Les deux partis sont classés comme populistes de gauche, critiques du néolibéralisme et de l’UE « forteresse », mais avec des nuances liées à leurs contextes nationaux.
Positions de Podemos sur l’immigration
Podemos défend une approche « humaniste » et antiraciste, en voyant la migration comme un phénomène inévitable lié aux conflits, au climat et aux inégalités mondiales. Ils plaident pour la régularisation massive des personnes en situation irrégulière .
Ils viennent de négocier avec le PSOE un décret pour régulariser plus de 500 000 migrants présents avant fin 2025,. Voir l’article de Jeanne
Ils demandent la dérogation de la loi sur les étrangers, la fermeture des Centres d’Internement pour Étrangers (CIE), la fin des « redadas » (rafles) et des expulsions à chaud ; ils veulent aussi une politique européenne réformée, sont opposés au Pacte sur la migration et l’asile de l’UE (2024), qu’ils qualifient de raciste. Ils poussent pour des voies légales sécurisées, un fonds pour l’application de la Convention d’Istanbul (contre les violences envers les femmes migrantes).
– En 2025, ils ont publié un « Documento Antirracista » soulignant les barrières pour les réfugiés et migrants fuyant les conflits, et célébré la Journée internationale des migrants en valorisant leur apport sociétal.
Podemos voit l’immigration comme une opportunité économique et humaine, mais critique l’exploitation capitaliste qui la provoque. Ayant participé au gouvernement (2019-2023), ils ont une expérience concrète de mise en œuvre, ce qui les rend plus « pragmatiques » dans les négociations.
Positions de LFI sur l’immigration
LFI adopte une ligne similaire, « humaniste et réaliste », en liant la migration aux causes structurelles (conflits armés, mondialisation destructrice des économies locales, changement climatique).
Ils s’opposent aux politiques répressives et plaident pour des voies légales et sécurisées, la création d’un permis de séjour de 10 ans automatique pour les travailleurs, la facilitation de la réunification familiale, des accords bilatéraux avec les pays d’origine pour l’immigration de travail. Ils veulent réviser le Pacte asile-immigration de l’UE pour un accueil « digne ».
Ils demandent la régularisation massive eux aussi, l’abrogation de la loi immigration française de 2024 (durcie sous Macron), la transformation des communes en « refuges » volontaires pour les exilés, avec hébergements d’urgence et interdiction des expulsions sans relogement.
La lutte est essentiellement antiraciste. En novembre dernier, ils ont appelé à des marches pour la Journée internationale des migrants, dénonçant le racisme institutionnel et liant cela à une unité contre les divisions sociales. Dans leur programme pour les municipales 2026, ils insistent sur l’intégration via le logement social et les services publics.
En 2025-2026, via le Nouveau Front Populaire (dont LFI est le pilier), ils critiquent les flux migratoires comme conséquence du « cours libéral et productiviste de l’UE », et proposent un fonds humanitaire pour les crises (comme au Soudan).
LFI met l’accent sur la protection des travailleurs français et migrants contre le dumping social, en voyant l‘immigration non régulée comme un outil du capitalisme pour baisser les salaires.
Bref les deux partis sont très proches et même similaires…
Quelques différences néanmoins
– Contexte et pouvoir : Podemos a une expérience gouvernementale récente, ce qui leur permet de pousser des réformes concrètes comme la régularisation de 2026, tandis que LFI, en opposition, est plus dans la proposition et la mobilisation (marches, critiques du gouvernement Barnier/Macron). LFI est plus « souverainiste » (défense de la souveraineté française contre l’UE néolibérale), alors que Podemos est plus intégré dans les coalitions espagnoles.
– Accent économique vs. humanitaire : LFI insiste davantage sur la protection des salaires et des emplois face au « dumping social » causé par une immigration non encadrée, avec des accords bilatéraux pour réguler les flux de travail. Podemos met plus l’accent sur l’antiracisme et les contributions immédiates des migrants (emplois, économie), sans autant souligner les risques pour les travailleurs locaux.
– Radicalité : LFI est parfois accusée d’ambiguïté (Mélenchon a critiqué l’immigration « sauvage » par le passé pour des raisons ouvrières), mais reste pro-accueil. Podemos est plus frontalement pro-migrant, avec des documents dédiés à l’antiracisme et à la mémoire migratoire.
En résumé, les deux partis sont alignés sur une gauche « accueillante » qui dérange en promouvant régularisation et droits de l’homme face à une Europe restrictive.
Mais LFI semble un peu plus protectionniste pour les classes populaires françaises, tandis que Podemos est plus direct dans l’action pro-migratoire.
Christine Tasin
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