Candidat aux élections municipales à Segré-en-Anjou Bleu, Jean-Eudes Gannat a réussi à constituer une liste complète sans alliance, revendiquant une ligne politique claire face à ce qu’il qualifie de “macronisme municipal”. Fusion des communes, immigration, climat politique national, procédures judiciaires : il répond sans détour aux critiques et assume son positionnement dans une campagne locale sous tension.
Breizh-info.com : Où en est la constitution de votre liste ? Vous appelez à une union des “forces de droite” avec Raphaël de La Salmonière. Concrètement, quelles concessions seriez-vous prêt à faire pour parvenir à une liste commune, et sur quels points programmatiques refusez-vous tout compromis ?
Nous avons déposé notre liste cette semaine sans contracter d’alliance, Raphaël de la Salmonière préférant dialoguer avec Emmanuel Drouin (ancien cadre PS) qu’avec moi. Ce n’est pas grave : contrairement à nos opposants nous sommes parvenus à réunir 71 noms sans avoir besoin d’allier la carpe et le lapin.
Breizh-info.com : Votre adversaire principal revendique une liste “sans étiquette”. Pensez-vous qu’une neutralité affichée soit crédible dans un contexte politique aussi polarisé, ou estimez-vous qu’il faut assumer clairement une ligne idéologique ?
Mme Coquereau (maire sortante) et Raphaël de la Salmonière se revendiquent sans étiquette : c’est de l’enfumage typique de macronisme. Le contexte local est indissociable du contexte national, je me réjouis de porter une ligne claire qui ne ment pas aux électeurs.
Breizh-info.com : Vous parlez de “macronisme municipal”. Quels sont, selon vous, les échecs précis de l’équipe sortante à Segré-en-Anjou Bleu, et quelles mesures prioritaires mettriez-vous en œuvre dès la première année de mandat ?
L’échec principal de cette municipalité est la fusion des 15 communes du Segréen en une seule : on nous promettait plus d’efficacité et des économies, et c’est exactement l’inverse qui s’est produit. Les frais de fonctionnement ont augmenté de 16%, la Cour des comptes pointe une situation préoccupante, et les habitants des villages sont littéralement de leur citoyenneté. Ce machin technocratique ne favorise ni le dialogue, ni le bénévolat, ni la vie en communauté.
Breizh-info.com : Après plusieurs candidatures infructueuses (législatives, départementales), qu’est-ce qui vous fait penser que l’élection municipale constitue cette fois une dynamique différente en votre faveur ?
Je suis là pour porter des idées : mon objectif n’est pas de faire moi, Jean-Eudes Gannat, 51% à n’importe quel prix, mais que ces idées soient majoritaires. Cette année nous sommes parvenus à monter une liste avec 71 noms pour une commune de 17000 habitants, soit autant que les listes qui se portent candidates à Lyon ou Nantes. C’est la preuve d’une dynamique certaine, favorisée par la polémique autour des Afghans du Leclerc, l’immigration étant une préoccupation majeure des Segréens.
Breizh-info.com : Votre passé à la tête de L’Alvarium, dissous en 2021, reste un marqueur fort. En quoi cela constitue-t-il, selon vous, un atout ou au contraire un handicap dans une campagne locale centrée sur des problématiques concrètes ?
C’est un atout : les gens m’identifient comme l’outsider et le dissident local. Qu’ils apprécient ou non mon franc-parler, tous les Segréens me savent honnêtes et francs.
Breizh-info.com : Vous serez jugé le 6 mai pour des propos visant des réfugiés afghans. Pensez-vous que cette échéance judiciaire puisse peser sur votre campagne ? Comprenez-vous que certains électeurs puissent s’interroger sur l’exemplarité attendue d’un futur maire ?
L’exemplarité attendue d’un futur maire est celle qu’on attend d’un homme normal : qu’il soit bon père de famille, travailleur honnête, fidèle en amitié, déterminé à défendre ses proches et ses idées et parlant franchement. Je crois que sur l’ensemble de ces points, je n’ai pas à rougir.
Breizh-info.com : Vous avez également connu plusieurs condamnations judiciaires ces dernières années. Comment rassurez-vous les électeurs sur votre capacité à incarner l’autorité municipale tout en étant vous-même confronté à des procédures ?
Les électeurs sont de plus en plus nombreux à voir que mes condamnations sont le fruit de procédures politiques. Quant aux autres, je multiplie les rencontres et le porte-à-porte pour leur permettre de constater que si je suis sans doute moins beau qu’en photo, je suis bien plus humain que ce qu’ils lisent de moi dans les journaux.
Breizh-info.com : L’affaire Quentin, assassiné dans un contexte de violence politique, a profondément marqué une partie de l’opinion. Selon vous, que révèle ce drame sur l’état du climat politique en France aujourd’hui ?
La France est une poudrière : la gauche fait tout pour la faire basculer dans la guerre civile. Elle est servie pour cela par l’antifascisme institutionnel qui gangrène tous les partis, RN compris, sur lesquels elle continue d’exercer un magistère moral. Ainsi Raphaël Arnault va continuer à siéger à l’Assemblée après que ses amis et collaborateurs ont tué Quentin, tandis que tout militant de terrain qui ne plaît pas aux médias est exclu du parti.
Breizh-info.com : Certains estiment que la radicalisation verbale et la polarisation idéologique contribuent à un climat de tension généralisée. Considérez-vous que la responsabilité est exclusivement du côté de l’extrême gauche, ou admettez-vous que le débat public s’est durci de manière plus globale ?
La réalité c’est que c’est le refus du débat et la censure qui ont conduit à ce que les antagonismes créent de plus en plus de conflits. Sous la Troisième République, gauche et droite s’affrontaient régulièrement dans la rue, mais la liberté d’expression permettait le débat d’idées et empêchait in fine la guerre civile. Là nous sommes dans une cocotte minute dans laquelle décrire le réel est interdit.
Breizh-info.com : Enfin, si vous êtes élu maire de Segré-en-Anjou Bleu, comment garantirez-vous que votre mandat sera centré sur la gestion locale — sécurité, urbanisme, finances, services publics — plutôt que sur des combats nationaux ou idéologiques ?
Tout mon parcours prouve que je suis un radical-pragmatique et non un idéologue : j’ai toujours travaillé et dialogué avec tout le monde, j’ai fait de l’humanitaire aux 4 coins du monde, je suis chef d’entreprise, père de famille. Tous les gens qui me côtoient ou travaillent avec moi au quotidien savent que j’aime le consensus et l’efficacité plutôt que les slogans et les postures.
Propos recueillis par YV
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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