De Leonard Bernstein à Lenny

 

Le Royal Albert Hall à Londres.

Pendant les vacances de Pâques 1968, j’avais été invité par des amis anglais à assister à un concert Tchaïkovski au Royal Albert Hall de Londres où étaient donnés les tubes du compositeur russe, Suite de Casse-Noisette, Concerto pour piano numéro un, Concerto pour violon, Ouverture 1812. Pour cette dernière œuvre, l’orchestre symphonique de Londres avait été renforcé par une formation militaire. Je n’avais jamais entendu 1812 et quand des accents de la Marseillaise ont retenti, j’ai senti des visages se tourner vers moi ! Eux connaissaient l’ouverture et ils m’avaient dit que celle-ci comportait des canons. Je m’attendais à des coups de grosse caisse, mais certainement pas à ça (vous pouvez aller directement à 11’40 ») :

Vu que je développe une véritable phobie pour tout ce qui est bruit d’explosions et même d’éclatements de ballons de baudruche (globophobie), j’ai été à deux doigts de me cacher sous le siège placé devant moi ! Vous allez sans doute me répliquer que tout cela n’a rien à voir avec le titre de l’article, mais patience, j’y arrive. Après mon retour d’Angleterre, j’ai voulu acquérir un enregistrement de l’ouverture chez un vrai disquaire situé à Creil qui faisait aussi office de librairie, papeterie, etc…rendez-vous obligé de tous ceux qui faisaient leur marché le samedi matin. La librairie Queneutte a fermé en 2002 et c’est la seule trace que j’ai retrouvée !

Aujourd’hui Creil est devenue une ville gangrenée par l’Islam. Bref, je trouve mon bonheur et je m’aperçois que la version que j’ai dénichée est dirigée par Leonard Bernstein. Je le connaissais en temps que père de West Side Story, mais sans plus ! Le 33 tours dont vous trouverez l’image de couverture ci-dessous comportait deux autres musiques totalement inconnues de moi, Le Capriccio italien et La Marche slave. 1812 est en dernier, à 25’40 » :

Et c’est ainsi qu’a débuté ma Bernstein-mania, laquelle a aussi gagné mon frère. Bernstein était devenu Lenny. Un de mes premiers 33 tours est le Nouveau Monde de Dvořák :

Mais ça ne s’arrête pas là ! Début des années 70, France-Musique nous annonce la sortie des symphonies de Schumann et voilà l’extrait proposé, une vitalité irrésistible !

On pourra comparer avec ce qu’a fait Bernstein à Vienne dans les années 80 :

La semaine suivante, je suis allé à la Fnac à Paris et j’ai acheté l’intégrale en 33 tours, avec juste un (gros) défaut sur la gravure ; aucune des symphonies ne tient sur une seule face, un comble pour la quatrième dont les mouvements s’enchaînent sans interruption ! À présent je vous propose l’intégrale :

Avec mon frère on se rendait régulièrement chez un disquaire situé en bas du boulevard Saint-Michel à Paris (il va de soi que cette boutique n’existe plus). Tous les deux nous faisions la course à celui qui trouverait la perle rare, c’est ainsi qu’un jour j’exhibe le Premier concerto pour piano de Beethoven, joué et dirigé par Lenny. La version existe en CD mais je vous propose celle-ci, un document historique !

Mais ne voilà-t’il pas que mon frère me dame le pion en sortant fièrement l’intégrale des Symphonies parisiennes de Haydn ! Résultat des courses, chacun de nous est reparti avec son disque Beethoven et son coffret Haydn dont voici la symphonie 82, L’ours :

Après la disparition du chef, j’ai acquis pratiquement toute la Royal Edition, illustrée par des peintures du futur Charles III. Bernstein lui-même considérait la période new-yorkaise comme la meilleure phase de sa carrière.

Bon je ne vais pas aller plus loin… du moins pour cette fois, mais j’aimerais finir avec des extraits d’un Falstaff absolument fabuleux !

FALSTAFF :

Acte 1, partie 1 : Falstaff, Olà !

Acte 1, partie 1 : Falstaff, L’onore ! Ladri !

Acte 2, partie 1 : Falstaff, Ehi ! Taverniere ! Avec le célèbre trille orchestral à la fin :

Acte 2, partie 2 : Nanette, les voix des femmes, Falstaff, Alice, les fées, la reine des bois : Ninfe ! Elfi ! Silfi ! Sul fil d’un soffio estesio :

Acte 2, partie 2 : Falstaff, tous : Facciamo il parentado Tutto nel mondo è burla :

Filoxe

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