Sublime réquisitoire de Didier Maisto contre l’imposteur communiste Ian Brossat

Il m’a par ailleurs ébloui avec sa veste rouge, un bon plan pour faire la nique (en tout bien tout honneur) à la veste verte de La Tondelière. Il ne reste plus au socialaud de Paris qu’à enfiler… une veste rose.
Mais je ne revendique pas le monopole de la Brossettophobie et, quand un auteur est encore meilleur et plus talentueux que moi, je m’incline volontiers et vous fait découvrir la plume, sur Twitter, de Didier Maisto. Chapeau l’artiste !
Martin Moisan

Ian Brossat, marxisme caviar et œufs de lumpenprolétariat

Ah, Ian Brossat, le dernier communiste qui n’a pas encore troqué le drapeau rouge contre un tote bag en lin bio recyclable. Un pur joyau du marxisme caviar : il squatte Montmartre – pas le Montmartre des marches à 18 % d’inclinaison et des rats kamikazes, non, le vrai, celui où les touristes paient 15 euros pour une photo avec un pigeon et où l’ascenseur privé pour le Sacré-Cœur est en option.
Il enfile des vestes Jean-Popol Potier qui coûtent plus cher qu’une faucille en CDD, et il possède, accrochez-vous les marteaux, un modeste 30 m² à Calvi – acheté en 2012, rien d’extravagant, voyons, juste de quoi stocker quelques bouteilles de Patrimonio et relire le Manifeste en contemplant la mer. Calvi, mes amis. Là où Trotsky aurait hurlé : « Camarades, la révolution n’attend pas, mais le rosé se boit frais, alors on reporte à l’été prochain. » Et pendant ce temps, le tribun Brossat, cheveux courts et idées à la tondeuse, hurle qu’il faut réquisitionner les logements vides, tripler les taxes sur les résidences secondaires, interdire aux riches d’acheter un second chez-soi dans les zones tendues – sauf si le second chez-soi est en Corse, évidemment, parce que là c’est du « patrimoine culturel », c’est de la « résistance à l’uniformisation capitaliste », c’est presque un service public : occuper le terrain pour que les Corses ne soient pas remplacés par des yachts qataris, un peu comme Salamé est coproductrice pour lutter contre l’envahisseur russe.
À Paris ? Non, ça c’est mal, ça chasse les classes populaires. À Calvi ? C’est militant, c’est écologique, c’est local. Brossat veut généraliser la réquisition des appartements inoccupés depuis des lustres – 3000 à Paris, paraît-il, pendant que 3000 dorment dehors chaque soir. Mais son appartement corse ? Occupé « plusieurs mois par an », juré craché, par lui, par les proches, par la conscience de classe en vacances. Jamais sur Airbnb, non non, il n’est pas comme ces affreux spéculateurs. Lui, il le vide juste 9 mois sur 12 pour aller défendre la cause au Sénat, en avion – parce que le train Paris-Calvi, soyons sérieux, c’est pour les trotskystes ascètes. Alors il propose des lois pour empêcher les bourgeois d’acheter une résidence secondaire à Paris, dans le 7e ou le 8e. Mais à Calvi, pas de souci : c’est une île, c’est loin, c’est pas tendu, et puis surtout, c’est SA résidence secondaire. La sienne, elle est sacrée. Celle des autres ? À la poubelle de l’histoire.
C’est magnifique, ce communisme 2.0. C’est le socialisme des poutres apparentes, des filtres Instagram vintage et des tweets rageurs depuis une terrasse avec vue imprenable. « À bas la propriété privée ! » crie-t-il en serrant les clés de Calvi dans la poche de son slim de luxe. « Taxons les riches ! » ajoute-t-il en vérifiant que son emprunt est bien remboursé par les indemnités parlementaires. Ian, mon vieux, continue. Continue à nous vendre la dictature du prolétariat depuis ton balcon fleuri de géraniums en permaculture. Continue à réclamer la réquisition générale… en gardant précieusement la tienne sous le coude, comme un trésor de guerre. Parce qu’au fond, tu es irrésistible : la preuve vivante que le communisme n’est pas mort. Il a juste pris un abonnement Netflix, un vol low-cost pour la Corse et un abonnement à la newsletter « Comment changer le monde sans changer de vie ». Et franchement, c’est presque touchant. Ian Brossat toujours dans le sens du poil.

<

Source

Martin Moisan

 1 total views,  1 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter