Déjà paru : Connaissance du judaïsme en 4 leçons :
2) les 7 lois Noahides
3) les textes sacrés du judaïsme
4) Qu’est-ce que le Talmud ?
Librement adapté de Menahem Posner
- Le Talmud est le lien entre l’Écriture et la pratique juive
La Bible hébraïque (aussi appelée Torah) est le fondement de la pratique et des croyances juives. Mais ses versets sont souvent concis, remplis de couches de sens cachés.
Depuis le Don de la Torah, le peuple juif étudie l’Écriture accompagnée d’un corpus de traditions divines (la Torah Orale) qui en éclaire et en déploie la sagesse divine.
Ces traditions orales – et bien plus encore – furent finalement consignées par écrit dans le Talmud.
- Le Talmud est fondé sur la Michna
À la suite de la destruction du second Temple et de l’effondrement de la vie et de l’érudition juives, la première strate du Talmud, un recueil de lois juives connu sous le nom de Michna fut rédigé en l’an 189. La Michna regroupe de courts enseignements touchant pratiquement tous les domaines de la loi juive examinés par les rabbins de chaque époque. Ce processus se poursuivit pendant plusieurs siècles, jusqu’à ce qu’il soit décidé que ces traditions aussi seraient mises par écrit.
Lire l‘histoire de la Michna
- Il existe deux Talmuds
À l’époque talmudique, il y avait deux grands centres d’étude : la Galilée (au nord d’Israël) et Babylone. Les échanges étaient nombreux.
Alors que la vie juive se désagrégeait en Terre sainte, les enseignements des sages galiléens furent mis par écrit (mais jamais vraiment édités) dans ce que l’on appelle le Talmud de Jérusalem.
Au début du Ve siècle, les enseignements des académies babyloniennes furent enfin rassemblés dans le Talmud de Babylone.
- Le Talmud de Babylone est le principal
Pour diverses raisons, le Talmud de Babylone est devenu la tradition dominante parmi les Juifs aujourd’hui. En réalité, du fait de sa rareté, de larges portions du Talmud de Jérusalem ont été perdues, et les parties conservées proviennent de quelques manuscrits seulement.
- Le Talmud porte deux autres noms : Guemara et Shas
Le mot talmud signifie « étude.
Les commentaires talmudiques sur la Michna portent également le nom de guemara, terme araméen signifiant « achèvement », car ces commentaires donnent leur contexte complet et leur interprétation à la Michna. Dès le Moyen Âge, « Guemara » est devenu le terme privilégié parmi les érudits juifs, en partie afin d’éviter d’attirer l’attention d’autorités chrétiennes qui abhorraient le Talmud, qu’elles considéraient comme une menace pour leurs traditions.
Shas est l’acronyme de shisha sedarim, « les six ordres ».
- Le Talmud est rédigé en (au moins) deux langues
La Michna fut rédigée en hébreu. Les rabbins du Talmud, en revanche, parlaient et écrivaient principalement l’araméen. Le Talmud de Babylone alterne entre les discussions en araméen babylonien et les citations en hébreu provenant des sages des générations précédentes ou contemporaines de la Terre d’Israël. De même, le Talmud de Jérusalem mêle l’hébreu et l’araméen galiléen.

- Le Talmud est organisé (de manière souple) par thèmes
La Michna est composée de six ordres, couvrant chacun un grand domaine du droit juif : l’agriculture, les fêtes, le mariage et le divorce, le droit civil, les sacrifices du Temple et la pureté rituelle. Chaque ordre est subdivisé en traités.Chaque traité est divisé en plusieurs chapitres, eux-mêmes composés de paragraphes.
- Il y a deux types de rabbins dans le Talmud
Un sage de l’époque de la Michna est appelé un tana. À l’inverse, un sage de l’époque talmudique est appelé un amora. Selon la tradition juive, les générations les plus proches de la révélation du Sinaï possédaient une tradition plus parfaite et une sagesse supérieure ; la règle générale veut donc qu’un amora ne contredise pas l’enseignement d’un tana.
- C’est une série de conversations s’étendant sur des siècles
Une large part du Talmud est rédigée sous forme de conversations. Une affirmation est énoncée, suivie de questions, de réponses suggérées puis réfutées, et encore d’autres réponses, parfois sur plusieurs pages. On voit se dérouler plusieurs siècles d’érudition remarquable et d’analyse intense.

- On ne sait jamais ce que l’on va découvrir ensuite
Les discussions talmudiques furent tenues par de vraies personnes cherchant de toutes leurs forces à appliquer la parole de D.ieu à leur vie concrète. Ainsi, l’essentiel du texte talmudique consiste en analyses de versets bibliques et du droit de la Torah, mais on y trouve aussi de tout : conseils médicaux, récits, dictons populaires, astuces sur la teinture des tissus…
- Dans le Talmud, les détails comptent
Dans le Talmud, rien n’est trivial ni hors sujet, et la discussion peut parfois se concentrer sur des scénarios improbables, qui ne se produiront jamais. Pourquoi discuter de situations que l’on ne rencontrera pas et qui ne sont peut-être jamais arrivées dans l’histoire ? Parce qu’il s’agit de sagesse divine, et que lorsque l’esprit humain cherche à embrasser la pensée de D.ieu, il s’unit à Lui de la manière la plus intense.
- Le Talmud s’étudie dans une yeshiva
Le Talmud est, pour l’essentiel, le produit de milliers de discussions tenues dans les académies de Torah. En hébreu, celles-ci sont appelées yeshiva (« lieu où l’on s’assied ») ou beth midrash (« maison d’étude »).
- L’étude du Talmud implique du mouvement et du bruit
Le Talmud s’étudie traditionnellement à voix haute, d’une voix presque chantée, chaque élément de la « conversation » étant entonné différemment : questions, réponses, preuves, chacun avec sa mélodie propre.
Le beth midrash est ainsi un lieu vivant, animé, vibrant, où les discussions passionnées résonnent dans un véritable kaléidoscope de langues.
- Il existe une multitude de commentaires
Dès l’achèvement du Talmud, les étudiants commencèrent à composer des commentaires. Le plus étudié est celui de Rachi, maître du judaïsme ashkénaze du XIe siècle, qui composa également un commentaire sur toute l’Écriture hébraïque. Viennent ensuite les commentaires des rabbins ayant vécu jusqu’au début du XVIe siècle. Au fil des siècles, des milliers de commentaires et de super commentaires furent rédigés, enrichissant sans cesse l’étude de la Torah.
- Le Talmud fut imprimé pour la première fois par un non-juif
Peu après l’invention de l’imprimerie, des imprimeurs (notamment la famille Soncino) commencèrent à imprimer des traités isolés du Talmud. La première édition complète fut réalisée à Venise par Daniel Bomberg, un chrétien, au début du XVIe siècle. Le texte du Talmud y était imprimé entouré des commentaires classiques de Rachi.
- Le Talmud comprend 2 711 pages
L’édition standard du Talmud de Babylone remplit 2 711 pages recto-verso de texte, auxquelles s’ajoutent des milliers d’autres pages de commentaires.
Maîtriser tout le Talmud est l’œuvre d’une vie, car on peut revenir sans cesse sur le même texte et y découvrir toujours plus de sens et de profondeur.
- Le Talmud comporte deux types de caractères
L’hébreu et l’araméen juif s’écrivent tous deux en caractères hébraïques classiques. Il est toutefois intéressant de noter que l’édition standard du Talmud utilise deux styles d’écriture : le texte principal apparaît en caractères carrés tandis que de nombreux commentaires sont imprimés dans une écriture plus arrondie appelée « caractères Rachi ».
- Le Talmud fut brûlé par des chrétiens
Au Moyen Âge, les chrétiens considéraient que le Talmud constituait le principal obstacle à la conversion des Juifs au christianisme, et qu’il contenait des propos insultants envers leur religion. En 1244, le roi Louis IX (plus tard saint Louis) de France fit brûler publiquement, devant la cathédrale Notre-Dame, vingt-quatre charretées de volumes talmudiques. À cette époque, les livres étaient recopiés à la main, ce qui les rendait particulièrement précieux : ce fut une catastrophe d’ampleur considérable pour les Juifs de France.
- Certains apprennent le Talmud par cœur
Le Talmud n’est pas un livre que l’on lit une fois ; il s’étudie encore et encore. Comme le dit le sage talmudique Rabbi Yehochoua ben Kor’ha : Étudier sans réviser, c’est comme semer sans récolter.
Après avoir étudié et réétudié le même texte avec intensité, il est naturel d’en venir à le connaître au point de le retenir par cœur.
- Aujourd’hui, il est traduit dans de nombreuses langues
Ces derniers siècles, le Talmud a été traduit dans de multiples langues, permettant à des Juifs de nombreux pays de l’étudier dans leur langue maternelle.
- On peut étudier le Talmud en ligne
Dans les années 1990, des cassettes audio contenant des cours sur chaque page du Talmud furent produites. Avec l’avènement d’une diffusion en ligne simple et abordable, de nombreux enseignants commencèrent à publier des cours de Talmud sur Internet.
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On peut voir les deux ou trois points, copiés par l’islam, la viande égorgée, et la non-représentation humaine.
Que le christianisme a laissé de côté, sans intérêt apparemment.
Puisque le catholicisme a donné des œuvres picturales et sculpturales magnifiques, dans les églises et les cathédrales, portant l’art européen au plus haut niveau.
Il faut être théologien pour en savoir autant !
Vu la complexité de cette pratique, cette religion ne m’attire pas spécialement.
***Je me demande bien ce que ça peut apporter concrètement ???
Bonjour,
Un grand merci, Bermudienne, cette série était passionnante !