Meurtre de Thomas à Crépol : la justice va-t-elle donner raison à Résistance républicaine cette fois ?

Hasard du calendrier, j’expliquais hier soir dans l’article paru ce matin que nous nous étions portés partie civile dans l‘affaire Bilongo et je rappelais nos tentatives pour faire reconnaître par le tribunal que le meurtre de Thomas à Crépol était un crime raciste. Et c’est donc cet après-midi que le tribunal va à nouveau répondre à la question posée  !

Christine Tasin

 

Meurtre de Thomas à Crépol : la qualification raciste du meurtre réexaminée par la chambre de l’instruction

Deux associations cherchent à se constituer partie civile pour remettre au cœur de l’enquête les témoignages de victimes relatant des propos «anti-Blancs» lors de l’explosion de violence à la sortie du bal de Crépol, le 18 novembre 2023.

Le meurtre de Thomas Perotto à Crépol, dans un bal de village le 18 novembre 2023, était-il motivé par le racisme ? Depuis plus de deux ans qu’a été ouverte l’enquête du parquet de Valence, le sujet rejaillit au gré de l’instruction, porté par deux associations qui cherchent à se constituer parties civiles pour faire valoir ce mobile, cette notion pouvant, selon elles, se préciser au gré des débats. Ce mardi, la question sera de nouveau examinée par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble, à la demande de l’une de ces associations, l’Alliance générale contre le racisme et pour l’identité française et chrétienne (AGRIF). Ses représentants, défendus par Me Jérôme Triomphe, pointent les témoignages de plusieurs participants du bal rapportant des propos «anti-Blancs», tenus avant et pendant l’explosion de violence par les auteurs présumés du meurtre de ce rugbyman de 16 ans.

C’est vers 2h du matin, à la fin de la soirée, le 18 novembre 2023, que deux groupes de jeunes s’étaient affrontés quelques minutes pour une raison futile. Les uns venaient de Romans et ses communes rurales environnantes, les autres du quartier sensible de la Monnaie à Romans-sur-Isère. Tandis que les rugbymen se battaient à coups de poing, les garçons de la Monnaie avaient soudain exhibé des couteaux et poignardé leurs adversaires, semant la panique dans la foule de fêtards qui se pressait sur la dalle, devant la petite salle des fêtes. Dans la cohue, Thomas Perotto, 16 ans, avait alors été touché au thorax et au flanc, avant de succomber à ses blessures dans la nuit. Un vigile, ainsi que trois autres participants à la fête avaient aussi été gravement blessés. Certains, touchés dans des zones vitales, avaient alors été hospitalisés en urgence absolue.

Depuis, les investigations des juges, nombreuses, ont permis de dessiner les contours d’un mobile, celui d’une altercation survenue entre un garçon de la cité, Ilyes Z., et un rugbyman, dans un contexte de tensions depuis l’arrivée au bal des jeunes de la Monnaie. À l’intérieur de la salle des fêtes, la soirée touchait à sa fin quand Thomas L., un pichet de bière dans une main, est passé à proximité du groupe et a tiré, de l’autre, les cheveux bouclés d’Ilyes Z., en chantant à son attention les paroles du dernier morceau du rappeur Jul, «Tchikita». La raillerie a fait flamber les esprits alcoolisés, et provoqué un mouvement de foule à l’entrée de la salle des fêtes, où Ilyes Z. et Thomas L., rejoints par leurs amis, ont commencé à se battre.

Pourvoi en cassation

Aujourd’hui, l’AGRIF et l’association Résistance républicaine estiment pourtant que le racisme est une réalité du dossier qui doit être nommée. En 2024, les magistrats ont d’abord déclaré ces demandes irrecevables. Puis la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble les a rejetées, elle aussi, au motif que les associations n’ont pas été saisies par des victimes du bal – elles-mêmes parties civiles dans le dossier -, ce qui a déclenché leur pourvoi en cassation.

Dans son arrêt du 25 juin 2024, la chambre de l’instruction note que, dans le cadre de l’enquête de flagrance, qui comporte 149 auditions de témoins, comme dans l’instruction – 203 auditions de témoins – seuls quelques-uns de ces témoignages, dont certains indirects, rapportent que des propos «anti-Blancs» ont été tenus par des mis en cause. La chambre de l’instruction cite ensuite l’article 2-1 du code de procédure pénale pour justifier l’irrecevabilité de constitution de partie civile : «Lorsque l’infraction aura été commise envers une personne considérée individuellement, l’association ne sera recevable dans son action que si elle justifie avoir reçu l’accord de la personne intéressée ou, si celle-ci est mineure, l’accord du titulaire de l’autorité parentale ou du représentant légal, lorsque cet accord peut être recueilli et, d’autre part, en cas d’atteinte volontaire à la vie, si la victime est décédée, l’association doit justifier avoir reçu l’accord de ses ayants droit.»

Le 3 septembre dernier, la Cour de cassation – la plus haute juridiction française, qui statue sur la forme, non le fond – a redonné espoir aux associations, en estimant que la chambre de l’instruction n’avait pas respecté les termes d’un débat contradictoire. Dans son arrêt, elle estime «qu’en fondant cette irrecevabilité sur l’absence d’accord des victimes, de leurs représentants légaux ou de leurs ayants droit, cause prétendue d’irrecevabilité qui n’avait été invoquée ni par les prévenus ni par le ministère public et dont il n’avait pas été débattu, la chambre de l’instruction a relevé d’office un moyen, sans avoir invité au préalable les parties à formuler leurs observations, et que, ce faisant, elle a excédé ses pouvoirs, violant le principe du contradictoire et les articles 194 et suivants du code de procédure pénale.»

La nouvelle audience, qui se tiendra ce mardi matin, doit désormais trancher la question du racisme. Plusieurs avocats de la défense assurent que celle-ci n’est pas une réalité du dossier de Crépol, et que l’enquête cherche surtout à déterminer qui a porté les coups de couteau mortels à Thomas Perotto – aucun des mis en cause n’a été formellement identifié comme l’auteur du meurtre. Les magistrats instructeurs ont, eux, le pouvoir d’ajouter cette circonstance aggravante tout au long de l’instruction.

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1 Commentaire

  1. La réponse à la question se trouve ici .https://www.youtube.com/watch?v=XUwMgWZBowE
    Il y a un an , deux ans , trois ans je ne sais plus exactement
    sur RR dans un de mes commentaire , j’avais dit en substance que j’allais devoir me faire violence a m’imaginer la situation dans laquelle je devrais protéger mon intégrité physique en ayant besoin d’utiliser des solutions létales . Plus nous allons dans le temps ,plus ce jour fatidique semble se rapprocher .
    Comme dit le lapin du futur , nous allons devoir nous faire violence , pour faire violence le moment venu !.
    Il serait temps que l’état réponde à cette violence qui nous est faite, s’il ne le peut ou ne le veut qu’il laisse le peuple y répondre.
    Pour rappel , ç ceux qui ne l’on toujours pas fait , deux articles parus sur RR vous ont donné la marche a suivre pour vous préparer à l’inéluctable .
    Pour Thomas , Matthias , Monsieur Samuel Paty et tout les autres , préparons nous .