amérique a raté l’opportunité de dissolution de l’OTAN que lui offrait, au début des années 1990, la disparition de l’URSS. Il importe que les nations européennes d’une Europe indépendante quittent l’OTAN au plus vite !
5) L’Alliance Europe des Nations / Russie pour faire face à l’impérialisme américain et à la Chine
Sans la moindre imagination, ni vision à long terme, par soumission aux Américains, les responsables européens ont sabordé l’avenir de l’Europe préparé par Charles de Gaulle, pour faire seulement le bonheur de Washington. Les élites européennes aveugles ont préféré faire la guerre à la Russie, une grande nation européenne, blanche et chrétienne, alors que la vraie menace est intérieure, avec l’invasion migratoire extra-européenne en cours, l’islamisme conquérant, et le risque de guerre civile. La Grande Europe de Brest à Vladivostok représenterait un colosse potentiel sur le plan stratégique, démographique, géographique, civilisationnel, culturel, économique et militaire
6) La Russie est la voisine des pays européens alors que l’Océan Atlantique sépare l’Europe des Etats-Unis
De plus, selon le bon vieux dicton, « Mieux vaut des parents proches que des cousins éloignés ». Les Européens ont non seulement beaucoup d’intérêts communs avec leur grand voisin russe, mais aussi un Avenir commun, ce qui n’est pas le cas avec les États-Unis, car l’Océan Atlantique sépare le Vieux continent et l’Amérique. La dérive des continents est un fait : la faille de Silfra en Islande, entre la plaque nord-américaine et la plaque eurasiatique, s’écarte tous les jours un peu plus : cette réalité géologique est le symbole de l’éloignement géopolitique progressif et irréversible des Etats-Unis qui regardent de plus en plus vers l’Ouest, l’Asie, et l’Océan Pacifique ! Incitant l’Europe à se prendre en mains, Donald Trump, devant le Congrès, le 4 mars 2025, a même pu dire : « Un Océan nous sépare » ! Le découplage de l’Europe et des Etats-Unis a déjà commencé.
7) L’espace continental européen est une réalité géopolitique incontournable selon Jordis von Lohausen
« Ce sont les idées qui mènent le monde » disait l’économiste John Maynard Keynes ; la nécessité paneuropéenne finira inéluctablement par s’imposer. La réalité géopolitique du XXIe siècle, comme l’a souligné le général autrichien Jordis von Lohausen, c’est que « l’espace continental européen est la seule grandeur stable dans l’équation de la politique mondiale ». La Russie est pour l’Europe un partenaire économique et stratégique incontournable, et inversement. Le XXIe siècle doit être le siècle de la Grande Europe, non celui d’une « Europe croupion » car il sera celui des grands ensembles civilisationnels. L’alliance continentale Europe-Russie est la seule façon de bouleverser la donne mondiale en faveur des héritiers de l’Ancien Monde
8) L’intérêt pour une Europe des nations d’ancrer la Russie dans une Grande Europe avec un avenir commun
Il convient d’ancrer la Russie dans une Grande Europe avec la vision d’un avenir commun, de certaines actions communes, et de mettre en place une Alliance continentale paneuropéenne faisant contrepoids tant à l’Amérique qu’à l’Empire du Milieu, qu’à l’islamisme conquérant, qu’au danger migratoire en provenance du Sud, qu’à la montée en puissance des pays émergents (Inde, Brésil, Indonésie). Le sens de l’histoire conduira la Russie européenne inéluctablement vers l’appartenance à l’Europe, d’autant plus que ce pays est aussi ancré géographiquement en Asie, où sa sécurité est menacée.
Il importe que les Européens introduisent dès maintenant la Russie dans l’équation géostratégique, en partant du principe que nous sommes dans le même bateau paneuropéen.
L’Europe doit se considérer comme l’« Hinterland » de la Russie face à la Chine pour l’aider à garder le contrôle de la Sibérie. L’Europe ne va pas de Washington à Bruxelles, mais de Brest à Vladivostok, de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique !
9) Le multiplicateur et désir de puissance des nations européennes dans une Grande Europe de Brest à Vladivostok
L’Europe a besoin d’un accélérateur, d’un multiplicateur de puissance paneuropéen de Brest à Vladivostok.
Julien Freund termine son ouvrage sur La Décadence en remarquant d’une façon très pertinente que l’Europe ne serait pas en décadence par épuisement, mais par accomplissement de son destin. « L’Europe est en décadence par rapport à ce qu’elle fut. Elle fut la maîtresse des terres et des mers du globe, et aujourd’hui elle est recroquevillée sur son espace géographique. C’est là le signe objectif de la décadence européenne ». Seul un projet nouveau d’avenir avec une vision paneuropéenne allant de l’océan Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique est susceptible de redonner à l’Européen un sentiment d’espoir, de force, de puissance, de masse critique suffisante à l’échelle du globe, pour éveiller un sentiment de renouveau et le sortir de son engourdissement mortel progressif ; tout se passe comme si l’Européen avait fait son temps et devait dorénavant devenir une relique de l’histoire subissant l’assaut inexorable des forces nouvelles montantes de la Chine, de l’Inde, des pays émergents et de l’islam.
Tel était le grand message original de Dominique Venner aux Français, après la fin de la guerre d’Algérie et la perte des derniers immenses espaces de leur Empire colonial, pour leur redonner, en regardant vers l’est de l’Europe, une nouvelle raison de vivre et d’espérer, avec un avenir, au lieu de se lamenter, de désespérer et de se recroqueviller sur eux-mêmes ! En novembre 1942, l’amiral Darlan avait pu dire : « L’Empire sans la France, ce n’est rien. La France sans l’Empire, ce n’est rien ».
Quant à Vladimir Poutine, il a pu déclarer à Berlin devant le Bundestag : « Personne ne met en doute la grande valeur pour l’Europe de ses relations avec les États-Unis. Mais je pense que l’Europe consoliderait sa réputation, en tant que puissance mondiale véritablement indépendante, si elle associait ses capacités à celles de la Russie ».
10) C’est une Europe des nations et non pas une Europe Fédérale telle que l’UE qui doit se rapprocher de la Russie
Selon le journal russe Rosssiiskaïa Gazeta : « L’avenir de l’Europe n’est pas dans une Union européenne qui gonfle démesurément, jusqu’à en perdre son identité, mais dans la création de deux alliances qui s’équilibrent mutuellement et rivalisent amicalement. Une Union ouest-européenne et une Union est-européenne ». Ces deux unions, selon nous, ne peuvent être qu’une Confédération européenne des nations et la Russie, immense Etat Empire.
Seul le continent paneuropéen sera capable de faire face à l’Empire américain qui montre ses muscles affaiblis, à la Chine hyperpuissante qui s’arme de plus en plus, à l’Inde de 1,4 milliard d’habitants qui monte en puissance à une vitesse accélérée, aux problèmes du Moyen-Orient riche en pétrole, et au danger du terrorisme islamiste.
Afin d’éviter le protectorat de Washington, il nous semble qu’il n’y a plus qu’un seul et unique chemin de chèvre, à savoir le rapprochement entre une Europe des nations, sous forme d’une Confédération, capitale virtuelle Strasbourg, et la Russie, capitale Moscou. L’Europe des nations, sous forme d’une Confédération, évitera aux nations européennes de connaître le sort des pays de l’ancienne Grèce face à Rome. Pour cela, il faudra que les Européens collaborent à la carte et réunissent leurs forces pour réaliser des grands projets communs en matière économique, industrielle, scientifique et militaire, avec des droits de douane protecteurs, tout en se rapprochant de la Russie.
11) Retrouver et partager avec la Russie les valeurs traditionnelles européennes non décadentes
Une société ne peut porter de fruits que si elle est porteuse de transcendance patriotique, religieuse et de projets grandioses. L’avenir de l’homme européen est à l’Est !
C’est donc la Russie qui montre la voie d’avenir à l’Europe donneuse de leçons avec ses droits de l’homme poussiéreux et les excès humanistes, progressistes, sociétaux de sa civilisation déclinante et décadente. Le phénomène LGBT ne connaît le succès médiatique qu’en Occident ! Il est rejeté, moqué et combattu par l’islam et l’ensemble du reste du monde. Les Russes participent donc au réveil de la conscience européenne avec une vue plus saine, plus réaliste, moins lénifiante de l’individualisme, de la démocratie libérale, du droit-de-l’hommisme, du progressisme contre-productif, du libéralisme et du libre-échange mondialiste.
La démocratie libérale ardemment souhaitée par l’Amérique avec les « révolutions orange » et la guerre en Ukraine conduirait la Russie, tout comme la Chine, à l’impuissance, à la guerre civile, à l’éclatement. C’est la raison pour laquelle la Russie, qui a besoin d’un État autocratique fort, qui est un des derniers peuples européens souverains à ne pas se détester, qui a encore de l’amour-propre, un idéal de grandeur patriotique, est de plus en plus allergique aux leçons de démocratie des Européens de l’Ouest que ronge la haine de soi.
Force est de reconnaître qu’il n’y a plus aujourd’hui que la Russie et la Chine pour tenir tête à l’Amérique, lui dire ses quatre vérités et dire non à l’omnipotence américaine. La Russie, comme l’a dit très justement le Président Dmitri Medvedev, n’a pas l’intention d’être « l’élève sage ou le figurant » que les Occidentaux voyaient en elle dans les années 1990. Il n’y a que le Président Poutine pour reprocher aux États-Unis dans ses conférences de presse de « ne pas vouloir lâcher leur étreinte de l’Europe ». C’est la seule et fière Russie qui, pour l’essentiel et par sa présence, nonobstant la courageuse croisade de la Hongrie de Viktor Orban, réveille l’Europe et fera échouer le protectorat américain de l’OTAN sur une Europe divisée, soumise, anesthésiée, subjuguée et trompée par la propagande anglo-saxonne.
12) Russie / Europe : des vraies valeurs communes européennes et civilisationnelles
À long terme, le rapprochement de l’Europe avec le continent eurasien, dont elle fait partie, promet davantage que toutes les « communautés de valeurs » atlantiques. Il s’agit de véritables valeurs européennes historiques, universelles, porteuses d’un message, comme ce fut le cas pour les Grecs, les Arabes, la Perse, la Chine, et l’Inde, capables de survivre à l’échelle civilisationnelle.
13) Développer les échanges économiques entre l’Europe et la Russie
La Russie possède 22 % des richesses minières de la planète, une industrie de plus en plus puissante qui représente 33 % du PIB russe et une agriculture capable de nourrir une bonne partie du tiers-monde. La Russie est devenue la 4e puissance économique en termes de parité de pouvoir d’achat tandis que la France recule au 9e rang. Détentrice des plus grandes réserves de gaz du monde, seule puissance continentale avec la France à maîtriser le nucléaire civil et militaire, les technologies de l’aéronautique, grande puissance spatiale, fournisseur stratégique de nombreux pays européens, la Russie constitue pour l’Europe le partenaire stratégique idéal.
Il est nécessaire que l’Europe s’affranchisse d’une dépendance excessive de ses hydrocarbures en provenance de sa périphérie méridionale ainsi que des Etats-Unis, et fasse au contraire entièrement confiance à des approvisionnements en énergie et matières premières en provenance de Russie.
Il se trouve que par le jeu de l’OTAN, des États-Unis et des marchés, l’Union européenne devient de facto une colonie américaine dépendante en matière de pétrole et de gaz du Moyen-Orient, du GNL américain 4 fois plus cher, cherchant à humilier la Russie
14) Complémentarité stratégique avec la Russie : mettre fin au gaz de schiste américain liquéfié hors de prix et rouvrir les deux gazoducs germano-russes Nord Stream 1 et 2
Le gaz russe ne constitue pas une dépendance pour l’Europe, mais bien au contraire une source énergétique fiable, complémentaire et très bon marché, alors que le gaz américain coûte 4 fois plus cher, pollue avec les méthaniers sur les mers ainsi qu’avec les usines de liquéfaction aux États-Unis et les usines de regazéification en Europe. Les autres sources d’approvisionnement (Norvège, Pays-Bas, Algérie) sont sur le déclin. Dès 1971, le Président du Conseil soviétique Alexis Kossyguine avait pu déclarer à ses interlocuteurs allemands que « le Marché commun » devrait faire place à une Europe de l’énergie reposant sur l’URSS ».
15) Complémentarité énergétique de Turkstream : un gazoduc pour livrer du gaz russe au sud de l’Europe
Avec le gazoduc Turkstream dont les vannes ont été ouvertes solennellement le 8 janvier 2020 à Istanbul par Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, le chef du Kremlin a parachevé un dessein esquissé de longue date : accroître et assurer la fourniture de gaz russe aux Européens.
16) L’Europe ne peut pas se passer du gaz russe
Les besoins de l’UE en gaz sont colossaux : 400 milliards de m3 par an dont 187 milliards fournis par la Russie, soit 46,8 %, jusqu’à la guerre en Ukraine. 55 % du gaz allemand consommé était d’origine russe. L’Europe continue, en fait, à dépendre plus que jamais du gaz naturel liquéfié russe
17) Les stupides pertes d’investissements, de sources d’approvisionnements, de débouchés, d’emplois et de rentabilité des entreprises européennes, suite aux sanctions économiques contre la Russie prônées par les États-Unis et leurs valets européens irresponsables
La France était le premier employeur étranger en Russie avec les entreprises Total, Renault, Safran, Auchan. Renault détenait 33 % du marché automobile du pays. Total qui détient 30 % du consortium géant Yamal, au cœur de l’Arctique russe a dû renoncer à des participations en Sibérie. De nouveaux champs de coopération devaient être ouverts pour les énergies nouvelles, le nucléaire ainsi que pour l’intelligence artificielle, chaque pays ayant déjà bâti un plan stratégique. À l’heure où les Européens doivent se battre pour survivre économiquement et ne pas perdre leurs emplois dans un monde de plus en plus dangereux et compétitif, c’est un suicide économique européen inutile, pur et simple, pour les beaux yeux de l’Amérique !
18) Les pertes astronomiques de l’agriculture européenne, suite aux sanctions économiques suicidaires de l’Occident contre la Russie
La Russie représentait 10 % des exportations totales agricoles européennes. Ce volume s’est évaporé et se traduit en pertes sèches pour beaucoup de producteurs. En 2013, la France avait expédié pour plus d’un milliard d’euros de produits alimentaires, sur les dix milliards qu’a importés la Russie de l’Union européenne. L’embargo décrété par la Russie, le 6 août 2022, sur certains produits alimentaires européens en représailles des sanctions imposées par Bruxelles, a causé un préjudice considérable à l’agriculture européenne.
19) Nucléaire : l’étroite collaboration entre la Russie et la France résiste à la guerre en Ukraine, mais l’Amérique a tout fait pour y mettre fin
La plupart des réacteurs en construction hors de Russie par Rosatom, le géant russe du nucléaire, doivent être équipés de turbines françaises Arabelle, avec tout l’équipement et l’entretien qui va avec. Pour chaque nouveau réacteur construit par Rosatom en Europe ou ailleurs, jusqu’à 1 milliard d’euros revient aux technologies françaises de Framatome, filiale d’EDF. Les achats de turbines françaises par Rosatom représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires de l’usine de Belfort. Cette fructueuse collaboration résulte du succès à l’export du modèle de réacteur VVER de Rosatom. L’entreprise russe est le premier exportateur mondial de centrales nucléaires et détient 30 % de parts de marché. Les turbines ne sont pas le seul point fort de la filière française bénéficiant du dynamisme commercial des Russes. Framatome est aussi devenu un partenaire clé de Rosatom pour le système de contrôle-commande, un autre composant clé du réacteur VVER exporté par Rosatom.
Ces activités stratégiques d’Alstom (turbines nécessaires également pour les réacteurs nucléaires EPR et le porte-avions Charles de Gaulle) vendues à General Electric par le Ministre des Finances Macron, en 2014, ont été rachetées finalement, non sans mal, et à un prix très élevé par EDF, en 2024.
20) La suspension des lancements de Soyouz à Kourou : du beau gâchis et un cauchemar pour l’Europe, la France et Arianespace, jusqu’au lancement d’Ariane 6
La guerre en Ukraine aura eu raison de la coopération franco-russe dont le volet commercial avait été lancé en 1996, avec la création de Starsem ; elle a mis un terme à l’aventure Soyouz en Guyane. En onze ans, Soyouz avait mené à bien 27 missions depuis le sol guyanais pour le compte de clients privés, mais aussi de l’ESA et de la Commission européenne. Soyouz a lancé les satellites Galileo, mais aussi des missions emblématiques comme Gaia qui cartographie la Voie lactée.
Une coopération étroite avec la Russie, troisième puissance spatiale au monde, est la seule façon d’assurer la survie à long terme de l’industrie spatiale européenne, de plus en plus dépassée dans la féroce compétition avec la Chine, les Etats-Unis et la Russie !
21) La Russie, au cœur du gigantesque projet mondial (20 milliards d’euros) de fusion nucléaire ITER à Cadarache
Au cœur du dispositif, une gigantesque machine inventée par les Russes, un « tokamak » où sera produite la réaction de fusion, née de la collision des noyaux de deux variantes de l’hydrogène (le deutérium et le tritium) provoquée par des températures de l’ordre de 150 millions de degrés.
22) L’apport possible à l’Europe par la Russie des nouvelles richesses énergétiques et des nouvelles voies navigables de l’Arctique
La voie maritime du Nord est le plus court chemin de l’Asie vers l’Europe et vers les Amériques. 80 % du trajet se fait dans les eaux territoriales russes. Cet itinéraire raccourcit les distances de 5 000 à 7 000 km, soit un gain de 40 % du trajet entre l’Europe et l’Asie par le canal de Suez, et donc 40 % de temps et de carburant en moins. Selon les accords de Montego Bay de 1982, la Russie peut prétendre à un droit de péage ou d’accompagnement dans ses eaux territoriales, et refuser l’accès aux indésirables. Les Russes ont renforcé leurs forces armées et construit l’immense base ultra-moderne avec centrale électrique, clinique ultra-moderne et aérodrome couvert du « Trèfle Arctique » sur l’île Kotelny à 600 kilomètres du pôle Nord.
23) L’apport possible par la Russie à l’Europe d’une ouverture sur le Pacifique et du boom économique de l’Extrême-Orient russe
« L’Europe à 2 heures d’avion ! » peut-on lire sur des placards publicitaires à Séoul, en Corée du Sud, pour vanter l’européanité de l’Extrême-Orient russe. Longtemps délaissée par Moscou se méfiant d’une sinisation possible par apport de population immigrée, l’Asie russe, suite au rejet des avances de Gorbatchev et de Poutine par les Européens-valets de l’Amérique, devient, avec l’Arctique, la nouvelle priorité.
Le potentiel de développement de cette portion du continent asiatique est en effet colossal. En 2023, 2800 projets d’investissements étaient en cours, complétés par la création de plusieurs zones économiques spéciales avancées, internationales (ASEZ) et l’expansion du port franc de Vladivostok. Resté inexploré et inexploité sur les deux tiers de son espace, l’Extrême-Orient russe bénéficie dorénavant d’un taux d’investissement trois fois supérieur à la moyenne russe. Son potentiel pour les industries de ressources naturelles (bois, minerais, pétrole, gaz, pêche, activité portuaire et industries connexes avec les nouvelles routes maritimes de l’Arctique) est illimité. D’ici 2030, la production de GNL russe dans l’Arctique va tripler. Dans cette conquête du Far-East russe, le chemin de fer joue un rôle fondamental : le Trans-Baïkal est la ligne ferroviaire la plus fréquentée du monde.
24) Nouvelle liaison par la Mer Caspienne de la Russie à l’Inde
Il convient de noter aussi la nouvelle route asiatique de Poutine vers le sud du pays, cette fois-ci, reliant Saint-Pétersbourg à Bombay, en 15 à 24 jours, en descendant la Volga et en rejoignant la Mer Caspienne, grâce au Canal ITC, vers Astrakhan, port de la Caspienne. Les marchandises sont alors transportées par bateaux jusqu’à Rashi en Iran, pour être ensuite expédiées par voie ferroviaire jusqu’à Téhéran, d’où elles sont acheminées ensuite vers Bombay, ou la Chine ou le Moyen-Orient. Par le canal de Suez, la durée d’acheminement de Saint-Pétersbourg à Bombay, est de 30 à 45 jours. La liaison par la Mer Caspienne permet de pallier pour les Européens la fermeture éventuelle du canal de Suez, et pour les Russes, de court-circuiter les routes maritimes par la Baltique et la Mer Noire, sujettes à des sanctions occidentales.
25) La Grande Europe des nations de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique disposerait d’une localisation stratégique idéale dans le monde, bien meilleure que celle des États-Unis !
Après avoir été impérialiste et dominatrice, l’Europe est devenue une colonie américaine dépendante des États-Unis. Il importe qu’elle soit décolonisée à son tour pour redevenir elle-même, libre, européenne, indépendante. Son principal atout est sa proximité naturelle et un bon voisinage avec la Russie. L’Europe reste l’aboutissement naturel des plaines eurasiatiques du nord avec leur débouché sur l’Atlantique. De par cette situation géographique, les Européens n’ont d’autre choix que la soumission à l’Amérique ou le rayonnement de leur puissance et de leur civilisation, en même temps que la défense de leurs intérêts géopolitiques et stratégiques. Pour exister, se défendre, rayonner dans un monde multipolaire qui s’annonce de plus en plus dur, il est nécessaire de se regrouper stratégiquement en un grand ensemble de nations, de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique.
La Grande Europe bénéficierait alors très fortuitement du même avantage stratégique que « l’Île États-Unis » entre l’Océan Atlantique et l’Océan Pacifique ! Mais elle disposerait en plus de l’immense avantage stratégique par rapport aux États-Unis, d’être le fameux « Heartland » permettant de dominer l’Île du Monde (« World Island »), donc le Monde, selon le concept de Mackinder, et de bénéficier en plus d’un accès direct à la nouvelle voie maritime de l’Arctique vers l’Asie ! Bref, le rêve ! L’Europe de Brest à Vladivostok est un grand objectif mobilisateur : elle permettrait aux Paneuropéens de non seulement se rapprocher de la parité de puissance avec les États-Unis, mais plus vraisemblablement de les dépasser !
Conclusion
En conclusion, aveuglée par son américanisme infantile, l’Europe, qui n’est plus qu’un nain politique et militaire en plein déclin économique, n’a pas su réaliser la Grande Europe de Brest à Vladivostok, après la chute du mur de Berlin. Ce désastre a été amplifié par sa soumission à l’OTAN, à l’Amérique impérialiste, à l’UE fédéraliste, progressiste et technocratique, à une mondialisation libre échangiste ainsi qu’à une invasion migratoire extra-européenne, ce qui mène l’Europe à la perte de puissance, à la perte de son identité, de sa culture et de sa civilisation. Il n’est cependant jamais trop tard pour bien faire : la Russie, après tant de péripéties tragiques dans son histoire récente depuis 1917, montre l’exemple aux Européens !
Il n’y a donc pas d’alternative possible au rapprochement, à l’Alliance entre l’Europe et la Russie ! Toute Alliance de la Russie ou de l’Europe avec la Chine ou les Etats-Unis ne peut être que tactique, défensive à court terme, mais pas stratégique et civilisationnelle à long terme. La Grande Europe de Brest à Vladivostok pourrait constituer le troisième pôle de puissance mondiale, parlant d’égal à égal, voire surpasser les Etats-Unis et la Chine !
Marc Rousset*
* Auteur de « Notre Faux-Ami l’Amérique / Pour une Alliance avec la Russie » – Préface de Piotr Tolstoï – Editions Librinova – 2024 – Numéro 1 des ventes sur Amazon – « Version augmentée » en langue française en 2026 – Immense succès en langue russe en 2025 aux Editions « Ves Mir », l’éditeur de Michael Gorbatchev.
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