Il y a des ironies géopolitiques que même les dramaturges les plus talentueux n’oseraient écrire. L’Iran en fournit une en direct, brut, sans décor : un régime théocratique allié au Hamas, pendant que nombre de manifestants iraniens affichent leur soutien à Israël.

Ce n’est pas une contradiction superficielle, mais un séisme idéologique révélateur d’une vérité qu’une partie de l’Occident peine encore à saisir : la confrontation n’oppose pas Israël au « monde musulman » mais Israël — et plus largement les démocraties — aux régimes totalitaires qui s’en servent.
La « gazaouisation » des esprits tristes sert aujourd’hui d’anesthésiant politique : elle interdit toute dénonciation du régime sanguinaire des mollahs — pourtant ennemi juré d’Israël et de toute liberté. Quand l’obsession anti-israélienne devient filtre unique, l’Iran peut réprimer en paix. Massacre en Iran, répression sanglante contre des milliers de manifestants, et… silence radio des « Palestinistes » de LFI. À force de soutenir Cuba, la Chine, l’Iran, le Venezuela et la Russie, ils confondent démocraties et dictatures.
Et après ? Ils nous donnent des leçons de démocratie et de droit international ?
L’alliance Hamas–Iran : un axe stratégique, pas un accident.
Le Hamas n’est pas seulement une organisation terroriste obsédée par la destruction d’Israël ; il est aussi un pion essentiel de la projection de puissance iranienne dans la région, au même titre que le Hezbollah ou les milices chiites en Irak.
Les slogans sont religieux ; la logique est impériale.
Le jihadisme sert de variable géopolitique, pas de ferveur mystique.
Pour Téhéran, Gaza est un levier sur Jérusalem, mais aussi sur Washington.
Et tant pis si les Gazaouis en paient le prix d’une vie confisquée.
Les manifestants iraniens : la vraie fracture.
Et pendant ce temps, à Téhéran, Shiraz ou Mashhad, des jeunes brûlent les portraits des ayatollahs, pas ceux d’Israël.
Pourquoi ? Parce qu’ils ont compris une chose que les chancelleries occidentales feignent encore d’ignorer : le régime islamique a fait de l’antisionisme sa religion de substitution, son ciment idéologique, son justification politique.
Pour eux, Israël n’est pas l’ennemi ; Israël est le miroir d’une démocratie qu’ils n’ont pas, d’un pays où l’on conteste le pouvoir dans les rues sans finir en cellule ou au cimetière.
Le grand non-dit occidental
L’Occident adore les discours simplistes,
surtout quand ils exonèrent ses erreurs. Il a longtemps réduit le conflit israélo-palestinien à un duel territorial, un remake infiniment rejoué de « David contre Goliath » inversé pour satisfaire les narrateurs militants.
Mais la réalité du XXIᵉ siècle est tout autre :
Israël est un acteur démocratique entouré de régimes autoritaires qui utilisent la cause palestinienne comme substitut de légitimité et comme arme d’usure contre l’Occident.
Ce n’est pas du romantisme géopolitique ; c’est de la stratégie brute. Les Iraniens l’ont compris avant nous.
Et c’est là le cœur du paradoxe : le Hamas et le régime iranien combattent Israël parce qu’il est un symbole de liberté, pendant que des milliers d’Iraniens soutiennent Israël précisément pour la même raison.
Dans ce renversement tragiquement éloquent, on devine le début d’un scénario qu’un contempteur de la liberté appellerait volontiers « impensable » :
le jour où Israël ne sera plus l’exception démocratique du Moyen-Orient, mais le précurseur.
Conclusion
Il serait temps que l’Europe cesse de se raconter les comédies diplomatiques qui les rassurent et affrontent enfin la question centrale :
le problème n’est pas Israël.
Le problème, ce sont les régimes pour qui la liberté est une menace existentielle.
Les manifestants iraniens le savent ; le Hamas le sait ; les ayatollahs le savent.
Il ne reste plus qu’aux démocraties de s’en souvenir.
Jean Vercors
18/01/2026
102 total views, 102 views today


la plupart des iraniens savent que les israeliens et les sunnites proseoudiens sont en partie derriere les manifs.
ce qui fait que le regime desmollahs ne chutera pas malgre les vellietes guerr ieres de trump .