Le deuxième lapin de l’ex-présidente du Louvre agace la commission d’enquête

Après l’annulation à la dernière minute de Laurence des Cars, le rapporteur de la commission sur la sécurisation des musées Alexis Corbière appelle à « respecter la représentation nationale »

Deux annulations, c’est au moins une de trop. L’ex-présidente du Louvre Laurence des Cars ne se présentera pas devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale où elle était attendue ce mardi 3 mars, a indiqué le député et rapporteur Alexis Corbière. Une annulation qui intervient après un premier report et qui passe mal.

La première audition de Laurence des Cars par la commission sur la sécurisation des musées devait initialement se tenir le 25 février. Mais, comme le raconte Alexis Corbière, le rendez-vous a été reprogrammé à la demande de l’intéressée. Et pour cause : la veille, Laurence des Cars, sous pression depuis le cambriolage du Louvre, a remis sa démissionau président de la République qui l’a acceptée.

« Ce fut néanmoins une première surprise de découvrir qu’elle était l’invitée du 20h de France 2, réservant donc ses premières déclarations à Mme Léa Salamé, plutôt qu’à la représentation nationale », cingle Alexis Corbière. Il est tout aussi agacé par son interview publiée sur le site du Figaro le 24 février au soir et « sans doute réalisée au moment même où nous étions au Musée du Louvre pour nos travaux, sans qu’elle vienne nous accueillir ». « Faire le choix de la communication plutôt que de la représentation nationale est une attitude troublante, que je désapprouve », souligne le rapporteur de la commission d’enquête.

« Une fuite en avant pour ne pas répondre »

Dans ce contexte, la seconde annulation intervenue « trois heures avant » le rendez-vous fixé à 18h et alors qu’« elle avait encore confirmé sa venue le matin » interroge l’élu de Seine-Saint-Denis. « La représentation nationale doit être respectée et doit pouvoir faire toute la lumière sur les difficultés auxquelles le Louvre a été confronté sous la présidence de madame des Cars, le contexte dans lequel le cambriolage s’est déroulé ainsi que les raisons profondes de sa démission », conclut le rapporteur.

Le président de la commission, le LR Alexandre Portier, est tout aussi remonté.« C’est une fuite en avant pour ne pas répondre aux questions des députés. Quand on a la conscience tranquille et qu’on pense avoir bien fait son travail, on n’a pas de difficultés en principe à en rendre compte », a-t-il estimé auprès de l’AFP. Une nouvelle date doit être programmée dans les prochaines semaines. « Ce refus d’obstacle ne restera pas sans suite : elle répondra d’une manière ou d’une autre à nos questions », a affirmé Alexandre Portier. A mi-parcours, la commission avait dressé un premier bilan accablant pour la gestionnaire du musée, pointant son « pilotage défaillant » et le décrivant comme « un État dans l’État ».

Laurence des Cars avait remis sa démission à l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati au lendemain du cambriolage. Elle avait été refusée par la titulaire du portefeuille, avant d’être accepté le 25 février par le président de la République. Il a nommé pour la remplacer Christophe Leribault, à qui revient désormais la charge de mener à bien le projet « Louvre Renaissance », déjà critiqué, y compris par la Cour des comptes.

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