Depuis les années 2000, éoliennes et panneaux solaires ont poussé comme des champignons au milieu de nos paysages. Résultat : quand le vent souffle et le soleil brille, l’Europe ne sait plus quoi faire de ses électrons en trop, au risque du black-out. Et quand l’éolien et le solaire produisent, EDF doit ralentir ses centrales nucléaires pour laisser passer cette électricité aléatoire, achetée en priorité par obligation légale. Cela fait 25 ans que l’on nous explique que l’éolien et le photovoltaïques sont des filières d’avenir. 25 ans et 100 milliards d’euros plus tard, elles dépendent toujours des subventions publiques pour fonctionner. Et nous continuons. Et nous continuons, l’Europe en demande toujours plus et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie également, en édictant des obligations de moyens avant de fixer des objectifs, sans évaluer les impacts.
Alors, 80 ans pour EDF, c’est l’heure du sursaut. Après 40 ans de gloire, puis 40 ans de gâchis, les 40 années qui viennent peuvent redevenir glorieuses, à une condition : retrouver l’audace des bâtisseurs, cet esprit de conquête qui avait fait d’EDF le premier producteur électrique mondial.
L’intelligence artificielle, les datacenters, l’électrification de l’industrie, la voiture électrique, tout cela réclame une énergie abondante, pilotable, décarbonée.
Concrètement, cela nécessite de cesser tout soutien public aux énergies intermittentes. Supprimer l’ordre de mérite qui oblige les fournisseurs à acheter en priorité l’éolien et le solaire lorsqu’ils produisent et contraint EDF à ralentir ses centrales pour laisser passer une électricité aléatoire achetée à prix d’or. Supprimer le versement nucléaire universel, taxe déguisée qui pénalise notre meilleur atout.
Et regarder plus loin encore. Le nucléaire est l’énergie du futur. L’intelligence artificielle, les datacenters, l’électrification de l’industrie, la voiture électrique, tout cela réclame une énergie abondante, pilotable, décarbonée. Pas du vent. Pas du soleil. Du nucléaire. Le monde entier le comprend : les États-Unis relancent leurs réacteurs, la Chine en construit des dizaines, les géants du numérique signent des contrats directement avec des exploitants de centrales. L’histoire nous donne raison. Avec le projet ITER, nous travaillons en ce moment même, en Provence, à la fusion nucléaire. Nous allons peut-être bientôt créer l’énergie du futur : une énergie infinie qui ne dépend d’aucun combustible. Voilà qui a de quoi enthousiasmer les jeunes ingénieurs. Voilà de quoi il faut parler à la jeunesse soucieuse de l’environnement. On n’a pas le choix qu’entre le pétrole et la décroissance, il y a encore tout un futur à inventer.
Excellent anniversaire, chère EDF. Merci pour tout ce que tu as offert à notre pays et à notre peuple. Merci à tous ceux qui t’ont servie, des ouvriers aux ingénieurs, des techniciens aux chercheurs. À 80 ans, tu as encore la vie devant toi. Tu as tous les atouts pour relever les défis qui viennent. Il ne te manque qu’un gouvernement digne de toi.
Sarah Knafo
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