
Château de Rochebrune, Charente.
Il y a déjà un certain temps, j’avais évoqué des œuvres interprétées soit à l’orchestre soit au piano seul. Je réitère l’expérience avec trois compositions : en guise d’ouverture, Huapango de José Moncayo, Harold en Italie de Berlioz, la quatrième symphonie de Brahms. On va commencer par « les copies ».
José Moncayo est un pianiste et compositeur mexicain né à Guadalajara le 29 juin 1912 et mort à Mexico le 16 juin 1958. Son œuvre la plus célèbre est Huapango, considérée par les Mexicains comme le deuxième hymne national du pays. Voici la transcription pour deux pianos, réalisée par Alberto Barajas :
C’est en 1834 que Berlioz compose sa symphonie avec alto solo, Harold en Italie. Il présente son œuvre à Paganini qui est déçu, trouvant que le soliste n’est pas suffisamment mis en valeur. Cependant, le compositeur italien découvre Harold en Italie le 16 décembre 1838 couplé avec la Symphonie fantastique. Nous sommes au Conservatoire de Paris. Je cite les mots de Berlioz :
« Le concert venait de finir, j’étais exténué, couvert de sueur et tout tremblant, quand, à la porte de l’orchestre, Paganini, suivi de son fils Achille, s’approcha de moi en gesticulant vivement. Par suite de la maladie du larynx dont il est mort, il avait alors déjà entièrement perdu la voix, et son fils seul, lorsqu’il ne se trouvait pas dans un lieu parfaitement silencieux, pouvait entendre ou plutôt deviner ses paroles. Il fit un signe à l’enfant qui, montant sur une chaise, approcha son oreille de la bouche de son père et l’écouta attentivement. Puis Achille redescendant et se tournant vers moi : « Mon père, dit-il, m’ordonne de vous assurer, monsieur, que de sa vie il n’a éprouvé dans un concert une impression pareille ; que votre musique l’a bouleversé et que s’il ne se retenait pas il se mettrait à vos genoux pour vous remercier. » À ces mots étranges, je fis un geste d’incrédulité et de confusion ; mais Paganini, me saisissant le bras et râlant avec son reste de voix des oui ! oui !, m’entraîna sur le théâtre où se trouvaient encore beaucoup de mes musiciens, se mit à genoux et me baisa la main. Besoin n’est pas, je pense, de dire de quel étourdissement je fus pris ; je cite le fait, voilà tout ».
(Source Wikipédia)
Franz Liszt réalisa une transcription de la symphonie, l’orchestre étant réduit au piano tandis que la partie dévolue à l’alto restait inchangée :
La quatrième symphonie op.98 de Brahms fut écrite entre 1884 et 1885. Il en écrivit une version pour piano à quatre mains, chose courante à l’époque, car le piano était le seul moyen aux compositeurs de faire connaître leurs œuvres :
Passons maintenant aux originaux ! Nous allons pouvoir apprécier la direction de Dudamel avec l’orchestre Simon Bolivar des jeunes du Venezuela :
C’est une interprétation 100% française que je vous propose pour Harold en Italie :
Et pour ce qui est de la quatrième symphonie de Brahms, j’ai fait appel à un spécialiste de cette musique, Herbert von Karajan :
EN BONUS :
En 1983 j’ai eu l’occasion de chanter les Carmina Burana de Carl Orff avec l’orchestre des pays de Loire dirigés par Marc Soustrot. 40 ans plus tard, à la Réunion j’ai eu l’occasion de reprendre l’œuvre dans une version pour deux pianos et percussions due à Orff lui-même. Bon je n’étais pas très chaud pour cette transcription, mais bon…mais lorsque le chef de chœur m’a demandé de changer de pupitre (basse 2 vers basse 1), j’ai commencé à me fâcher. J’ai toujours chanté en basse 2 (le registre le plus bas, dans la Damnation de Faust j’avais atteint le do le plus grave) et hors de question de changer surtout qu’avec Soustrot j’étais resté dans mon registre originel. Basse 1 ne correspond pas à ma tessiture. L’argument avancé par le chef était que cela ne pouvait me faire que du bien de chanter dans un registre plus aigu, quitte à chanter en « voix de tête ». Je ne sais pas chanter en voix de tête, j’ai donc démissionné de la chorale.
Voici la version pour deux pianos, percussions, solistes et chœurs des Carmina Burana :
Et la version d’origine :
Il s’en est fallu de peu pour que l’on tienne là une version de référence, grâce au chœur d’enfants et aussi à ce soliste :
Le point faible réside dans la soliste soprano en raison d’un timbre de voix désagréable avec beaucoup de vibratos et une certaine difficulté à atteindre les aigus (dulcissime) ou de tenir une note longue (Amor volat undique de la Cour d’amour). On pourra apprécier la voix de Kathleen Battle dans une version également très enthousiasmante due à Seiji Ozawa :
On la retrouve dans le dulcissime :
Fin de l’article !
Filoxe
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Bonjour et Merci Filoxe, je ne connaissais pas le compositeur Mexicain Moncayo. Il ne faut pas oublier non plus les superbes et inoubliables transcriptions des œuvres de Wagner par Liszt. Je ne me rappelle plus si tu en avais parler. Bonne journée
https://youtu.be/Lix9evmtDIw?si=qsz_GbskO3auXt7Y