À quoi sert l’UE ? À nous noyer sous les patates et à enterrer nos paysans

Euh ! A quoi elle sert l’Europe, pardon, l’UE ? Non seulement à faire une concurrence déloyale à nos paysans avec le Mercosur et même à présent avec des productions venant d‘Amérique latine, d’Inde, d’Australie... mais à submerger notre continent de patates… A quoi servent les régulateurs, les prévisions, les négociations entre branches et entre paysans ???

A rien c’est pire qu’avant. Parce que, avant, on se parlait, entre paysans, entre producteurs de patates et de maïs … A présent ce sont les politiques qui n’y connaissent rien, à Bruxelles notamment qui discutent avec des syndicats plus préoccupés de leur poids politiques que du petit paysan qui meurt de faim…

Alors pénurie de patates une année à cause du mildiou et surabondance l’année suivante, surabondance qui fait tomber les prix et fait crever de faim nos paysans…

Mais c’est pas grave, Der Leyen parcourt l’Europe pour être sûre que personne ne négociera avec la Russie l’abandon du nabot de Kiev…

 

Mais revenons à nos moutons, pardon, à la pomme de terre. Ce tubercule humble, symbole de la terre française et belge, du bon sens paysan, si on m’avait dit qu’un jour on en arriverait à une crise de surproduction… Autrefois, quand il y avait trop ou pas assez, on se parlait entre producteurs de patates et de maïs, entre voisins, entre gens qui savent ce que c’est qu’un champ boueux et un mildiou qui débarque. On ajustait, on stockait un peu, on négociait directement. C’était imparfait, rustique, mais humain.

Aujourd’hui ? Merci l’Europe !

Une année, le mildiou tape fort, pénurie, prix qui s’envolent. L’année suivante (2025-2026 pour ne pas la nommer), récolte exceptionnelle partout en même temps : France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas. Près de 30 millions de tonnes dans le Nord-Ouest européen, +10 % en un an. En France, on a planté comme des fous : +10 % de surfaces, on a produit d’un coup les volumes prévus pour 2030. Résultat ? Hangars engorgés, stocks qui menacent de pourrir, et des prix qui s’effondrent. De 180 euros la tonne à 130, voire 15 euros la tonne bradée à un éleveur pour éviter la perte totale. Des agriculteurs du Nord ou du Pas-de-Calais qui supplient : « Mangez nos pommes de terre, c’est pas cher ! » ou qui laissent prendre ce qu’on veut en échange de ce qu’on veut bien donner.

Et pendant ce temps, à quoi servent les « régulateurs »  de Bruxelles ? Les prévisions de marché ? Les négociations interbranches ? Les comités Copa-Cogeca et autres machins eurocrates ? À rien. Pire qu’avant. Parce qu’avant, le terrain parlait au terrain. Maintenant, ce sont des politiques qui n’ont jamais tenu une binette et des syndicats obnubilés par leur poids politique qui discutent entre eux, loin des petites exploitations qui crèvent.

L’UE, championne du monde de la schizophrénie agricole : d’un côté, elle encourage (ou ne bride pas assez) l’explosion des surfaces quand les prix sont hauts ; de l’autre, elle ouvre grand les portes à la concurrence déloyale via le Mercosur et autres accords. Des productions sud-américaines qui arrivent avec des substances interdites ici (mancozeb, glufosinate et compagnie, parfait pour les patates d’ailleurs), pendant que nos paysans doivent respecter des normes environnementales de plus en plus kafkaïennes. Résultat : on submerge le continent de patates… et on asphyxie ceux qui les produisent proprement.

 La der Leyen, elle, a mieux à faire, comme je le disais plus haut. Elle parcourt l’Europe pour s’assurer que personne n’ose négocier avec la Russie un quelconque abandon du nabot de Kiev. Il y a des priorités, quand même. Pendant ce temps, le petit paysan français ou belge, celui qui n’a pas les 200 tonnes de stocks invendables dans son hangar  meurt à petit feu. Pas de contrat, pas de débouché, dettes qui s’accumulent, et l’industrie qui choisit les lots nickel ou se tourne vers l’étranger.

C’est ça, la fameuse solidarité européenne  ? Des manifestations à Bruxelles où on déverse des tonnes de patates sur la chaussée, des cris de détresse ignorés, et une PAC qui réforme tout sauf l’essentiel : protéger le producteur local face aux logiques de marché mondialisé et aux lubies idéologiques.

Franchement, à quoi elle sert l’UE dans ce dossier ? À transformer de simples changements climatiques et/ou  agronomiques (pénurie un an, abondance l’autre) en désastre structurel. À remplacer le dialogue paysan par la bureaucratie. À nous faire regretter l’époque où on se parlait entre nous, sans passer par des commissaires qui n’ont jamais vu une patate dans un champ !

Mangez des patates, les gars. C’est pas cher. Et profitez-en : l’année prochaine, avec un peu de chance, ce sera à nouveau la pénurie. L’Europe gère ça tellement bien.

Christine Tasin

 

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1 Commentaire

  1. Kiev a un triste clown, et non pas un clown triste raté servant de partenaire et de faire-valoir à l’Auguste de la Grande Tradition du cirque. Zélenski est dans un registre dramatiquement tragique.,lui.